‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 166 sur 170 · CENT TRENTE-SEPTIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT TRENTE-SEPTIEME OBSERVATION

Arachnitis spinale. — Arachnitis de la convexité des

hémisphères.

Un homme de soixante-et-un ans , fut apporté à l’Hôtel-Dieu pour une péripneumonie qui n’offrait rien de remarquable , et qui, suivant toutes les apparences, devait se terminer d’une manière heureuse , lorsqu’au onzième jouril devinttriste, morose, comme hébêté ; on remarqua en même tems des absences de mémoire, et un défaut d'harmonie dans toutes les sensations.

Le deuxième jour, depuis l'invasion de ces nouveaux symptômes, et le quatorzième depuis celle de la pneumonie : perte complète de connaissance ;. paupières habituellement fermées ; dilatation des deux pupilles: strabisme de l'œil droit ; spasmes continuels des muscles des membres, alternant avec un relâchement si complet, qu’il pouvait presque caractériser une paralysie ; contraction très-forte de ceux de la colonne veriébrale, elle ne mérite pas la dénomination d’opisthotonos, mais elle est permanente; la face devient rouge comme violette, la sensibilité s’abolit entièrement ; cet état persiste pendant deux jours , ei se termine par la mort, qui n’est précédée ni accompagnée d'aucun accident paruculier.

Ouverture du cadavre. — Inflammation générale de l’arachnoïde; exsudation purulente entr'elle et la pie-mère , à la surface du cerveau, du cervelet et de la moëlle rachidienne, partüculièrement vers la région dorsale. — Un liquide absolument semblable remplit les ventricules latéraux. — Vers la partie postérieure, inférieure et latérale du ventricule droit du cerveau, se trouve un petit tubercule. — Double péripneumonie. Ramollissement du cœur et de tous Les muscles.

CENT-TRENTE-SEPTIEME (Os) OBSERYVATION.

ÆArachnitis spinale. — Arachnitis de la convexité du Cerveau.

Le nommé L***., âgé de cinquante ans, s’étant toujours bien porté, fut pris de frissons et de fièvre, qui s’accompagnèrent bientôt de céphalalgie légère et de symptômes gastriques , suivis eux-mêmes de vomissemens bilieux assez abondans.

Pendant plusieurs jours les frissons revinrent à différentes reprises dans la journée, mais d’une manière fort irrégulière, occasionnant un malaise continuel et un état de morosité insupportable pour tous ceux qui approchaient le malade ; il se plaignait de douleurs dans la poitrine et toussai beaucoup.

Le dixième jour à dater de l'instant où la santé avait été altérée, la céphalalgie qui jusqu’alors avait été très-supportable, prit tout-à-coup un grand degré d'intensité ; le malade s’en plaignait continuellement et jetait même des cris aigus Jorsqu'il se remuait ; on ne savait pas pour quelle raison il rapportait alors toute la douleur au dos. | . Le onzième jour, le malade perdit tout-àcoup connaissance ; 1} survint du délire ; les pupilles se dilatèrent considérablement ; la respiration devint plus gènée ; la toux plus forte ; un commencement de roideur se fit remarquer dans la totalité de la colonne épinière. — Le traite— ment fut nul etinsignifiant.

Le douzième et le treizième jour, tous ces symptômes prirent un degré plus grand d’intensité , la contraction des muscles de l’épine détermina un oOpisthotonos assez léger à la vérité, mais cependant facile à reconnaitre ; l’assoupissement dans lequel le malade était plongé depuis deux jours se convertit en véritable coma, et la mort survint le lendemain matin.

Ouverture du cadavre. — Inflammation générale de l’arachnoïde tant cérébrale que spinale, avec couche de matière puriforme étendue à toute sa surface ; sérosité purulente et floconneuse épanchée dans les ventricules latéraux ,

(599 ) et particulièrement accumulée vers l’origine de la queue de cheval — Inflammation de la muqueuse des bronches, qui se trouve recouverte dans toute son étendue, d’une fausse membrane semblable à celle qu’on retrouve dans le croup.

Rien de remarquable ailleurs.

278. De cette masse de faits assurément trèsconcluans et qui ne laissent rien à désirer, quine serait tenté de croire que dans tous les cas où les mêmes symptômes se présentent, on doit trouver sur l’arachnoïde spinale des altérations sembla— bles? cela cependant, n'arrive pas quelquefois, et tout semble nous prouver que le tétanos peut être dans certains cas, essentiel et indépendant de toute phlegmasie rachidienne. Les deux observations suivantes, recueillies en même tems et avec autant de soin que les précédentes , prouveront ce que nous avançons.

Page 1