‹ Recherches sur la contamination des eauxChapitre 16 sur 26 · AZOTE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

AZOTE ORGANIQUE

Wanklyn, Chapmann et Smith, ont introduit en 1867, dans l’analyse de l’eau, un procédé de dosage dit de l’azote albuminoïde et qui serait mieux qualifié sous la dénomination d’azote organique. Cette méthode a été l’objet de nombreuses critiques motivées d’une part par l’action irrégulière du permanganate de potassium, d’autre part par les transformations incessantes de la matière organique au sein de l’eau.

D’après Mallet et Smart la molécule albuminoïde primitive serait scindée en deux groupes de composés azotés ; les uns cèdent facilement leur azote au permanganate alcalin,

H. Causse. 3

les autres résistent ; avec le temps, les bactéries convertiraient ces derniers dans les premiers. C’est certainement dans ces faits qu’il convient de rechercher la divergence des opinions sur les quantités limitées d’azote albuminoïde qu: doivent contenir les eaux potables.

D’après Wanklyn et ses collaborateurs, lorsqu'une eau en renferme 0 milligr. 4 au litre elle est suspecte, dangereuse si la dose s’élève à 0 milligr. #5. Mason trouve cette limite trop sévère ; ses recherches l’amènent à admettre une proportion de 0 milligr. 07 d’azote organique au litre pour les eaux potables et de 0 milligr. 459 pour celles qui sont polluées. Mallet indique comme teneur moyenne des eaux potables 0 milligr. 152 ; Leeds va plus loin, en ce qui concerne les rivières américaines ; la proportion d'azote organique oscillerait entre 0 milligr. 4 et 0 milligr. 28, sans que les eaux perdent leur caractère de potabilité. Le procédé de dosage de l’azote organique que je vais décrire se distingue de la méthode ordinaire par la séparation préalable de la matière organique azotée, et la destruction ultérieure de cette même matière par l’acide sulfurique concentré.

Dosage de l’azote organique. — Le liquide alcalin À, obtenu comme il a été dit (p. 13), est neutralisé par l’acide sulfurique étendu et évaporé. Le résidu est desséché à l’étuve, détaché du vase qui le contient, introduit dans un ballon de 250 c.c. de capacité, avec 6 ou 8 c.c. d'acide Sulfurique fumant. Le ballon est adapté à un tube coudé, qui s'ouvre au-dessus d’une solution de carbonate de soude pour absorber les vapeurs d’acide sulfureux. On chauffe d’abord modérément, pour provoquer la carbonisation de la matière organique, on élève ensuite la température jusqu’à l’ébul-

Page 1