RÉSUMÉ GÉNÉRAL
De tout ce qui précède, nous pensons être en droit de conclure :
1° Que le phénomène de l'introduction spontanée de l'air dans les veines blessées, et son danger, sont désormais incontestablement établis d'après des observations sur l'homme et sur les animaux, ainsi que par les vivisections et les expériences cadavériques;
2° Que cet accident est grave et d'autant plus redoutable, que le malade fait de plus grandes inspirations, lorsqu'il est déjà affaibli par la douleur et la perte de sang;
3° Que la mort subite est le résultat de la distension des cavités droites du cœur, ou en d'autres termes de l'interruption de la circulation ;
4° Que la médecine légale pourra, peut-être, tirer parti de ce fait nouveau pour distinguer si l'air contenu dans le cœur s'est introduit pendant la vie ou après la mort ;
5° Que l'introduction de l'air par une veine blessée dans le voisinage du sommet de la poitrine a lieu uniquement par l'inspiration ;
6° Que le moyen sûr d'empêcher l'accident d'avoir lieu quand on pratique une opération chirurgicale dans cette région du corps, c'est de faire comprimer la veine principale entre le cœur et la partie sur laquelle on opère;
DÉDUCTIONS PRATIQUAS. 241
1° Que, lorsque l'accident arrive, il faut le faire cesser le plus promptement possible, en bouchant l'ouverture de la veine;
8° Que, lorsque le malade ne revient pas promptement à lui, il faut employer tous les moyens que nous avons indiqués page 230.
9° Que dorénavant les chirurgiens devront s'exercer à reconnaître cet accident en faisant des expériences sur les cadavres et sur les animaux vivans, afin d'être en mesure de prévenir et de remédier autant que possible à ce terrible accident.