APERÇU HISTORIQUE
Les troubles de la circulation du sang chez les aliénés ont été notés par les premiers observateurs ; nous signalons, à titre de curiosité, que 80 ans après J.-C. Arétée de Cappadoce avait décril la petitesse du pouls dans la mélancolie (‘). Peu de temps après la découverte de la circulation sanguine (Servet 1553, Harvey 1628 et Malpighi 1661), Boerhave et Van Swieten font une place importante aux perturbations du cours du sang parmi les caractères physiques de la mélancolie avec dépression : € Pulsus lentior, frigus majus: respiralio lenta ; circulatio per sanguinea vasa bona, per lateralia minus bona ; hine humorum secretiorum et excretiorum minor, tardior, cratior exitus : minor consumplio, parcior appetitus » (*). Vers la même époque Malebranche (63) établit le rôle des nerfs vaso-moteurs, signale un antagonisme entre la circulation cérébrale et la circulation générale el expose la théorie pathogénique des émotions qui sera reprise plus tard par Lange : «J'appelle passion, dit-il, toutes les émotions que l'âme ressent naturellement à l’occasion des mouvements extraordinaires des esprits animaux et du sang ».
Nous n'avons pas poussé plus loin nos recherches concernant celle époque et nous en arrivons immédiatement aux psychiatres classiques français :
Esquirol (39) en 1838 signale que dans la lypémanie «le pouls est extraordinairement lent, faible, concentré », que dans la
() Réler. RéGis, Précis de Psychiatrie, 5° éd. 1944, p. 8. () Réfer, Récis, Précis de Psychiatrie, 5° éd. 1914, p. 45.