Du Facies.—Il suffit d’avoir tant soit peu
observé, pour savoir combien est important, dans la pratique de la médecine, l’examen de la face, qui seule, dans bien des circonstances, fournit presqu’autant de données quetous les autres appareils, pour arriver à un diagnostic facile et rigoureux. Si la face n'offre pas la réunion de tous les symptômes caractéristiques de l’arachnitis, nous allons voir qu'elle en présente plusieurs qui sont d’une assez grande importance.
38. Après un caractère particulier attaché à l’ensemble de la face, un aspect d’étonnement et de stupeur qu'il nous est impossible de décrire, mais qu'il suffit d’avoir vu quelquefois pour s’en bien pénétrer , les symptômes les plus saillans que nous offre cette partie, nous sont fournis par les pupilles et par le globe de l'œil.
Les pupilles sont ou dilatées, ou contractées, ou alternativement dans ces deux états; quelquefois elles sont immobiles à la plus vive lumière.
Le globe de l'œil présente une rougeur plus ou moins intense de la conjonctive , le strabisme d’un seul ou de deux yeux, la rotation continuelle de cette organe, son renversement en haut, enfin la paralysie de la paupière supérieure.
39. La contraction des pupilles a lieu indistinctement dans les trois périodes, au lieu que la dilatation est plus particulière à la seconde, ct
surtout à la troisième. Plus d’un uiers des malades nous ont présenté ce phénomène. Ordinairement cet état de dilatation et de resserrement est permanent; mais quelquefois 1l change en peu de tems, de sorte que telle pupille qui le matin était dilatée, se trouve contractée le soir, etvice versé. Les alternatives de dilatation et de resserrement peuvent être assez rapides pour être aperçues par l'œil, mais cela ne s’observe que très-rarement.
4o. L’immobilité absolue des pupilles à la plus vive lumière, ne se voit qu’à la fin de la troisième période, et lorsque tous les symptômes sont arrivés au plus haut degré d'intensité.
41. La rougeur de la conjonctive est très-fréquente , et souvent même assez intense pour Ca— ractériser une véritable ophtalmie ; les stries grisètres quiternissent alors la cornée transparente et lui donnent ùün aspect pulvérulent, ne sont dues qu’à une espèce de suppuration ou d’exsudation albumineuse d’une nature particulière.
42. Le sirabisme se voit à-peu-près dans la proportion d’un dixième ; le plus ordinairement, il affecte les deux yeux, quelquefois aussi il ne se rencontre que sur un seul, mais cela est rare. Quoique lœil puisse se porter dans toutes les directions , c’est cependant du côté de l’angle interne qu'il se dirige principalement : ce strabisme , ainsi que la rotation continuelle des yeux
(50) dans les orbites, s’observent le plus ordinairement vers la troisième période , et quelquefois même dans la seconde. Ce sont en général des symptômes peu communs et qui se rencontrent de préférence chez les enfans.
43. Le renversement des yeux en haut et la paralysie des paupières se présentent plus fréquemment et appartiennent particulièrement à la fin de la seconde et à la troisième période.
44. Les erreurs de vision et le clignotement des paupières sont de ces symptômes peu communs, qu’on remarque qnelquefois par hasard et qui n'ont aucune valeur particulière. Il n’en est pas de même de l’exaltation excessive de la sensibilité de la rétine, exaltation qui peut suffire dans certains cas pour faire présumer l'existence de l’arachnitis.
Nous ferons remarquer en terminant ce qui a rapport au globe de l'œil, que ses lésions apparuennent spécialement à l’arachnitis de la base, surtout pour ce qui a rapport à la direction des axes , à la dilatation des pupilles et aux mouvemens convulsifs. |
45. L'appareil musculaire de la face paraît souvent dans un grand désordre, et nous offre plusieurs phénomènes dignes de remarque ; le premier et le plus important de tous, est le irismus qui est aussi fréquent dans l’arachnitis
suppurée, que dans celle qui ne l’est pas ; plus d’un cinquième des malades nous l’ont offert ; il appartient à la seconde et à la troisième période, rarement il se présente dans la première. Les grincemens de dents et l’écume de la bouche, qui paraissent affecter la même époque de l’arachnitis, ne se remarquent, dans la plupart des cas, que chez les sujets en bas âge.
Les convulsions de la face sont un peu moins fréquentes ; on peut y rapporter le rire sardonique , les mouvemens de mastication et le tremblement de la lèvre inférieure. Ces symptômes appartiennent à la seconde période, presque jamais à la première. La déviation de la bouche est un symptôme excessivement fugace ; nous ne l’avons observé que neuf fois d’une manière bien tranchée.
46. Généralement dans l’arachnitis , la face est rouge et animée ; quelquefois pourtant nous l’avons trouvée pâle et décolorée.
47. Aprèsavoir étudié les symptômes du facies, nous allons tour à tour passer en revue ceux que présente chaque appareil, en les examinant successivement l’un après l’autre, d’après leur ordre de fréquence.
Appareil sensitif. — Les symptômes les plus fréquens, les plus faciles à saisir et qu’on peut regarder comme presque caractéristiques de l’a-
(52) rachnitis, nous sont fournis par l'appareil sensitif. Ce sont le trouble de l’intelligence dans lequel on comprend le délire ; le simple assoupissement ou le coma ; la céphalalgie ; la stupeur ; enfin l’altération de la sensibilité générale et des sens en particulier.
48. Le délire varie beaucoup pour sa forme , sa durée et les objets sur lesquels il s'exerce: nous l'avons vu bien caractérisé et dans toute sa force chez quatre-vingt-neuf malades, et peut-être l’aurions-nous trouvé plusfréquemment,s’ilnous avait été possible de les observer dans tout le cours de leur maladie. Il affecte de préférence les adultes qui sont plus disposés à l’arachnitis de la convexité. D est tantôt gai et tantôt triste ; nous avons vu quelques malades crier, vociférer, s’agiter dans tous les sens; mais cela est rare, le plus souvent ils sont calmes, tranquilles et marmotent entre leurs dents des parolesinarticulées; on les dirait alors plongés dans une espèce d’ivresse. Ce délire n’est pas toujours opiniâtre ; on peut en retirer assez facilement les malades en les excitant un peu : alors ils vous répondent avec justesse sur ce qu'ils éprouvent. Mais abandonnés à eux-mêmes, 1ls retombent promptement dans leur premier état. Le délire présente ce caractère dans la première et surtout dans la se— conde période, où il est continu, quelquefois
rémittent et rarement intermittent. Dans la troisième, on ne peut plus le considérer comme existant, vu l’anéantissement des facultés intellectuelles.
Le délire constitue le passage de la première à la seconde période, c’est lui qui forme le principal caractère de linflammation de la convexité des hémisphères.
D’autres malades, qui ne délirent pas, sont indolens , hébétés , maussades, irrascibles, ou, contre leur naturel, gais, enjoués jusqu'à la dé-
raison. Chez presque tous on remarque une diminution des facultés cérébrales, ou une impossibilité presque complète de Les metire en jeu ; de sorte que beaucoup ne prononcent que des monosyllabes. Nous avons vu un individu qui, pendant plusieurs jours, n’a pu dire que us us. Cet état qui subsiste quelquefois pendant toute la maladie, est ordinairement le précurseur du délire, lorsqu'il ne le constitue pas.
49. L’assoupissement profond et continuel qui prend souvent le caractère du coma, obser vé seulement pendant la première et la seconde période , vient, pour l'importance, après le délire. Nous l’avons rencontré quatre-vingt-deux fois. Il est plus fréquent chez les enfans que chez les adultes, et caractérise, étant joint à d’autres symptômes, l’inflammation de l’arachnoïde dela
(54) base, que nous verrons par la suite être l'apanage de l’enfance : aussi chez ces derniers, il constitue la seconde période, conjointement avec les symptomes d'irritation qui l’accompagnent.
Ce phénomène, le plus fréquent de tous, si l’on veut tenir compte de la fin de la troisième période, ne constitue réellement à cette époque qu'une véritable agonie, et perd en conséquence toute sa valeur comme symptôme.
L’assoupissement a cela de commun avec certains délires propres à l’arachnitis, qu’on peut le faire cesser momentanément en excitant le malade ; mais, comme dans le délire, cela ne peut avoir lieu que dans son début; car dans la seconde partie de la deuxième période et dans la troisième, il est continuel et opimiätre. Lorsque l’arachnitis suit sa marche ordinaire , ce symptôme ne paraît point avant la fin de la première période ; nous l’avons cependant remarqué quelquefois dès le début ; ces cas sont excessivement rares: nous en avons parlé en décrivant le mode d'invasion.
5o. La céphalalgie, symptôme d’une si haute importance au début de l’arachnitis, conserve toute sa valeur dans le cours de la première et de la seconde période ; on la rencontre presque chez tous ceux qui ont conservé leur raison, ou qui peuvent la recouvrer momentanément lorsqu’on les excite ; d’où il résulte qu’elle s’observe
beaucoup plus long-tems chez les enfans. Il est presque probable que cette céphalalgie existe dans une période plus avancée, et que si les malades ne s’en plaignent point, c’est qu'absorbés par la violence du mal, ils ne sont plus en état de distinguer leurs propres sensations n1 de les exprimer. À cette seconde période, nous avons encore pu reconnaître ce symptôme sur plus de la moitié des sujets observés.
Cette céphalalgie offre quelques particularités sous le rapport de la nature de la douleur ; jamais les malades ne l’expriment de la même manière ; ils se plaignent de pesanteur, d'élancemens, d’engourdissemens, etc., souvent 1ils la comparent à l’action de causes qu'ils ne connaissent pas, ou qu'ils n’ont jamais éprouvées ; ce qui démontre leur ingertitude à son égard, en même tems qu'ils nous donnent l’idée de la variété de forme dont elle est susceptible.
Cette céphalalgie est ordinairement générale , quelquefois elle n’occupe qu’un côté de la tête ; nous l’avons vue une ou deux fois quitter brusquement son siége primitif pour venir se fixer ailleurs ; elle n’indique pas toujours le siège de la lésion, comme nous le démontrerons par la suite.
5r. La stupeur, caractérisée par une sorte d'abandon et d'inertie générale, un aspect étonné et tout particulier de la face, alternant avec
(56) les autres symptômes, ou les accompagnant, est propre à toutes les périodes, mais surtout aux deux premières, où le facies conserve une expression beaucoup plus marquée.
92. La diminution de la sensibilité générale est dans le rapport de plus d’un cinquième en ne l’examinant qu’à la fin de la première, et dans le cours de la seconde période ; cette diminution est constante dans latroïsième , puisqu'elle marche toujours avec le coma.
53. L'’altération de la vue, de l’ouïe, de la parole , très-fréquente dans la troisième période, ne mérite alors aucune attention spéciale : mais lorsqu'elle arrive à la première , elle confirme les autres symptômes et facilite le diagnostic.
54. Nous avons remarqué quelquefois : mais assez rarement, une insomnie opiniâtre, sans que nous ayons pu découvrir la cause de ce symptôme si contraire à l’assoupissement et au coma.
55. Enfin, contre la règle générale, quelques sujets, en présentant tous les autres phénomènes propres à l’arachnitis, conservent jusqu'au dernier moment leur intelligence libre et parfaite. On n’en peut tirer aucune conséquence dans l’arachnitis de la convexité où cette intégrité de l'intelligence est excessivement rare; mais, il n’en ést pas de même dans l’arachnitis de la
(57) base, dans laquelle les facultés intellectuelles sont plutôt empèêchées que troublées et dans un véritable désordre , comme cela s’observe dans le premier genre d’arachnitis (1).
56. Appareil locomoteur. L'appareil locomoteur présente dans l’arachnitis plusieurs genres d’altération qu'on peut rapporter à trois principaux :
1°. Un état de contraction et de rigidité local ou général.
20, Un état de paralysie local ou général.
3°. Un état convulsif, également local ou général.
Nous ajoutons à ces trois états, l’agitation qui dénote plutôt un trouble de l’économie tout entière , qu'une lésion particulière de l'appareil locomoteur.
57. Ce dernier symptôme, l'agitation, est pour la fréquence, dans le rapport d’un cinquième environ ; elle tient à la première période et paruculièrement à la seconde ; elle est caractérisée par une inquiétude vague, des pandiculations, l'impossibilité de rester un moment dans la même
(x) Voyez , pour le complément de ce qui a rapport aux différens caractères de l’arachnitis, relatifs aux diverses régions enflammées , la partie de la clinique où nous traitons spécialement du siége. Chap. 1°., art, x, Siége.
(58) position. Ce phénomène n’a pas beaucoup de valeur en lui-même, car étant commun, dans la première période, à un grand nombre de maladies, il ne peut aider que faiblement au diagnostic. Cependant on ne doit point le négliger.
58. Il n’en est pas de même des convulsions ; elles sont, avec la paralysie etles diverses contracuons, un des signes les plus carastéristiques de l’arachnitis. Les convulsions générales se remarquent, au moins chez le tiers des malades. Elles sont assez constamment accompagnées d’un état de rigidité des parties qu’elles affectent. Celles qui sont partielles sont beaucoup moins fréquentes que les précédentes , et sont presque toujours suivies de flaccidité. (1) Les convulsions sont beaucoup plus communes chez les enfans ; elles appartiennent de préférence à la deuxième période et au commencement de la troisième.
‘Elles sont plus prononcées dans les extrémités supérieures qui en sont presque exclusivement le siége. Quelquefois, mais plus rarement, nous
(x) Dans l'examen de ce dernier symptôme, il faut se méfier des lésions de la pulpe , qui en sont assez ordinairement accompagnées; mais la paralysie du sentiment et du mouvement pourra aider à la distinction , la paralysie partielle n’étant que très-rare dans l’arachnitis , tandis qu’au contraire elle forme le caractère principal des altérations de la pulpe.
(59 ) les avons vues bornées à un seul côté du corps. Elles peuvent aussi se fixer sur le col, en même tems que sur les autres parties.
59. La contraction des muscles avec rigidité , attaque, suivant leur ordre de fréquence, les muscles de la mâchoire, ceux de la partie postérieure du col, ceux des extrémités supérieures et inférieures, quelquefois ceux de la région postérieure du tronc. Dans un seul cas, nous lavons trouvée fixée aux muscles de la paroi antérieure de l’abdomen.
Les contractions avec rigidité, ou contractures , appartiennent principalement à tout le cours de la seconde, et à la première partie de la troisième période ; elles sont quelquefois continuelles ; mais le plus ordinairement elles offrent des alternatives de relâchement qui se répètent à des intervalles assez rapprochés ; elles ont également lieu sur les extenseurs et sur les fléchisseurs; car si l’on saisit le bras lorsqu'il est fléchi, on ne peut l’étendre, de même qu’on ne peut lefléchir lorsqu'il est tendu ; cette contraction n’est pourtant pas si violente qu’on ne puisse vaincre la résistance par un effort prolongé : on s’aperçoit quelquefois alors qu'elle cède brusquement, mais cela n'a pas toujours lieu. Les muscles des mâchoires et surtout ceux de la partie postérieure du col, paraissent opposer une résistance beau-
coup plus forte que ceux du bras ; ce qui tient peut-être, pour la mâchoire, au peu de longueur du lévier sur lequel on agit. Dans le col , elle est ordinairement si considérable, qu’en soulevant la tête, on élève Le tronc tout d’une pièce sans lui faire éprouver le momdre mouvement de flexion. Quelquefois cette rigidité est plus sensible d’un côté que de l’autre. Chose remarquable, nous ne l’avons observée qu’une seule fois dans les muscles de la partie antérieure du col.
6o. La paralysie générale est, de tous les symptômes fournis par l’appareil locomoteur, le moins fréquent et le moins important.
Quant à la flaccidiié qui succède à la contracüon ou aux convulsions, elle n’a lieu qu’à la fin de la troisième période, et peut être considérée alors comme une perte de la puissance locomotrice.
L'hémiplégie, au contraire , mérite beaucoup plus d'attention ; nous l'avons vue plusieurs fois survenir instantanément dans le cours de la première et de la seconde période; mais c’est généralement dans l’arachnitis par cause externe, que nos malades nous l'ont présentée.
La paraplégie, la prostration, etc., sont des accidens que nous avons quelquefois observés , mais auxquels nous n’avons pu reconnaitre de cause directe.
Quant aux soubresauts, ils n’expriment rien en parüculier qu’un trouble de lappareil qui nous occupe: symptôme commun à une multitude d’affections, il en annonce la gravité sans jeter le plus petit jour sur Fessence de la maladie.
61. Appareil digestif. — En parlant du mode d'invasion, nous avons exposé tout ce que présente de remarquable l’appareil digestif, sous le rapport des vomissemens et des nausées. Ces symptômes s’observent encore pendant la fin de la première période , et souvent dans le cours de la seconde chez les enfans.
Toutes les autres modifications que peut offrir cet appareil, varient beaucoup ; aucune n’apparüent en propre à l’arachnitis, si ce n’est la consuipation qui est un Caractère assez constant de cette phlegmasie, quel que soit en général l’âge du sujet. Lorsque l’inflammation de l’arachnoïde est simple, la langue est ordinairement blanchâtre; mais d'autres fois elle est sèche, rouge , noirâtre, fuligineuse, tremblante, etc. ; ce qui a lieu dans les complications de péripneumonie, de gastrite ou d’autre affection abdominale ; mais à cet égard , il n’y a rien de constant.
62. Appareil circulatoire. — Il est la plupart du tems troublé par l'arachnitis ; mais ce trouble variant beaucoup, et étant commun à toutes
les maladies un peu graves, il cesse d’avoir quelque valeur. Le plus ordinairement le pouls est fréquent ; quelquefois, au contraire, il est lent. Il n’est pas rare de le trouver intermittent, et souvent irrégulier, surtout dans la troisième période. En général la nature des complications, l’âge et surtout la constitution du malade influent sur cet appareil d’une manière plus remarquable que sur tous les autres. Nous avons eu plusieurs fois occasion de nous assurer que la fréquence du pouls ne paraît, dans certains cas, que vers la fin de la seconde période, caractère qui présente quelques rapports avec les lésions de la pulpe.
63. Appareil respiratoire. — Dans l’arachniuis simple, la respiration n’est pas ordinairement altérée, si ce n’est à la fin de la troisième période, peu detems avant la mort. Mais les lésions qu’elle présente alors, comme la fréquence, le râle, le stertor, n’ont point de caractère particulier; elles sont communes à toutes les agonies. Cet état d’intégrité des fonctions respiratoires appartient spécialement à toutes les maladies de l’encéphale.
Il n’en est pas de même dans les complications ; la lésion de la respiration est alors en rapport avec la nature et la fonction de l'organe affecté et avec la gravité de la maladie. On conçoit que la respiration doit offrir de la gêne, de
(65 ) la fréquence et bien d’autres troubles dans les complications de péripneumonie, de péricardite, de péritonite et de pleurésie, comme nous en avons grand nombre d’exemples.
Le hoquet est un symptôme que nous avons observé plusieurs fois à la fin de l’arachnitis : 1l peut durer deux ou trois jours en paraissant et disparaissant alternativement. On doit le regarder comme un signe de très-mauvais augure.
64. Habitude du corps. — Elle n’offre point dans l’arachnitis de symptômes bien tranchés et bien caractéristiques ; toutes les particularités qu’elle présente appartiennent à la plupart des maladies aiguës et surtout aux phlegmasies.
Ce que nous observons de plus digne de remarque sur l’ensemble du corps, se réduit à l’état de la chaleur, à la sécheresse de la peau, à la sueur qui la couvre, à la coloration particuhière , enfin à l’atütude que prennent ordinairement les malades.
La chaleur est le plus souvent élevée et uniformément répandue sur toute la surface de la peau. C'est vers la seconde période qu’elle est ordinairement la plus forte : à la fin de la maladie elle diminue généralement, et présente alors beaucoup de variété pour sa distribution. Dans des cas, à la vérité assez rares, nous avons vu cette variété dans la distribution de la chaleur,
depuis le moment de l'invasion jusqu'a l'instant de la mort, et cela, de la manière la plus singulière ét la plus tranchée; ainsi, nous l’avons trouvée bornée à la tête, le corps étant froid ; nous avons également observé la face glacée, tandis que notre main pouvait à peine supporter la chaleur du corps. Un fait fort remarquable s’est offert à nous : pendant tout le tems de la maladie qui fut assez longue, le visage n’a cessé de présenter des variations de température dans ses différentes parties ; souvent une pommette était froide, tandis que l’autre était rouge et trèschaude ; souvent aussi cette différence avait lieu entre le front et le bas du visage. Cette variation dans la distribution de la chaleur qu’on remarque fréquemment dans les fièvres dites ataxiques, indiquerait-elle dans ce cas une complication de phlegmasie des méninges ? Nous n'osons l’affirmer, n'ayant point sur ce sujet de faits bien certains et bien concluans.
La peau est en général sèche pendant la première période ; dans la seconde, elle est quelquefois humide ou même couverte d’une sueur très-abondante. Cette sueur peut, dans certains cas , être générale ; le plus ordinairement elle est bornée au visage, où elle présente alors un certain degré de viscosité; mais ce caractère qui n’a lieu qu’à la fin de la na ol n'est probablement qu'un effet de l’agonie.
Dans quatre ou cinq circonstances particulières, nous avons vu la peau prendre une teinte jaunâtre, comme ictérique , sans qu'il nous ait été possible de découvrir lacause de cette singularité.
Le décubitus n’a rien par lui-même qui soit propre à l’inflammation qui nous occupe ; il est dans l’arachnitis ce qu'il est dans toutes les maladies qui affectent profondément l’économie, et surtout dans celles où le cerveau et ses facultés sont fortement compromis ; le plus ordinairement, le malade est abattu, dans un état d’inertie et de prostration complètes, presque toujours couché sur le dos, les membres et le corps obéissant à leur propre poids. Cette descripuon du décubitus, commun à la fin de la seconde période et à toute la troisième , ne conviendrait pas à la première, daus laquelle il présente alors un grand nombre de variétés qu'il serait aussi long qu'inutile de décrire.
65. Nous dirons ici deux mots d’une odeur particulière que répandent quelquefois les malades ; cette odeur ne peut être comparée qu’à celle qu’exhale la souris ; elle ne se développe qu'à la fin de la seconde période, et nous a toujours paru d’un très-fâcheux augure. Elle sembke se lier avec l’émission involontaire des urines, qui stagnant alors dans le lit du malade, acquiert par la chaleur une odeur excessivement forte.