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rapide dans la psychose maniaque-dépressive, fortement ralenti dans la stupeur ‘atatonique.
Cramer [1892 | (22) remarque qu'une hypertension souvent considérable, due à la vaso-constriction, accompagne l'angoisse mélancolique : « C'est un symptôme objectif et mesurable. »
Dès 1899, Kraepelin (54) étudie quelques troubles de la circulation sanguine chez les déments précoces : troubles vasomoteurs, Cyanose, « coloralion généralement bleu foncé de la peau, avec des districts artériels rouge vif, nettement délimités sous forme de taches », œdèmes, dermographisme. Dans la manie, on trouve une excitabilité élevée du cœur, un sphygmogramme avec pulsations à sommet élevé et aigu. Dans la mélancolie, on observe des pulsations de forme basse, à sommet peu élevé.
Recklinghausen (84) décrit de l’hypotension dans la manie, une forte élévalion de la pression sanguine dans les états dépressifs et dans l'angoisse.
Kornfeld [1899! (53) signale une élévation particulièrement accusée de la tension artérielle dans les «cas séniles » de manie et de mélancolie. »
En Autriche, Pilez [1900] (81), qui emploie également le tonomètre de Gaertner, trouve une pression constamment basse dans la manie, exagérée dans la mélancolie, sauf dans les phases de dépression; chez les hébéphréniques la pression serait normale où diminuée.
Federn [19011 (43) confirme les résultats de Pilez et remarque que les paroxysmes anxieux s'accompagnent d'élévalion de la pression.
Rosse [1902] (90) prétend que la tension est basse dans la manie, haute dans la mélancolie et que l'hypertension estparticulièrement nette et persistante dans les états anxieux.
Haskovec [1903] (50) est de l'avis de Rosse el remarque l'abaissement de la pression dans la période d'épuisement consécutive aux paroxysmes de la manie.
Pour Alter-Leubus [1904] (3), on observe de l'hypotension dans les états maniaques ; dans les états de dépression la tension
Manesse 3
eee est à la limite supérieure de ses variations physiologiques, parfois au-dessus de cette limite. L
Enfin un important travail de Weber [1910] (117) peut se résumer ainsi: les maniaques dépressifs présentent une augmentation du nombre des pulsations, une élévation de la tension diastolique et à un haut degré de la tension systolique; les déments précoces présentent une diminution du chiffre du pouls, un abaissement des pressions minima et maxima, sauf dans un très petit nombre de cas. Ces différences entre la psychose maniaque-dépressive et la démence précoce sont très nettes ; entre la manie et la mélancolie on observe des différences bien moins marquées. Pour l'auteur allemand, il ÿ a là une preuve de la parenté entre les deux formes de la psychose périodique, ces | considérations comporteraient des applications très importantes pour le diagnostic.
Cependant la même année, Morgenthaler (69), qui emploie la méthode de Riva-Rocci, émet cette opinion que l'étude de la tension artérielle dans les différentes formes de psychose ne donne pas de résultats constants.
Pour nous résumer, nous dirons que les observations cliniques et instrumentales sur la circulation sanguine dans les états d'excitation, de dépression et de stupeur sont très nombreuses : iln'y à pas en général de contradiction entre les faits cliniques qui restent bien établis; au contraire, on note des discordances nombreuses entre les résultats de l'observation instrumentale.
S'il nous est permis d'apprécier les quatre Ecoles qui ont étudié cette question, nous dirons que les Ecoles française et ilalienne s’en tiennent en général à l'observation et à l'analyse; que l'Ecole anglaise a abouti trop vite peut-être à un scepticisme presque absolu ; que l'Ecole allemande qui recherche surtout, dans l'étude de la circulation des aliénés, un procédé de diagnostic el aussi un moyen de contribuer à l'édification des théories de la psychose maniaque dépressive et de la démence précoce, ne nous semble pas, malgré des observations intéressantes, avoir assez tenu compte des faits.