‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 153 sur 170 · CENT-VINGT-SIXIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT-VINGT-SIXIEME OBSERVATION

Arachnitis de la base. — Succès des affusions.

Une fille de douze ans, d’une constitution forte et vigoureuse, d’un tempérament nerveux et très-irritable, exerçait beaucoup ses facultés intellectuelles, ce qui lui procurait souvent de violens maux de tête. Cette céphalalgie prend un jour une plus grande intensité; il s’y joint du malaise, de la courbature, des symptômes gastiques , de l’insomnie, etc. Ces accidens durent trois jours, et sont combattus par un vomiuf et des moyens insignifians.

Le cinquième jour : surviennent des lypothimies qui se renouvellent fréquemment, et un délire loquace, plus intense pendant la nuit.

Jusqu'au onzième jour : tous ces symptômes vont en augmentant et s’accompagnent à la fin de tension du ventre, d’assoupissement très-marqué, et d’une très-grande faiblesse du bras droit. — Pendant tout ce tems, les toniques et les stimulans de toute espèce furent mis en usage.

Le onzième jour : examinée par M. Récamier, on reconnut les symptômes suivans : Coucher en supination ; assoupissement ; stupeur pro fonde ; strabisme ; dilatation extrème des pupilles, au point qu’elles ne laissaient paraitre que

l'iris, la malade paraît affectée péniblement par l'impression du plus faible rayon lumineux ; abolition de l'ouie ; rougeur des. pommettes ; pouls fréquent et irrégulier; flaccidité des membres qui, abandonnés à eux-mêmes, retombent sans vie et sans mouvement ; trismus.— Les toniques mis jusqu'alors en usage sont abandonnés, on ne donne plus que des boissons adoucissantes, glacées ; on met la malade dans un bain à la température de seize à dix-sept degrés, et pen-— dant qu’elle y est, on lui verse sur la tête de l’eau abaissée jusqu'à dix degrés; on la laisse souvent dans l’eau pendant une demi-heure, et l’en reürant, on la place dans un lit bassiné. — L’affusion produit sur la malade une vive impression ; la stupeur diminue; la connaissance revient; le pouls perd de sa fréquence, mais cette action n'est que momentanée ; les accidens reéparaissent et sont combattus par les mêmes moyens avec autant de succès ; il faut y avoir recours plusieurs fois dans la journée ; ce n’est qu'après la sixième affusion que le strabisme et la dilatauon des pupilles disparurent.

Le seizième jour, cinquième de l'emploi des affusions, la malade est assez bien pour qu'on lui accorde un peu de vin et de bouillon; la convalescence se consolide : on continue cependant les affusions jusqu’au vingt-quatrième jour ;

(58 ) mais trois jours après leur cessation , quelques accidens et de la tendance à l’assoupissement, revenant avec des paroxismes, déterminent à recourir aux moyens qui avaient si bien réussi ; un bain est donc administré le matin et le soir jusqu'à la guérison qui ne fut parfaite qu’au wente-sixième jour de la maladie, et le vingtquatrième de l’emploi des bains dont le nombre s’éleva à quatre-vingt-douze.

(Dr. Pavet. Dissertation.)

Page 1