DRE NICE
Flemming, on a affaire ici à un tube vasculaire très arborescent, dans lequel il n’a jamais pu trouver un endothélium. Mais il a constaté dans les parois l'existence de cellules étoilées et fusiformes, ainsi que des fibres et des faisceaux musculaires.
En conséquence, Flemming admet que ce tissu érectile des Lamellibranches doit être considéré comme un tissu conjonctif réduit à un tube mince très arborescent, dont les parois sans endothélium, à part quelques muscles et des nerfs, renferment des cellules fusiformes et éloilées, et sont tapissées extérieurement par de grosses cellules muqueuses.
J'ai pu aussi constater dans des pieds de Cardium et de Pectunculus que partout la substance conjonclive tapisse ces lacunes, en sorte que ce ne sont donc pas, à proprement parler, des lacunes sans parois, comme l’admettent Milne Edwards et Gegenbauer (Eberth leur attribue même des parois spéciales).
Le sang circule entre des lamelles conjonctives nues, sans endothélium et en relation les unes avec les autres. C'était l'opinion de Leydig, c'est celle de Flemming et c’est le résultat auquel arrive aussi mon ami Bernard dans ses recherches sur le manteau des Prosobranches.
D'après ce que je viens de dire, on peut parler de circulation lacunaire, mais en n’oubliant pas que le sang est endigué partout dans du tissu conjonctif et que le sang ne vient jamais baigner directement les fibres nerveuses ou les éléments glandulaires.
Mes recherches, faites sans aucune idée préconçue, m'amènent donc à confirmer les idées de Flemming, et à considérer les vésicules de Langer. non pas comme les coupes des lacunes, mais comme des cellules conjonctives à noyau marginal et facilement visible. Ces cellules ontelles une membrane propre? Si elle existe, elle est si bien unie au tissu voisin que je n'ai pu arriver à la distinguer. D'ailleurs, elle est peut-être trop mince pour qu'on
puisse l’apercevoir même avec des grossissements tels que ceux dont je disposais.
Ceci ne paraîtra pas trop exagéré quand on saura que, dans le Taret, l'artère palléale postérieure, qui est relativement importante et dont le diamètre est assez considérable, a des parois qui n’ont certainement pas 1/2 4. et que les parois du vaisseau efférent branchial n’ont guère plus d'épaisseur.
Il devient évident que les cordons conjonctifs qui séparent ces cellules ne sont pas pleins: c’est le chemin du sang; celui-ci écartant les parois conjonctives du canal se répand entre les cellules, mais sans pénétrer dans leur intérieur. C'est ce que montre, avec la dernière évidence, une injection interstitielle ou artérielle. L’impulsion cardiaque suffit pour faire pénétrer du sang dans les lacunes, qui, dans l’état de contraction, sont virtuelles, c’est-à-dire que les lames conjonctives sont appliquées l’une contre l’autre. Lorsque l'érection doit se produire, les fibres musculaires se relâchent, le volume de l'organe augmente, il y a une sorte d'appel du sang: les lacunes se remplissent de plus en plus et se distendent remarquablement.
C'est un vrai réseau lacunaire érectile, et c’est à lui que revient le rôle principal dans la turgescence. Pourtant Kollmann admet des artères et des veines dans le tissu qui entoure les Schleimzellen de Flemming. mais il n’a pu voir s'il y a déjà un endothélium, comme il l'a prouvé pour les gros vaisseaux et les capillaires du repli intestinal. Pour lui, « la réplétion des artères et des capillaires artériels très nombreux, suffit seule pour expliquer la turgescence du pied ». Je ne suis pas de son avis, car j'ai montré que, dans l'érection, ce sont surtout les lacunes creusées dans les cordons conjonctifs séparant les Schleimzellen, qui jouent un rôle important.
Pour me résumer, je dirai que le système circulatoire des Lamellibranches est fermé, et de plus 2rterrompu dans les parties érectiles en ce sens qu'il y existe un ré-
seau de canaux très extensibles, sans endothélium , creusés dans le tissu conjonctif qui entoure les Schleimzellen : ces canaux sont ainsi de vraies lacunes conjonctives.
Avec Sabatier, j'admettrai donc qu'il y a dans ce groupe des capillaires artériels et des capillaires lacunaires, en faisant remarquer que les premiers sont des artères capillaires, les deuxièmes des lacunes capillaires, si l'on excepte les capillaires du repli intestinal dans lequel Kollmann semble avoir bien prouvé l'existence d’un endothélium.
Dans les branchies, je n'ai pas trouvé de lacunes: les filaments servent uniquement à la respiration. Le sang s’y meut dans un système de canaux fermés foujours tapissés par un endothélium.
Dans les Naïadés. les observateurs ont trouvé des lacunes, et ce fait, pour Griesbach, est très compréhensible puisque, dit-il, leurs branchies représentent un degré de développement inférieur et servent d’organe d’incubation.