Nous ne terminerons pas ces considéra
tions relatives à l’arachnitis simple, sans dire un mot de la rareté de l’inflammation du feuillet externe de l’arachnoïde, de celui qui tapisse la face interne de la dure-mère : en effet, nous n'avons jamais rencontré qu’un petit nombre de fois la rougeur-de cette portion de la séreuse céphalique, et jamais sa suppuralion ; HOUS SAVONS cependant que M. Rostan , dans un excellent mémoire publié récemment, a consigné un fait d’arachnitis suppurée du feuillet externe : mais cette observation unique ne change rien à ce que nous venons d'établir d’après le résultat de près de deux cents faits.
ARTICLE IL
Arachnitis cérébrale, complications non cérébrales.
224. L'arachnitis n'existe pas toujours à cet état de simplicité sous laquelle nous venons de l’examiner ; elle ne s’isole pas plus des diverses affections non cérébrales que la phlegmasie de tous les autres tissus. El est même assez commun de la voir coïncider avec la lésion d’un ou de plusieurs organes , ce qui change beaucoup son aspect et jette de nouvelles difficultés sur son diagnostic.
225. Les maladies aiguës qui la compliquent le plus ordinairement , appartiennent à la classe des phlegmasies ; ce sont d’après leur ordre de
fréquence ; la gastrite , l’entérite seule ou simultanée, la péripneumonie, la pleurésie et la péritonite. Nous l’avons deux fois observée avec l’inflammation générale de toutes les séreuses comme avec celle de tout le système synovial ; enfin , nous l’avons trouvée avec différentes éruptions cutanées.
226. Dans tous ces cas de complications, les symptômes de l’arachnitis paraissent généralement les premiers, et ce n’est que dans le cours de cette dernière que l’on voit survenir les divers phénomènes qui appartiennent aux autres lésions. En effet, il est rare de voir l’inflammation de l’arachnoïde succéder à la gastrite ; à la pleurésie , par exemple; et lorsque l’on observe quelques symptômes arachnitiques à une époque avancée de ces maladies, c’est que la phlegmasie cérébrale a été masquée par la gravité des accidens thoraciques ou abdominaux. Cependant il est souvent très-difficile pour ne pas dire impossible, de décider qu’elle est l’affection qui a précédé l’autre.
227. Quelle que soit la nature de la complication, l’arachnitis ne s’en présente pas moins avec les caractères qui lui sont propres ; mais ces caractères peuvent être plus ou moins bien dessinés ; ils peuvent être quelquefois insensibles pendant un certain tems, et constituer l’inflam-
mation latente dont nous nous occuperons plus tard. Ces diverses modifications sont en rapport avec l'intensité des complications , leur étendue, leur multiplicité et l'importance des organes affectés. Quant à ces dernières, elles n’éprouvent que peu de variétés, peu de changemens, etil est presqu’aussi facile de les reconnaitre que si elles existaient isolément. Cependant 1l est des cas où chaque affection venant à réagir simultanément l’une sur l’autre , l’analyse de cette combinaison de symptômes devient trèsembarrassante. En effet, les efforts de la vie ne pouvant se concentrer sur un seul point, etse trouvant au contraire répandus sur plasieurs à la fois, se balancent pour ainsi dire l’un l’autre, et dénaturent l’aspect et les caractères de la maladie, de sorte qu'il n’est plus permis de reconnaître la véritable cause des accidens à travers ce cahos pathologique. D'autres fois, au contraire, le trouble général de la nature semble se fixer sur une seule région de l’économie, sur l'arachnoïde, sur les poumons ou sur le canal intestinal, etc., tandis que les autres restent pour ainsi A muettes à la douleur commune, insensibles à tous les désordres organiques , ce qui s’observe principalement lorsque les alté— rations sont portées à un haut degré. C'est dans ces circonsiances où l'examen le plus scrupu-
(337 ) leux est nécessaire pour éviter l'erreur, et où il faut saisir jusqu’au moindre symptôme capable de jeter quelque joùr sur la connaissance de la maladie.
Les faits que nous allons présenter donneront une idée plus fixe que ce que nous pourrions dire , des diverses affections non cérébrales, capables de compliquer l’arachnitis.