‹ Recherches Sur La Circulation Sanguine Dans Quelques États PsychopathiquesChapitre 10 sur 24 · MERS · texte numérisé non relu

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constriction est due à une prédominance fonctionnelle du sysème sympathique et qu'il s'agit d'un spasme vasculaire permanent : « L'origine spasmodique de la microsphygmie peut être considérée comme un fait acquis » (Richet fils et Saint-Girons (86). La microsphygmie n'est pas spéciale à l'insuffisance mentale et d'Œlsnitz el Jacquin viennent de la signaler dans la démence précoce et principalement dans la forme catatonique de cette maladie où elle est très accusée et déterminée par l'immobilité des malades ().

En août 1919, Etieune et Richard (40) étudient les modifications de la pression artérielle produites par les émotions de guerre ; les résultats des auteurs sont intéressants à comparer à ceux que nous avons obtenus chez nos malades : les émotions allénuées et répétées produisent des effets hypertenseurs qui s'ajoutent les uns aux autres et qui sont beaucoup plus marqués chez les sujets qui ont dépassé la cinquantaine et sont plus ou moins scléreux (hypertension de Mx'de 1 à 4 cm Hg; hypertension de Mn de 1 à 2,5 cm Hg). Les auteurs expliquent ces effets hypértenseurs des émotions atténuées et répétées par une action des centres nerveux agissant sur les surrénales par l'intermé- : diaire du sympathique.

Enfin Baudoin (7), dans un travail qui n’est pas encore publié mais dont il a donné les résultats en communication à la Société médico-psychologique (séance du 29 décembre 1919), vient de reprendre l'étude de la tension artérielle dans les états dépressifs (appareil de Laubry el appareil de Pachon). M. le D° Baudoin a bien voulu nous envoyer le résumé de son mémoire ; ses conclusions, en ce qui concerne la pression sanguine, sont sensiblement identiques à celles que nous avions formulées avant d’avoir connaissance de ses résultats : la tension parait normale chez les intermittents; contrairement à l'opinion classique, l'hypotension est rare dans la mélancolie pure, elle parait répondre à des troubles organiques (tuberculose), peut-être à

(+) Réfer. d'OEzsnirz, Oscillométrie en pathologie nerveuse, Journal médical français, octobre 1919, p. 428.

des états de démence précoce (attitudes cataleptoïdes), il s'agit généralement d’une hypotension de Mx avec pression différentielle inférieure à la normale ; l'indice de Pachon est particulièrement faible chez les malades qui présentent des symptômes pouvant faire craindre la dissociation mentale ; l'hypertension s'observe principalement dans les cas de «mélancolie d'involution ».

Nous signalerons très brièvement les nombreux travaux étrangers se rapportant à notre sujet.

En Angleterre, dès 1877, Greenless (49), après avoir noté une fréquence exceptionnelle des affections organiques de l'appareil circulatoire chez les aliénés, décrit dans la manie aiguë de l'hypotension par relâchement des parois artérielles, dans la mélancolie aiguë et surtout dans la forme stuporeuse de l'hypertension par suite d’une vaso-constriction intense et malgré la faiblesse des systoles cardiaques.

Craig | 1898 | (23) confirme les résultats de Greenless : pression basse dans la manie, pression haute dans la stupeur mélancolique, pression variable dans la mélancolie anxieuse, variations logiques de la pression dans la folie circulaire.

Alexander [1902] (1) remarque qu'il existe plutôt une légère hypertension dans la manie aiguë, la pression est normale dans la mélancolie simple, élevée dans la stupeur mélancolique et la mélancolie anxieuse.

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1906] (15) emploie le sphygmomanomètre de Hill et Barnard : la tension artérielle qui varie normalement de 10 à 12 em. Hg. monte de 16 à 17 dans les états de dépression, descend au-dessous de 40 dans les états d’excitation.

Turner | 1909 | (109) emploie la méthode de Riva-Rocci; ses conclusions sont opposées à celles de Craig : pour des sujets

sensiblement du même âge la pression est plus basse dans la dépression mélancolique que dans la manie, plus élevée dans la mélancolie anxieuse que dans la manie; le facteur principal

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d'hypertension est l'âge; si Craig a trouvé une pression plus élevée dans les états mélancoliques, c'est parce que ces états sont plus fréquents chez les sujets âgés.

Enfin Clarke méthode de Riva-Rocci ne lui a donné aucun résultat satisfaisant.

1910! (19) exprime un scepticisme absolu : la

Dans la manie et la mélancolie il n’y a aucune modification caractéristique de la pression maxima. A la convalescence, les modifications coïncident avec une amélioration de l'élat physique. L'agilation motrice, tout comme le travail musculaire des sujels normaux, élève la pression sanguine; la fatigue produit l'hypotension. L'agitation chronique automatique ne modifie pas la tension sanguine: chez les déments séniles, la pression est à la limite supérieure de ses variations physiologiques comme chez les vieillards bien portants. En résumé, les variations de la tension artérielle que l’on observe s'expliquent bien mieux par les différences d'âge et par les variations de l'activité musculaire des malades que par les modifications de leur état mental.

En Italie, Luggiato et Ohannessian [1906! (61) étudient la pression sanguine chez les déments: précoces : au début de la dissociation mentale et surtout dans les formes catatoniques (alitement prolongé, dénutrition, immobilité) la pression est de beaucoup inférieure à la normale (11 cm. Hg. 5 au lieu de 12 cm. Hg. 5); cette hypotension est due à une hypotonie du myocarde et à un développement insuffisant du système cardiovasculaire; ces faits expliquent la torpeur et les troubles de la circulation périphérique. On observe souvent une discordance entre la pression sanguine et le chiffre du pouls.

Contrairement à ces auteurs, Muggia [1907 (71) prétend que dans la démence précoce la tension artérielle est toujours égale ou supérieure à la normale.

Perazzolo [1909] (79) décrit une pression normale ou basse dans l'agitation de la psychose périodique, une pression élevée

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dans les états mélancoliques, une hypotension habituelle dans la démence précoce. |

Pour Graziani | 1909! (48) la Lensioni des dissociés ne s’écarte généralement pas de la normale.

Falciola | 1911, 1912] (41, 42) remarque que chez les sujets normaux la pression varie beaucoup et que ce qui est intéressant chez les malades, c’est de comparer les mensurations faites chez les mêmes sujets, au cours d’états mentaux successifs : dans la phase dépressive de la psychose à double forme, la tension est généralement abaissée ; seule l'angoisse est capable de l'élever fortement. Dans les états d’excitation, la pression s'élève au début, elle s'abaisse au moment où apparaissent les symptômes de la fatigue. Dans les états mixtes, la pression est très variable et s'adapté bien au polymorphisme du tableau clinique.

Valabrega [1912](110) a remarqué une augmentation particulièrement marquée de la tension au cours des états d’excilation psycho-motrice et de l'anxiété des préséniles et des séniles.

Pour Sagrini[1913 (93) l'âge avancé détermine l'hypertension : mais, dans les états d’excitation et d'émotion, la tension s'élève rapidement; dans la mélancolie passive il y a une tendance aux pressions basses, indépendamment du mauvais état de l’organisme; il n’est pas possible d'allirmer qu'une pression donnée soit en rapport avec telle ou telle forme mentale.

Enfin Cazzamali [1913] (17) prétend que dans la démence précoce la pression artérielle est non seulement basse, mais encore très souvent asymétrique, c'est-à-dire inégale au bras droil et au bras gauche, le chiflre du pouls est supérieur à la normale; au sphygmogramme, la pulsation a la forme d’un plateau au lieu d’une pointe; dans l’ensemble, surtout dans la forme catatonique, il existe une moindre énergie du muscle cardiaque jointe à un état hypertonique des vaisseaux périphériques. '

* * Les travaux allemands ne sont pas moins nombreux : En 1887, Ziehen (118) prétend que le pouls est généralement

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