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incertitudes, malgré un certain nombre de travaux, car la branchie des Naïadés a surtout servi de Lype et l’on s’est habitué à la regarder comme la protobranchie: par suite ses caractères ont été plus ou moins étendus aux branchies lamelleuses de toutes les formes marines, sans qu'on ait essayé de faire des recherches très précises. On comprend d’ailleurs facilement toute la difficulté d’un pareil sujet : débrouiller la circulation d’une branchie ne peut se faire qu'après des injections bien réussies par les vaisseaux branchiaux, des dissections très minutieuses et des coupes microscopiques. Aussi un pareil travail, long et pénible, a-t-il peu tenté les naturalistes qui. jusqu'à maintenant, et dans les branchies lamelleuses. se sont contentés d’un examen superficiel, ou d’une coupe transversale faite à peu près au hasard.
Poli (97) est le premier qui ait vu que le sang, arrivant dans les branchies, traverse cet organe pour retourner au cœur. Il remarqua même qu'une Lucine de la Méditerranée ne possédait que deux lames branchiales.
Valenciennes (132) retrouve ce caractère dans les Lucines et les Corbeilles et montre qu'il s'applique à tout un groupe de Bivalves qu'on a appelé les Dibranches.
Deshayes (34.2) figure de nombreuses branchies, mais il ne recherche pas la structure anatomique de ces organes.
De Quatrefages (101) et Keber (65) disent quelques mots de la branchie du Taret et de celle de l’Anodonte. C’est peu après qu'apparut le mémoire de Williams (137). important en ce sens que c'est le premier travail dans lequel on tente une anatomie comparée des branchies des Pélécypodes. Williams admet comme règle l'indépendance complète d’un vaisseau branchial quelconque de son voisin. Ces vaisseaux en série sont placés les uns à côté des autres pour former un feuillet branchial. Entre ces canaux sanguins se trouvent des intervalles pour le passage de l’eau, et ceux-ci sont fréquemment interrompus par des brides conjonctives. Il prétend, de plus.
qu'il n'y a pas d’anastomoses transversales vasculaires et il affirme la contractilité des septa. Ce travail, malgré ses nombreuses erreurs, à marqué un premier pas fait dans la connaissance précise des branchies des Bivalves, sur la structure desquelles Adler et Albany Hancock (3) avaient déjà appelé l'attention. Quelques années auparavant, Loven (76) avait décrit sommairement le développement de ces organes.
Mais ces recherches, complétées et étendues par Lacaze- Duthiers (67,4), amenèrent celui-ci à une série de conclusions de la plus haute importance. Il fit voir que les lames branchiales se développent successivement ; la lame interne la première, l’externe ensuite ; qu'elles se forment par une série de tubercules paraissant, pour la première, d’avant en arrière et, pour la seconde, d’arrière en avant. De là, on pouvait conclure que dans les cas où il n’y a que deux lames branchiales, c’est-à-dire lorsqu'il y a arrêt de développement, c’est la lame externe qui n'apparail pas.
Jusqu'en 1875, rien de saillant ne fut publié sur les branchies des Pélécypodes. A cette époque, Posner (98, 1 et 2) étudia les branchies des Naïadés. Il joignit à son travail quelques coupes transversales de branchies d’animaux marins. Son mémoire est fondamental pour cette question, mais il arrive à des conclusions que je montrerai être erronées. Il fait de la branchie de l’Anodonte le prototype de la branchie sans tenir aueun compte des données géologiques et il admet que les branchies sont des lames conjonctives lacunaires. car il n’y a pas vu d’endothélium : d’ailleurs les branchies des animaux marins sont trop peu expliquées pour être claires.
Peu après, parurent les recherches de Bonnet (17) sur la circulation dans les branchies des Acéphales. Ce travail fait avec méthode est très important et intéressant, en ce sens que Bonnet essaye d’édifier une sorte de phylogénie de la branchie. Cet essai présente de nombreuses lacunes, mais il n’en est pas moins curieux de voir qu'il sait s’af-