CONDITIONS FAVORISANT OÙ RETARDANT LA COAGULATION
Dans l'étude des causes qui favorisent ou retardent la coagulation du sang au sortir des vaisseaux. il convient de bien distinguer deux phénomènes : /amise en liberté ou la formation du fibrinferment ; et l’action chimique produite par ce fibrinferment.
En étudiant le plasma débarrassé des éléments cellulaires par le repos, on peut déterminer les causes qui agissent sur la transformation chimique seule, le plasma renfermant du fibrinferment, mais n’en formant pas lui-
même.
40 Coagulation du plasma.
Jusqu'ici on n'a pu étudier les propriétés du plasma qu'en opérant à basse température ; ou en le salant très fortement, c’est-à-dire en le modifiant totalement dans sa constitution et dans ses propriétés.
Le plasma oxalaté au contraire peut être manié avecla plus grande facilité ; il ne diffère pas notablement du plasma pur. Il permet donc d’étudier toutes les causes
ee
qui agissent sur la rapidité de la coagulation du plasma normal.
Parmi ces causes je me bornerai à en étudier un petit nombre que je chuisirai de façon à montrer que telle cause peut favoriser la coagulation du sang et retarder celle du plasma ou inversement.
Je ne me propose pas de faire connaître tous les petits faits relatifs à la coagulation du sarg, lesquels ne pourraient avoir aucune importance au point de vue de la connaissance des lois générales de cette coagulation. Voilà pourquoi J'ai à dessein fortement limité cette étude d’une façon générale et plus particulièrement l'étude des conditions de la coagulation.
a. Action de la température.
Le plasma oxalaté additionné d’une quantité convenable de sel de calcium coagule lentement aux températures basses voisines de 0° ; la coagulation devient plus rapide lorsqu'on approche de 40° ou 50.
Si on maintientle plasma oxalaté pendant 1/4 d'heure à 55° on peut le faire coaguler très rapidement par addition de sel de calcium ; mais s’il a été maintenu 1/4 d'heure à 58° ilne peut plus coaguler par le sel de caleium. Frédéricq a démontré que le fibrinogène était coagulé par une température de 56°-58° ; c’est la coagulation du fibrinogène dans le plasma oxalaté porté à 58° qui empêche la coagulation de ce plasma. Ge plasma oxa-
2/50 2 laté porté à 58° renferme encore du fibrinferment actif
capable de faire coaguler un transsudat.
b. Action de la dilution.
Si on ajoute à du plasma oxalaté des quantités d’eau croissantes, on constate, que la coagulation y est déterminée, toutes autres choses égales d’ailleurs, d'autant plus lentement que la liqueur est plus étendue.
c. Action du gaz carbonique.
On peut comparer la coagulabilité de deux parties d’un même plasma oxalaté, dont l’une aété agitée à l'air, l’autre dans une atmosphère de gaz carbonique. La coagulation se montre presque simultanément dans les deux plasmas ; mais cependant il ÿ a toujours üne petite différence ; c'est le plasma chargé de gaz carbonique quicoagule le plus vite, quelle que soit la température, la richesse en sels, etc.
d. Action des sels neutres.
: Le chlorure de sodium employé à doses moyennes favorise la coagulation du plasma.
À 20 ce, de plasma oxalaté]j'ajoute des quantités croissantes d’une solution de chlorure de sodium à 4 0/0, à
an ÊÙ —
savoir 2 cc., 4cc..., 14 ce. et je ramène au même volume par addition d’eau. Ces mélanges renfermentde 0,0040/0 à 0,016 0/0 de chlorure de sodium. La coagulation s’est montrée tout d'abord dans la plasmo le plus salé, et en dernier lieu dans le plasma le moins salé.
On peut dire, il est vrai, que le chlorure dé sodium agit en dissolvant de l’oxalate de calcium, et qu’en réalité le plasma le plus salé renferme plus de sels calciques en solution — mais on peut rendre cette différence dans la teneur en sels calciques négligeable, en ajoutant un excès de chlorure de calcium ; et dans ces conditions on a le même résultat.
Mêmes conclusions si l’on emploie le sulfate de soude, le chlorure de polassium en petite quantité.
Mais lorsque la quantité des sels neutres atteint une certaine valeur, la transformation chimique ne se fait plus ; c’est là la raison pour laquelle on peut conserver incoagulées des liqueurs sanguines fortement salées par le sulfate de soude ou le chlorure de sodium.
Les sels alcalino-terreux ont une action adjuvante énergique quand ils sont employés à doses moyennes.
Si à du plasma oxalaté, on ajoute des quantités croissantes de chlorure de calcium la coagulation semontred’autant plus vite que la quantité de sel est plus grande pourvu que la dose employée ne dépasse pas une certaine limite. A partir d’une certaine limite au contraire la rapidité de la coagulation est d’autant moindre que la quantité desel employée est plus grande. Il ÿa pour les sels de calcium comme pour les sels de sodium une quantité optima.
M ee
Les sels de magnésium et de baryum qui ne peuvent donner lieu à la formation de fibrine favorisent à faibles doses la coagulation. Il y a pour ces sels aussi une quantité optima; et l’on sait que des quantités assez grandes de sulfate de magnésium peuvent empêcher complètement la coagulation.
e. Action des peptones, des albumoses.
En ajoutant au plasma oxalaté des quantités quelconques de peptone pure je n'ai jamais pu empêcher n1 même retarder la coagulation. Avec les peptones impures, j'ai toujours noté une accélération, probablement due aux sels contenus dans la peptone.
L’albumose du lactosérum ne retarde pas non plus la coagulation du plasma.
La saccharose dont J. Müller s’est servi pour préparer le plasma en ‘partant du sang de grenouille ne modifie nullement la rapidité de la coagulation.
20 Coagulation du sang.
Les conditions qui agissent sur la rapidité de la coagulation du sang à sa sortie des vaisseaux agissent soit en modifiant la teneur du liquide en fibrinferment, soit en activant ou retardant la transformation chimique.
ee
a. Action de la dilution.
En ajoutant une petite quantité d’eau au sang luimême, où au sang récemment oxalaté on rend sa coagulation plus rapide.
A 20 cc. de sang oxalaté à 0,1 0/0 j'ajoute respectivement.
a. 2 c. de chlorure de caleium à 4 0/0.
b. 10 c. eau, puis 2 c. chlorure de calcium à 1 0/0.
c. 20 c. eau, puis 2 c. chlorure de calcium à 1 0/0.
d. 30 c. eau, puis 2 c. chlorure de calcium à 1 0/0.
La coagulation se montre d’abord dans b, puis simultanément dans a et c; et enfin dans d.
Hasebrück(Ein Betrag zur Kenntniss der Blutgerinnung. Zeitsch. {. Biol. XVIIT) à vu que l’eau favorisait la coagulation pourvu qu'elle ne dépassàt pas les 4 0/0 du sang ; — au-delà elle retarde cette coagulation, et peut même l'empêcher tout à fait.
Si le sang étendu d’eau coagule plus vite, cela ne peut tenir qu’à une production plus rapide du ferment : de facon que le retard de transformation chimique du à la dilution est compensé et au-delà par l'accélération de cette transformation due au surplus de fibrinferment.
b. Action du gaz carbonique.
On sait que le sang veineux coagule moins vite que Île sang artériel ; — que du sang veineux agité à l'air coa-
mL
gule plus vite que du sang veineux conservé noir; — que le sang artériel coagule moins vite quand on y fait passer un courant de gaz carbonique que quand on ne le - modifie pas.
AI. Schmidt a montré que l’addition au chyle d’eau saturée de gaz carbonique retarde la coagulation, que l’addition d’eau saturée d'oxygène n'a pas d'action (Ueber den Faserstoff und die Ursachen seiner Gerinnung. Chemisches Centralblatt, 1861).
J'ai montré que le gaz carbonique ne retardait pas la transformation chimique du fibrinogène. Ce gaz agit sur le sang en modifiant la production du ferment, (peut-être aussi en réduisant l'oxyhémoglobine).
c. Action des sels neutres.
Les sels neutres employés à forte dose empêchent la coagulation du sang ; en petites proportions, 1ls l’accélèrent. Maisilest possible detrouverdes proportions decesdiverssels capables d'activer la coagulation du plasmaetderetarder la coagulation du sang en retardant la mise en liberté du fibrinferment.
Je ne cite aucun nombre, car ces nombres varient selon la nature du sel employé, la richesse du sang ensels, ete.
De cette courteétude de certaines conditions de la coagulation dusang, on peut tirer cette conclusion que les conditions les plus favorables à la coagulation du sang ne sont pas toujours les plus favorables à la transformation chimique du plasma séparé des globules.
066 ue
Une faible dilution accélère la coagulation du sang, et retarde la coagulation du plasma.
Une proportion convenable de chlorure de sodium retarde la coagulation du sang et favorise la coagulation du plasma.
30 Coagulabilité du sang circulant.
On peut dans une certaine mesure modifier la coagulabilité du sang dans les vaisseaux. On peut augmenter par exemple la proportion des éléments générateurs du fibrinferment. On peut d'autre part augmenter la teneur en sels du sang et modifier par là la rapidité de la mise en liberté du ferment, ou de son action chimique.
Une forte hémorrhagie en déterminant dans le sang une forteaspiration de lymphe, en augmentant la proportion des globules blancs, rend toujours le sang plus rapidement coagulable. Toutes les fois que par un processus quelconque la teneur du sang en globules blanes augmente, sa coagulation est accélérée.
L'injection intraveineuse d'oxalate de sodium retarde considérablement la coagulation du sang; — l'injection intraveineuse des sels alcalino-terreux l’accélère notablement.
L’absorption par voie intestinale ou gastrique de certains sels rend le sang plus rapidement coagulable. — En faisant boire à un chien une solution de phosphate de calcium dissous par le gaz carbonique J'ai pu observer