‹ Recherches sur l'origine de la lymphe de la circulation lymphatique peripheriqueChapitre 11 sur 15 · DEAD · texte numérisé non relu

DEAD

Les tissus imprégnés du poison qui a diffusé partout grâce à la circulation sanguine, réagissent à leur façon. Le travail chimique auquel ils président est assurément très différent en apparence du travail mécanique que l'on provoque par l’alimentation et la mastication; mais en réalité il s’agit toujours de modifications physiologiques et chimiques traduisant l’activité vitale de ces tissus; et c'est pourquoi je pense que la principale source de l'élaboration de la lymphe se trouve dans leur travail organique sous toutes ses formes.

Si ce travail, envisagé simplemen‘ sous le rapport mécanique, se trouve réduit au minimum possible mme dans le repos, l'élaboration de la lymphe en reste aussi à son minimum normal. Inversement, si le travail mécanique des tissus devient intense, l’élaboration de la lymphe suit une ascension progressive proportionnelle.

Lorsque sous des influences diverses, le travail des tissus, se manifeste sous forme de travail statique (travail d'échanges chimiques par voie d’osmose, travail de désintoxication, etc.), l'intensité de l'élaboration de la lymphe semble être en proportion directe de l'intensité de travail physiologique. €

Y a-t-il sécrétion de l’endothélium vasculaire? — Aïnsi que je l’ai indiqué, on peut toujours au cours des expériences ci-dessus en s’en tenant aux hypothèses d'Heidenhain invoquer, pour expliquer l'augmentation du cours lymphatique, une sécrétion possible de l’endothélium vasculaire. J'ai donc cherché s’il n’y aurait pas un moyen expérimental de prouver l'existence ou la non-existence de cette sécrétion, et dans ce but voici l'expérience très simple que je réalisai.

Sur une vache âgée et tuberculeuse (par conséquent très sensible à la tuberculine), j'injectai une dose forte de tuberculine (10 cc. de T. à 1/5), dont l’action lymphagogue a été mise très nettement en évidence dans l’une des expériences précédentes. Je plaçai ensuite une ligature sur l’origine de la jugulaire, immédiatement au-dessous de la parotide; la jugulaire se vida d'elle-même jusque vers l’entrée de la poitrine, j'obstruai ensuite les petites collatérales peu nombreuses d’ailleurs, qui dans la hauteur de l’encolure viennent déboucher dans la jugulaire, mais en prenant bien soin de ne pas dilacérer le tissu conjonctif périvasculaire, et de ne pas dénuder

n'a dr, L k: en à | HUPUN NET) /

VE

totalement le segment vasculaire. Je ligaturai enfin la jugulaire vers la base de l’encolure, laissant ainsi à l’état de vacuité, mais pourvu de ses vasa-vasorum un long segment vasculaire de 25 centimètres environ. Malgré les deux ligatures principales des extrémités, ce segment vasculaire, en raison des précautions prises, conservait toute sa vitalité et comme d’une part il avait subi l’action directe de la tuberculine injectée dans les veines, et que d'autre part cette action pouvait continuer à se manifester, puisque les vasa-vasorum avaient été respectés, je pensais de cette facon pouvoir mettre en évidence la sécrétion de l’endothélium vasculaire, si elle existait. Or après un laps de temps de dix-huit heures, je ne retrouvai dans le segment de jugulaire que 1 cc. 1/2 de sang absolument normal comme aspect et comme richesse globulaire. Je suppose que ce sang fut fourni par de très petites collatérales non obstruées ou par des vasa-vasorum, mais de cette constatation il me semble résulter sans le moindre doute que l’endothélium veineux, pour ce qui concerne la jugulaire tout au moins, ne semble jouer aucun rôle sécrétoire.

Sans doute il ne s’agit par ici d’endothélium des capillaires, et encore moins d’endothélium des capillaires d’origine des lymphatiques mais je pense qu'il y a de bonnes raisons pour croire que sous le rapport visé, cet endothélium se comporte comme celui de la jugulaire. Je sais bien encore enfin, que la surface endothéliale du segment isolé comparée à la surface endothéliale de la canalisation capillaire de la tête est bien faible, mais j'estime cependant que le résultat eût dû être apparent si une sécrétion s'était produite.

Je pense donc que l'endothélium vasculaire, Pendothélium capillaire et l’endothélium lymphatique ne jouent aucun rôle dans la sécrétion de la lymphe.

Voici d’ailleurs une dernière expérience qui me paraît, elle aussi, montrer la non-existence d’une sécrétion vasculaire.

Action de l'ergotine. — En injection sous-cutanée, l'ergotine, on le sait, ne tarde pas à porter son action sur tout l'organisme, principalement le système musculaire lisse, sur celui des artères périphériques en particulier, dont elle détermine une sorte d'état de contracture prolongée. Le résultat de cette action est l'élévation de la pression centrale, coïncidant avec un certain degré d’anémie des

Ruyoiere

régions périphériques. Il semblerait que sous cette influence, l’endothélium vasculaire fût dans les plus mauvaises conditions possibles pour jouer un rôle de sécrétion et que les vaisseaux eux-mêmes fussent dans les plus mauvaises conditions pour laisser transsuder du plasma sanguin. — Or voici ce que j'ai obtenu :

Cheval âgé. — Fistule lymphatique au côté droit de l’encolure :

4. Quantité de lymphe au repos complet, durant une période de dix minutes, { gramme.

2, Quantité de lymphe recueillie durant le travail de mastication, pendant une période de dix minutes, 6 grammes. Injection sous-cutanée de 4 centimètres cubes d’ergotine. On attend deux heures.

3. Quantité de lymphe recueillie au repos, après action de l’ergotine et pendant une période de dix minutes, 2 grammes.

4. Quantité de lymphe recueillie pendant le travail de mastication, après action de l’ergotine et pendant une période de dix minutes, 30 grammes.

5. Quantité de lymphe recueillie pendant une nouvelle période de repos, après action de l’ergotine et pendant une période de dix minutes, 2 grammes.

Il en résulte donc :

1° Qu’après action de l’ergotine, la quantité de lympbhe s’écoulant au repos à doublé le chiffre initial;

20 Qu’après action de l’ergotine, la quantité de Iymphe s’écoulant durant le travail de mastication, a été cinq fois plus forte que la quantité iniliale correspondante.

Évidemment ces résultats ne peuvent pas s'expliquer par une action lymphagogue pure et simple résultant d’une mise en activité sécrétoire de l’endothélium vasculaire sous l’action de l’ergotine, car cette action est permanente. En tenant compte à la fois de la suractivité lymphatique résultant du travail physiologique pendant le repas ordinaire (6 grammes, l'un des repères primitifs), et de la suractivité produite par l’ergotine (2 grammes au repos complet), on n'aurait donc dû recueillir au total, dans la 4° prise que 8 à 10 grammes de lymphe. Or cette quantité a été de 30 grammes. d'estime que dans ces conditions l’ergotine a perturbé les phénomènes chimiques de vitalité des tissus des muscles en particulier, tout comme les toxines,et que cette perturbation est devenue d'autant plus flagrante quele travail imposé à ces tissus à été plus important. L'action de l’ergotine sur le système musculaire strié si peu évidente ‘en apparence, s'est dévoilée par les résultats du travail imposé.

CIRCULATION LYMPHATIQUE PERIPHERIQUE Tableau comparatif des quantités totales de lymphe écoulée durant une période de 10 minutes.

‘eut}0$419] 2p aouonpuy

“(enbnuojudip *L ‘eur[na1eqn)) sauix0} S2p aouanqpu]

‘AUNoURS 258}S

e[ 2p eouanqur

‘(esnourotd) uoissaid 9p uor -nuiwuip 9048 [ared IRA8IY np eouenpu]

“(uarprozed jou np uor/eJ10x9) SU01191998 S9p aoueonqu]

-(eurdieaorrd) sU01191098 S9p gouenpur

‘18307 enbr8oçorsâqd TEARIL

“oousies 81 ed 9IIPINOSCA UOISU9} EI 9P UOTNUTUI(T

“soui]es suoroofut Jed uoisu9] ®[ 9p uorjequatus ny

*18914400 oubiqyedurâs np uoreJloxa ded U017911S009-0$ À

ded uoryeqelip-0$8 A

‘18914199 enbru} |

“uorpoeut 39 sodoy

-eduÂis np uo199$s

Cheval n°

Bœuf n°

Page 1