‹ Recherches sur l'organe sensoriel latéral des TéléostéensChapitre 22 sur 35 · SE · texte numérisé non relu

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trop fragiles.

détruire Mbparel latéral chez ces jeunes Poissons, ‘beaucoup IL est très important de noter cette différence entre les résultats obtenus avec les jeunes dépourvus d’écailles et les adultes,

J'y reviendrai dans un instant, LEE

J en viens, maintenant, à la deuxième question, ele de savoir ce qui se passe quand d’autres facteurs se surajoutent aux vibrations. Qu’arrive-t-il, par exemple, si l’on imprime des mouvements lents à la masse d’eau contenue dans l'aquarium ?!

Ces mouvements sont produits, soit par une série de légères : secousses communiquées à l'aquarium avant l'expérience (la | masse d’eau acquiert un mouvement de balancement dont il est facile.de régler Le rythme), soit par une instabilité de l'aquarium qui bascule autour de son axe transversal.

Pour ces expériences, je me suis évidemment adressé aux Epinoches et aux jeunes Truites qui, seules, m’avaient donné des résultats positifs dans les expériences précédentes. .

Dans ces conditions les vibrations de la lame n'ont plus aucun effet. Les Poissons semblent résister aux mouvements de l’eau comme pour conserver leur équilibre et se tiennent principalement dans les régions moyenne et profonde de l'aquarium. La destruction de leurs organes latéraux ne change en rien leur comportement.

Si je répète ces expériences avec les autres Poissons, les vibrations sont absolument sans effet et il faut, cette fois, des chocs et des bruits beaucoup plus intenses que précédemment pour voir les Poissons réagir.

Avant de quitter le domaine expérimental, il me reste encore à dire quelques mots sur le nerf latéral proprement dit. Toutes les expériences que nous venons de voir ont été faites en détruisant les organes ou Le nerf de la ligne latérale chez le Gardon, Perche, Tanche. Comme nous l'avons vu dans la partie anatomique, page 12, ces Poissons ont leurs organes latéraux innervés par un nerf accessoire qui se détache du tronc latéral principal au niveau de l'opercule.

Chez l'Épinoche, existe également un nerf spécial pour les

"4 TA ’ 5 . £. # s. \ . ; L 98 V organes sensoriels latéraux ; mais, dans de cas de la Truite, un

seul nerf remplit les deux tune de nerf principal et de nerf accessoire ; il pourrait donc sembler, à première vue, que les

résultats Fa expériences soient faussés du fait de la section d’un

nerf qui fournit, à la fois des branches aux organes et à la

peau de la région et aux muscles de la nageoire caudale. Il n'en est rien : j'ai comparé les résultats obtenus par la

. section des nerfs latéraux proprement dits chez le Gardon et

chez la Truite et voici le résultat que j'ai obtenu :

Il est extrêmement difficile de constater une différence de comportement. Sur un très grand nombre d’expériences, je n’ai pu arriver que bien rarement à constater un seul phénomène, en réalité bien vague : c’est une très légère insensibilité de la nageoire caudale qui, dans le cas de la section du nerf ou de la

destruction des organes sensoriels, est moins sensible aux

excitations mécaniques. | Ce qui est beaucoup plus facile à constater, c'est un phéno-

mène de décoloration de la peau. La section du nerf, l’extir-

pation, la cautérisation des organes latéraux où l’anesthésie sont toujours suivis d'une décoloration unilatérale ou bilatérale suivant les cas. Mais ces phénomènes n’entrent pas dans mon sujet ; ils ont été du reste très bien étudiés et mis en évidence par Poucæer et surtout par Caarvoz (18) (p. 114).

Que faut-il dégager, pour l'instant, de ces expériences ? 1° Je constate, tout d’abord, une différence fondamentale entre les Poissons qui ont des organes sensoriels libres à la surface de la peau — tels que les Épinoches, et les Poissons dont la peau est recouverte d’écailles, à l'intérieur desquelles

se trouvent les organes sensoriels : les premiers perçoivent les

vibrations, les seconds y sont insensibles. L’histologie nous à appris que, chez les Épinoches, les organes sensoriels conservent leur forme de boutons épidermiques pendant toute la vie de l’animal et que, au contraire, chez le Gardon, la Truite, la Carpe, il se produit une évolution, une transformation, qui change non seulement l'aspect des organes latéraux, mais encore leur situation par rapport au milieu ambiant. D'organes libres, ils deviennent entièrement recouverts par les productions dermo-épidermiques, au moment de la formation des

La re : A 7 L'ATAE, FA RAS

écailles. La modification histologique qu'ils subissent supprime, 3

en fait, leur fonction.

Un autre fait, très important, souligne la différence de résul- :

tats obtenus : la.jeune Truite, dépourvue d'’écailles et possédant encore des organes soso nice enchassés dans son épiderme,

perçoit les vibrations de la même façon que les Épinoches. Ce.

fait méritera d'être repris dans les conclusions générales. 2 La perception des vibrations ne semble pas liée au chiffre

de 6 par seconde comme l’a indiqué Parker pour Fundulus

Heteroclites : le Poisson perçoit de la même façon des vibrations qui s'échelonnent entre 2 et 60 vibrations par seconde. Les réactions des Poissons aux vibrations sont très variables, mais font rapidement place à un phénomène d’inhibition. 3° Le rôle de la ligne latérale semble très secondaire : les Poissons qui, normalement, réagissent aux vibrations ont le

même comportement et réagissent de la même façon que pré-

cédemment si on supprime les organes de la ligne latérale.

Enfin, il ne faut pas oublier qu'il s'agit là d'expériences de

laboratoire. Si on cherche à se placer dans les conditions de vie du Poisson en faisant intervenir des facteurs ordinaires du milieu ambiant, les résultats deviennent négatifs. Il semble bien alors que l'appareil auditif soit le récepteur utile des vibrations de natures diverses qui sé produisent autour du Poisson. | At

La seule destruction des organes latéraux n'empêche pas le

Poisson de se précipiter sur la proie qui lui est lancée, ainsi

que j'ai pu m’en rendre compte bien souvent.

On a invoqué la présence et Le rôle de la ligne latérale pour expliquer la perception des vibrations causées par un objet : nourriture ou autre qui tombe dans l’eau, et la reconnaissance rapide de la direction à suivre pour parvenir au point de chute.

A ce sujet, la ligne de pêche très sensible, construite par

Marour (47 et 48), et les conseils pratiques que donne cet auteur

pour la pêche sont des plus intéressants, mais la sensibilité de l'organe auditif suffit pour expliquer la perception des vibrations de l’eau.

L'organe latéral ne joue pas ici le rôle de premier plan.

Si l'organe auditif des Vertébrés aériens, plus complexe dans sa structure que celui des Poissons, perçoit des sons, des

vibrations dl air, celui des Poissons, par contre, placé en contact presque direct de l'élément bonds dépourvu d'oreille ‘externe et d'oreille moyenne perçoit, et suffit pour percevoir, ainsi que Je l’ai montré, les vibrations et les modifications de pression dans l’eau.

Ceci n'exclut pas d'ailleurs l'intervention d autres sens, tel que la vision, dont le rôle chez le Poisson est encore discbté, $ . Quant aux phénomènes de déséquilibre constatés par certains auteurs, je crois avoir suffisamment démontré qu'ils ne résultaient pas de la destruction des organes NIGeus ni de la section du nerf de la ligne latérale.

Ces résultats étant acquis par les deux séries d'expériences que je viens d'exposer, nous verrons quelle doit en être linterprétation dans les conclusions générales.

* Avec cette étude expérimentale de la ligne latérale, j'ai terminé l'examen des divers aspects du sujet qui m'occupe ici.

Au cours des différents chapitres j'ai raccordé un certain nombre de faits : il me reste maintenant à les examiner dans leur ensemble et à dégager les conclusions pe je crois pouvoir en tirer.

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