‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 58 sur 170 · TRENTE-QUATRI] ÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRI] ÈME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité des hémisphères cérébraux.

— Sérosité abondante dans les ventricules.

Lebiel, âgé de vingt-sept ans, entre à l'hôpital le 31 avril; examiné le 197. mai, il était dans l’état suivant:

Troisième periode. Visage pâle; pupilles insensibles, très-dilatées; yeuxternes; somnolence ; insensibilité générale; soubresauts des tendons ; pouls petit, dur etfréquent ; décubitus sur le côté gauche à demi-fléchi. — Large vésicatoire sur la tête; sinapismes aux pieds ; décoction de quinquina avec acide sulfurique. |

Deux mai : somnolence moindre ; le malade.

peut parler, il entr'ouvre les yeux, se plaint de céphalalgie et de douleurs dans les lombes ; constipation. — Traitement, idem.

Trois mai : nouvel affaissement ; il n’entend point; soubressauts des tendons très-fréquens.— Frictions avec alcool camphré le long du rachis; le reste du traitement, dem.

Quatre mai : coma profond; pupilles toujours dilatées ; pouls très-lent et très-faible ; mort le lendemain.

Ouverture du cadavre. — 1°.L’arachnoïde de la face supérieure des hémisphères cérébraux, surtout au voisinage du sinus longitudinal supérieur, présentait une concrétion albumineuse répandue sur toutes ces parties; le cerveau adhérait dans cet endroit aux méninges.

20, Sérosité abondante dans les ventricules latéraux et dans le ventricule moyen.

( Journal general de Médecine. 1806 ).

186. La seule période présentée dans cette observation est la troisième ; sa durée est plus longue que nous ne l’avons encore observée ; en effet ce n’est que le cinquième jour que le malade succombe. L’autopsie n’accuse qu’une arachnitis de la convexité, mais on trouve un épanchement abondant dans les trois ventricules, et cet épanchement rend compte de lassoupissement. Cette observation ainsi que la précédente, serviront ànous conduire par unetransition insensible à l’araæehnitis de la base dont elles nous offrent une partie des caractères.

(. IT. Ærachnitis de la base.

187. Les symptômes propres à l’inflammation de la base, ont des caractères distinctifs qui suf-

( 230 ) fisent dans le plus grand nombre des cas, pour mettre le praticien à même de ne pas les con fondre avec ceux qui sont fournis par l’arachnitis de Ia convexite.

188. Ces symptômes présentent cependant quelques variétés relatives à l’âge du sujet qui en est atteint. Chez les enfans, par exemple, qui sont prequ’uniquement disposés à cette espèce d’arachnitis, l’excessive irritabilité de leur système nerveux donne lieu à différens spasmes qui impriment alors une forme particulière à la maladie : ainsi, on observe constamment diverses lésions du globe de l'œil, telles que, mouvemens convulsifs de cet organe, strabisme , dilatation considérable des pupilles, symptômes qui sont beaucoup moins fréquens chez les sujets plus avancés en âge, à moins que leur constitntution éminemment nerveuse ne les fasse rentrer dans la même cathégorie que l'enfance. Ces symptômes éclatent souvent d’une manière brusque , sans être précédés d’assoupissement; d’autres fois, au contraire , Ce passage est progressif.

189. L'état des facultés intellectuelles présente moins de différence que les divers appareils organiques que nous venons d’examinet ; le degré d'énergie dont jouit l’encéphale chez les adultes et même chez les adolescens, leur permet en effet de lutter plus loug-tems contre la ten:

(231) dance à l’assoupissement, d’où il résulte que ce symptôme est beaucoup moins développé chez eux que chez les enfans. Chez les uns comme chez les autres, cette lésion des facultés intellectuelles se rapporte essentiellement au défaut d'action de l'encéphale, à un état d'inertie dans lequel cet organe se trouve plongé, et non à ce trouble, à ce désordre de ses fonctions, en un mot au délire, caractère dominant de l’arachnitis de la convexité. Le cerveau pendant le cours de l’inflammation de la base, étant susceptible de recouvrer momentanément son activité, 1l s’en suit des retours passagers de l'intelligence , lesquels constituent les rémissions ; et comme l’assoupissement est plus profond chez les enfans, il en résulte que les rémissions frappent davantage chez eux, ce qui n’a pas été sans contribuer à les faire regarder comme appartenant presqu'exclusivement à l’arachnitis de l’enfance. Nous observerons aussi qu’elles ont généralement lieu dans le cours de la deuxième période , tandis qu'elles sont rares dans la troisième. Ainsi donc, l’on voit, parce que nous venons de dire, que les principaux moyens de distinction entre l’arachnitis de la base chez les enfans, et cette même inflammatuon, chez les adultes, consistent dans la combinaison des symptômes spasmodiques avec les symptômes comateux chez les premiers, tandis que le coma,

ou la tendance à l’assoupissement, existe presque exclusivement chez les derniers. En effet, comme chez lessujets d’un âge moyen, l'appareil circulatoire ne prend qu’une part très-légère au trouble de l'appareil sensitif, dansle cours de la deuxième période , le système locomoteur étant dans la plupart des cas inactifs, il en résulie que l’arachnitis revêt la forme passive, et que la réacüon est le plus ordinairement faible. Ces phénomènes se trouvent ensuite plus ou moins prononcés , selon que la constitution individuelle des sujets prête davantage à cette même réaction. De sorte que la phlegmasie se rapproche beaucoup des affections dites adynamiques, avec lesquelles on l’a quelquelois confondue.

190. L’arachnitis de la base se trouve par sa nature , avoir de nombreux rapports avec les épanchemens sanguins de l’intérieur ou de l’extérieur de la pulpe ; les symptômes sont à peu près les mêmes, sauf les différences dépendantes de la manière graduée dont a lieu l’épanchement dans l’arachnitis , et de légale répartition de ce même épanchement ; mais le caractère spécial n’en persiste pas moins : l’'empêchement complet ou incomplet de l'acte intellectuel.

191. Nous pensons qu'il est inutile de dire que les symptômes sont mixtes, lorsque l’arachnitis affecte l’ensemble de la membrane, et que

( 233 ) ce que nous venons d'établir ici, ne s'applique rigoureusement qu’à celle de la base.

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