‹ Recherches sur l'instruction publique dans le diocèse de Rouen avant 1789Chapitre 9 sur 20 · MA · texte numérisé non relu

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assarait , outre son logement et les &0 livres qui formaient son ancien traitement , la jouissance d'une grande lx)urse et, de plus, une somme de ilO livres. — Les archidiacres , tenus régulièrement par le principal au courant des affaires du collège , devaient assister , tous les ans , aui comptes généraux , visiter la maison, sMnformer des mœurs et des progrès des collégiens ; ils pouvaient, pourvu quMIs Tussent d*accord, priver de sa bourse Técolier qu*ils trouvaient scandaleux ou simplement indocile et négligent On leur reconnaissait aussi le droit de Taire, de leur autorité privée , des règlements nouveaux , sMIs le jugeaient nécessaire. Leur consentement exprès et par écrit était indispensable pour Taliénation des biens (17 août 1679).

Jusque-là ce qu'on avait eu à redouter était la connivence entre les collégiens et un principal qui n*était autre que leur camarade et quMl leur était difficile de ne pas considérer comme leur égal. De cet écueil, on tomba dans un autre, qui était à prévoir, tant qu*on n'aurait pas perdu le souvenir et les habitudes de l'égalité primitive. La discorde ne tarda pas à régner dans rétablissement. L'autorité d'un chef indépendant pesait aux boursiers ; aussi firent-ils tous leurs efforts pour s'en affranchir. Ils reprochèrent à

Galliot, leur principal, d'avoir l'esprit trop prompt, trop inquiet , et par dessus tout d'ôtre fort intéressé ; ils voulurent lui enlever les Tonctions de procureur, quMi cumulait avec le principalat.

Celui-ci , de son côté , formulait contre les boursiers des accusations plus vraisemblables et d'une nature plus fôcheuse :

c Quelques-uns, disait-il, vivent dans la débauche ; ils négligent de s'approcher des sacrements, même à Pâques; ils couchent souvent hors du collège ; ils vont au cabaret, quoiqu'ils soient dans les ordres sacrés ; ils fréquentent la comédie ; ils pervertissent les jeunes gens ; ils portent la cravate et Fépée ; ils commettent des désordres, pour lesquels ils sont mis en prison. Cela est arrivé , celte année , à un prôtre.

c Le temporel y est fort mal administré. Quelques boursiers s'emparent des deniers du collège contre toute raison et sans élection légitime. Lorsqu'ils rendent leurs comptes , ils se font allouer des articles injustes par cabale ; ils dissipent les biens du collège et emportent impunément ce qui leur plaît.

I La première source de ce désordre est que les grands bour^iei*s prétendent être exempts de tout devoir et de toute correction. Ils se révoltent contre le principal et excitent les petits à en faire

de même lorsquMI veut faire exécuter les règlements ; ils maltraitent les officiers et les veulent chasser lorsquUls lui obéissent» et parce que ils sçavcnt bien que , vivant ainsy , le principal ne leur donnera pas d'attestation de vie et mœurs , ils vont porter le surplis en quelque paroisse , et ils obtiennent ainsy des curez et des vicaires , qui ne connaissent pas leurs désordres , des attestations où ils se donnent de garde de mettre leur qualité de boursier, de peur qu'on ne leur accorde point facilement les dimissoires qu'ils demandent.

I La seconde source (du désordre) est que, depuis que Monseigneur TÉvêque de Valence a cessé de prendre soin de ce collège, les collateurs n'ont nommé aucune personne résidant à Paris qui tint la main à l'exécution des règlements , quoique ils y soient tenus par un arrest de 1679, s'ils n'y viennent eux-mesmes. >

L'archevêque de Rouen fut supplié d'iuterposer son autorité pour mettre un terme aux abus qu'on lui signalait , et nous aimons à croire , tout en regrettant de n'en pas avoir de preuves bien certaines, qu'il réussit là où tant d'autres avaient échoué.

II faut bien convenir cependant que, dès lors, ce collège avait perdu le caractère d'utilité qui

Pavait fait établir , et quMI D*était au pouvoir de personne de le lui rendre , sans dénaturer complètement l'œuvre de Guillaume de Saâne. Les grands séminaires s'étaient Tondes , et ils remplissaient, pour tous les diocèses et pour tous les clercs, le but que s'était proposé, pour quelques jeunes gens de son pays seulement, le charitable trésorier de Téglise de Rouen. Cet établissement d'un autre âge ne se soutenait que par le respect de la tradition, sentiment respectable, assurément, et dont il faut, dans Tîntérêt social, plus redouter raDaiblissement que les abus. La même remarque s'applique aux autres collèges dont nous aurons à parler.

Mais, avant d'en finir avec le collège du Trésorier , disons quelques mots de ses revenus et de ses bienfaiteurs.

Vers 1690, les revenus, y compris les pensions, s'élevaient à &,015 liv., dont &20 liv. de dîmes à Oissel, 160 liv. du fief de Gelleville (1). Après

(1) PhHippe de Valois avait donné (ÎO juin iSU) à Robert de Lorriri, son flecrélaire et secrétaire de son fils , duc de Normandie, les biens qui avaient appartenu ù feu Jean de Tesson, jodis sire de La Rochetesson , situés ù Roscbenard de Cressy , à savoir un manoir appelé Guineiillc, tout déchu, excepté une chapelle qui encore y est. La même année, de Lorris et sa femme cédèreut à Jean Justice, clerc et comeiller du Roi , chantre de Bayeuz , le manoir de GaineviUe, ea échange de biens à Clamart. On voit plus tard Jean Justice, par ioq

sa réunion au collège Louis-le-Grand, en 1762, les revenus, grâce à une administration mieux entendue, ne tardèrent pas à s'élever dans une proportion notable. Ils atteignirent le chiffre de 14,000 liv. (1).

Les bourses furent fixées alors au nombre de

testament de i3&8>l3A9, léguer aux écoliers 20 Ut. de renie sur les biens quMlâ possédait à Guilleville. De là Tint aux écoliers, pour un tiers, le fief de Gellevillc , probablement par suite de rabandon qne firent les héritiers de Justice pour se libérer de la renie qoMIs dcTuient acquitter (Arch. nation.» MM. &&3. InTentaire des titres et papiers du collège du Trésoiier).

(1) Arch. nation., M. i9A: « Cy ensuiTent les rentes et reTenues appartenans au collège du Trésorier de Rouen Tonde & Paris, en la rue St-Cosme et St-Damien, par homme de bonne mémoire maître Guillaume de Saâne. ■ — Les biens affectés & ces rentes étaient assis, pour la majeure partie à Beuierille, au Mesnil-sor-le-liomme , à Rouen (maison de la Herse, près de la Vieux-Toar, maison aux Huchicrs, sous la Madeleine et moulins de la Tille ) ; ces rentes s*éle- Taicnt à 65 liv. 8 d., 3 mines i selier de blé, 1 mine et demie d*orge, 3 mines d*a?oine. l.c collège possédait, en outre, une ferme ù Grémonvillc, louée 1 15 s. par an ; une autre au Boscbenard-Cressjr, louée 10 Ut. ; la ferme du Duc, loui-e 11 liv.; la ferme d^Oissel (deux parts de la gerbe avec les deux itarls du vin), louée 10 Iît. Signalons encore ■ une rente de 10 liv. sur la maison de Tarchidiacre du Pelit-Caux, devant StCosme et St-Dumicn, à Paris, et une autre dont la Taleur n'e:kt point indiquée sur la maison où souloit cslre renseigne de Saiisou Konin, située eu la rue de la Herpe. » Le fief de ileuxerille, qui app .rtenait au collège du Trésorier, fut Tcndu à Arthur Igou, le ii juin 1601. Les deux archidiacres avaient donné leur aulorisatioa à celte vente, le à novembre 1600. Arch. de la S.*lnC Atco de fieawvilie» 1605.

quatorze, représentant chacune une valeur de 126 liv. On respecta , du reste, jusqu'à la fin la volonté du fondateur, qui avait voulu que ces bourses fussent réservées aux étudiants originaires du pays de Caux, et que deux archidiacres de la cathédrale de Rouen eussent le privilège d'y nommer exclusivement à tous autres. En 1769, Dominique de Lastic, licencié en la Faculté de théologie de la maison de Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rouen, et Pierrc-Nicolas- Joseph Fossard, prédicateur distingué , en leur qualité d'archidiacres du Grand et du Petit-Caux, proviseurs et supérieurs majeurs du Trésorier , désignèrent Jacques-Michel Benière , docteur en théologie de la maison de Sorbonne, chanoine de Rouen, curé de St-Pierre-de-Chaillot, à l'effet de les représenter et de prendre place au bureau établi par lettres-patentes du 20 août 1767, au collège de Louis-le-Grand.

Au dernier siècle, les noms des bienfaiteurs de cette maison étaient consignés sur des feuillea imprimées , qu'on remettait à chaque boursier. L'une de ces feuilles a été conservée aux archives nationales (M. i9li). Nous la reproduisons, en prévenant que les noms ne semblent pas disposés avec ordre, et que parfois ils sont écrits inexactement.

— ÎIO -

c Nécrologe du collège do Trésorier. Aver* tissemenU On recommande aux boursiers, comme une partie importante de leur devoir, d'offrir tous les jours leurs prières à Dieu pour les fondateurs et bicnraiteurs. — Noms : l"" Guillaume de Saâne; 2*" André Margucritte (1) ; â"" Antoine Galliot , prfitre et principal du collège (2) ; k* Artur Daunay , prêtre , archidiacre de Petit*Caux en réglise de Rouen ; 5* Guillaume Collet, prôtre, docteur régent en la Taculté de théologie et boursier du collège (;)) ; 6"* Jean Aubery , prêtre et proviseur du collège (A) ; 7* Jean Baret ; S* Jean Denis, prêtre, docteur régent en théologie et proviseur du collège ; 9^ Jean de Rouen, prêtre, docteur en théologie et aumônier du Roi ; 10* Jean Le Petit ; il' Jean Le Rat (5) ; ItT Jean Le Sueur,

(1) André Marguerle, chanoine de Rouen, archidiacre da PeU(<Caiii et conseiller du roi Henri VI, mort en iÂ66.

(2) Anluine Galliot, premier principal perpétuel du collège du Trélorier, dont nous otods vu les discussions avec les boorsierf • La men« tion de son nom, dans celte liste, nous parait le venger luffisammcnt du reproche d'avarice qui lui fut adressé par les collégiens.

(3) Guillaume Collet , en son vivant dwieur régent en rUniversité, fiicuhé de théologie, et boursier, 29 septembre 157A.

(U) Jehan Aubery, bachelier eu théologie, proviseur, curé d*Anddj, iSlG.

(5) Doursier en 1A96 et 1502; pénitencier delà cathédrale, arec lequel nous avons déjà fait connaissance.

prêtre et procureur du collège ; lA* Jean Loyer (l) ; 14' Ives Godescar (2) ; 16' Martin Tallebot, prêtre, docteur régent en théologie et proviseur du collège ; 16*" Nicolas Durescu, prêtre et curé de St-Vast de Saiueville (3) ; 17** Pierre Auvray, boursier (4) ; 18"* Pierre Damesnes, boursier ; 19^ Pierre Yiart (5) ; 20« Pierre Voisin ; 21' Richard de Meuville (6) ; 22' Robert de Mon* tagne, prêtre, liceucié en théologie; 23* Robert Liol (7). •

(i) Jehao Lohier et les bounien du collège, iA68. Arch. aat M. I9&.

(S) Itcs Uodesear , proviseur et soi-disant principal du collège du Ti^aorier I5S5. Ibid.

'8) Nkolas Durescu (DuriseutiJ, maître es arts et en médecine, bachelier en théologie, curé de St-Vast Ses legs en faveur du collège, sont de l'année 1898. Ibid,

{à} Pierre Auvrajr, t)oursier, 1588. Ibid,

(5) Feu M* Pierre Waart, docteur en théologie à Paris, demeurant en rhdtel du Trésorier. Il avait légué ses livres au collège, 27 septembre i&lO. Il était vraisemblublement originaire d*Arques comme son neveu Lucas Waart. Ibid.

(6) Je doute quM faille le confondre avec Richard de Miville ou de Middlebone, fomeux théologien de Tordre des Frères Mineurs, mort vers 1300 , et auquel le P. Labbe a consacré une notice dans sa dissertation l}e seriptoribut eccleiiasticis, etc.

(7) Robert Liol, docteur en théologie, procureur du collège, 1559; proviseur et principal, i57A-i588. Ce fut lui qui fit couflrmer par lettres-patentes du mois de mai 1587, Tamorlivement accordé par saint Louis, en 1269, de tous les biens donnés par Guillaume de SaAne, notamment du fief de Beuieviile. Arch. de la 8.-Inf. MTèmoriauz de la Chambre des comptes. — Noms de quelques prindpaai et pro«

On voit encore cité , dans un mémoire du XYIl* siècle, parmi les bienraiteurs du collège, Le Baudrain de la Hurse (XIV* siècle), à qui fut attribuée la disposition d'une bourse, privilège qui Tut attaché à la terre de la Poterie-au-Buc, et dont jouissait, dans les derniers temps, le marquis de Belbcuf, par suite de Tacquisition qu'il avait Taite de cette seigneurie (1).

Jean de Rouen, seigneur de Gomma n ville (2)

fiseurs du collège du Trésorier : Guillaume Mcnard, 1826 ; Pierre de Criquetot, 1329 (Arcb. nat. M. \9h); Jean Baril, 1370 f Tabel. de Rouen, Reg. 3, 1' 57 v*j; tlenri Le Vavayscur, 1380, 1381 {Ibid,, Rqç. à, f" 19); Jran de Suial-Pierre , 15^2; Jean Toumeroche, 157A; Charles Lugau, 7 janvier 1665, remplacé comme principal par André HaucliL'corne, 22 janvier 1665; Cbailes de Bramelot, à avril 16ri6; Pierre Collet, 1669. — On peut ciler, parmi les boursiers, Jean-Louis T;illebot de St-Ouen, 1729; en 170Â, Jjcques Le Prévost, docteur de Surbonne, plus tard curé de Foutaiue-la-Mallet , fondateur de recule de cette paroisse dans le pays de Caux.

(1) Arcb. nat« M. i9à, « Pièces qui jusiifient que le seigneur du fief de la Potcrie-au-Busc a droit de présenter à une bourse du collège. • V. aussi la Notice détaillée de M. le marquis de Belbeuf^ ancien sénateur, sur te collège du Trésorier, Paris, 1861. Il y est principalement question de la bourse de UelbeuC sur laquelle les riches archives de son chdtcau ont fourni à Tauteur des renseignements tout nouveaux. Le soin avec lequel M. de Belbeuf a fait Tbistoire de celte bour>e, dunl on igiioruil Torigine, nous dispense de nous en occuper. On trouve à la suite de la même notice de nombreuses pièces justificatives, qu'on peut consulter avec intérêt pour Thistoire de ce collège.

(2) Le fief de la Haute et Basse Commanville, sis à Banrille, était un quart de fief relevant du Roi, à cause de la vloomlô de Gaadebee.

et Hunières, dont nous venons de citer le nom,

Jean de Rouen TaToit acquis d'Adrien/sire de Breauté, sieur de Rodeville ou Erodevillc, le 28 juin 1605. Arch. de la S.-Infl F. de la Cbambrc des coniptes> B. 2â. 11 en rendit aveu au Roi le 19 octobre 1607. Après lui, ce fief passa à son frère Pierre de Rouen, par droit de succession. Ibid, B. 2A.

Voici, d*après le Manuel du Bibliophile normand et les notes manuscrites qu^à bien voulu me communiquer M. E. Frère, la liste des autre? ouvrages de Jean de Rouen : — Joannis Roenni Rotomagensis Panegyricus Gulielmo Dujardiu, laurea doctoris theologi Parisiis coronato , dictus ad classicos Harcurios. Paris, Denis Du Pré, 1580, pet. in-8% lA ff. ~ Oratio de caussis profeclionis et reversionis in Acadcmiam sus ad Karolum Godcfridum Jac. Godefridi Danoi equitls torquaii. Ibid,, i580, in-8*, 18 ff. — Pancgyricus Joannis Roenni Rothomagensis dictus Christopboro Obrio , llieologo ad cjus coronas laurea»que théologies diem qui dics aprilis quartus idemquc Ambrosio summo tbcologo et Ecclesix doctori consecratus. Ibid., 1582, in-8*, 19 tt. — Panegyricus Joannis Roenni dictus Francisco Fcu^ardentio accessenint complurium litteratorum bominum de Fcuardentio versus greci, latini, gallici. Paris, Thierry, 1603, m-à\ — Elogium Ivonis Kerbici doctoris Sorbon. ad diem sacri impositi illi pilei. Paris , Jacquin , 160A » in-8*. — Elogium Joannis Brumentii Franciscanorum antesignani ac prodromi theologi» curriculo superiori pro ejus corons die quamuonam accepit. Paris, viii Kal. junii. Ibid,, 160â»in-8*.

— Laudatorium coronae Caloelise quz Petro Caloêl data... et inter tbeologos Parisienscs die xvi Kal. sept. 160â. Paris « Prevosteau, 160A, in-b*. ~- Pro Michaele Le Gendrio praemonstratensi Albicurio ad ejus corons théologies diem qui dies... Ibid», 1605, in-8*. — Philippi Cospeani nupera in urbem reversio ejusdemquc Aturensium episcopi facti inaugura tio. Ibid,, 1607, in-8*. — Nicolai Heberli theologi coronamenlum ad xvii diem MDCX. exscupsit Jo. Roennus. Paris, Jacquin, IGIO. — Jo. Roenni... Coradinus. ibid., 1612, in-8*.

— Puteus Ruthom. pro immaculata Virginis conceptione eu jus putei hoc anno 1612 princeps prstorqucest Maiinus Le Pignius ecclesia Rothom. BTchidiaconus et canonicus. /6û/., 1C12, lo-&*. — Cathedra

mérite une mention spéciale (i) «Après avoir été précepteur et aumônier de Charles d'Orléans , depuis comte d'Auvergne , fils naturel de Charles IX , il devint conseiller aumônier du Roi , Tun des quatre censeurs de TUniversilé, et dut, par exception, au choix du Parlement de Paris la charge de proviseur au collège du Trésorier de Notre-Dame de Rouen. On a de lui plusieurs opuscules , qui ne sont guères que des discours prononcés dans des solennités scolaires, à Toccasion de succès remportés par des étudiants de son collège ou de son pays. En 1611, il publia un Indexée ces éloges, quMl se proposait de réimprimer. On remarque , dans le nombre de ceux qui sont signalés par les

Roëiinea ab Jo. Roënno Rolomagrasi nuper Lutetie fùndata et uno in collegio sodalitioque Sorbonns locata xiii no?. 1611. Paris, 1612, in>&*. — Le P. Da Brcul cite de Jean de Rouen une înscripUon latine plus que médiocre en Thonneur de Guillaume de Saine.

(i) Les relations d*amitié de Jean de Rouen avec la famOlede Breauté sont attestées par les publications sulvanten : « Deui consolations aux deux très sages et très vertueuses dames de Breauté. Pdris, 1600, in-8** , 6A p. — Epitbalames sur le mariage d* Adrien de Breauté

avec Francise-Diane de Boucherolles. Paris Jacquin, 1603, in-S*.

L*Annlversaire ou bout de Ton d'Adrien de Breauté, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de cinquante hommes d*armes de ses ordonnances et général des arrière-bans de Normandie. Paris, 1611, in-8*. <^ L* Anniversaire ou bout de l*an de messire Adrien de Breauté, par M. Jean de Rouen , sieur de Commanville tt de Heunières. Paris, Prevostaaa, 16O0. s

bibliographes : Claudii Groulartii inclitissimi equitis et supremo Normanniœ in senatu prœsîdis maximi obitus ad Marinum Ije Pignium Francim dm Byndicum. Paris, François Jacqiiin, 1608) îii-8*. ^Sorbonica corona Francisco Harlœo S. Vie* taris suburbani Parisiensis abbaiis data pro meritô mercurii die tertia febfvarii MDCX, ad inclitissi^ mam Sorbonam. Paris, François Jacquin, 1610. — Jonnnis Boenni index e/ogiorum quœ hactenus maximam partem diversis temporibus édita nunc in quinque decùdas tributa , paucis mensibus simui excudentur. Paris, Jacquin, 1611, in-8*.

Il est moins connu par ses œuvres littéraires que par ses pieuses fondations, notamment par celle qu'il fit à la Sorbonne, pour 9,600 liv., d'une cliaire des cas de conscience, à laquelle il voulut que Tût donné son nom. Il en nomma le premier titulaire , qui Tut Pierre Le Clerc , docteur eo théologie (1).

Nous rapporterons ici quelques articles de son testament, rédigé le 9 janvier 1615, peu de jours avant sa mort. Il choisissait sa sépulture au couvent des Cordeliers de Paris ; il léguait &80 liv.

(1) Conronnémem aux dispositions du fondateur , le principal da collège du Trésorier a?ait droit d'assister à la nomination du proreaseur. Arcb. naU ioTentalre des litres et papiers du collège du Trésorier^ MM.4âS.

au collège du Trésorier ; t item au collège des Jésuites, fondé eu TUniversité, rue St-Jacques, la somme de vi"" liv. pour emploier à avoir tous les volumes de Tostatus, pour mettre en la bibliothèque dudit collège , selon la proposition qu'il en avait Taite au père Doujat , afin que lesdits Jésuites priassent pour luy ; — item c liv. pour être distribuées chacun an à perpétuité à deux des plus pauvres filles de la paroisse de Drosay pour aider à les marier. Elles devaient être choisies, après sa mort, par Pierre de Rouen, son Trère et ses héritiers, de concert avec le curé ou le vicaire et avec le seigneur de la paroisse. Il donnait à M. Bourbon , professeur et poète latin en renom dans ce temps-là, une somme de 60 liv. en considération de la peine quMI devait prendre à faire son oraison funèbre et recommandation à la postérité (1). » Sans doute , il lui paraissait juste qu'ayant consacré tant de

(1) Bourbon composa en Thonneur de Jean de Rouen ces deux inscriptions :

QuitquU es mortalium qui majoriOuê saeris in hae D, Benedicti œdt interesse amtu, siste parumper et eorum quas audis premm paremtem fundatoremque disce. Johannes Roénnœus Hothomagensis, o/tm eiwm /lorebant lit ter arum studia disertorum primvs , iisdem extinetis muper eommortuus, scd avi maturus et gtoriœ reique ptenuê, qmam ex pro» vêntu eloquentiœ indeptus Deo magnam partem consecramt, pmiêiwt^mf

veilles à faire l*éloge de personnages aujourd'hui inconnus, on ne l'oubliât pas complètement quand il ne serait plus. EuRn , il ordonnait qu'on plaçât à la chapelle , ou à Tune des écoles suivies par les boursiers du collège du Trésorier, une inscription dont les termes devaient être empruntés à son ouvrage Cailiedra Roennea. Quelques volumes de sa bibliothèque , à savoir trois tomes de Bellarmin et les Adages de France, devaient être remis, à titre de souvenir, à un de ses amis, Robert Ârondel, avocat à la Cour du Parlement de Rouen.

9ua pietatis monument a extare voluit, saerifieium quod ad maximam hujus templi aram singuto quoque die nouissimum offertur, sumptilnti êuii instituit , augusiiorem apparatum y symphoniaeos et veêtes adhir huit , atque tedis sodates perpetuis ad htrc rtditibus obstrinxit , utiquê velus hoc dictum coiifirmans , qui bona fide Deum colit ejus et iacer» dotes amat, Vale, hospes, et viri Manibus bene prccare,

Nascimur et morimur nudi, nec fata sequuntur

Divitia ; eupidus noitra superstes habet, Res mutât dominos, verum pietate Roénntu

Quas dédit hic sotas semper habebit opes»

Obiit pridiè nonas Martias anno 1615.

Autre inscription :

Erudite viator, adsta parumper , et eujus hic cinis siet cognosce. Et ubi Joannes Ruènnaeus mort aie deposuit exuvium, qualis quantusque vir, si nestis , ne te longum murer , nuHus dico , tantum publicam famam et Àcademiam, necnon supremam Curiam et Auiam quas meritis suis implevit, adiré et audire jubeo.^, etc. N* Borbonii poematiea «opjNWtfo, iMO, p. 150, 457.

Une autre célébrité, moins obscure, mais aussi moins recommandable, du collège du Trésorier, Tut maitre Jean Petit, qui justifia le meurtre du duc d*Orléans et fit Tapologie du duc de Bourgogne en la grande salle de St-Paul, le 8 mars iA08. Pierre Cauchon, son contemporain, nous apprend que c'était son compatriote , « Jehan Petit, natif du païs de Caux en Normandie r , condition essentielle pour être admis au nombre des boursiers de Guillaume de Saâne. D*autre part, un ancien état des biens du collège du Trésorier mentionne une rente annuelle < de liO sous sur Jean Folcnranl de Bracby , pour Tobit de maistre Jehan Petit. • Mais on concevra sans peine que les boursiers du collège n'aient pas tenu à réclamer comme un des leurs un homme d'une réputation aussi compromise.

Collège de Justice. — Le collt^ de Justice fut fondé en 1 3/i9, dans la rue de la Harpe, audessus de St-Côme, tout auprès des collèges de Bayeux et de Clcrmont et à peu de distance du collège du Trésorier. Son nom lui vient de son fondateur, Jean Justice, chantre de Bayeux, chanoine de Notre-Dame de Paris et conseiller du Roi, mort eu 1353. Conformément à ses intentions, donzo boursiers y furent établis, huit du

diocèse de Roaen, et par prérérencêdu doyenné de St-Georges (1) , el quatre du diocèse de Bayeux.

Ses exécuteurs testamentaires, Denis Ducler et Guillaume Racine, dressèrent les statuts de ce collège. Ils y préposèrent, comme chef , un offi* cier, qu'ils appelèrent indifféremment gubernatoty provisor, magister. L'élection en appartenait aux boursiers, qui devaient y procéder en présence du prieur, de ceux de Harcourt et du principal du collège du Trésorier. Ceux-ci, dans le cas où les suffrages auraient. été partagés également, donnaient la prépondérance au parti auquel ils se joignaient. Le choix ne pouvait porter que sur une personne originaire du diocèse de Rouen. L'élu devait prêter serment, devant l'Universilé, de maintenir intacts les privilèges et les biens du collège. C'était à lui qu'il appartenait d'en arrêter les comptes, de conférer les bourses et de nommer, pour l'administration de la maison, un su*^ périeur, désigné sous le nom de principal.

Mattre Etienne Haro, docteur en théologie (2), proviseur du collège de Justice, donna à cet éta-

(1) Tout porte à croire que Jean Justice en était originaire. V. aux Arch. une fondation faite en faveur de l'église d'Yainville par Jean Justice.

f S) l\ Alt âUMi Ticairt général det cardinaux d'Amboise.

blissement une somme de 1,200 liv. pour la fondation de deux bourses en faveur des enfants de chœur de la cathédrale de Rouen, où il était chanoine et pénitencier, à condition quMIs y eussent servi Tespace de deux ans pour le moins. Ils pouvaient rester au collège trois ans pour y étudier la grammaire , et , ces études préliminaires achevées, tout le temps nécessaire pour compléter leur cours des arts. Ils devaient recevoir chacun k sous parisis par semaine, pendant toute Tannée et môme pendant les vacances ; il était absolument interdit de rien exiger et même de rien accepter d*eux, soit pour la prise de possession de leur bourse, soit pour Tusage de leur chambre et de la librairie. Haro se réservait la nomination de ces deux boursiers pendant sa vie, et l'attribuait, après sa mort, à ses confrères, le doyen et les chanoines de la cathédrale de Rouen. L'acceptation de cette fondation par les boursiers du collège de Justice est du 12 décembre 1510. Une dernière fondation, bien postérieure à celle-ci, fut due à Pierre Lizet, président au Parlement de Paris; elle fut faite en faveur du prieur de St- Victor et de la ville de Salus (1).

(i) Mort abbé de St-Victor de Paris, en i55&. Liiet légua aa collège de Justice sa bibliotlièque, dont l'invenUire, conscnré aux Aick. nationales, a éié publié par M. Alfred Franklin, dam le BuiUtim dm BouquinUt$^ !•' septembre 1869.

Le but de cette maison, Tondée principalement, comme on le voit, pour de pauvres écoliers du diocèse de Rouen, était de nature à lui concilier, dans notre pays, la faveur publique. Aussi voyonsnous les conseillers de THôlel-de- Ville de Rouen , la veille de Noël 1Ù64, voter 50 liv. t. pour contribuer au rétablissement du collège de Justice, « qui estoit alors iort chut, et en ruyne et décadence 9 (i).

Nous pouvons donner, d'une manière assez complète, la liste des proviseurs de cet établissement. Le premier nom que nous ayons à citer est celui de Jean Lohier, proviseur en iû3/i, qui déjà n'était plus en Tonctions en 1637 et que nous supposons n'être autre que ce « maftre Jehan Lohier, solempnel clerc normans », mort doyen de la Rote, qui joua un rôle si honorable au procès de condamnation de la Pucelle (2). En l&â7, le collège Tut abandonné à cause des guerres civiles; les boursiers n'y revinrent qu'en lû51 , après que la Normandie eût été conquise par les armes de Charles VU ; mais, quoique le collège Tût désert, le titre de proviseur subsistait toujourjs. Ce sont, après Lohier: Simon de Plu-

(i) Arch. municipales de Rouen, Reg. des délibér. (1) M. J. Quicherar, Procès de condamnation et de rihabilitation de Jeanne d*àre, U II, p. 1, etc.

metot , conseiller au Parlement , chantre et chanoine de réglise de Seuils , en l&â7; Jean Aubry, docteur Cl proresseur en théologie, de 1/|38 à ililO ; à la fin du XV' siècle , Béranger Le Mar*. chand, dont nous avons eu déjà Toccasion de parler ; Etienne Haro, qui lui succéda en 1503 et mourut eu 1517; Jean Desmarais, curé de Belle-* rosse et d'AUou ville, en 1517 et aux années suivantes ; Jean Sueur , docteur en théologie , vers 152U; Alaire Courtois et Jaspar deVaza, en 1530 et 1531 (1) ; Nicolas Maillard, docteur en théologie , homme d*un éminent savoir et du plus grand mérite, lequel fut choisi par le Roi pour assister au concile de Trente , où il ne se montra pas au-dessous de la tftcbe qui lui avait été confiée, 15&1*1565 ; Nicolas Coulombcl , depuis chancelier et chanoine de réglise de Tours, 1 565-1 57/t ; Jean Coulombel, son neveu, 157/t et années suivantes ; Jean Tourneroche , ancien régent du collège du Plessis , 1599*160/i ; Jean Lemoyne, de 160/i au mois de

(I) • A maîtres Alaire Courtois et Jaspar de Vazn, principaiilx du collège (ic Justice a esté baillé... jouxte le mandement de Mj^r Tarchcve.^quc de Ruueii, en dabte du vu mars 4530, |M>ur une année de la pciibiuii de Nicolas de Baufremont cl M* Simon Roger, son maître, Icclle année, xxx liv.— Au niesine, pour vestemcns de son dît uep?fa, de son mogisler cl chambre de Charles de Fontaines, ut. t Arch. dt la S,-Inf. G. 48.

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