‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 156 sur 170 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Inflammation de l Arachnoïde spinale.

269. Si nous ne voulions point apporter dans la descripuüon de l’arachnitis spinale, la même sévérité et la même exactitude que nous nôus sommes efforcés de mettre dans celle de l’arachnitis cérébrale, nous pourrions facilement grossir son histoire en citant les opinions émises par quelques anciens médecins et même par plusieurs modernes, sur cette espèce d’inflammation. Beaucoup, en effet, ne considérant que la douleur locale et le trouble du système locomoteur qui caractérisent quelques maladies, et

particulièrement la rage et le tétanos, ont voulu attribuer tous ces symptômes à l’inflammation de l’arachnoïde spinale qu'ils ont rencontrée dans quelques circonstances. Mais comme, en géné ral, les faits multipliés n’ont pas servi de base à leur théorie, que chacun a la sienne particulière, et qu’elle paraît plutôt le fruit de l'imagination ou de quelques rapprochemens ingénieux que celui de la saine observation, nous prenons le parti de n’en pas faire usage. Fidèles à notre plan, et partisans zélés de l'exactitude et de a pure vérité, nous aimons mieux laisser en apparence notre travail moins complet, en éliminant tout ce qui n’est pas positif, pour ne donner que le résultat des faits : s'ils sont peu nombreux, ils n’en ont pas moins de valeur parce qu'ils ont été observés avec soin, recueillis sans prévention, et parce qu'il ne leur manque aucun des détails d'anatomie pathologique, que nous regrettons de ne point irouver dans le petit. nombre de ceux que nous ont laissés les auteurs, ct que par cela même nous sommes obligés de rejeter.

Par un concours singulier et malheureux de circonstances, nous n'avons pas encore pu rencontrer l'inflammation de l’arachnoïde spinale, bornée à cette seule et unique partie ; toutes Îles observations qui vont nous servir à tracer son

lustoire, nous présentent une inflammation serne blable de l’arachnoïde cérébrale, développée tantôt en même tems, tantôt consécuivement, et toutes deux parvenues en général au même degré d’altération. Cetie simultanété de lésion autour de deux organes si différens par leur rapport et par l’importance de leurs fonctions, doit rendre nécessairement le diagnostic plus difficile, et jeter un peu de confusion dans l’ensemble des symptômes. Nous regrettons beaucoup de n'avoir point à notre disposition quelques faits d’'inflammation bornée à la seule arachnoïde du rachis, que possèdent quelques-uns de nos confrères ; ils nous auraient été d'une grande utilité dans cette circonstance ; mais comme nous cônnaissons déjà les symptômes propres à l’arachnius cérébrale, 1l nous suffira d’un peu d’attention pour faire l’analyse de tous ceux qu'ont offerts nos malades, et pour reconnaître la différence que peut présenter l’une ou l’autre de ces affections.

Ainsi en passant sous silence les symptômes caractéristiques de l’arachnitis cérébrale que nous retrouvons dans toutes nos observations , eten intervertissant un peu la marche que nous avons suivie jusqu'ici, nous croyons qu'il faut attacher une grande valeur à la coniracuon des muscles de la partie postérieure du tronc; cette rigidité peut

( 550 } varier depuis la simple rigidité musculaire jusqu’à la contraction la plus forte, déterminant alors le renversement de la tête et du tronc en arrière , enfin un véritable opisthotonos absolument semblable à celui qu’on remarque dans le tétanos. Cette contraction ne doit pas être confondue avec celle qu’on voit si souvent dans l’arachmitis cérébrale , lorsque cette arachnitis occupe la base du cerveau; dans cette dernière, la colonne épinière, quoiqu'immobile , reste droite ; il n’y a que sa portion cervicale qui se porte quelquefois en arrière, en appuyant alors fortement la tête contre la partie du lit sur laquelle elle repose, au lieu que dans celle que nous signalons, le renversement se fait à l’aide de la totalité de la colonne vertébrale qui forme une espèce d'arc inflexible , ce que nous n’avons jamais vu dans la simple arachnitis cérébrale ; on doit donc regarder ce symptôme comme de la plus grande valeur dans le diaguostic de larachnitis spinäle ; mais ce qui lui donne encore plus de prix, c’est qu'il a toujours existé dans les cas où l’arachnoïde ‘cérébrale étant saine, la seule portion de l’arachnoïde spinale se trouvait enflammée. Nous avons déjà dit que nous n’avions pas vu l’arachnitis spi- male dans cet état de simplicité ; mais nous tenons ces détails de confrères dignes de foi qui, par leur caractère et leurs talens distingués, im-

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