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« vesque les eût poarveus de bénéfices dépendant c de luy (1). •
Dans des règlements postérieurs à celui de Guillaume de Saâne, nous relevons les prescriptions suivantes , dont quelques-unes laissent voir que la véritable pauvreté n*avait pas tardé à perdre de son estime :
c Vous nMntroduirez , ni de nuit ni de jour ^ n des personnes déshonnétes dans la maison. — I Vous ne retiendrez paâ un étranger plus de deux « nuits dans votre chambre sans une permission « du proviseur. — Dans les thèses qui seront « soutenues au collège, chacun répondra à son < tour. — A votre entrée, vous aurez à fournir f. une nappe et une serviette pour la grande table « de la salle à manger. — Avant que le premier <t compte du proviseur soit rendu, vous aurez fl également à offrir une tasse et une cuiller d'arec gent. — Vous paierez , pour les ustensiles de la n maison, AO sous parisis. — Vous fêterez votre c joyeuse entrée conformément à Tavis de vos c camarades. >
La maison de Guillaume de Saàne était située an bas de la rue de la Harpe. Il y logea d'abord les boursiers et la bibliothèque qu'il avait formée
(i) Arcb. de U) S.-Inf. F. du chapitre ^t Rpuen.
pour leur usage. Cette habitation fut aliénée du vivant même du fondateur , et Targent qu'il en retira lui servit à acheter, en 1273, une seconde maison au bout de la même rue et plus à proximité de la Sorbonne. Ce fut là que le coîlége demeura définitivement Gxé. Ou l'agrandit peu à peu au moyen de quelques acquisitions. Au XYl* siècle, il s'étendait sur un assez vaste terrain, compris entre la rue des Poirées, celles des Maçons et de la Harpe, et le collège de Cluny. De bonne heure , une chapelle y avait été construite. Le cardinal de Richelieu, voulant mettre dans une perspective agréable la façade de Téglise de la Sorbonne, eut Tidée de faire ouvrir une rue à travers le collège. La chapelle et la bibliothèque devaient disparaître. Louis XIII approuva le projet , t pour raflection particulière qu'il déclaroit t porter à cette maison, comme ayant toujours • esté de grande considération à toute la chres- « tienté pour eslre composée de personnes de t beaucoup de mérite et de grande érudition, qui t ont toujours conservé la pureté de la doctrine, « et qui, aux occasions, avoient rendu de grands u services à TEstat. » L'évoque de Chartres, Ëléonor d'Ëtampes, conseiller aux conseils d'Ëtat et des Finances, Jacques-Hector de Marie de Beaubourg, président au Grand-Conseil, et Louis
Hiiault, sieur de Montmagni, furent chargés de se iransporlcr au collège du Trésorier, d'en constalcr l'élal matériel , le personnel et la dcslination. Us s'acquittèrent de leur commission le 19 juillet 1638. Ils trouvèrent la communauté réduite de moitié, quant au nombre de ses membres, par motif d'économie , aGn de se ménager des ressources pour faire des réparations urgentes et pour achever quelques constructions dont l'utilité avait été démontrée ; elle assurait qu'elle serait prochainement en mesure de revenir au nombre normal, qui était de vingt-quatre: douze théologiens et douze artieus. Les bourses des premiers valaient 200 liv. ; celles des seconds, 100 liv. I^ procureur touchait en plus 60 llv., et le principal 300. Il étciit d'usage qre les artiens demeurassent au collège jusqu'à l'achèvement de leurs études de philosophie , et deux ans après pour relire leurs écrits. Ce temps écoulé, ils étaient nommés, de préférence à tous autres, aux bourses de théologie vacantes. S'ils les obtenaient , ils avaient six années encore à passer an collège , et, quand ils réussissaient à se faire recevoir bacheliers , le terme était prolongé jusqu'à ce qu'ils eussent pris le bonnet de docteur.
Le louage des malsons produisait un revenu annuel de 2,500 liv. On comptait Taugmenter
en faisant bâtir, avec l'assistance des héritiers du fondateur » sur certaines places vides attenantes au collège.
Les comptes se rendaient en présence des deux archidiacres coUateurs, et, en cas de difli^ culte, on prenait pour juges Tarchevêque et le chapitre de Rouen, en leur qualité de protecteurs et de supérieurs.
Rien n'était déterminé quant aux cours que les artiens avaient à suivre. Ils allaient au collège où ils trouvaient que se faisait le meilleur exercice. Les théologiens n'avaient pas à choisir : ils allaient à la Sorbonne»
Les boursiers, qui reçurent les commissaires du Roi et qui leur donnèrent les reuseignements que nous venons de faire connaître , leur refusèrent , du reste , toute communication de leurs titres, et ne voulurent entendre aucune proposition d'accommodement , alléguant que c'était pour eux un devoir de prendre l'avis de leurs supérieurs.
Quelques heures avant cette visite, l'un d'eux, Nicolas Le Rous, avait écrit en toute hâte au chapitre de Rouen pour l'informer des intentions du cardinal et lui demander ses ordres sur la conduite à tenir dans une conjoncture aussi délicate. « C'est disait-il , un coup de ; très-grande importance ,
de faire par nous une réponse pertinente et advantagense au premier commandement qui nous sera fait, ce que nous ne pouvons mieux que par vos advis et authorité , de laquelle nous vous conjurons et prions nous ayder , ne sçachant pas le jour qu'on nous prendra. Je loue Dieu de ce qu*il n'y a aucun subject de reproche sur nos personnes ny de malversation ny d'autre chose sur lequel on puisse colorer ou appuyer rien de sinistre. > Pour lutter contre une volonté aussi énergique que Tétait celle du ministre de Louis XIII , il réclamait, en môme temps que Tappui dos chanoines et de Tarchevôque, celui de riIôlel-de-Ville de Rouen. Le chapitre ne fit point attendre sa réponse ; il engagea les boursiers à recevoir les propositions que leur feraient les commissaires du Roi. On verrait ensuite sMI y avait lieu de les accepter ou de les combattre (1).
Le tl septembre 1638, un arrêt du Conseil d'Etat ordonna que Talignement serait pris pour faire une rue de 10 toises de large, depuis la rue des Maçons jusqu'à la rue de la Harpe , par le milieu du collège, répondant droit an portail de la Sorbonne. H ne restait qu'à fixer l'indemnité à
payer aux boursiers. Ce point fut bientôt résolu.
(i) Arch. de la S. -lof. F. du chapitre de Rouen.
Ud autre arrôt du même mois accorda une somme de 19,000 liv., qui serait déposée eutrc les mains d*un notable bourgeois de Paris, et décida que
le Roi prendrait à sa charge la construction d'un
mur de clôture et quelques autres dépenses , le tout s*élevant à 3,000 liv. Les boursiers étaient loin de compte. Ils évaluaient le dommage qu'on leur Taisait éprouver à plus de G0,000 liv., et estimaient le terrain seul à !2/i,000 liv., en prenant pour base d*apprécialion le prix commun de 200 liv. par toise. Encore demandaient-ils qu'on leur abandonnât les matériaux provenant des démolitions, et exprimaient-ils Tespoir que le cardinal , en reconnaissance de leur promple obéissance, c leur Tcroit ressentir les effets ordinaires de sa libéralité, dont ils s'cuRageoient à laisser à la postérité des marques très-glorieuses. >
Le chapitre de Rouen prit parti pour le collège ; il trouva Tindemnité insuffisante et autorisa les boursiers h passer procuration à MM. de La Bistrade et de Fleury : le premier, doyen des conseillers d'État ; le second, trésorier de France en la généralité de Dijon, pour traiter avec le Roi du règlement de l'indemnité. Les archidiacres collateurs, MM. Le Pigny et Blonde!, étaient alors retenus chez eux par la maladie. La délibération fut prise en leur absence , et Ton ne voit pas
quMlB y aient trouvé à redire, ni quMIs aient contesté à leurs confrères le droit de s^occuper de cette affaire , qui paraissait cependant les intéresser particulièrement (1)^
Grftce à ce puissant concours, le collège obtint des propositions ou tout an moins des promesses plus avantageuses. Il est juste de dire que, dans cette occasion , Tarchidlacre du Petit^Caux , M. Blondel, n'épargna ni son temps ni ses peines. Il réussit à faire conclure on accord entre les bonrsiers et les commissaires du Roi. Le cha* pitre approuva le contrat et le trouva si favorable, qu'il supplia immédiatement le ministre de trouver bon que l'augmentation des revenus, sur laquelle comptait le collège, fût employée à la fondation de deux petites bourses pour les enfants de chœur de la cathédrale. Plus d'un an après, les boursiers, en tête des statuts qu'ils dressèrent, déclaraient que leur maison avait été rétablie dans son ancienne discipline par le cardinal, et qu'il en était devenu comme le second fondateur.
D'après ce double témoignage, on ne peut raisonnablement douter des intentions libérales de Richelieu à l'égard du collège du Trésorier. U est certain pourtant que la réalité fut loin de ré-
<4; AidIk de la SMnL Réf. capitul., èéKb, ^ 8 nof. iMS.
pondre aux espérances qifon avait conçues. Les termes d*un mémoire rédigé en 1762 donneraient même lieu de croire que, dans cette affaire , les collégiens auraient été sacrifiés, sinon dupés. • Les boursiers, y est-il dit, n'obtinrent, en sus de Tin* demnité primitivement accordée , qu'une partie du terrain de la rue des Poirées , devenue inutile par suite du percement de la nouvelle rue. Encore furent-ils obligés de bâtir, des deux côtés de cette rue, des maisons garnies de boutiques , ce qu'ils ne purent faire qu'au moyen d'emprunts qui se montèrent à près de 180,000 liv. Us comptaient sur le cardinal de Richelieu pour s'en libérer. Celui-ci promit beaucoup et ne donna rien, et le collège, pour s'acquitter, se trouva forcé de vendre les cinq maisons qu'il venait de bâtir sur la face de la nouvelle rue de Richelieu, du côté du collège de Cluny. Par là, son emplacement fut réduit à un terrain terminé par la rue des Maçons, la nouvelle rue et la rue de la Harpe. > Mais, si le collège du Trésorier profita si peu du changement ordonné par le cardinal , la faute doit en être imputée principalement à l'administration des boursiers. C'est ce que prouve clairement la délibération du chapitre de Rouen, du samedi 23 juillet 1640. Voici les faits qui s'y trouvent énoncés :