‹ Recherches Sur La Circulation Sanguine Dans Quelques États PsychopathiquesChapitre 6 sur 24 · PANT · texte numérisé non relu

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déprimées et les stuporeuses, il est naturellement impossible de différencier ce qui, dans les modilications cireulatoires, revient à l’état mental, de ce qui revient à l'éfat d'inertie physique et d'immobilité.

Indépendamment des réactions circulatoires dues à l’émolion qui sont essentiellement lemporaires, nous avons remarqué, après Turner (109), qu'il existe dans les premières semaines de l'internement un abaissement très net (de 1 em Hg environ) de la pression maxima. Cet abaissement de Mx pendant les premiers jours du traitement à l'asile s'explique par le repos et l'alitement thérapeutique. Gelte constatation nous a conduit à rejeler les courbes prises avant le huilième ou le dixième jour de l'internement et à ne pratiquer nos examens que sur des malades alitées.

Potain avait constaté un maximum de la pression systolique à la fin de l'inspiration normale, un minimum à la fin de l’expiration. L'ënspiration et l'expiration forcées agissaient dans le mème sens, avec des variations plus importantes de la tension artérielle. Nous avons observé que chez certaines malades, au cours de la décompression, le premier bruit auscullatoire ne se produit d'abord qu'au moment des inspirations: ce n’est qu’à une contre-pression plus faible qu'il se renforce et s'établit aux deux temps de la respiration. Chez ces mêmes sujets nous avons remarqué par ailleurs que l'amplitude des oscillations est augmentée à l'inspiration, diminuée à l'expiration. Ces variations peuvent se produire aussi bien chez les malades qui respirent normalement que chez celles qui présentent une respiration du type mélancolique, c'est-à-dire une respiration généralement superficielle avec quelques inspirations profondes el suspireuses. Billard et Paillard (9) ont décrit des indices d'inspiration et d'expiration forcées, dont l'étude serait un procédé d'appréciation de la résistance cardiaque et de la souplesse artérielle. Cette hypothèse nous a conduit à considérer les malades qui présentent à l'examen les particularités que nous venons de décrire comme des sujets dont le cœur n'est pas normal el dont la courbe O.-A., difficile à construire, ge peut servir à l'étude que nous nous proposons.

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Delaunay signale que la valeur dynamique des systoles augmente pendant les périodes digestives, principalement chez les scléreux et les brightiques; pour cette raison, nous avons examiné nos malades en dehors de ces périodes et autant que possible avant le repas du matin.

La menstrualion est susceptible de modifier la tension artérielle; Von Ott (72) a décrit au moment des règles un abaissement de la pression sanguine; Huchard a signalé un peu d'hypertension pendant la période précataméniale. Il est donc nécessaire d'examiner les malades en dehors des périodes menstruelles. C'est également en dehors de la ménopause qu'il faut pratiquer les examens ; d'après Pawinski (78) la pression serait très instable au moment de la supression des règles.

L'état général et le poids des malades ne sont pas sans influencer la circulation du sang; nous avons signalé dans nos observations les sujets dont l’état général était franchement mauvais et chez lesquels l'amaigrissement était important; mais s’il faut tenir compte de ces modilications organiques, il faut bien dire qu’elles font partie de la maladie au même titre que les symptômes mentaux et qu’elles ne doivent pas nous conduire à éliminer de nos examens les malades dont l’état somatique est précaire.

Signalons encore que les condilions anatomiques et fonctionnelles de l'appareil circulatoire ne sont pas les mêmes pour le membre supérieur droit et pour le membre supérieur gauche et que, si l’on veut rendre les résultats comparables, on doit toujours examiner le même membre supérieur, le droit par exemple.

L'altitude, la pression atmosphérique, l'état hygrométrique de l'air semblent pouvoir influencer la circulation du sang; il nous a semblé impossible de tenir compte de ces, gonditions dans un travail clinique.

L'influence de la Zempérature ambiante est évidente, les varialions de l'indice oscillométrique sont particulièrement neltes : « Le froid produira une diminution très marquée de l'indice... inversemen les effets vaso-dilatateurs du chaud

seront traduits et mesurés par l'augmentation de l'indice » (Pachon). Nous avons tenu compte de ce facteur important de modilication de la circulation sanguine dans la mesure du possible : nous avons fail la plupart des examens que nous présentons pendant la période automne-hiver 1919-1920, nous avons évité d'examiner les malades les jours de grand froid et afin d'écarter l'influence vaso-dilatatrice de la chaleur du lit, nous avons maintenu le membre supérieur examiné hors des couvertures, dix minutes avant l'examen.

Bien que la circulation sanguine soit susceptible de varier notablement à l’état physiologique, les changements du régime circulatoire qui résultent de l'état pathologique sont beaucoup plus importants.

Lés maladies fébriles, qui s'accompagnent généralement de tachycardie gt de vaso-dilatation, sont une contre-indication à l'étude des rapports de la circulation et de l'état mental.

Nous avons supprimé de nos examens les malades atteintes de cardiopathies avec lésions orificielles confirmées, les cardiaques en élat d'hyposystolie où d’asystolie. Mais nous verrons que l'hyposystolie est fréquente dans certains états de dépression et de stupeur dont elle nous semble constituer un symptôme.

Chez certaines malades, nous avons noté une inégalilé du pouls, indépendante de la respiration. Sans qu'il soit nécessaire d'insister, il est bien évident que dans ces cas l'appareil de Pachon enregistrera des oscillations manilestement inégales et que le graphique O.-A. ne pourra pas être construit.

L'anémie et la chlorose, qui font souvent partie du cortège symptomatique des états dépressils, sont une cause certaine d'hypotension.

Chez les préluberculeuses la tension est généralement basse et le cœur accéléré (Marfan et Papillon (77) : nous avons rejeté les examens pratiqués sur les malades dont les sommets étaient douteux à l'auscultation.

Dans la convalescence des maladies graves on observe également de l’hypotension avec tachycardie.

Enfin les néphrites aiquës, le mal de Bright, V'artério-sclérose

confirmée sont des causes très importantes et bien connues d'hypertension.

Pour nous résumer, nous présentons dans un tableau les

principales raisons qui peuvent faire varier la zone auscultatoire des oscillations croissantes (S).

TagLeau II. — Variations de S (d’après Decaunay)

4° S < 6. — Surface réduite :

Premier degré : 4 € S <° 6 (Groupe intermédiaire entre l’état physiologique et l’état pathologique) :

Convalescence de maladies graves, Hyposystolie des cardiaques, Prétuberculose, Débilité constitutionnelle de l'appareil circulatoire. Deuxième degré : 2 < S < 4 :

Anémie aiguë, j Etats infectieux péritonéaux, Asystolie des cardiaques.

Troisième degré : S < 2 :

Shock, Anémie hémorragique.

2° S > 10. — Surface exagérée :

Premier degré : 10 °S <° 30 (Groupe intermédiaire entre l’état physiologique et l’état pathologique) :

Artério-sclérose des sujets âgés.

Deuxième degré : S > 30 :

Artério-selérose confirmée, Insuflisance aortique, Néphrites aiguës, Mal de Bright.

Telles sont les principales causes physiologiques et pathologiques des modifications de la circulation du sang, qu'il fallait indiquer avant d'aborder l’étude des types circulatoires chez les malades excilées, déprimées ou stuporeuses.

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Certains de ces facteurs de troubles circulatoires ont une telle importance qu'ils nous ont conduit à éliminer de nos observations un certain nombre d'examens de malades; d’autres constituent un symptôme de la maladie dont il faut tenir compte si l'on veut différencier, dans les changements de la circulation du sang, ce qui revient à l’état mental de ce qui revient aux états somatiques.

Nous nous sommes posé la question de savoir si nous avons été complet et s'il n'existe pas en dehors des conditions que nous venons d'indiquer d’autres causes susceptibles d’influencer le régime du courant sanguin. Nous croyons qu'il est scientifique de rester dans le doute; aussi, chaque fois que cela nous a été possible, nous avons étudié, comme le recommande le Professeur Pachon, les modifications cireulatoires chez la même malade, au cours de l'évolution de sa maladie; les recherches entreprises dans ce sens nous ont paru particulièrement signilicatives.

Nous signalons enfin que notre but a été seulement de présenter quelques types de l'état fonctionnel de l'appareil cireulatoire dans les états d’excitation, de dépression et de stupeur. Pour cette raison nous avons choisi des malades dont l'affection mentale se présentail avec un caractère de netleté suffisante et dont la circulation était réellement modifiée.

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