‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 167 sur 170 · CENT-TRENTE-HUITIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CENT-TRENTE-HUITIEME OBSERVATION

T'étanos simulant une phlegmasie rachidienne, sans lésions de l'arachnoide spinale.

Une femme nommée Roux, âgée de soixantedeux ans, jouissant habituellement d’une bonne santé, n’ayant jamais éprouvé la moindre affection vers l’encéphale , fait une chute vers le milieu d'avril 1817 ; d’après son rapport, il paraît que la colonne vertébrale et la tête en éprouvè-

| (596 ) rent un choc assez violent, et qu’à l'instant de la chute elle perdit connaissance. Depuis cette époque jusqu’au 29 août, jour de l'invasion des grands accidens , la région occipitale et la colonne vertébrale, furent constamment le siége d’une douleur assez vive. |

Le 29 août, premier jour : commencement de roideur dans les membres ; les mâchoires se serrent, leur mouvement provoque de la douleur.

Troisième jour : forte contraction des membres supérieurs, particulièrement de ceux du côté droit; roideur considérable du col et du tronc ; mastication et déglutition difficiles ; la gorge, la région occipitale, la colonne épinière, sont douloureuses; ventre dur et tendu ; les mouvemens volontaires s’exécutent librement; resserrement de la pupille gauche ; intégrité des facultés intellectuelles ; commissure des lèvres nullement déviée ; langue sèche et rouge ; bouche amère; de tems en tems envies de vomir ; chaleur vive de la peau ; pouls fréquent peu résistant. — Une saignée ; un bain ; lavement purgauf ; sulfate de soude dans la boisson. — Agitation très-vive pendant la nuit; douleur dans les membres; point de débire.

Quatrième jour : trismus complet, ce quirend la parole fort difficile ; augmentation de la roideur du bras gauche, et cependant les mouve-

mens y sont faciles; les yeux deviennent chassieux; même état du reste. — Lavement avec laudanum , dix gouttes ; autre lavement pureatif ; boisson comme la veille. — Agitation la nuit, douleur dans les jambes.

Cinquième jour : augmentation du trismus ; chaleur naturelle ; même état du reste. — Lavement purgauf des peintres. — Le soir, fièvre très-forte. |

Sixième jour : point de changement ; intégrité

des facultés intellectuelles. — Quarante sangsues le long de la colonne vertébrale.

Septième jour : mort.

Ouverture du cadavre. — Le cerveau et ses membranes examinées avec le plus grand soin, ne présentaient pas la moindre altération. — 11 en était de même de la moëlle épinière ; sa substance et ses membranes, n’offrirent rien de particulier, si ce n’est quelques gouttes de sé— rosité limpide, et quelques vaisseaux variqueux vers la queue de cheval. Les organes des autres cavités étaient tous parfaitement sains.

- 279. Nous voyons réunis, dans cette observaton, tous les symptômes que nous avons trouvés dans les précédentes, et que nous considérons, comme devant caractériser dans le plus grand nombre des cas, l’arachnitis rachidienne ; c'est une chute sur l’occiput et la colonne épi-

mière qui détermine la maladie ; elle est représentée pendant tout son cours, par une douleur vive dans la colonne vertébrale et la région occipitale, par une roideur considérable du col et du tronc ; rien ne semble en apparence plus caractéristique. Si on en excepte l’ahsence du délire , et une marche particulière , qui n’est pas celle d’une maladie cérébrale, nous y retrouvons encore plusieurs symptômes qui appartiennent à ces sortes d’affections, comme le resserrement d'une pupille, la roideur des membres, le trismus, eic.; etcependant, niles membranes du cerveau, nicelles de l’épine, examinées avec d'autant plus de soin qu'on était persuadé d’y rencontrer quelque inflammation, n’en présentèrent pas la plus légère trace ; il ne faut pas faire attention à quelques gouttes de sérosité qui se trouvent dans la cavité de l’arachnoïde spinale, ni à l’injection de quelques vaisseaux de la queue de cheval, ce qui se rencontre chez la plupart des cadavres et ne signifie absolument rien.

Nous sommes donc réduits à recourir au trouble et à l’ébranlement du système nerveux pour expliquer les accidens tétaniques que présenta cette malade, explication assurément très-peu satisfaisante, mais dont nous sommes obligés de nouscontenter, faute de meilleure.

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