‹ Recherches Sur La Circulation Sanguine Dans Quelques États PsychopathiquesChapitre 8 sur 24 · RAC: PEN · texte numérisé non relu

RAC: PEN

manie «tantôt la face est pâle, les traits sont crispés... tantôt dans les paroxysmes de la fureur fous les traits s’animent, le cou se gonfle, la face se colore, les yeux étincellent...»

En 1852 Guislain (46) écrit : « Dès que l’aliénation se déclare, les veines des tempes et du cou deviennent saillantes, le pourtour des yeux prend une teinte livide, les lèvres perdent leur fraicheur et se colorent en rouge briqueté... mème il est arrivé qu'on à vu la peau naturellement blanche, devenir, dans la haute période de l’exaltation, presque noire ».

À la même époque, Morel (68) étudie très complètement la circulation des aliénés au point de vue clinique. «Si la face colorée et vultueuse de quelques maniaques indique un surcroît de l’activité dans la circulation, au contraire la pâleur de la peau chez les lypémaniaques, le peu de chaleur qu'elle développe, leurs lèvres cyanosées, les extrémités inférieures et supérieures qui sont violacées et quelquefois œdémaliées, la coloration rougeâtre du nez indiquent des troubles de la circulation générale et périphérique. La pâleur des mélancoliques, la teinte jaunâtre de leur peau, l'état de crispation de leurs traits, les rides qui sillonnent leur visage leur donnent un air plus âgé. L'expansion qui règne sur la figure de quelques maniaques, l'épanouissement de leurs traits, le feu qui brille dans leurs yeux, l’activité de la circulation malgré ses irrégularités, leur donne quelque chose d'inspiré, on les croirait plus jeunes qu'ils ne sont... Explorez le pouls de ce mélancolique, vous le trouverez accéléré... cette accélération dans l'action du cœur n'est cependant pas un phénomène général; assez souvent le pouls est d’une lenteur excessive... je pense avoir observé que le pouls est particulièrement fréquent aussi longtemps que le malade souffre, qu'il est triste et que le pouls devient lent lorsque la maladie enraie les facultés de l'entendement... Explorez le pouls chez quelques maniaques, vous le trouverez d'une accélération remarquable... parfois il est lent comme dans quelques cas d'exlase el de mélancolie; mais alors il présente un rythme particulier : chaque pulsation, lors même que la contraction cardiaque rappelle l'état physiologique, offre

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une certaine vivacité, convulsive en quelque sorte... le pouls est parlois lent lorsque l’activité cérébrale diminue... chez quelques malades, dans la période de maladie, le pouls dans les exacerbalions atteignait une fréquence de 100, 120, 130 pulsations. Dans d’autres exacerbations chez les mêmes malades le pouls n'était pas plus fréquent que dans la rémission ou dans la convalescence ; quelquelois même le nombre des pulsations élait inférieur à celui de l'état normal... Chez beaucoup de. malades le pouls est soumis à des variations extraordinaires : dans l’espace de quelques secondes ou de quelques minutes, comme l'a déjà fait remarquer le docteur Jacobi, le pouls augmente ou diminue sans que l’on puisse expliquer ces changements par l'agitation musculaire où par une impression extérieure quelconque... de ce que le cœur des aliénés bat souvent avec violence, on ne doit pas se hâter de conclure à un état d'hypertrophie du cœur, l'organe central de la circulation pouvant être sous l'influence d'un éréthisme très grand (Jacobi)… Dans l’aliénation mentale confirmée, dans la démence surtout, le pouls est ordinaire, les exacerbations passagères de la maladie le font peu varier... De ce que chez les aliénés il existe parfois des différences entre le degré d'intensité des pulsations dans les artères carotidiennes et radiales, il ne s'ensuit pas, comme l'ont prétendu certains médecins, que ces différences portent sur la fréquence des pulsations.… »

IL,y avait peu à ajouter, croyons-nous, à cette étude clinique de Morel; cependant en 1880 Ball (5) précise les troubles circulatoires de la lypémanie et décrit «la main mélancolique » : «Ce sont les troubles de la circulation qui semblent dominer l'état physique de ces malades. Tous les mélancoliques présentent un refroidissement des extrémités et une tendance à la cyanose. Les mains sont froides, bleuâtres, livides. Il en est de même de la figure, du nez, des oreilles... La contractilité vasculaire et le fonctionnement de l'hématose sont probablement toutes les deux compromises. »

Cependant, dès 1889, Potain {82) avait. décrit son sphygmomanomètre permettant « d'estimer la pression à laquelle le sang

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