US
les sels magnésiens restent en solution dans le sang oxalaté; et pourtant ce sang ne coagule pas.
L'oxalate d’ammonium ne précipite pas les sels de magnésium, et cependant le sang additionné d’oxalate d’ammonium ne coagule pas.
Les sels de strontium donnent au contraire un coagulum aussi abondant que les sels de calcium. Ce coagulum se présente avec les mêmes cäractères que la fibrine ordinaire et doit être considéré comme une fibrine dans laquelle le calcium estremplacé par du strontium.
Pourquoi les sels de magnésium et de baryum ne produisent-ils pas de coagulum ? Deux hypothèses sont possibles : ou la fibrine supposée produite par ces sels resterait en solution dans le plasma; — ou les fibrines magnésienne et barytique n’existeraient pas.
La première hypothèse n’est pas invraisemblable à priori ; elle l’est d’autant moins que les oxalates de baryum et de magnésium restent en solution dans le plasma ; les fibrines se comporteraient comme les oxalates correspondants.
L'expérience suivante montre qu'il faut se rattacher à la seconde hypothèse.
Je prépare les liqueurs suivantes :
a 10 ce. plasma oxalaté H 1 cc. BaCI* à 4 0/0.
0 10 Bosr n'E e +1 cc. MgCP à 1 9/0.
a/ 10 cc. plasma oxalaté.
b’ 10 cc, « «
Je mainliens ces mélanges à 4Co pendant un temps quelconque, ayant varié de 4/2 heure à 24 heures. Puis j'ajoute à & et à b 4 ce. GaCP à 1 0/0.
Quant à a’ et b’ j'ajoute successivement, mais sans laisser s’écouler de temps entre les 2 additions successives : à 4’ 1 ec. BaCË® à 1 0/0 puis cc. CaC1 à 4 0/0 ; à d' 1 cc. MgCP à 1 0/0 puis 4 ce. GaCI? à 1 0/0,
LR te
J'ai fait une autre série semblable à celle-ci, en remplaçant Cac par SrCP.
La coagulation s'est montrée toujours en même temps dans les mélanges correspondants & et a’ — b et D’, aussi bien avec les sels de calcium qu'avec les sels de strontium,
Si l’on admet l'existence d’une fibrine barytique soluble dans le sérum, on comprend que l’addition d’un sel de calcium y détermine par substitution du calcium au baryum la production de fibrine calcique. Mais on sait que ces substitutions chimiques se font en général très vite ; età coup sûr on ne constaterait certainement pas une durée égale pour la formation du coagulum dans les 8 cas cidessus indiqués? à 2, et cela quelle qu'ait été la durée primitive de l’action du selde baryum ou de magnésium seul, quelle qu’ait été la température du mélange, quelle qu'ait été la dilution, ete.
On peut encore démontrer la non existence de fibrines barytique et magnésienne en préparant dans ces mélanges de sang oxalaté et de sels de baryum ou de magnésium du fibrinogène typique, ayant toutes les propriétés du fibrinogène retiré du plasma magnésien, ou du plasma pur.
Cette dernière remarque permet encore de constater que les sels de baryum et de magnésium sont incapables de permettre une transformation chimique quelconque du fibrinogène par le fibrinferment.
Le fibrinogène n’est transformé par le fibrinferment qu'en présence des sels de calcium ou de strontium, parce que probablement le dédoublement de sa molécule
ne saurait se faire qu'à condition qu'il y ait dans la liqueur un atome métallique capable de donner unefibrine. Les exemples abondent, en chimie minérale ou organique, de dédoublements ne s’accomplissant qu’à condition que l’un au moins des deux termes du dédoublement puisse se saturer pour compléter sa molécule.
On doit conclure de là que la molécule de fibrinogène est dédoublée en deux résidus dont l’un au moins ne saurait exister seul, mais peut exister combiné au calcium lequel entrerait dans la constitution de la molécule pour la saturer.
Lorsqu'au plasma oxalaté puis magnésié on ajoute des sels de calcium ou de strontium en proportions modérées, on ne détermine pas de précipité d’oxalates de calcium ou de strontium ; on est ainsi dans les meilleures conditions pour la coagulation, puisqu'on n’entraîne pas de fibrinferment mécaniquement avec l'oxalate de caletum ou de strontium.