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Dans une série de recherches publiées dans les Archives de physiologie (avril 1890, juillet 1890), nous avons étudié M. Pagès et moi, l’action dulabferment sur le lait. Nous avons démontré que la caséine du lait se dédoublait sous linfluence du labferment en deux substances albuminoïdes dont l’une pouvait former avec les sels alcalino terreux des composés insolubles, les caséums. Nous avons fait cette démonstration en prouvant que le lait additionné d’une petite quantité d’oxalate ou de fluorure alcalin pouvait être transformé (devenir précipitable par la chaleur) mais non coagulé ; et qu'une fois cette transformation du lait oxalaté ou fluoré accomplie, 11 suffisait d'ajouter un petit excès d’un sel alcalino-terreux pour donner immédiatement naissance à du caséum insoluble dans le lait.
Le caillot sanguin présente mainte analogie avec le easéum du lait ; la coagulation du sang avec la caséification du lait.
Dans les deux cas, il y a une fermentation mettant un certain temps pour s’accomplir ; — dans les deux cas ilse forme un caillot total qui peu à peu se rétracte en expulsant un sérum clair ; — dans les deux cas la chaleur du corps active le phénomène, et une température basse le retarde ou l'empêche de se produire ; dans les deux cas
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enfin le produit caractéristique de la tranformation, caséum et fibrine renferme toujours du calcium.
Nous avons ainsi été conduits, M. Pagès et moi, à rechercher si les sels de calcium étaient nécessaires à la formation de la fibrine comme ils sont nécessaires à la formation du caséum. Nous avons oxalaté le sang au sortir des vaisseaux et nous avons obtenu un sang décalcifié qui n’a jamais coagulé, quelle qu'ait été la température (de 0° à 45°), — quelle qu'ait été la durée de l’observation (sang conservé 5 jours à 15°, sang conservé 20 jours à + 4°).
En ajoutant à ce sang décalcifié un petit excès d'un sel de calcium, nous avons obtenu une coagulation aussi rapide, aussi complète qu’avee le sang lui-même.
Nous avons dû en conclure que la coagulation du sang était un phénomène du même ordre que la caséification du lait. Nous avons établi les homologies qui existent entre le fibrinogène et la caséine ; entre le fibrinferment et le labferment ; entre la fibrine et le caséum.
Il convenait de développer ces faits fondamentaux, d’en tirer des conséquences, de montrer comment les observations des expérimentateurs qui nous ont précédés peuvent être expliquées, etnotamment comment on peut concilier grâce à cette notion de la nécessité de sels de calcium, les théories d’AI. Schmidt et de Olof Hammarsten.
C'est le but que je me suis proposé dans le présent travail. Tous les faits nouveaux relatifs à la coagulation du sang ayant quelque importance y seront rapportés ; les