CENT-VINGT-SEPTIFEME OBSERVATION
Arachnitis. — Affection de la pulpe. — Succès des affusions froides.
Madame ***, âgce de soixante-dix-huit ans, avait eu à soixante-huit ans une attaque d’apoplexie, qui n'avait laissé d’autre trace qu'un peu de déviation de la bouche du côté gauche.
Elle éprouvait depuis quelques jours un peu de douleur du côté droit du cou, lorsqu'elle fut prise, le 9 juin 1813, d’un mal de tête des plus violens, qui s’accompagna bientôt de nausées et de vomissemens que les boissons adoucissantes ne purent calmer.
Le deuxième jour : stupeur ; légère difficulté dans la parole; douleur sus-orbitaire et au Synciput; symptômes gastriques. — Vingt grains
d’ipécacuanha dans une potion antispasmodique. — Après l’action du vomitif, stupeur plus marquée ; embarras plus grand dans la parole; intelligence faiblement troublée ; la langue cesse d’être déviée. — Infusion de menthe ;. potion avec le quinquima et le camphre ; lavement cam-. phré ; vésicatoires aux jambes. — Agitation très-vive; dans la nuit, la connaissance commence à se perdre.
Letroisième jour : coma ; bouche portée à gauche; perte complète de connaissance; mouvemens automatiques du bras qui se porte à la tête; trismus ; chaleur brûlante ; respiration grande et libre; pouis très-fréquent foible ; à dix heures du matin, la chaleur diminue, et le pouls perd de sa fréquence. — On cesse alors les toniques, et on donne une affusion à vingt-trois degrés, ramenée graduellement jusqu’à seize, et continuée pendant vingt minutes. — Pendant cette affusion : agitation extrême ; effort pour sortir de la baignoire ; concentration très-marquée du pouls. Remise dans son lit : frisson violent pendant une heure ; la chaleur revient ensuite. Le soir, on réitère l’affusion; la malade prononce alors quelques mots insignifians. Après le bain, elle se réchauffe comme la première fois; la nuit est meilleure que la précédente.
Le quatrième jour : point de connaissance,
mais diminution de la fréquence du pouls et de Ja chaleur ; rétention des urines ; nouvelle affusion à laquelle la malade paraît très-sensible ; remise dans son lit et réchauffée, elle recouvre momentanément connaissance ; on lui donne le soir une autre affusion ; alors, retour complet et permanent de la connaissance ; la malade parle, mais elle à cependant encore un peu de peine à se faire entendre; pouls naturel; nuit trèsbonne.
Le cinquième et le sixième jour : il reste une légère douleur de tête, mais aucun des autres accidens; on continue cependant encore les affusions,
Au sepüème jour : on donne de la nourriture; on met la malade à l’usage des boissons glacées; ce traitement est suivi jusqu’au quatorzième jour, époque à laquelle elle peut sortir et se promener. |