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est soumis dans les artères » et « de se rendre compte de l'énergie développée par le cœur et de la force avec laquelle le sang aborde les réseaux capillaires » (83): dès lors, les recherches cliniques sur la circulation sanguine dans les états mentaux qui nous intéressent se complètent par des recherches instrumentales :
Willam James et Lange (57) avaient insisté sur la vasoconstriction constante dans les états de tristesse morbide et le relâchement des artérioles caractéristique de la joie et des états similaires. Dumas (34-35) reprend ces études et de l'examen d'un grand nombre d’aliénés déduit qu'il peut y avoir de la vaso-constriction dans la joie comme dans la tristesse morbides, que la pression sanguine peut être forte ou faible dans chacun de ces deux élats, que l'accélération du cœur qui existe dans la joie manque dans la tristesse; dans la tristesse passive la vasoconstriction périphérique s'accompagne de diminution de l'énergie cardiaque, c'est une /ristesse à hypotension; dans la tristesse active, la vaso-constriction coïncide avec une persistance de l'énergie cardiaque et une accélération du pouls, c'est une tristesse à hypertension. Dans la joie active le pouls est accéléré et l'impulsion cardiaque plus énergique, et, suivant que cette hyperaclivité du cœur s'accompagne ou non de vaso-dilatation périphérique, la tensiou artérielle s'élève ou s’abaisse.
Le travail de Binet et Vaschide [1897] (12) concerne l'état physiologique : un travail intellectuel intense et prolongé entraine la vaso-constriction avec accélération du cœur, aboutissant à une élévation de la pression du sang dans les capillaires, de 2 em Hg environ (sphygmomanomètre de Mosso), une émolion spontanée très forte ou un travail musculaire intense élève la pression de 3 cm Hg; tous ces facteurs agissent comme excitants du système nerveux.
Toulouse et Vaschide (104) concluent que, dans les élats d’agitation ou de dépression, la pression radiale (appareil de Potain) et la pression capillaire (sphygmomanomètre de Mosso) varient parallèlement, l'agitation s'accompagne d'hypertension, la dépression d'hypotension. Cela se vérifie surtout si lon com-
pare des états différents chez un même malade.
HG
Roubinowitch et Phulpin [1904] (92) signalent que l'hypotension est habituelle dans la démence précoce et qu'elle est attribuable à la déchéance organique qui accompagne cette maladie.
J. Lepine (59) et son élève Mercier (66) décrivent une pression sanguine très instable dans la manie: dans la mélancolie, la pression est basse ou normale selon que le rein est sain ou légèrement imperméable; dans la démence précoce on observe habituellement de l'hypotension à moins que le rein ne soit malade. Dans les états de stupeur par mélancolie ou démence précoce la tension artérielle est abaissée au même degré à condition que le rein soit normal.
Toutes les observations que nous venons de signaler portaient sur la pression systolique. De 1911 à 1913, Pachon (73-74) introduit en France la notion de « pression minima, étalon sphygmomanométrique », qui doit logiquement servir de première base pour la classification des élats d'hyper et d'hypotension. |
Pendant les mêmes années, Martinet (64-65) se préoccupe de l'étude du rapport entre l'énergie cardiaque qu'il représente par la tension différentielle (Mx — Mn) et les résistances qu'il représente par le chiffre exprimant la viscosité du sang : ce rapport est abaissé chez certains malades dont l’activité du cœur est trop faible pour des résistances {trop grandes: chez eux la circulation artérielle est ralentie, le pouls petit, on observe de la slase veineuse, de la cyanose, du refroidissement des extrémités, de l'oligurie. Ces signes constituent le syndrome hyposphyrique que l'auteur à décrit dans des cas d'insuffisance périglandulaire dont des cas de démence précoce.
De 1917 à 1919, Delaunay attire l'attention sur l'intérêt de la courbe oscillométrique (24-25), indique le parti que l’on peut tirer du graphique oscillométrique poignet-bras pour la déterminalion de l'état de la tonicité artérielle (27) et montre comment la zone auscullatoire des oscillations croissantes peut être intéressante pour la comparaison du travail d'évacuation ventriculaire et de la vitesse du sang chez les divers malades (26-28),
Les observations de ces dernières années ne sont pas uniquement instrumentales, des faits cliniques nouveaux sont à signaler :
En 1901, Seglas (94) étudie parmi les troubles vaso-moteurs de la dissociation mentale le ermographisme, phénomène fréquent chez les aliénés, habituel chez les déments précoces, les idiots, les épileptiques; dans la forme catatonique de la démence précoce le dermographisme est Constant, accentué, généralisé, persistant, invariable selon les.phases de la maladie.
Dans leur travail sur les «troubles physiques chez les déments précoces » (1902) Sérieux et Masselon (97) mettent en relief parmi les troubles circulatoires observés dès 1899 par Kraepelin : la cyanose, les œdèmes, lhyperhydrose, la sialorrhée, etc...
Dide (32, 33) précise les caractères du pseudo-ædème catatonique qui serait dû à des phénomènes d'hypothyroïdisation déterminés par des troubles primitifs de la circulation encéphalique. Une pathogénie analogue s’appliquerait à la maladie de Dercum coexistant avec la démence précoce (Dide (31), R. de Fursac et M'° Pascal (87). Trepsat (105, 106, 107, 108) complète cette étude et remarque que le pseudo-ædème peut se compliquer de purpura, de troubles trophiques, de pemphigus : chez les déments précoces on observerait fréquemment une véritable diathèse vaso-motrice avec hypotension artérielle habituelle.
En 1907, Antheaume et Mignot (4) décrivent, parmi les troubles vaso-moteurs el sécréloires de la démence précoce, une hyperhydrose habituelle palmaire, survenant en dehors de tout état émotionnel, plus fréquente chez les catatoniques immobiles, Chez ces malades, «la poignée de main donne une sensation désagréable de froid et de mouillé », on peut également observer chez eux de véritables crises sudorales, très abondantes, paroxystiques et généralisées.
AU Re
La même année, Charpentier (18) reprend l'étude du pouls dans la mélancolie : dans les formes anxieuses le pouls s'accélère à 100 et 120, dans les formes déprimées et stuporeuses il peut se ralentir à 40 et même 25. Lorsque la lypémanie coexiste avec la maladie de Stokes-Adams, le chiffre du pouls peut s'abaisser à 18 et 17; dans certains cas le pouls lent permanent serait un facteur étiologique important de la mélancolie.
A signaler le cas curieux rapporté, en 1913, par Alix et Dunan (2) d’un malade atteint de folie à double forme, chez lequel les troubles circulatoires étaient tellement accusés qu'ils déterminaient deux ou trois jours avant les crises d’excitation des hémoptysies que n’expliquait aucune lésion pulmonaire.
R. de Fursac [1917] (88) décrit chez les dissociés des crises vaso-motrices fréquentes et remarquablement nettes, caractérisées par de la rougeur de la face et du larmoiement qui annoncent souvent des accès d'agitation ou d’impulsion.
Enfin Devaux et Logre (30) viennent d'insister encore sur les
troubles vaso-moteurs des paroxysmes anxieux, ils ont exprimé
toute leur pensée en créant le terme d'«anxiété bulbaire ».
Parmi les publications françaises toutes récentes les travaux suivants se rapportent à notre sujet :
En 1919, Guy-Laroche et Richard (47) étudient la microsphygmie chez les idiots : de 1898 à 1913, Variot (114, 119, 113) avait défini la microsphygmie; le syndrome de Variot comprenail la petitesse permanente du pouls coïncidant avec un cœur normal, le refroidissement et la cyanose des extrémités, l'insuflisance mentale et, accessoirement, l'ichtyose de la peau. A ces
symplômes cliniques Guy-Laroche et Richard ajoutent des.
signes spéciaux tirés de l'examen oscillométrique : la courbe du poignet est écrasée et ne présente pas les accidents d’une courbe normale, l'indice oscillométrique du poignet ne dépasse pas un degré du cadran de l'appareil de Pachon, la courbe du bras est normale, Les auteurs croient que chez ces malades la vaso-