‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 91 sur 170 · SOIXANTE-SIXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE-SIXIÈME OBSERVATION

Arachnitis de la base. — Absence de sérosité dans les ventricules. — Contractions des membres avec rigidité beaucoup plus forte à gauche qu'à droite. — Nulle lésion partielle (1).

Le 21 mars 1816, un homme de vingt-huit ans fut apporté à l'Hôtel-Dieu, sans connaissance , ayant la respiration très - embarrassée et trèslaborieuse, et l’expiration surtout, excessive ment difficile : le pouls était fréquent et fort , le décubitus en supination et abandonné. Il paraissait n'avoir que quelques momens à vivre; on le considéra comme étant sous la dépendance d’une pneumonie très-avancée. Le lendemain 22, même état. — Large vésicatoire sur la poitrine.

Le vingt-trois : il vivait encore ; on apprit alors que depuis dix-huit jours il était dans cet état. La respiration était toujours gènée, l’expiration longue et difficile ; la percussion donnait un son assez clair excepté à la partie supérieure du dos. Cependant en examinant le malade avec plus d'attention, on fut frappé d'un ensemble de symptômes qui n'étaient point ceux d’une affection de poitrine.

(x) On trouvera un fait semblable à l'observation 45°. ; et un autre dans le chapitre de l’arachnitis spinale. Obs. 138.

Il était couché en supination ; la tête fortement portée en arrière ne pouvait être ramenée en avant qu'avec beaucoup de peine ; les yeux étaient à demi-fermés, s’ouvraient dans l'inspiration et se refermaient dans l'expiration , ils étaient portés un peu à droite et étaient encore sensibles à la lumière ; les pupilles n'étaient point changées ; il existait un trismus considérable ; l’avant bras gauche était contracté à angle droit sur le bras ; 1 était impossible de lui faire prendre une autre direction. La jambe du même côté, quoique contractée ne l’était pas aussi fortement ; le bras droit l'était aussi un peu, mais à un bien plus faible degré que du côté gauche ; le malade pouvait même exécuter quelques mouvemens avec ce membre. La sensibilité de la peau de ces parties était anéantie, mais il n’en était pas de même de la peau du col, car lorsqu'on la pin çait,, il témoignait de la douleur: l’entendement paraissait nul. Il mourut dans la journée. |

Ouverture du cadayre.— 1°. L'arachnoïde qui tapisse la protubérance annulaire, le carré des nerfs optiques et tout le voisinage de cette résion, offrait une couleur d’un blanc mat; en outre elle était épaissie et beaucoup plus consistante que dans l’état naturel. Il n’y avait point de sérosité dans les ventricules. — Le cerveau était sain dans toutes ses parties. — Les deux

poumons étaient hépatisés dans leur tiers supérieur; le gauche l'était plus que le droit ; on reconnaissait même en quelques points de la suppuration : leur partie inférieure était saine et crépitante.

(Observation communiquée par M. Récamier, recueillie par M. Houssard.)

222. La troisième période est la seule que l’on remarque dans ce fait qui nous offre une forte contraction avec rigidité du bras gauche, et le même état à un moindre degré du côté droit.

L’autopsie ne fait mention que d’une simple arachnitis de la base, sans épanchement dans les ventricules et sans nulle lésion de la pulpe cérébrale. On pourrait peut-être douter de l’exactitude avec laquelle cette observation a été recueillie , si M. Récamier de qui nous la tenons, n'avait lui-même soigné le malade et n'avait été présent à l’examen du cerveau. Or tout le monde connait le soin que cet excellent praticien apporte dans les recherches d'anatomie pathologique en général, et en particulier, dans celles qui ont rapport aux lésions cérébrales. Les connaissances profondes de l'observateur , M. Houssard, sont encore pour nous un garant de la véracité de ce fait, dont on retrouvera quelques exemples dans le cours de cet ouvrage.

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