TECHNIQUE GÉNÉRALE APPLICABLE A TOUTES LES BILES
Nous avons recherché une méthode générale s'appliquant à toutes les biles, et nous avons choisi comme types celles de bœuf, de veau, de porc, de chien et de poisson (congre, conger vulgaris, Cuv.).
La bile de bœuf est extraite des vésicules biliaires provenant des abattoirs. Le volume de liquide contenu dans une poche biliaire oscille dans de très larges limites de 450 cc. à 900 et même 1300 cc. Au point de vue viscosité, on rencontre des variations considérables ; tantôt très faible, le plus souvent fortement accusée ; dans 15 0/0 des cas la viscosité est telle que la bile forme une seule masse, et qu’on ne peut en prélever une certaine quantité par simple décantation, il faut rompre la continuité du solide à l’aide d’instrument tranchant. Contrairement à l'opinion admise, il semble bien que le séjour dans la vésicule n’est pas la seule cause de la viscosité de la bile. La bile de bœuf est toujours parfaitement limpide, rarement elle tient en suspension des dépôts cellulaires ou des flocons fibrineux. Sur plusieurs milliers de vésicules exami- .nées, nous avons constaté dans cinq cas la présence de caillots incolores formés de couches fibrineuses superposées et dans deux cas seulement celle de caillots riches en pigments biliaires rouge orangés.
Chez le veau la quantité de bile par vésicule est notablement inférieure ; 300 à 4oo cc. dans les poches volumineuses, parfois à peine 150 cc. chez les animaux de petite taille. Elle est ordinairement limpide ; dans un seul cas pathologique que nous décrirons en détail, nous avons constaté la présence
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de petits flocons muco-purulents chez un sujet atteint d'hépatite suppurée.
Le foie très hypertrophié présentait dans toute sa masse et surtout au niveau du lobe moyen plusieurs foyers purulents de la grosseur d’une noisette à celle d’une noix. Le contenu de chacun d’eux était constitué par du pus blanchâtre, très liquide, grumeleux, à odeur fétide; leur paroi était peu épaisse, irrégulière avec des diverticules s’enfonçant dans le parenchyme hépatique. L'examen bactériologique du pus a décelé la présence de staphylocoques et d’un bacille abondant, à bouts arrondis, ne prenant pas le Gram. Par cultures sur milieux solides, cette bactérie a été séparée des microbes de la suppuration. En bouillon peptoné elle cultive abondamment, le trouble est uniforme, l'odeur fécaloïde ; le lait coagule en 36 heures, la gélose tournesolée vire au rouge au niveau des colonies. L'ensemble de ces caractères, et en outre la mobilité en bouillon nous ont permis de la faire rentrer dans le groupe du coli commune.
Il s'agissait donc d'une infection colibacillaire. Dans les flocons blanchâtres de la vésicule existait la même bactérie. Nous avons même pu suivre la marche de l'infection des voies biliaires en examinant le trajet du canal cholédoque ; les parois étaient vivement enflammées avec de petites ulcérations à demi-recouvertes de fausses membranes. L'origine certaine de l'infection était donc l'intestin d’où elle avait gagné les voies biliaires et en même temps le parenchyme hépatique lui-même.
Chez les jeunes bovidés la bile est pauvre en mucus ; on en juge déjà d’une façon très approximative par sa grande fluidité; ce n’estque dansl'êge adulte qu’elle acquiert une viscosité souvent si grande. |
La bile du chien et du porc est très souvent trouble, tenant en suspension des débris cellulaires, des sédiments biliaires particuliers, mais presque jamais de flocons fibrineux ou purulents. Par simple repos d’ailleurs, ces matières se déposent et peuvent être éliminées. Faible viscosité surtout chez le porc.
La bile de congre (conger vulgaris, Cuv.) choisi comme type de poisson, a été recueillie, aux halles centrales, jour par jour, dans des flacons contenant quelques centimètres cubes de chloroforme et conservée à la glacière. Nous avons eu ainsi 5 litres de liquide. Cette bile a des caractères spé- Ciaux.
Le volume de liquide contenu dans chaque vésicule est très