‹ Recherches sur la constitution de la commune à Colmar: augmentée des listesChapitre 48 sur 64 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. Archives de Colmar, BB. Renouvellement du corps municipal, et ce. Registres de la recette et de la dépense de 1470 à i48o.

voies de fait dont les cités étaient Pobjet au-dehors, les mettaient sans cesse dans le cas de demander main-forte à leurs confédérés et au grand officier qui commandait leurs milices. Heureux alors quand le grand bailliage était entre les mains d'un prince en état de tenir la campagne par lui-même, comme Tétaient les princes de la maison palatine ! Faute d'avoir trouvé dans le temps l'assistance efficace dont il avait besoin, Mulhouse avait dû, en iSgS, dans le désarroi où se trouvait l'Empire à la fin du règne de Wenceslas, accepter la protection de Léopold le Superbe, duc d'Autriche (i) et presque en même temps, le jour de l'exaltation de la Sainte- Croix (i4 septembre) iSgg, Colmar et Schlestadt avaient traité avec Charles le Hardi, duc de Lorraine, pour garantir leurs ressortissants contre les violences dont ils pouvaient être l'objet dans les pays lorrains et, à ce titre, chacune de ces deux villes paya assez régulièrement, jusqu'en i44o, à leur voisin de l'ouest, une contribution de cent florins de Florence, pour s'assurer une protection que, chez ce grand vassal de l'Empire, leur qualité de membres du Saint- Empire n'avait pas suffi pour leur procurer (2).

Dans les circonstances difficiles où l'inimitié de Frédéric III avait placé l'électeur palatin, Colmar eut recours à deux reprises à un expédient semblable.

La veille de la Saint-Thomas (20 décembre) i46o, la ville se fit bailler par Robert de Bavière, évêque

2. Lettres patentes de Léopold, du 3o avril iSgS. Archives de Mulhouse et Cartulaire.

I. Archives de Colmar, AA. Traités de protection avec les ducs dç Lorraine,

de Strasbourg et landgrave d^ Alsace, des lettres de protection, aux termes desquelles tous les officiers épiscopaux devaient prêter main-forte aux bourgeois et aux manants de Colmar, que leurs affaires amenaient dans les terres de l'évêché. Si un vassal de l'évêque ou tout autre résidant avait une revendication à exercer contre un ressortissant de Colmar, un plaid commun, c'est-à-dire formé par des Juges empruntés à Tune et à l'autre juridiction, à celle du demandeur et à celle du défendeur, connaîtrait de la cause, et l'évêque s'engagea en outre à ne rien négliger pour préserver les gens de Colmar des voies de fait dans toute l'étendue de ses possessions.

La ville consentit à payer cette protection, chaque année, au prix de cent florins du Rhin.

Ce premier traité, qui avait été conclu pour dix ans, fut renouvelé pour cinq ans, le dimanche Jtidica (i5 mars) 1472 (i) et si l'on songe qu'outre ses vastes possessions dans le diocèse même, l'évêché de Strasbourg confinait au territoire de Colmar par le Mundat supérieur, et qu'il comptait parmi ses vassaux une grande partie de la noblesse alsacienne, on comprendra que, dans l'état d'abandon où la laissait l'absence d'un grand bailli, nulle autre protection ne pouvait suppléer plus efficacement à celle de la maison palatine, du moment que notre ville ne pouvait ni ne voulait faire appel aux agnats de l'empereur, aux suzerains des pays antérieurs de l'Autriche.

1. Ibidem, AA. Traités de protection avec l'évêque de Strasbourg.

'EMPEREUR Maximilien, qui avait succédé, en 1493, à Frédéric III, reprit à la première occasion la politique inaugurée par ' son père vis-à-vis de la maison palatine.

En i5o3, à la mort de George le Riche, duc de Bavière, de la ligne de Landshut, qui avait assuré sa succession à son gendre Robert, comte palatin du Rhin, le duc Albert le Sage, de la ligne de Bavière-Munich, se prétendit frustré, soutint que les terres de son cousin étaient, non des francs-alleux, mais des fiefs de l'Empire et prit son recours auprès de l'empereur. Quels que fussent les droits des deux parties, il ne pouvait se prêter à un agrandissement de la maison palatine, et il donna Tinvestiture au duc Albert, non sans se réserver quelques domaines à sa convenance. Le compétiteur évincé courut aux armes, et son père, Philippe FIngénu, prit fait et cause pour lui (i).

Les hostilités avaient éclaté au mois d'avril : le 27 mai i5o4, Maximilien manda à chacune des villes de la Décapole que, pour punir l'électeur palatin de l'appui qu'il donnait à son fils, il lui retirait le grandbailliage d'Alsace, qu'il déclara confisqué au profit de l'Empire (2).

A cette première mesure il ajouta l'envoi de deux commissaires, le D"" Conrad Stûrzel et Nicolas Ziegler, qui convoquèrent immédiatement les villes de la Décapole, pour recevoir leur hommage.

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