‹ Recherches sur la circulation des lamellibranches marinsChapitre 35 sur 66 · FAMILLE XVI · texte numérisé non relu

FAMILLE XVI

TELLINIDÉS

PSAMMOTELLINA RUPPELLIANA Reeve.

Cette Psammotelline provient de la Mer Rouge, et je n'ai pu l’étudier que conservée dans l'alcool. D'où certaines incertitudes. Je me suis surtout attaché à rechercher si les particularités que j'ai signalées dans d’autres Siphonés se retrouvent encore dans ce Bivalve; en un mot à voir si la Psammotelline, qui est un animal siphoné avec un pied bien développé, appartient au type normal pour les appareils que j'étudie.

Le cœur est logé dans une poche péricardique dorsale, n'offrant rien de particulier. Les oreillettes sont triangulaires, allongées postérieurement ; elles se soudent sur la ligne médiane en arrière du ventricule. Leur couleur était peu foncée: mais peut-être qu’elle avait été modifiée par l'alcool.

Le ventricule allongé en avant de la poche péricardique entoure un très petit rectum. Sa face supérieure représente à peu près deux triangles isocèles accolés par leur base. L’aorte antérieure qui s’en échappe n'offre rien de particulier et son mode de distribution se rapproche de ce

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qui existe dans la Lutraire et la Mye. Elle se divise en deux branches qui vont dans les bords marginaux palléaux.

L’aorte postérieure est plus intéressante. fmmédiatement en arrière du ventricule, elle présente la dilatation caractéristique des Bivalves siphonés. Celle-ci entoure le rectum et est séparée du ventricule par une valvule. Ensuite cette aorte donne deux artères musculaires. l'artère se rendant aux ganglions viscéraux., l'artère reelale, puis les deux marginales postérieures et les deux siphonales. Les siphons très longs sont assez petits: aussi n’ai-je pas cru devoir rechercher les valvules que j'ai signalées dans la Lutraire. On peut pourtant facilement admettre leur existence à cause des analogies de leur organisation.

Il n’était pas possible de préciser les voies de retour du sang.’ J'ai pu voir que la loi de corrélation entre la présence d’un pied bien développé et celle d’un orifice bojanoviscéral musculeux est vérifiée dans ce cas. Elle trouve donc encore dans cette espèce une confirmation de plus. L'orifice bojano-viscéral existe en avant de la commissure des organes de Bojanus. Il est, comme toujours, muni d’un appareil de fermeture énergique et s'ouvre exactement dans le sinus postérieur et le sinus viscéral sous-péricardique. Le sang lancé dans le pied revient dans l’organe de Bojanus : de là il passe en partie dans les branchies. Celles-ci au nombre de deux complètes ressemblent extérieurement beaucoup à celles des Bucardes, car la lame externe, peu développée, possède un feuillet réfléchi plus étendu que le direct et qui s'attache d’une façon lâche à la paroi du corps.

Les deux lames externes se fixent à la cloison siphonale et supportent un petit appendice conique. Le feuillet réfléchi de la lame interne seul porte un vaisseau longitudinal; le suspenseur de chaque branchie renferme un vaisseau afférent et un vaisseau efférent. Le premier envoie de très nombreuses branches aux deux feuillets ré-

fléchis des lames externe et interne. Elles suivent le bord des septa. Ce sont donc les deux feuillets réfléchis qui reçoivent les premiers le sang afférent qui vient respirer. Le, sang arrive dans la partie antérieure des branchies par un rameau du vaisseau afférent principal. Le vaisseau collecteur efférent n'offre rien de particulier, il possède les connexions que j'ai déjà signalées ailleurs.

Quant aux canaux qui partent de ces troncs principaux, il est facile de s'expliquer leur agencement. Les canaux d'un feuillet offrent avec ceux du voisin de très nombreuses anastomoses qui en partent à angle droit.

De plus chaque système de deux canaux limite une gouttière longitudinale formée latéralement par des canalicules réunis et maintenus entre eux par des anastomoses aussi nombreuses que les précédentes et qui vont jusqu’au fond de la gouttière. Elles débouchent dans le canalicule impair plus gros que les autres qui forme l’arête de la gouttière.

Il s’ensuit que la surface présente des plis et que les dépressions correspondent aux canaux branchiaux. Ceuxcisau bord libre des lames branchiales, ne sont pas en relation par un vaisseau longitudinal.

Je n’ai pu savoir si comme dans le Solen (fig. 52) les canaux afférents et efférents sont tous situés dans des septa, ou bien si, comme dans le Cardium, la Lutraria, les vaisseaux afférents seuls sont renfermés dans des septa, tandis que les autres sont dans la partie médiane du compartiment.

TELLINA L.

L'appareil branchial de la Telline n’a pas la composition qu'on est convenu d'appeler normale. La lame branchiale interne est complète et possède ses deux feuillets, tandis que la lame externe est représentée par son feuillet direct seulement : mais celui-ci est relevé, c’est-à-dire ascendant au lieu d’être descendant, disposition qui est anormale.

Plus loin je discuterai les opinions contradictoires émises à ce sujet.

La lame interne porte un vaisseau efférent à la base du feuillet direct, vaisseau commun aussi au feuillet existant de la lame externe. Les canaux qui y débouchent ont un orifice en fente très allongé, limité par deux épaississements partant de la tige squelettique longitudinale commune aux deux lames branchiales. Ces épaississements s’allongent en supports : ils soutiennent du côté opposé une membrane large et flottante au bord d'insertion et qui va en diminuant jusqu’au bord libre. Ce vaisseau élargi à sa base reçoit du sang veineux.

Par cette disposition la surface respiratoire est considérablement augmentée.

Les tiges de soutien adjacentes sont réunies par des tiges transversales qui divisent ainsi en fenêtres l’espace intercanaliculaire : de sorte que la largeur du canal peut diminuer énormément par rapprochement ou accolement des deux tiges, mais malgré cela le sang peut toujours s'échapper par la base maintenue ouverte et l’eau peut toujours traverser les fenêtres. Le courant efférent est plus rapproché des tiges. .

Cette dispositition du squelette a de grandes analogies avec celle du squelette des branchies des Tarets ; en outre le feuillet unique de la lame externe rappelle dans une certaine mesure celui de la Nucule.

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