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Caire. Le 13 novembre suivant , Jean Véron, dont nous avons signalé la libéralité à l'égard des collèges de Dieppe et d^OShinville , leur l^a par testament une somme de 1&,000 liv. Le 3 révrier 1626, les habitants réunis en état de commun approuvèrent à Tunanimité rétablissement de ces religieux sur la demande qui leur en fut faite par Marie Desmarets, t d*aultant que Monseigneur de Longueville, gouverneur de la ville, avoit suflBsamment fait paraître comme quôy il afiéctionnoit cet établissement, en ce quMl y avoit contribué non-seulement de ses bonnes volontés , mais de son bien. • La délibération constate que les Dieppois avaient reconnu que rinstruction des jeunes Glles par une communauté était pour le bien, profit et utilité de la ville. Cet établissement fut approuvé par Tautorité religieuse, le 2 avril 1626; par Louis XIII^ au mois de juin suivant. Le 25 août de la même année, Tarcbevèque permit à quatre sœurs Ursulines de Rouen de se rendre à Dieppe et d'y demeurer le temps nécessaire pour la fondation du couvent (1).
(i) Go rappelle Jeanne dans la délibération de i*H6lel-de-Ville de Dieppe ; mais c'est par erreur. Tout les autres documents la nomment Marie , à Pexception d*un où elle est désignée sous le nom de Marguerite. Elle appartenait à une ancienne famille du pays de Caux. Elle était fille de François Desmarets, sieur de La Moite et d*lquelon, et
Bien que plusieurs personnes , notamment le duc de Longueville , M"' de Montigny et le grand vicaire de rarchevêcbé (probablement Adrien Bebotte), aient concouru à cette fondation, Tbonneur doit en revenir principalement à Marie Desmarets (1), C'était elle qui , quelques années auparavant « avait pris soin de rassembler , dans une maison acbetée de ses deniers, an jeu de paume de la Broutille (2) , des maîtresses
d€ Jeanne da Motet, petite-fille, du côté paternel, de Jean Desmarets ▼feoBte liérédital de BlosaeTille, et de Marguerite de Saint-Mard; et, du côté maternel, de Bernardin du Motet, cheraUer, sieur de Monfgrand , lieutenant de la porte du roi, et de Huguette de Maritaln. Au moment de leur mariage , François Desmarets était gentilhomme domestique du cardinal de Vendôme, et Jeanne du Motet, demeurait chei la comtesse de Longaerille, comtesse douairière de Saint-Pol. Aussi le cardinal et la duchesse assistèrent-ils an contrat de mariage, qui fût conclu à Paris le iS mars 1554. Les deux époux Tinrent résider au manoir de La Motte, à Solte?ille-sur-Mer , et ce fut là fraisemblablement que Marie Desmarets ?int au monde. François Desmarets ne parait pas ayoir exercé d'autre fonction que celle de gentilhomme des archevêques de Rouen. Dans un titre de 1559 , on lui donne le titre d'écuyer de Técurie du cardinal de Bourbon. Il mourut peu d*années après son mariage. Sa fille ayant perda sa mère dans les premières années du XVII* siècle, se voua entièrement aux bonnes ceuvres.
(i) L'auteur des Mémoirei chranotogiquei, etc., dit que la dame de Montigny obtint de Tarcheirèque une obédience pour fitire ?enlr à Dieppe deux religieuses Ursulines de la fille d'Eu.
(2) Elle Tacheta le i" février 1619. Ce jeu de paume était au coin de la rue d'Ecosse et Toisin du lieu qui fut choisi pour remplacement dtt monattèie.
intelligentes et pieuses pour l'instruction des filles et qui avait ainsi préparé de longue main les éléments de la future communauté. Il parait que son projet avait été d*abord de former une sorte d'association séculière pour renseignement, mais qu'elle fut obligée d'y renoncer par suite d'un arrêt du Parlement de Normandie qui prohibait tout établissement de ce genre dont les règles n'anraient point été autorisées. Cette diflBculté l'aurait forcée de recourir aux Ursulines dont l'enseignement ne donnait aucun ombrage et dont l'institut , ouvertement protégé par l'autorité royale, avait déjà reçu la sanction de l'expérience. Elle mourut au milieu d'elles au mois de juin 1631. Ses héritiers, Charles du Motet, commis des États du Daupbiné, son cousin-germain, Charles de Bauquemare^ archer de Dieppe, et Philippe Le Blond , ses parents par alliance , respectèrent ses intentions et se gardèrent d'inquiéter les Ursulines pour les donations qu'elle leur avait faites.
Le couvent de Dieppe fut atteint par le feu de trois bombes dans le bombardement de 169/i. Quatre de leurs maisons furent alors réduites en cendres. Une partie des religieuses se réfugia momentanément au couvent de Rouen. Mais la
communauté de Dieppe ne fut point complète^ ment abandonnée, et même elle put servir d^asile aux Carmélites dont le monastère avait été plus maltraité par le feu de Tennemi. A leur retour dans leur maison , ces dernières consignèrent Texpression de leur reconnaissance dans une délibération que Fauteur des Mémoires ehrûno^ logiquet pour servir à l'histoire de Dieppe n*a pas dédaigné de reproduire et que nous croyons devoir lui emprunter :
c L.es révérendes mères Ursulines ayant appris rembarras où nous étions pour un Ic^ement nous offHrent leur monastère « et ce fut pour nous une consolalion indicible d'entrer dans cette sainte maison en attendant que la notre fut rétablie. Elles nous reçurent avec une lx)nté et une charité incroyables, comme si nous avions été leurs propres sœurs. Elles nous assistèrent, saines et malades, de leur propre bien, quoiqu'elles eussent perdu beaucoup. Enfin , il ne nous fut permis de les quitter pour entrer dans notre pauvre maison que le 1& octobre 1697. Tous leurs bienfaits sont écrits dans le livre du ciel pour en avoir la récompense et ne s'effaceront jamais de notra mémoire , étant gravés au fond de nos cœurs. Celles qui nous
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saivront en seront instruites afin qu'elles en ren* dent à Dieu d'étemelles actions de grftces (1). t Le monastère de Gonrnay date de Tannée 1625. Son point de départ fut une donation faite par une dame de la ville, Claudine Dubuisson, Ten^e de Joachim Dandel , de deux maisons oontigues situées en la rue de St-Hildevert , pour y loger cinq ou six filles ou veuves qui formeraient à la piété les jeunes filles de la ville et des environs et leur apprendraient à écrire « coudre et tra* vailler, à condition que, si l'occasion se présentait un jour d'établir des Ursulines à Goumay, ces filles leur abandonneraient la place. C'est ce qui eut lieu dès l'année suivante. Mal vues des habitants au début, il ne fallut aux Ursulines rien moins que la protection de la duchesse de Longueville pour détourner l'orage qui les menaçait. Elles eurent encore pour protectrice aux mauvais jours Yulgane des Essarts, veuve de M. Fresnelle, qui leur donna une maison près de la balle où elles s'installèrent. Elles obtinrent presque immédiatement après des lettres-patentes confirmatives de leur établissement. Le couvent de St -Joseph leur ayant été abandonné vers le milieu du XYIIl' siècle, elles s'y transportèrent au
(4) CoBsuller, pour ThUtoire des Ortulines de Dieppe, Desmar* qaest et le» Arch. de la Seine-Iuf.