‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 96 sur 170 · SOIXANTE-DIXIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DIXIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité des hémisphères. — épausation de tout le poumon gauche. — Légère péritonite.

Boyer, maçon, à Paris depuis trois ans, y eut la première année, la diarrhée et la variole, mais a constamment jouit depuis d'une bonne santé. | | |

Dans la nuit du 21 août 1816, il est pris touta-coup d’un mal de tête violent et d’un froid considérable ; ces symptômes durent deux jours, après lesquels il survient des vomissemens ver dâtres très-abondans : entré à l’Hôtel-Dieu le cinquième jour, depuis l’invasion, voici quel était son état :

Cinquième jour : pupilles dilatées ; céphalalgie ; soubresauts des tendons ; langue rouge aux bords , limoneuse au centre ; poitrine douloureuse à gauche; voix tremblante ; abdomen douloureux à la pression ; sueur abondante ; pouls fort et fréquent. — Saignée du bras.

Le sixième jour : même état. — Douze sangsues à la tête ; douze sur le ventre.

Le septième jour : malaise général; respiration haute; parole difficile ; son de la poitrine, mat à gauche ; abattement extrême; les membres tombent en masse lorsqu'on les abandonne à eux-mêmes ; la céphalalgie disparait. — Quinze sangsues à l’épigastre.

Huitième jour : délire ; vive agitation ; contracuon des membres; mouvemens convulsifs.

— On lui fait des affusions froides sur la tête. — Pendant ces affusions, agitation extrême au point qu’on ne peut le contenir ; remis dans son lit, contraction vive de tous les membres; respiration haute, fréquente, petite, concentrée ; lèvres violettes; yeux immobiles; écume à la bouche. — On prescrit un bain. — En sortant de ce bain, sueur abondante ; respiration stertoreuse ; yeux immobiles, demi-ouverts, injectés; ailes du nez se dilatant à chaque inspiration.

Le neuvième jour : mort dans la nuit.

Ouverture du cadavre.— Inflammation et suppuration de toute l’arachnoïde qui recouvre les hémisphères cérébraux avec épaississement et augmentation de densité de cette membrane. — Substance cérébrale généralement flasque .— Poumon gauche entièrement hépatisé. — Péritoine rouge en plusieurs points.

232. Les symptômes des diverses affections , réunies chez ce malade, sont faciles à saisir et se dessinent toutes à grand trait; chez lui la lésion de l’arachnoïde a précédé les autres; à elle seule était due la céphalalgie qu'on ne remarque pas ordinairement d’une manière notable dans la péripneumounie simple et dans la péritonite ; elle a également occasionné le trouble de l'intelligence et les autres symptômes nerveux dépendans de la lésion cérébrale qui chez ce sujet était assez marquée.

La gène de la respiration et la douleur que le malade rapportait au côté gauche de la poitrine , ont dû être plus que suffisantes pour faire soupconner la complication de pneumonie dont on a été assuré deux jours après, par le son obscur qu'a présenté le côté du thorax; cette gène de la respiration doit donc être observée avec soin , toutes les fois qu’on croit l’apercevoir au milieu d’autres symptômes cérébraux.

Nous voyons encore ici disparaitre la céphalalgie à mesure qué la lésion de la px trine fait plus de progrès, et peu avant l'explosion des accidens les plus gravés ; à quoi peut tenir cette particularité? Ce ne peut être à un trouble plus grand des fonctions intellectuelles, qui l’aura empêché de percevoir la douleur, comme cela a certainement lieu quelquefois, car le malade jouis-

sait de toute la plénitude de ses facultés lorsque nous l’examinâmes ; la péripneumonie n’auraitelle pas agi alors de la même manière que la péritonite de l’observation précédente? Aureste, nous le répétons, nous avons vu la disparition de la céphalalgie , ainsi que le retour des facultés intellectuelles un assez grand nombre de fois pour affirmer que ce phénomène n’est pas rare.

Quoique l’affusion froide ait pu paraître indiquée par l'intensité des symptômes, nous croyons cependant que dans cette circonstance elle n’a point été sans influence fâcheuse ; car comme nous l’avons fait remarquer en traitant de l’acuon de ce moyen, c’est surtout dans le cas de phlegmasie ou d’engorgement pulmonaire , qu'il nous paraît contraire, l’astriction qu’il détermine à la surface du corps, devant nécessairement augmenter la congestion déjà établie vers les organes intérieurs.

233. Sans nier entièrement l’existence des péripneumonies désignées jusqu’ici sous le nom d’ataxiques, et que des symptômes nerveux caraciérisent principalement, ne pourrait-il pas se faire qu’il n’y eût dans quelques cas qu'une simple complication de phlegmasie de l’arachnoïde ; comme cela avait lieu chez le malade qui nous suggère ces réflexions : quelques faits observés incomplètement , tendraient à nous le faire

( 352 ) croire, mais rien jusqu'ici n’a pu nous le prouver d’une manière positive. Si nous ne voyons pas dans ce fait des vomissemens, à la fin de la maladie comme dans l'observation précédente, quoique la péritonite ait été très-facile à reconnaître, soit pendant la vie, soit après la mort, cela tient à ce qu’elle n’a point eu le tems de parcourir toutes ses périodes, et de parvenir à celle de la suppuration, caf c’est surtout alors que la péritonite s’accompagne de vomissemens.

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