‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 162 sur 170 · CENT TRENTE-QUATRIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT TRENTE-QUATRIEME OBSERVATION

Arachnitis spinale. — Arachnitis de la base, et des ventricules ; pus et sérosité abondante dans ces cavités.

Lecoq, Marguerite, âgée de vingt-cinq ans, d’une constitution forte et vigoureuse, entra à l’Hôtel-Dieu, dans les salles de M. Récamier, le 12 octobre 1816, pour quelques symptômes gastriques, parmi lesquels prédominait une céphalalgie très-intense.

Huit jours après son entrée à l'hôpital, elle fut prise d’un accès de fièvre bien caractérisé , avec frisson, vomissemens spontanés très-abondans, suivis d’une chaleur très-vive, et accompagnés d’une forte douleur occupant l’occiput et les côtés du cou. Le soir, tous ces accidens cessèrent, l’apyrexie fut complète.

Jusqu'au neuvième jour, à dater de la première invasion de l'accès, ils se renouvellent exactement tous les deux jours avec les mêmes sympiômes, laissant entr'eux un jour d’apyrexie complète ; la céphalalgie est le symptôme dominant de chaque accès; on la fait cesser chaque fois comme par enchantement, par une applica-

(578 ) tion de sangsues au cou. Dans un moment d’apyrexie, on fait prendre sept gros de poudre de quinquina qui est rejetée aussitôt par le vomissement ; le cinquième accès fut soulagé par un bain à vingt-deux degrés avec affusions froides.

L'accès du neuvième jour revient avec l’appareil des symptômes ordinaires, et de plus avec des douleurs extrêmement vives dans les membres abdominaux.

Jusqu'au dix-huitième jour, même appareil de symptômes qui suivent régulièrement la même marche ; la rougeur de la face, l’assoupissement, la dureté du pouls, et d’autres symptômes de pléthore qui se renouvellent à chaque accès et qui indiquent le besoin de la saignée, la font réitérer trois fois, avec un soulagement marqué à chaque fois qu’elle est faite.

Du dix-huitième au vingt- quatrième jour :

même type dans les accès. — On donne d’abord un vomitif qui procure une forte épigastralgie qui ne cède qu’à une application de douze sangsues sur le lieu douloureux ; plusieurs lavemens fortement chargés de quinquina sont administrés sans succès, — Les dents, la langue et les lèvres se sèchent; le pouls diminue de force et de fréquence.

Le vingt-quatrième jour : il y eut pendant tout l'accès un délire bien caractérisé. A dater de ce

jour, les accès se rapprochèrent tellement, qu'il n'y eût plus entr’eux d'intervalle; la fièvre devint continue avec des exacerbations fréquentes. Pendant tout ce tems, les yeux furent égarés, les facultés intellectuelles ne s’exercèrent qu'avec une excessive lenteur; la malade resta plongée dans un état continuel d’assoupissement ; on l’en reurait cependant avec facilité; elle se plaignait' alors d’une douleur très-vive dans les bras et les jambes, et d’une céphalalgie atroce, siégeant principalement dans les fosses temporales.

Jusqu'au vingt-neuvième jour, l’assoupissement augmenta peu-à-peu; les lavemens de quinquina furent continués et ne firent qu’aggraver les accidens. Ce même jour, les facultés intellectuelles se perdirent entièrement ; l’assoupissement se convertit en coma; la prostration devint extrême ; les yeux tournés en haut et à moitié couverts par les paupières furent affectés d'un double strabisme, et la mort arriva le trentième jour au matin.

Il est à remarquer que pendant tout le cours de cette maladie, la douleur du cou dont nous avons parlé au premier accès, se conserva toujours au même degré.

Ouverture du cadavre. — L’arachnoïde qui tapisse la protubérance annulaire , le cervelet et la moëlle allongée, était opaque et très-épaissie;

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