‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 47 sur 170 · VINGT-TROISIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité des hémisphères et de la base , par suppression de menstrues.

Tissot , femme mariée, âgée de 27 ans, venant de faire plus de cent lieues à pied, éprouve le 6 octobre 1816, une frayeur très-vive. A l’instant même syncope ; cessation des menstrues qui coulaientabondamment, etdéveloppement d'une forte céphalalgie.

Première periode. Le lendemain, frissons ; augmentation de la céphalalgie , après un repas copieux.

Le troisième jour : agitation ; délire léger et de courte durée.

Le quatrième jour : céphalalgie sus-orbitaire très-forte ; sentiment de lassitude dans les membres ; langue jaunâtre ; pouls fréquent. — Vingtcinq grains d'ipécacuanha ; pédiluves irritans ; orge miel. — Üne heure après le pédiluve, perte de connaissance ; mouvemens convulsifs.

Deuxième periode. Le quatrième jour : nouvelle perte de connaissance ; conunuation des mouvemens convulsifs qui sont plus prononces du côte droit : trismus ; paupière droite abaissée, la gauche largement ouverte ; pupilles très-dilatées et insensibles à la lumière ; coloration de Ia

(191 ) face ; respiration difficile. — Deux larges vésicatoires aux cuisses; potion antispasmodique ; demi-lavement irritant.— A dix heures, augmentation des mouvemens convulsifs du côté droit ;

paralysie plus marquée à gauche. À midi, la cuisse et la jambe gauche recouvrent le mouvement, mais le bras du même côté reste paralysé. — Quinze sangsues à la vulve, et quinze derri èrele col.

Troisième periode. Cinquième jour : état comateux ; paralysie incomplète du bras gauche ; pupille gauche immobile, peu dilatée, tandis que Ja droite l’est davantage ; strabisme eu dedans de l'œil gauche ; paupière droite paralysée ; la gauche, au contraire, largement ouverte, roideur du col et des machoires. Le soir, flaccidité des membres; dégluution difficile ; régurgitauon ; chaleur vive de la peau ; pouls fort, fréquent et résistant. — Potion camphrée, extrait de quinquina ; demu lavement camphre.

Sixième jour : mort le matin.

Ouverture du cadavre. — 1°. Rougeur assez vive de toute l’arachnoïde qui recouvre la convexité des hémisphères du cerveau ; dans tous ces points, elle était recouverte d’un pus épais , blanchôtre, qui pénétrait jusque dans l’interstice des circonvolutions cérébrales, et spécialement vers la partie antérieure et supérieure. À Ja base du

cerveau, vers l’entrecroisement des nerfs opuques, parüculièrement à droite et vers la protubérance annulaire, le pus était accumulé et l'arachnoïde considérablement épaissie. Celle des ventricules était saine. — 2°. Le ventricule droit contenait une petite quantité de sérosité trouble. |

Etat sain du cerveau et de tous les autres viscères. — Traces légéres de phlogose dans l’estomac.

167. La cause qui donna lieu à cette arachnitis est facile à saisir, c'est une suppression de menstrues qui est immédiatement suivie de céphalalgie. Dès la fin du troisième jour, la perte de connaissance et les mouvemens.convulsifs viennent annoncer le commencement de la deuxième période, qui se trouve assez étroitement liée à la troisième , vu le siége où l’inflammation domine, la base. Les caractères de l’arachnitis de la convexité y sont également bien dessinés : le délire de la première période, se rapporte à celle-ci, tandis que le renversement de la tête en arrière, le strabisme , et surtout la forme comateuse, se rattachent à celle de là base. Ce dernier symptôme ne peut être attribué, ici, à la petite quantité de sérosité trouvée dans le ventricule droit, on est obligé de lui reconnaitre une autre cause, Ja région de l’arachnoïde enflammée, la base du

(195 ) lobe moyen, comme nous espérons le démontrer plus loin.

168. Si d’une part nous trouvons les convulsions plus prononcées à droite, et la paralysie existant à gauche, avec un peu plus de pus à droite qu’à gauche vers l’entrecroisement des nerfs obtiques, nous n’en restons pas moins embarrassés pour expliquer la paralysie de la paupière droite, et la plus grande dilatation de la pupille de ce côté ; mais comme nous l’avons déja dit, ces derniers symptômes sont trop fugaces pour qu’on doive y attacher une grande valeur.

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