Ibidem
conventions, attendu que les liens qu^ils formaient sans l'aveu de Fempereur, ne pouvaient être que contraires à PEmpire et à ^intérêt commun.
)E rétablissement de la maison d'Autriche 8sur le trône impérial sembla d'abord ne rien \ devoir changer aux rapports du grand bailliage avec les comtes palatins du Rhin. A son avènement, en i438, Albert II confirma dans son office Louis IV le Bon, qui avait succédé, l'année précédente, à son père Louis le Barbu. Frédéric qui obtint à son tour, en i44o, le sceptre de Charlemagne et de Frédéric Barberousse, suivit cet exemple et laissa Louis IV en fonctions. Mais à la mort de ce dernier, le i3 août i449, avant de transférer le titre à son successeur, l'empereur témoigna de l'hésitation. Il voulut se rendre compte de l'étendue des droits qu'il conférait en nommant un nouveau grand-bailli et, dans le courant de l'année i45o, il écrivit aux villes impériales pour ouvrir une véritable enquête sur le rôle que cet officier de l'Empire remplissait auprès d'elle (i). Il passa néanmoins outre à l'investiture, mais avec une telle lenteur, que le nouvel avoué ne put se présenter aux villes
I. Item der mets ter Gilge [Kempff] vnd Hanns Fulweys^ sint geritten gen Slet^statty fii dem tage ah vnser gnedigester herre der Rdmische Kunig geschriben vnd begert hat an die Richsteiie, in der gemeindc vnd in sunders, vidimus der briefe wes sich dann die 'ôbern vnd vnderlantvogte, so sie f e lantvogt empfangen werden, gegen den Stetten verschriehent, sinen gnaden ^e schicken, [Kaufhausbuch , i449-5o, semaine du dimanche avant la Sainte-Marguerite (12 juillet) i45o.)
de la Décapolc et s'en faire reconnaître qu'au mois de mai i45i.
Le nouveau titulaire , le comte palatin du Rhin Frédéric, était le frère de l'électeur déliint, et c'est au nom de son neveu, âgé de treize mois, qu'il avait pris les rênes du gouvernement. Dans l'intérêt de sa famille, il jugea qu'il valait mieux régner comme électeur palatin que comme régent, et les pricipaux représentants du pays n'hésitèrent pas à l'acclamer. Mais dans cette conjoncture, le chef de l'Empire se montra de moins facile composition, et il refusa obstinément la dignité électorale au prince qu'il ne voulait considérer que comme le tuteur du jeune Philippe l'Ingénu (i). A partir de ce moment, il ne fut plus occupé qu'à créer des difficultés au héros, qui allait gagner sur les champs de bataille son surnom de Victorieux.
Les complications a menées par l'élection de Thierry d'Isenburg, comme archevêque de Mayence, lui en fournirent une première occasion. Le pape Pie II ayant pris parti pour son compétiteur Adolphe de Nassau, il en résulta une guerre où furent entraînés la plupart des états du haut Rhin , et pendant que l'électeur palatin se prononçait pour le premier des deux prélats, tous les ennemis qu'il avait eu à combattre l'année précédente, et qu'il avait vaincus à Pfeddersheim, se réunirent contre lui, soutenus à la fois par les deux chefs de la chrétienté, le souverain pontife et l'empereur. Ce dernier enjoignit tout d'abord aux villes de la Décapole de rompre avec l'électeur palatin. De leur côté, Ulric V le Bien-
r. Ludw. Haeusser. Geschichte der rheinischen Pfal^, 1. 1'*'',
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aimé , comte de Wurtemberg , et Albert VA chill margrave de Brandebourg, chargés du commandement des troupes de l'Empire contre Frédéric le Victorieux, les sommèrent, le 21 décembre i46i , de leur envoyer leurs contingents (i). La diète se réunit à Sélestadt, le 8 janvier, et elle répondit sans doute, comme elle avait déjà fait, le 4 novembre, pour la missive de Fempereur (2) en alléguant les engagements de la Décapole avec l'électeur palatin qui, en sa qualité de grand-bailli, était seul en droit de commander ses forces en campagne.
Ce fut le pape qui se chargea de lever cet obstacle. L'électeur palatin était déjà frappé d'excommunication (3): par une bulle datée de Rome, veille des calendes de mai (3o avril) i462. Pie II enjoignit aux villes impériales, en vertu de l'obéissance qu'elles devaient au saint-siége et sous les peines de droit, de porter secours à l'archevêque Adolphe de Nassau, et déclara nuls et de nul effet tous les pactes, même confirmés par serment, qu'elles pouvaient avoir conclus soit avec Thierry d'Isenburg, soit avec son allié l'électeur palatin (4).
Mais les armes temporelles de Frédéric valaient mieux que les foudres de l'Eglise et, le 3o juin, il remporta sur ses ennemis la victoire de Seckenheim, non moins décisive que celle de Pfeddersheim.
Ce coup désarmait l'empereur, mais il ne l'apaisa point. Il continua à tenir rigueur à l'électeur pa-
1. Archives de Colmar, AA. Rapports politiques de la Décapole avec TEmpire.