‹ Recherches sur la circulation des lamellibranches marinsChapitre 48 sur 66 · RP LL · texte numérisé non relu

RP LL

Tout le monde admet des lacunes, mais malgré la divergence et la multiplicité des opinions qui ont eu cours sur ce sujet, il n’en reste actuellement que deux en présence : ce sont celle de Kollmann et celle de Flemming. Ces déux’ auteurs sont d'accord sur le fait essentiel en luimême, ils admettent que chez les Lamellibranches la circulation est interrompue, et que le sang au sortir des artères s’épanche dans des lacunes. Seulement, pour Kollmann, les cellules muqueuses (Schleimzellen) de Flemming sont de vraies lacunes, tandis que pour Flemming, ces cellules font partie du tissu conjonctif. Les véritables lacunes sont virtuelles et creusées dans les traînées de tissu qui séparent ces cellules et que Kollmann regarde comme des trainées gélatineuses (Gallertbalken).

Pour Kollmann, les lacunes sont des espaces interstitiels (33-100 4) entourés par du tissu gélatineux (Gallertgewebe). Les lacunes ayant une extensibilité énorme, et celle des artères et des capillaires venant s’y ajouter, il admet que lé sang par lui seul peut amener le gonflement de ces parties et, par suite, la turgescence des organes. C’est pour lui le réseau lacunaire érectile. Wa reconnu en outre que le tissu gélatineux (Gallertgewebe) renferme deux sortes d'éléments pigmentés : 1° des cellules fusiformes ou étoilées, s’unissant parfois par leurs prolongements ; 2 des cellules rondes sans liaison entre elles. Toutes ces cellules ont des contours nets, mais pas de membrane. Les cellules étoilées et rondes sont incluses dans des espaces de la substance fondamentale. Ce sont des lacunes dont le type se trouve dans le tissu de l'organe rouge brun. Ce tissu contient des espaces petits el grands anastomosés, par lesquels le sang va dans les branchies, puis dans l’oreillette, et qui renferment des cellules étoilées et arrondies. Ce sont des lacunes pour Kollmann, tandis que Leydig et Langer n’admettaient pas que les lacunées puissent être sphériques. Mais comme Kollmann à toujours trouvé des globules sanguins dans ces espaces et

qu'il n’y a jamais rencontré de noyaux, il est forcé, dit-il, d'admettre que ce sont des lacunes.

Pour Flemming, l’opinion de Kollmann n’est pas soutenable. Il trouve tout d’abord que le tissu conjonctif, dans les formes marines, est surtout abondant dans les parties turgescibles, dans le manteau, le bord marginal et le pied. Sur le frais, on voit ces parties formées par des vésicules pâles, séparées les uns des autres par des lamelles au milieu desquelles se trouvent des fibres musculaires et de petites cellules. Langer les vit le premier, mais comme il ne put y découvrir un noyau, il doutait de leur nature cellulaire. Flemming, dans la Moule, a trouvé les noyaux de ces cellules très rapprochés des parois, et il les appelle cellules muqueuses (Schleimzellen).

Après des injections interstitielles et artérielles en deux couleurs, l'étude histologique du Taret, du pied du Pétoncle et de la Bucarde, du manteau de l’Avicule, m'a montré l'exactitude des observations de Flemming.

Dans le Taret, j'ai vu le manteau formé presque uniquement par des cellules muqueuses.

Dans la partie dorsale, on trouve cinq à six rangées de ces cellules, tandis que les parties latérales n’en offrent souvent qu'une rangée. De forme variable, toujours un peu polygonales, mais à angles très arrondis, ces cellules présentent un noyau marginal noyé dans du protoplasma qui se prolonge tout autour de la cellule. Jamais je n’y ai vu des globules sanguins, comme on en trouverait si on avait affaire à des lacunes. Les lamelles de tissu qui les séparent peuvent paraître bien minces, mais elles sont néanmoins plus épaisses que les parois des artères palléales, ou même que celles du vaisseau efférent de la branchie, que j'ai pourtant injecté assez facilement et directement.

Flemming a vu de plus dans des injections d’Anodonte, que la matière pénètre dans les lamelles et rubans entre lesquels se trouvent les Schleimzellen. Done, pour

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