‹ Recherches sur la constitution de la commune à Colmar: augmentée des listesChapitre 36 sur 64 · Archives de Colmar, AA. Ibidem · texte numérisé non relu

Archives de Colmar, AA. Ibidem

cipal de Rodolphe de Habsbourg, qui autorisait les bourgeois de Colmar à posséder des fiefs. Cette mesure atteignait surtout des vassaux autrichiens, et peut-être n'était-elle pas sans viser Pambitieux Rodolphe IV, que son alliance avec la fille de Charles IV et son titre de lieutenant de l'empereur n'empêchèrent jamais de poursuivre des intérêts opposés. C'est ce qu'exprime sans doute la Coronica quœdam, quand, pour conclure sa mention des troubles de i358, elle le traite d'ennemi de l'Empire.

Les actes dont il vient d'être question parlent plus haut que toutes les réflexions que je pourrais faire. Us révèlent une commune bouleversée jusque dans ses fondements, une administration impuissante devant une minorité factieuse, une majorité sans discipline, hésitante, désorganisée.

Les mesures à prendre devaient restaurer en même temps l'ordre moral et l'ordre matériel. Il fallait à la fois rendre aux magistrats leur autorité légale et y soumettre leurs justiciables et leurs administrés, créer une force publique et des moyens de répression contre ceux des habitants qui viendraient encore à troubler la commune.

L'inspirateur évident de ces mesures, l'empereur Charles IV, crut arriver à la restauration morale du pouvoir en renforçant le système hiérarchique de la commune, et en le rattachant solidement à celui de l'Empire. Par une conséquence nécessaire, l'autorité de l'empereur considérée comme base et principe de toute hiérarchie, devint plus réelle et plus directe sur la commune, malgré la série d'intermédiaires par laquelle elle passait, et au travers de ces mesures que le caveant consules explique, s'il

— sine les justifie, on voit poindre l'empereur tel que lé statut de Rodolphe de Habsbourg le conçoit, incarnation vivante de l'idée d'ordre, d'unité et de justice, tirant son principe de Dieu, comme il est lui-même le principe de la loi.

Ce dogme de la souveraineté n'a jamais trouvé à s'appliquer d'une manière absolue chez les peuples d'origine germanique. Cependant après en avoir appris la formule du prince qui conquit pour lui et pour sa race le trône impérial, Colmar le vit mettre en pratique en cette circonstance par Charles IV et par le duc Rodolphe, et en fut un moment écrasé, en 1627, sous Ferdinand IL

Dans l'usage qu'il fit des attributions de la toutepuissance impériale, le duc d'Autriche montra une certaine déférence envers ses conseillers, prélats et villes d'Alsace. Toutefois en frappant la libre expression de l'opinion, en réglementant le droit de se réunir, il montra suffisamment que les droits du souverain ne peuvent s'étendre, sans restreindre en proportion la liberté légitime de l'individu.

'EXIL prononcé par le duc Rodolphe s'étendait à un trop grand nombre pour être longtemps maintenu. Par un acte daté de Colmar, jeudi avant la Nativité de la Vierge (5 septembre) iSSg, Frédéric duc de Teck, bailli provincial des possessions autrichiennes de Souabe et d'Alsace, assisté de nobles personnages, conseillers du duc d'Autriche, et des magistrats des villes impériales de Schlestadt, Mulhouse, Kaysersberg, Obernai, Rosheim, Tiirkheim et Munster,

prononça définitivement sur leur sort (i). A l'exception du chevalier Conrad dit Lentsch de Wittenheim et de Philippe dit Bitter de Bebelnheim, que nous trouvons mentionné comme écuyer en i348 (2) en i35o (3) en i35i (4) en i356 (5) et que le duc de Teck s'obstine à nommer ici sans le qualifier; ces deux seuls exceptés, tous les autres exilés sont admis à rentrer à Colmar avec les droits, libertés et bonnes coutumes dont jouissent les autres habitants.

Quant aux deux principaux coupables, Lentsch de Wittenheim et Bitter de Bebelnheim, leur exil fut maintenu pendant six mois encore à partir de Tarrêté de Frédéric de Teck, et même après ce délai , il fut ordonné qu'ils ne pourraient rentrer à Colmar que du consentement du bailli provincial de la Décapole, et en donnant à la ville les sûretés les plus positives.

Les nobles rentrant à Colmar durent se soumettre aux prescriptions de l'ordonnance de i358. Toute infraction tombait de droit sous le coup des peines édictées par elle.

Enfin le duc Frédéric enjoignit aux nobles et aux plébéiens qu'il amnistiait, sous la foi de leur serment envers l'Empire, le prévôt, le bourgmestre et le conseil de Colmar, de rompre l'alliance qu'ils avaient contractée entre eux, attendu que leur nouveau

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