‹ Recherches sur l'inflammation de l'arachnoïde, cérébrale et spinale. Ou histoire théorique et pratique de l'arachnitisChapitre 98 sur 170 · SOIXANTE-DOUZIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DOUZIEME OBSERVATION

Arachnitis de la convexité des hémisphères. — Quatre onces de sérosité épanchée sur la surface du cer

veau. — Gastrite intense.

Un enfant, âgé de r1 mois, entra à l’hôpital avec plusieurs symptômes de pneumonie à gauche, et d’inflammation de l'estomac, tels que chaleur vive , langue rouge, constipation, cris continuels ; il étaitau huitième ou au dixième jour dela maladie. — Le sirop et la poudre d’ipécacuanha furent administrés. — Il survint des vomissemens abondans.

Le onzième jour : les vomissemens continuent et ne permettent aucune injection d’aliment dans l'estomac. |

Le douzième jour : calme dans la journée, mais le soir exacerbation; les vomissemens reparaissent avec opiniatreté.

Le treizième jour : nouvelle dose de sirop et de poudre d’ipécacuanha.— Les vomissemens redoublent et s’accompagnent d'évacuation alvines.

(357) Le soir , agitation extrême ; stupeur et insenstbilité presque complètes.

Le quatorzième jour: le mal fait des progrès ; insensibilité absolue ; yeux relevés s ous la paupière supérieure ; respiration inégale, suspirieuse ; pouls presque insensible ; extrémités froides. — On applique des vésicatoires et des sinapismes qui font disparaître en grande partie les symptômes alarmans.

Le quinzième jour : disparition complète de la stupeur ; la sensibilité se rétablit; le pouls se relève ; iln’y a plus de vomissemens. — Nouvelle dose d'ipécacuanha.

Le seizième jour : le petit malade n’a pas eu la force de vomir , mais l’ipécacuanha a procuré beaucoup de selles involontaires ; tous les symp iômes cérébraux qui avaient disparu sont revenus avec la plus grande intensité. Mort le matin.

Ouverture du cadavre. — Engorgement considérable de tous les vaisseaux cérébraux. — Épaississement et opacité de l’arachnoïde ; elle contient entre ses deux feuillets à peu près quatre onces de sérosité roussâtre, répandue sur toute la superficie du cerveau, et de plus, plusieurs foyers purulens à la partie antérieure etsupérieure de chaque hémisphère. — Ramollissement général de la pulpe cérébrale. — Point de sérosité

dans les ventricules. — Pétrécissement considérable de l'estomac, qui n’est pas plus gros qu’un œuf d’oie; épaississement de la muqueuse qui est fortement replissée et rouge dans tous les points ; cette rougeur s'étend même dans l’œsophage , à deux travers du doigt au-dessus du cardia.— Nulle altération des autres viscères si ce n'est un engorgement des glandes mésentériques.

( Observation recueillie par M. Lespagnol ).

235. Quelques difficultés, ont dû nécessairementse présenter ici dans le diagnostic de la complication, à cause de l’âge du sujet qui ne pouvait rien exprimer de ce qu'il ressentait ; cependant l’état général du malade, la rougeur de la langue , la chaleur de la peu et les autres Symptômes accessoires, joints à la durée des accidens qui existaient depuis dix jours, auraient dû faire reconnaitre, Où au moins soupconner l’existence d'une irritation vive vers l’estomac; comment se fait-il donc qu’on ait administré alors un vomitif, et comment concevoir qu’on ait pu recourir encore deux fois de suite à ce moyen, malgré les symptômes effroyables qu’ils ont évidemment occasionnés, et surtout après l’explosion des premiers accidens cérébraux. Aïnsi la rougeur de la langue, la soif, la chaleur, méritent une sérieuse attention dans quelque maladie qu'elles se rencontrent, et doiventtoujours

faire appréhender quelques complications qui exigent elles-mêmes un traitementparticulier.

Est-ce aux dérivatifs appliqués aux extrémités inférieures qu'est due la disparition momentanée des accidens cérébraux, et la cessation des autres phénomènes morbifiques ? Ils peuvent fort bien y avoir contribué, mais l'amélioration est venne trop tard, elle a été d’unetrop courte durée , l’altération de l’arachnoïde était alors trop avancée et trop étendue, pour que nous puissions voir 1CI autre chose qu’une de ces rémissions inexplicables, si fréquentes dans le cours de l’arachnitis, et qu’il n'est pas même rare d'observer quelques instans avant la mort.

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