D |! (RS
Après dessiccation elle est soumise à un épuisement par l’éther qui enlève les acides gras.
La portion la plus importante est constituée par Pacide amer de la bile, l’acide taurocholique, comme le démontre l'hydrolyse acide. En etfet, si on fait subir pendant plusieurs heures à cet acide azoté l’action de l’acide sulfurique étendu et chaud, on obtient une résine amorphe, brune, sans saveur appréciable ; molle à chaud, cassante à froid, insoluble dans l’eau et les acides, soluble dans les alcalis, dans les acides et qui brûle sur la lame de platine, en fondant et en s’étalant, comme une graisse. Dans les jus d’hydrolyse cristallisé par concentration et refroidissement, une matière azotée, sous forme de beaux prismes qui, sous l'influence de la calcination, dégagent de l’acide sulfureux. Ce sont des cristaux de taurine.
L’extrait aqueux est donc surtout formé d'acide taurocholique. | ;
III. Précipité biliaire. — Le précipité obtenu par l'addition d'acide sulfurique à la bile contient la presque totalité des matières organiques. Quelle que soit la dilution de l’acide, il se fait une précipitation massive qui englobe des substances autres que les acides biliaires insolubles. |
La quantité d'acide nécessaire pour provoquer cette défécation totale est indiquée par un titrage préalable des alcalins combinés dans la bile nature. L'expérience montre qu'il faut ajouter environ 86 cc. de la solution normale d'acide pour saturer 100 cc. de bile. Si l’on recueille sur filtre le précipité ainsi obtenu et qu'après lavage rapide on le pèse séché à poids constant, on constate que le poids varie entre 107 gr. et 114. La quantité d'alcali exprimée en soude, qui a été saturée par l'acide est donc de 3,44 en moyenne pour 100 CC. de bile.
Revenons au précipité biliaire. .
De coloration jaunâtre et en même temps légèrement orange aussitôt après défécation, il change assez rapidement d'aspect;
en quelques heures il verdit à la surface, que celle-ci soit directement exposée au contat de l'air ou qu'elle reste recouverte d’eau, puis le vert vire au bleu. Douze heures suffisent pour que l’on rencontre les trois coiorations superposées, bleue à la croute externe puis verte et jaune orangée. Si par brassage on renouvelle les surfaces, toute la masse est bientôt vert bleuâtre.
Après complet épuisement du précipité par l’eau distillée, on recueille l’ensemble des matières insolubles et on les dispose en couches minces sur des plats à létuve à 4o°. La dessiccation complète demande environ 48 heures. On a alors une substance de coloration vert foncé, possédant des propriétés physiques spéciales : molle, pâteuse à chaud, elle se laisse étirer en fils soyeux et brillants ; à froid, au contraire, elle devient une résine sèche, cassante, friable, Sa saveur est légèrement amère. Au point de vue chimique elle possède une fonction acide, elle est, en effet, soluble dans les alcalis en dounant une liqueur verdâtre trouble, de laquelle les acides la précipitent.
On la soumet à une série de manipulations pour en séparer les substances étrangères quelle a entraînées mécaniquement.
r.. Matières grasses. — Pour extraire les matières grasses, acides gras, graisses, cholestérines, lécithines, on essaie d’abord l'épuisement par le sulfure de carbone, de la matière pulvérisée. Mais sous cette forme de poudre, d’ailleurs difficile à réaliser, l'action dissolvante du CS? est extrêmement lente et nettement insuffisante. Malgré un contact prolongé et le renouvellement fréquent du solvant, on recueille un extrait très peu chargé. Si on opère à chaud, il se produit un ramollissement qui aboutit à une poix très consistante se prêtant mal à l'extraction.
On lui ajoute donc un faible volume d'acide acétique concentré, à peu près le dixième de son poids; quelques minutes de chauffage au bain-marie suffisent pour obtenir un mélange homogène bien liquide. Dans ces conditions l'acide ne joue aucun rôle autre que celui d’un dissolvant. La liqueur
Le SUR
épaisse est versée dans un flacon à large goulot et agitée vigoureusement en présence de sulfure de carbone, le seul solvant qui ne donne pas d’émulsion persistante.
On sépare chaque fois le liquide d’épuisement par décantation. Le CS? doit être renouvelé une douzaine de fois.
La fin de l’extraction est indiquée lorsque le solvant sulfocarbonique nese colore plus en jaune orangé.
L'ensemble des liqueurs d'extraction est soumis aux recherches suivantes :
Après distillation du CS* on constate qu'il s’est déposé sur les parois du ballon des fines croutes jaune orangé. Reprises par de petites quantités de chloroforme elles s’y dissolvent lentement et donnent par évaporation lente de la solution chloroformique des cristaux classiques de bilirubine.
Dans le fond du ballon s’est rassemblée une substance brunâtre, onctueuse au toucher, d'odeur fade et écœurante. On la traite par une solution étendue de soude qui, en même temps, neutralise l’acide acétique entraîné. Il se fait une solution trouble à la surface de laquelle montent des graisses qu'on sépare après refroidissement. La liqueur est ensuite versée dans une boule à robinet et soumise à un bon épuisement éthéré, les autres solvants, chloroforme, CS$?, ne peuvent.être utilisés car ils provoquent des émulsions très tenaces.
L’extrait éthéré, coloré lui aussi en jaune orangé, prend très vite, après distillation de l’éther, la structure cristalline. On isole sur trompe les cristaux formés et on les lave avec de l'alcool méthylique. Ce sont de magnifiques lamelles que l’on purifie par des cristallisations dans l'éther. Leur point de fusion est { — 145° au bloc, il s’agit bien de cholestérines.
La liqueur alcaline aqueuse est acidifiée par l’acide chlorhydrique étendu et épuisée à l’éther.
L’extrait obtenu donne un sirop brunâtre qui cristallise en masse par évaporation lente du solvant. On le dissout dans de l’alcool méthylique légèrement aiguisé d'acide sulfurique et on le fait bouillir quelques instants au réfrigérant à reflux en présence de noir animal. Après filtration et concentration la
solution méthylique est abandonnée au froid. On obtient successivement plusieurs récoltes de belles aiguilles cristallines. Le point de fusion des premières est £ — 37° au bloc Mac- QUENNE ; 1l s’abaisse notablement dans les dernières qui fondent à { — 27°. Ce sont des mélanges d'acides gras.
Dans l'alcool restent toutes les substances amorphes que l’on sépare encore en deux groupes, après distillation de l'alcool, par un épuisement au sulfure de carbone.
On isole une quantité appréciable d’acide oléique que l’on caractérise par son sel de plomb soluble dans l’éther.
Le résidu est constitué par un poids très faible d’acides biliaires, passés en solution à la faveur de l'acide acétique.
2. Acides biliaires et pigments. — La masse acétique verdâtre, débarrassée des graisses, acides gras, cholestérines par épuisement au sulfure de carbone, contient les mucines, les pigments et les acides biliaires.
On la traite à chaud par le chloroforme ; il reste un faible insoluble que l’on décolore par plusieurs lavages à l'alcool fort ; ce sont les mucines ou pseudo-mucines. £
La solution acéto-chloroformique est distillée dans le vide pour éliminer tout le CHCF et une partie de l’acide acétique. On reprend par l’eau au bain-marie ; en renouvellant plusieurs fois celle-ci on chasse les dernières portions d’acide.
Le résidu neutre, est dissous dans un grand volume d’alcool méthylique puis soumis à la défécation barytique dans les conditions que nous préciserons ultérieurement.
La totalité des pigments verts passe à l’état de combinaison barytique insoluble, laissant une solution alcoolique incolore. Après distillation de l’alcool il reste un poids important de matière blonde, soluble dans les alcalis, insolubles dans les acides, molle et plastique à chaud, sèche et friable à froid. Cette substance représente la partie fondamentale de la bile, le gros faisceau des acides biliaires.
Piettre 3
Ne EL
EXEMPLES EXPÉRIMENTAUX
Exewece I. -- 11 litres de bile de porc ont donné après repos 3 litres de dépôt boueux, et 9 litres 500 de liquide clair surnageant.
Ces 9 litres 500 ont été additionnés, par petites portions à la fois, de 380 grammes d’acide sulfurique dilués dans 1 litre d’eau. *
La précipitation complète des matériaux organiques obtenue, on décante les eaux acides, puis on lave quatre fois la masse insoluble, jusqu’à réaction faiblement acide. L'ensemble des eaux forme un volume de 9 litres 450.
Cet extrait sulfurique est alors traité à chaud par de la baryte hydratée ; après lavages du SO‘Ba on évapore au bain-marie. Pendant la concentration, une grande partie des matières minérales se déposént progressivement. Le résidu contient avec ces mêmes sels une très faible proportion de bases.
Le poids de l'extrait sulfurique aqueux s'élève à 262 grammes.
Celui des matières basiques à environ 3 gr. 2.
L’extrait aqueux obtenu par plusieurs lavages du précipité biliaire forme un volume de 11 litres 200.
Concentré au bain-marie il abandonne 140 grammes de résidu dont la majeure partie est constituée par l’acide taurocholique (78 gr.)..
La masse des acides biliaires, après dessiccation à l'étuve, pèse 704 grammes. On la traite au bain-marie par 100 grammes d’acide acétique fort
de façon à faire une liqueur suffisamment fluide, que l’on épuise à l’aide de 11 litres de sulfure de carbone. /
Degl’extrait sulfo-carbonique on extrait de petites quantités de bilirubine, des graisses (6 gr. 5o), un mélange d’acide gras cristallisés (12 gr.), des cholestérines (6 gr.), de l’acide oléique (27 gr.), et d'un peu d’acide glycocholique dissous par l’acide acétique. ;
L’insoluble dans le CS? est épuisé à chaud par le chloroforme. On isole ainsi les mucines qui, débarrassés du pigment vert, pêsent / MSN poids des pigments précipités par le métholate barytique et libérés ensuite s'élève à 0,53.
Le résidu est constitué par l’acide glycocholique.
Si on rapporte ces résultats à 1.000 centimètres cubes de bile on obtient le tableau suivant :
Extrait aqueux acide. . . . 29,1 : bases azotées, 3,5.
— aqueux ,..:.. . 4 . 19,5 : acide taurochlorique, 8,6. graisses, 0,7.
acide gras crist., 1,3.
acide oléique, 3,7.
cholestérines, 0,6.
mucines, 0,4. Précipité biliaire insoluble. . 72,5 | pigments, 0,05.
acide glycocholique, 72,3
— sulfo-carbonique .. . 7