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de vésicules renfermant un grand volume de liquide, peut s observer cependant même dans ces cas, mais passe inaperçu à cause de la dilution. On le rend sensible en vidant avec précaution ces vésicules après un certain temps de repos ; les particules solides donnant naissance aux ondes soyeuses se trouvent accumulées dans les dernières portions de la bile.

Les vésicules de coloration grisâtre ou jaune blanchâtre, souvent remplies d'un magma boueux sont les plus favorables à ces observations. En effet, si on examine attentivement les caractères physiques de cette substance semi-solide, on constate qu’elle est soyeuse, brillante, avec des reflets moirés très nets.

Le microscope révèle la présence de très fines aiguilles aciculaires, extrêmement minces, flexueuses, qui par leur enchevêtrement forment un feutrage très serré. Il existe en même temps une abondante proportion de substances amorphes.

Ces observations n’ont pu être faites que pendant la saison froide. La température devait donc avoir une influence sur la formation de ces dépôts cristallins.

Nous avons cherché et réussi à obtenir artificiellement ce résultat par de-simples abaissements de température. De la bile de porc parfaitement limpide peut, en effet, donner après un séjour à la chambre froide un précipité cristallin, mais très faible et très inférieur à ce qui se produit naturellement pendant l’hiver. |

Une autre condition favorable également à la cristallisation . est la concentration de la bile.

Si l’on soumet un faible volume de bile limpide à une évaporation lente, sous vide sulfurique, on arrive progressivement à une dessiccation totale sans obtenir autre chose qu’un résidu amorphe. Mais au contraire, si onconcentre en plusieurs étapes, au 1/5, au 1/4, au 1/5, et qu’on refroidisse chaque fois, on observe parfois la formation de cristaux. On réalise l'expérience de la façon suivante : un volume de bile est évaporé au bain-marie, au 1/4 environ; et filtré à chaud, les

mucines où pseudo-mucines coagulées en grande partie restent sur filtre. Le filtrat limpide mis à la glacière donne un fin précipité cristallin. Après séparation de ce dernier, on peut avoir une deuxième production de cristaux.

La température et la concentration sont donc deux conditions importantes.

A l’état naturel, le maximum de cristallisation correspond à la réalisation simultanée de ces deux conditions. En effet, c’est dans les vésicules les moins riches en bile que l'on trouve le dépôt cristallin le plus abondant lorsque la température est suffisamment basse sans atteindre cependant la congélation totale de la masse biliaire.

La récolte des cristaux aciculaires présente des difficultés dues à leur grande ténuité et aussi au mélange des matières amorphes.

La filtration sur filtre ordinaire demande beaucoup de temps ; sur filtre à succion une grande partie des aiguilles passe à travers le papier. La centrifugation permet mieux que tout autre procédé de séparer cristaux et RCD amorphes de la bile liquide.

Nous avons pu de cette façon obtenir ces cristaux en quantité suffisante pour déterminer leur nature.

La bile liquide surnageant le dépôt cristallin obtenu par repos au froid est décantée avec soin. On centrifuge le dépôt pour éliminer le plus de liquide possible. Le culot de matière solide est dissous dans un volume d’eau juste suffisant. On verse la liqueur, rendue trouble par la présence de flocons amorphes, dans une capsule de porcelaine et on ajoute du noir animal. Après chauffage au bain-marie on filtre chaud. Le filtrat, mis au froid, abandonne un fin précipité blanc soyeux, qui peu à peu augmente et tombe au fond du vase. L'examen microscopique montre qu’il est formé des mêmes cristaux que ceux rencontrés dans la bile.

Ainsi réunis en dépôt assez dense, ils peuvent être isolés sur filtre à succion, mais en prenant soin de verser la liqueur avant de faire le vide et de n’utiliser pour la filtration qu'une

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