L. Haeusser, 1. c. pp. 463 et sqq
2. Archives de Colmar, AA. Rapports politiques de la Décapole avec l'Empire.
Dans leur rencontre avec les commissaires, les envoyés des villes se bornèrent d'abord à demander le temps de réfléchir, ce qui leur fut accordé.
Les députés se réunirent une seconde fois, le 7 juillet, à Strasbourg. Ils commencèrent par rechercher dans les chartes relatives à rétablissement de la Décapole, ce qui pouvait s'appliquer à la circonstance ; mais ils ne trouvèrent rien qui pût leur servir. D'un autre côté, on leur donna connaissance d'une lettre du prince Louis, fils aîné de Philippe l'Ingénu, qui parlait de négociations avec l'empereur, de l'issue desquelles on pouvait espérer le maintien de la paix. Cela rendit les députés encore plus perplexes. Ils voyaient de grands inconvénients à reconnaître un nouveau grand-bailli , quand l'ancien n'avait pas perdu toute chance de conserver son office, et ils demandèrent un nouveau délai qui, cette fois, leur fut refusé. Les commissaires alléguèrent qu'ils n'étaient autorisés qu'à recevoir la réponse des villes, quelle qu'elle fût.
Les députés délibérèrent une troisième fois. Leur embarras était très grand, et ils cherchèrent de nouveau à gagner du temps, en donnant du reste aux commissaires toutes les assurances possibles: que l'empereur devait être persuadé que les villes n'avaient rien de plus à cœur que de lui rester fidèles ; qu'elles ne prêteront aucune assistance à l'électeur palatin ; qu'elles n'acquitteront plus entre ses mains le tribut à l'Empire, ni aucune des prestations qui lui étaient dues comme grand bailli. Ainsi qu'il arrivait toujours, quelques-uns penchaient pour la soumission, les autres pour la résistance. Mais poussés peu à peu dans leurs derniers retranchements, et les commissaires ne voulant toujours
pas entendre à un nouvel atermoiement, les opposants convinrent que leurs instructions allaient bien jusqu^à les autoriser à reconnaître Tempereur Maximilien pour leur grand bailli (i).
Peu après les députés se réunirent une quatrième fois à Haguenau. Elles y trouvèrent un vassal de la maison d'Autriche, le baron Gaspard de Morimont et Belfort, porteur d'un mandement collectif de Pempereur, daté du i4 août, qui ordonnait à la Décapole de le reconnaître comme son lieutenant au grand bailliage. Les envoyés protestèrent contre cette manière d'agir, absolument contraire aux us et coutumes : avant de leur présenter un lieutenant, le grand bailli devait se faire reconnaître en personne et, pour faire accepter les réversales de Pun et de l'autre, datées du 20 août, et se faire rendre l'hommage accoutumé, Maximilien dut s'obliger, par d'autres réversales, du 25 août, à faire prêter serment aux villes par le grand bailli que lui ou ses successeurs pourront donner dans la suite à la Décapole, de la même manière que son substitut venait de le faire, et à ne point se prévaloir à l'avenir de la condescendance qu'elles avaient eue d'envoyer leurs députations à Haguenau, au lieu de forcer le lieutenant du grand bailliage, comme elles en auraient eu le droit, à se rendre chez élle^ pour recevoir leur hommage et leur prêter le serment réciproque.
Gaspard de Morimont résigna, en i5i2, en faveur de son fils Jean-Jacques. Celui-ci était encore en fonctions à la mort de Maximilien V% et il fut
1. Archives de Mulhouse et Cartulaire : rapport du greffier Oswald Gamsharst.
2. Archives de Colmar, AA. Rapports politiques de la Décapole.
maintenu à Tavénement de Charles-Quînt : par un mandement daté de Worms, i6 mai i52i, le nouvel empereur prescrivit à la Décapote de lui renouveler Phommage auquel elle était tenue envers lui, comme représentant de l'Empire.
Malgré l'engagement qu'avait pris son aïeul, luimême ne se présenta pas en personne ; mais il prescrivit néanmoins aux villes de renouveler leurs conseils et leurs offices comme par le passé, sans attendre que l'empereur se fut fait reconnaître par elles et qu'il eût reçu leur hommage, comme quelques-unes d'entre elles étaient fondées à le prétendre (i).
Il va de soi que Colmar était au nombre de ces villes privilégiées.
Le grand bailliage demeura entre les mains de l'Empire jusqu'en i53i. La maison palatine le recouvra sous cette date, mais pour quelques années seulement : il fut racheté définitivement, en i558, par la maison d'Autriche, et l'on sait qu'elle le garda sans discontinuer jusqu'à la paix de Westphalie.
)' ANNÉE même où Charles -Quint confirma BJean-Jacques de Morimont dans ses foncjtions, la ville entreprit de modifier encore ^une fois sa constitution communale.
Le mémoire que le maître et le conseil présentèrent au grand bailli, s'explique suffisamment sur les motifs qui les inspiraient.
Malgré le monopole que l'institution assurait à