‹ Recherches sur la craie supérieureChapitre 10 sur 62 · TARA SES CR · texte numérisé non relu

TARA SES CR

79 RS l 2 SK BST Placenticeras placenta, d’après Meek (Report... .., IX, p. 453).

PLACENTICERAS FRITSCHI. À. pe Grossouvre, n. sp. (PI. V, fig. 1 et 2.)

1872. Ammonites d'Orbignyanus. Fritsch und Schlônbach, Cephalopoden der bühmischen Kreideformation, p. 36, pl. X, fig. 4 et 5; pl. XI, fig. 2.

Coquille discoïdale, comprimée.

Spire à tours très embrassants, croissant assez rapidement, faiblement

convexes sur les flancs, ayant leur plus grande épaisseur à peu près vers le premier üers de la hauteur des flancs.

Ombilic de grandeur médiocre, assez profond, se reliant aux flancs par un pourtour presque anguleux, surtout accentué dans le jeune.

Bord externe tronqué, légèrement convexe, séparé des flancs par deux carènes obtuses. jh

Les flancs sont à peu près lisses et montrent seulement, sur la région externe, des côtes arquées assez peu marquées et sur le bord même de l’ombilic, au raccordement des flancs et de la paroi ombilicale, une série de

peuts tubercules arrondis, au nombre de sept ou huit par tour.

HOPLITIDÉS. 195

Cloisons. — La ligne suturale de cette espèce se rapporte bien au type défini ci-dessus. Les selles et les lobes forment une série régulière, dont chacun des membres est rétréci à sa base et évasé au sommet. Les selles sont un peu plus larges que les lobes, mais la différence est moims grande que dans Placenticeras syrtale. Les lobes latéraux vont en augmentant de grandeur jusqu'au troisième (qui constitue en réalité l'extrémité du véritable premier lobe), ce qui n’a pas lieu dans PI. syrtale. Le quatrième lobe est notablement plus petit et plus réduit que les précédents ; la chute brusque de dimensions est très prononcée. Le sommet des lobes est aussi, dans son ensemble, plus régulièrement arrondi que dans PI. syrtale et les lobes plus profondément dentelés.

Placenticeras Fritschi (gros. = 2,7), d'après l'échantillon représenté pl. V, fig. 1 (clichés photographiques).

Rapports el différences. — Gette espèce est très voisine d’uné forme appartenant à l'étage turonien, horizon des Weissenberger-Schichten, récemment décrite par MM. Laube et Bruder (1886, Ammoniten der bôhmuschen Kreïde, Palæontoÿraphica, XXXIIT) sous le nom de Placenticeras memoria-Schlünbachi ; mais celle-ci est complètement lisse, a son bord externe beaucoup plus étroit et onze tubercules ombilicaux par tour. Ce dermier caractère n’a, d’ailleurs, qu'une valeur relative, car le nombre des tubercules ombilicaux doit vraisemblablement varier suivant le degré d’enroulement de la coquille.

I'est probable qu'il faut rapporter à notre espèce les individus de la craie de Bohème, horizon des Priesener- Schichten, décrits par MM. Fnitsch et Schlônbach sous le nom d’Am. d'Orbignyanus. Toutefois, d’après le texte et les figures, ceux-c1 auraient leurs flancs complètement lisses, ce qui peut tenir au mode de conservation, et ils posséderaient, en outre, quatorze tubercules ombilicaux. Mais ce qui semble confirmer leur assimilation avec PI. Fritschi, c'est que, d’après MM. Bruder et Laube, is différent de l’espèce du turonien par un bord externe beaucoup plus large, caractère qui concorde bien avec celui de l’espèce de Touraine. ï

H y a lieu de remarquer ici que le nom employé par Geinitz pour l'espèce des grès de Kieslingswalde (Silésie) ne peut être appliqué aux indimidus de Bohème, car si la figure et la description de Geinitz sont insuflisantes pour définir son espèce avec précision, M. le docteur Schlüter nous a donné plus récemment (Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, pl. XV, fig. 3 et 4) la figure d'un exemplaire de Kieslingswalde, qui montre bien nettement, par la position sur les flancs de la première rangée interne de tubercules, que l'espèce de Silésie est différente de celle des Priesener-Schichten de Bohème et qu'elle se rattache à Placenticeras syrtale.

Placenticeras Fritschi, qui présente, en effet, de grandes analogies avec les variétés plates de PI. syrtale et pourrait être confondu avec elles au premier abord, s’en distingue très nettement par ses flancs un peu plus convexes, son bord externe légèrement convexe alors qu'il est concave chez PI. syrtale et délimité par deux quilles, par l'absence à peu près complète d’ornementation à un diämètre où les tubercules externes se sont déjà montrés dans PI. syrtale, et surtout par la position de ses tubercules internes, situés sur le bord même de la paroi ombilicale, tandis que dans PI. syrtale, ils en sont, au contraire, à une certaine distance et s'en éloignent de plus en plus, à mesure que la coquille s'accroît. H s’en distingue aussi par les caractères spéciaux de sa ligne suturale.

La nouvelle espèce est aussi à rapprocher de l'échantillon du Trichinopoly group (Inde), figuré par Stoliczka (1865, Cephalopoda of the Cretaceous Rocks of Southern India, pl. XLVIL, fig. 1) sous le nom d’Ammonites Guadaloupæ, Rômer (non. Am. Guadaloupæ, Rômer), chez lequel les tubercules internes occupent exactement la même disposition et dont le bord externe est subconvexe. Seulement ce dernier est limité de chaque côté par deux rangées. de petits tubercules; il est vrai que l'exemplaire figuré possède son test, et qu'il est fort possible que ceux-ci ne soient pas visibles sur le moule interne.

L'échantillon de la figure 2, même planche, rapporté par Stoliczka à la même espèce, paraît appartenir à une variété plus renflée; mais si la figure est exacte, la forme de l’ombilic est bien différente de celui de la figure 1.

Les individus figurés pl. XLVIIT, fig. 1 et 2, sous les noms d'Am. Guadaloupæ et Am. Orbignyanus n’appartiennent certainement pas à ces espèces et se rapprocheraient plutôt de PI. Friüschi ou de PI. memoria-Schlünbachi, ou encore de PI. placenta; cette dernière espèce, bien voisine, sous certains rapports, de PI. Fritschi, en diffère par son bord externe beaucoup plus étroit,

HOPLITIDÉS. : 127

limité par deux lignes de tubercules bien marqués et par ses flancs plus convexes.

H est fort probable qu'il faut aussi rapporter à PI. Fritschi la forme de l’'Emscher-Mergel de Westphalie que M. le docteur Schlüter a signalée sous le nom d’Am. cf. placenta (Cephal. der ob. deuts. Kreide, p. 228) et qu, d’après lui, se distingue d’Am. d'Orbignyanus par son ombilic plus large et ses carènes externes non dentelées, et d’Am. bidorsalus par sa rangée de tubercules placée près de l’'ombilic et l'absence de tubercules sur les deux carènes ventrales; elle ressemble beaucoup à Am. placenta pour l'aspect extérieur, mais en diffère par sa ligne suturale, qui est, au contraire, analogue à celle d'Am. syrtalis : 11 résulte donc de ces données que l'espèce de l’'Emscher doit être rattachée à celle de la Touraine.

Gisement. — Placenteras Fritschi habite l'étage conracien.

En Touraine, il a été rencontré dans les calcaires durs qui forment la base de la craie de Villedieu.

M. Arnaud l’a recueilli dans la Charente-Inférieure dans l'assise L! des environs de Jonzac.

Il parait exister en Bohème dans les couches dites Baculiten-thone de l'horizon des Priesener-Schichien, et en Westphalie dans les marnes de l’Emscher, au moins autant qu'on peut l’affirmer d’après les renseignéments donnés

par M. le docteur Schlüter sur les formes de ce dernier gisement. Echantillons examinés. — Deux échanüllons (collection de l'abbé Bour-

geois à l'École de Pontlevoy, collection Le Mesle) provenant des calcaires durs exploités à la Ribochère, commune de Couture (Loir-et-Cher). Un échantillon (collection Arnaud) des environs de Jonzac, assise L1 (Charente-Inférieure).

EXPLICATION DES FIGURES

Planche V.

Fic. l°. — Individu de grande taille (collection de l'abbé Bourgeois), vu de côté, pour montrer l'ornementation des flancs et notamment les tubercules situés immédiatement autour de lombilic qui caractérisent cette espèce.

Calcaires durs de la base de la craie de Villedieu. Carrières de la Ribochère, près Couture (Loir-et-Cher).

Er. 1, —— Le même, vu du côté ventral.

Fig. 2°. — Individu de petite taille (collection Le Mesle), vu de côté... Calcaires durs de la base de la craie de Villedieu. Carrières de la Ribochère, près Couture (Loir-et-Cher).

Fire. 2, — Le même, vu du côté ventral.

Fig. 2°. — Section des tours, pour montrer la forme de la paroi ombilicale et la manière nette dent elle se détache des flancs.

PLACENTIGERAS SYRTALE. Monton, sp.

(PL V, fie. 3; pl. VI, fig. 1 et 2; pl. VIT, fig: à; pi. VII, fig. 1.)

183. Ammonites syrtalis. Morton, Synop. of org. remains of cret. group of Unit. States, p. Lo; pl. XVI, fig. 4.

1837. Ammonites polyopsis. Dujardin, Mém. Soc. geol. de France, 1° série, t. Il; p. 232; pi. XVIT, fig. 12.

18413. Ammonites Vibrayeanus. Geinitz, Verstein. v. Kieslingswalde, p. 8; pl. [, fig. 8.

1850. Ammonites Geinitzi. D'Orbigny, Prodrome de paléontologie stratigraphique, I, p. 213. Terrains crétacés, 22° étage, n° 30.

1850. Ammonites semiornatus. D'Orbigny, Prodrome de palcontoloqie stratigraphique, I,

; p: 212, Terrains crétaces, 22° étage, n° 13.

1850. Ammonites Ribourianus. D'Orbigny, Prodrome de paléontologie stratigraphique, WI, p: 219, Terrains crétacés, 22° étage, n° A0.

1852. Ammonites Guadaloupæ. F. Rômer. Kreidebild. von Texas, p. 32, pl. Il, fig. 2.

1866. Ammonites Milleri. F. von Hauer, Neue Cephalopoden aus den Gosaugebilden, p. 5, pl. II, fig: 1 et 2. }

1872. Ammonites syrtalis. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 46, pl. XIV, fig. 1 à 10; pl. XV, fig. 1 à 5.

1883. Ammonites Ribourianus. Arnaud, Profils géologiques, Archives de la Socicte linncenne de Bordeaux, vol. XXX VIT, pl. il.

Coquille discoïdale, comprimée, formée d’une spire à tours très embrassants, croissant rapidement, un peu convexes sur les flancs, ayant leur plus grande épaisseur vers le premier tiers de la hauteur.

Ombilic de grandeur médiocre, assez profond, se reliant aux flancs par un pourtour plus ou moins arrondi.

Bord externe tronqué.

La coquille est, dans son jeune âge, formée de tours très comprimés, très surélevés, à peine convexes sur les flancs, à bord externe très mince : peu à peu les flancs deviennent plus convexes, la coquille augmente d'épaisseur et en même temps le bord externe devient plus large.

L'ornementation des flancs consiste en une série de côtes falculiforn

HOPLITIDÉS. 129

très peu marquées, souvent à peine apparentes, surélevées ou subtuberculées au voismage de l'ombilic et du bord siphonal, et se terminant sur l’arête qui limite ce dernier par un tubercule transverse peu développé.

Les tubercules internes sont allongés dans le sens radial et assez surélevés ; ils sont d’abord situés au voismage presque immédiat de lombilic, s’en écartent peu à peu, arrivent à la moitié de la hauteur des flancs, la dépassent même pour se rapprocher du bord externe et finissent sur certains échantillons par se trouver environ aux deux tiers de la hauteur. La spirale formée par la rangée interne de tubercules n’est donc pas parallèle à la spirale d’enroulement de la coquille, mais se déroule au contraire plus rapidement.

Les tubercules de la seconde rangée, beaucoup plus nombreux que ceux de la rangée interne, sont transverses, abrupts en arrière, inclinmés en avant, de manière à se raccorder graduellement avec la surface des flancs. Ils sont situés à une petite distance du bord externe; peu à peu la portion du tour située au delà de cette rangée s’épaissit et se déprime, de sorte que la seconde rangée de tubercules arrive finalement à occuper tout à fait le bord du contour siphonal et à se substituer aux dentelures qui en formaient primitivement les deux arètes latérales (voir pl. VI, fig. 2, et pl. VIIT, fig. 1).

Ces dermères dentelures, très nombreuses, arrivent par cette transformation à passer graduellement dans la région médiane du contour ventral, qui, d'abord subconvexe, devient peu à peu méplate : elles y constituent deux petites carènes denticulées, très peu apparentes, cessant assez rapidement d'être visibles.

Dans ce dernier stade, l’ornementation de la coquille se réduit donc à une rangée de tubercules assez espacés, occupant l’arête qui limite le contour ventral et faisant assez fortement saillie sur l'extérieur, et à une rangée latérale située plus ou moins près de l’ombilic et formée de tubercules coniques un peu allongés dans le sens radial : le nombre des premiers est d'environ trois fois celui des autres, Souvent deux tubercules externes consécutifs sont réunis à un même tubercule interne par deux côtes, toujours assez peu marquées.

Les tubercules des deux flancs se correspondent parfois, mais le plus souyent ils alternent, circonstance assez fréquente chez la plupart des Hoplithidés.

Je n'ai pas eu entre les mains d'échantillons de cette espèce ayant conservé leur test. Sur la surface des moules internes en bon état, on aperçoit des

[MPNIMERIE NATIONALE.

-stries smueuses, un peu falculiformes, qui passent sur le bord externe en s'infléchissant un peu en avant, et qui correspondent vraisemblablement aux stries d’accroissement de la coquille. |

Je vais maintenant indiquer comment celle-ci passe progressivement par ses diverses périodes d’ornementation, suivant qu’elle est plus ou moins comprimée. ;

Les échantillons très plats, à petit ombilic, sont à peu près complètement privés d’ornementation; les flancs sont lisses, et les deux carènes qui limitent le bord externe sont à peme denticulées. Cet état peut persister plus où moins longtemps, suivant les individus. J'ai sous les yeux un échantillon des environs de Charmant (Charente), qui, au diamètre de 78 millimètres, a un ombihic de 10 millimètres et une épaisseur maximum de 18 millimètres; sur le bord externe, l'épaisseur est réduite à 2 millimètres; jusqu'à ce diamètre, cet échantillon est complètement lisse et ce n'est qu'au delà de cette dimension qu'il commence à montrer des tubercules un peu distincts, très rapprochés du bord ventral, dont ils ne se trouvent qu'à une distance de 3 à 4 millimètres à peu près; un quart de tour plus lom, ces tubercules arrivent presque sur ce bord et commencent à y faire saillie. Au diamètre de 110 millimètres, les tubercules latéraux (1'° rangée) ne se voient pas encore : la coquille est toujours de forme très comprimée et lombilic a une paroi presque verticale, nettement séparée des flancs. Ces formes plates me paraissent correspondre au type défini par d'Orbigny sous le nom d’Ammonites semiornatus, et à celui que M. F. von Hauer a appelé Ammonites Milleri.

Si la coquille est un peu moins comprimée, l’ornementation apparait un peu plus tôt et est un peu plus prononcée. Sur un échantillon dont le tour a une hauteur de 18 millimètres et une épaisseur maximum de 8 millimètres, la largeur du bord ventral est de 1 millim. 5. A cette taille, on voit seulement sur la moitié externe des flancs de petites côtes arquées qui s'arrêtent assez brusquement à 2 millimètres du bord: Un quart de tour de spire plus lom, ces côtes se terminent par un tubercule transverse, et un peu moins d’un demi-tour plus lom apparaissent les tubercules de la rangée interne. Le premier tubercule est situé au premier quart de la hauteur ; à l'extrémité du tour, les tubercules de cette rangée atteignent déjà les deux tiers de la hauteur, et en même temps ceux de la seconde rangée de tubercules occupent l’arète du bord ventral.

Un échantillon de plus grande taille, qui peut ètre considéré comme cor-

HOPLITIDÉS. 131

respondant à peu près à l'adulte de l'individu précédent, a un diamètre total de 140 millimètres: la hauteur du dernier tour à son extrémité est de 60 millimètres, son épaisseur de 35 millimètres et la largeur du bord externe de 17 nullimètres. Les tubercules de la rangée interne ne commencent à se montrer sur ces individus qu’au premier tiers du dernier tour ; le premier est situé environ vers le premier tiers de la hauteur des flancs, tandis que celui de l'extrémité du tour est déjà aux deux tiers de cette hauteur.

Les tubércules de la seconde rangée, au nombre de vingt, sont, au commencement du dernier tour, à une distance de quelques millimètres du bord externe et, à l'extrémité de ce tour, ils sont tout à fait sur ce bord (voir pl. VIE, fig. 1). Les tubercules de ces deux rangées se font à peu près vis-àvis, de chaque côté du contour ventral qu'ils encadrent, aussi bien que ceux de la rangée interne. Un tubercule interne est réuni à deux tubercules externes par deux petites côtes peu distinctes; les autres tubercules externes se prolongent un peu sur les flancs en forme d'oreillettes.

Un échantillon, d'une variété un peu plus renflée encore, de 5o millimètres de diamètre, en bon état de conservation, montre, au commencement du dernier tour, des côtes courtes partant de l'ombilic très infléchies en avant et se bifurquant; après la bifurcation, les nouvelles côtes sont d'abord très atténuées, puis elles se surélèvent pour s’effacer ensuite ou bien pour se terminer par une ou deux côtes peu neltes qui s'arrêtent aux dentelures des carènes latérales du contour externe. À son extrémité, le dernier tour a 26 millimètres de hauteur et une épaisseur maximum de 15 millimètres.

Si la coquille est encore plus renflée, l’ornementation commence à se ooureuse, comme on le voit sur

le magnifique échantillon du tunnel de Beaulieu (pl. VE, fig. 1). Les tours

montrer plus tôt et est beaucoup plus Yi

sont à section quadrangulaire ; pour une hauteur de tour de 55 millimètres, l'épaisseur est de 45 millimètres et le diamètre total de 130 millimètres. Le nombre des tubercules de la rangée interne est de 7 sur le dernier tour, 9 sur lavant-dernier et 10 sur le précédent. A l'intérieur de l’ombilic, on voit que les tubercules de la première rangée ont commencé à se montrer de très bonne heure; placés d’abord au voisinage de lombilic, puis s’en écartant progressivement, ils arrivent à se trouver à peu près à mi-hauteur des flancs sur le dernier tour.

L'échantillon des Corbières (pl: VIF, fig. 1) appartient à une variété à tours

moins renflés que la précédente et à ornementation plus serrée : un peu moins

de la moitié du dernier tour correspond à la chambre d'habitation et, sur cette partie, les tubercules sont beaucoup plus rapprochés et les côtes qui les réunissent plus apparentes.

J'ai sous les yeux un échantillon de forme analogue (collection Boreau-Lajanadie) provenant de Tursac (Dordozne) , assise M de M. Arnaud. Il a 23 centimètres de diamètre; la hauteur du tour à son extrémité est de 9 centimètres pour une épaisseur de 6 centimètres. L’ornementation est tout à fait analogue à celle du dernier stade de léchantillon précédent. Le nombre des tubercules de la rangée médiane des flancs est de 11 sur le dernier tour et le nombre des tubercules externes encadrant le bord siphonal est de 27.

Enfin on trouve des échantillons chez lesquels la forme rectangulaire des tours se montre à une très petite taille; à un diamètre de quelques centimètres, l'aspect général est déjà, mais à une échelle plus réduite, celui de l'échantillon de la planche VI, fig. 1 : la section des tours est mème plus nettement quadrangulaire, avec une hauteur et une largeur à peu près égales. J'ai eu l'occasion d'observer des individus de cette forme provenant de la craie de Villedieu et de celle des Charentes.

Cette espèce parait arriver à une taille assez considérable : J'ai signalé plus haut un exemplaire de la Dordogne qui a 23 centimètres de diamètre; Drescher en a signalé en Silésie atteignant 31 centimètres. D'après Stoliczka, les Placenticeras de l'Inde parviendraient mème à 4o centimètres de diamètre.

De ce qui précède, on peut conclure que dans la série des formes qui se rattachent à Placenticeras syrtale, 11 existe des variétés passant graduellement les unes aux autres et parmi elles on peut distinguer :

1° Des variétés plates, à ombilic assez étroit, à ornementation presque nulle. Ainsi, un échantillon de Sougraignes de 7 centimètres de diamètre, a les flancs complètement disses et montre seulement sur le bord externe une série de tubercules allongés, encadrant un contour siphonal convexe ou plutôt de forme subtrapézoïdale, en raison de l'existence des deux arêtes correspondant aux rangées externes de tubercules. Cet individu représente donc une variété encore plus plate que l'exemplaire de la planche VIIT, fig. 1, car, sur celui-ci, la rangée médiane de tubercules n'atteint le pourtour externe qu'à une taille bien plus considérable et au moment où commencent à apparaître les tubercules de la rangée interne.

On a souvent considéré Ammonites Orbignyanus, Geimitz, comme le type de la variété plate de Placenticeras syrtale; mais si l’on se reporte à la figure

HOPLITIDES. 133

de M. le docteur Schlüter, qui a représenté un échantillon de Kieslingswalde, localité ayant fourni le type, on voit que sur cette forme la rangée interne de tubercules apparaît de bonne heure. Am. Orbignyanus représente donc seulement le jeune âge de PI. syrtale; toutes les variétés de cette espèce, plaies ou renflées, débutent toujours par des formes plates.

Am. semiornatus, d'Orbigny, correspond au contraire, comme Jai pu m'en assurer par l'examen des échantillons de la collection de d'Orbigny, à la variété plate de PI. syrtale, mais cette forme n’est caractérisée que par la courte diagnose de d'Orbigny; je crois donc préférable de prendre, pour désigner cette variété, le nom d’Ammonites Milleri, F. von Hauer (Cephalop. aus den Gosaugebilden, p. à, pl. Il, fig. 1 et 2), en tenant compte de ce fait que le dessin n’est pas complètement exact, car on n'y compte que 11 tubercules externes par tour, tandis que le texte mdique qu'il devrait s'élever à 15 et que sur un autre exemplaire il est de 20; sous cette réserve, cette figure concorde aussi bien que possible avec l'échantillon des Corbières dont Je viens de parler. :

J'adopte donc pour les variétés plates la dénomination Placenticeras syrlale, Morton, var. Milleri, F. von Hauer.

2° Des variétés de forme moyenne qui correspondent à Placenticeras syrtale, Morton, sp., typique, lequel ne diffère guère d’Ammonites polyopsis, Dujardin.

3° Des variétés très renflées dans lesquelles la section des tours arrive assez rapidement à être quadrangulaire. On a alors : Placenticeras syrtale, Morton, sp., var. Guadaloupæ, Rômer, qui correspond à Am. Ribouri, d'Orbigny.

4° Enfin des variétés de forme très renflée et à section presque carrée dès le jeune âge, pour lesquelles je propose le nom de Placenticeras syrtale, Morton, var. quadratum). :

Cloisons. — La ligne suturale est formée de selles et de lobes très nombreux, dont la forme générale, rétrécie à la base, étalée au sommet, conserve les mêmes caractères dans chacun d’eux.

Les selles sont bifides, tandis qué les lobes sont à termmaison Impaire. Ces derniers sont bien moins larges que les selles.

® Peut-être, conformément aux idées émises récemment par M. Munier Chalmas (Compte rendu sommaire des séances dé la Soc. geol. de France, 5 décembre 1892), ne faut-il voir dans ces individus de petite taille, à évolution rapide, que les formes «scaphitoïdes » de PI. syrtale. :

Les lobes et les selles diminuent assez régulièrement d'importance du bord externe vers le bord interne, ce qui distingue la ligne suturale de cette espèce de celle de PI. Fritschi. Hs sont disposés suivant une ligne flexueuse dont le point le plus bas correspond à l’extrémité du troisième lobe.

Fig. 53.

Plucenticeras syriale, var. Guadaloupæ (gros. = 3), d’après l'échantillon représenté pl. VIL, fig. à (clichés photographiques).

Placenticeras syrtale (gros.— 3,5), d'après l'échantillon représenté pl. V, fig. 5 (clichés photographiques).

Observations. — L'espèce que je viens de décrire a été rapportée au type figuré et décrit par Morton en 1834 pour une forme de l'Alabama, qui présente en effet la plus grande analogie avec nos formes d'Europe. À l'exemple de la plupart des paléontologues, et notamment de M. le docteur Schlüter, j'adopterai donc le nom de l'espèce américaine.

Un peu après la publication de l'ouvrage de Morton, Dujardin a, en 1837, décrit et figuré d'une manière très exacte, sous le nom d’Ammonites polyopsis, trois échantillons de la craie sénonienne de Touraine.

En 1843, Geinitz ( Verstein. v. Kieslingswalde, p. 8, pl. I, fig. 8) a donné le nom d'Ammonites Vibrayeanus, qu'il changea en 1850 en celui d’Am. Orbigny-

HOPLITIDES. 135

anus, à une forme de Kieslingswalde, comté de Glatz, Silésie, qui représente le jeune âge de PI. syrtale.

En 1849, Rômer {Kreidebild. v. Texas) donna le nom d’Ammonites Guadaloupæ à une forme du Texas qui n’est qu'une variété renflée du type de Morton et qui correspond tout à fait aux échantillons appelés en France, d’après d'Orbigny, Am. Ribourianus.

En 1864, Stoliczka a employé les noms d’Am. Guadaloupæ et Am. Orbignyanus pour des formes assez fréquentes dans la craie de l'Inde (Trichinopoly group et Ootatoor group) qu'il me parait impossible d’assimiler aux types désignés sous ce nom. |

En 1872, M. le docteur Schlüter a donné une excellente descripuon et une bonne série de figures de cette espèce d’après des échantillons de PI. syrlale, provenant des gisements du Salzherg, près Quedlinburg. Par la comparaison des figures, on pourra constater l'identité de ces formes avec celles de France.

Enfin, en 1883, M. Arnaud a annexé à un de ses mémoires sur la craie du Sud-Ouest une planche représentant le bel échantillon du tunnel de Beau-

lieu (pl. VI, fig. 1).

Rapports et différences. — J'ai mdiqué précédemment les caractères qui permettaient de distinguer PI. syrtale de PI. Frischi; je donnerai plus loin les différences qui séparent cette espèce de PI. bidorsatum.

Gisement. — Cette espèce est caractéristique de l'étage santonien.

En Touraine, où elle n’est pas absolument rare, on la trouve cantonnée dans l’assise à Spondylus truncatus, qui occupe le sommet de la craie de Villedieu, à Samt-Paterne, Villandry, etc.

Dans l’Aquitame, elle a été rencontrée dans les assises M et N de M. Arnaud, à l'Ombre, Puygaty, la Valette (Charente); Nieul-le-Virouil (Charente- Inférieure) ; Sergeac, Miremont, Tursac, souterrain de Beaulieu sur la ligne de Périgueux à Ribérac, environs de Sarlat (Dordogne).

Dans les Corbières, elle est relativement abondante à Sougraignes , au-dessus de la couche bleue à Mortoniceras teranum, dans le banc à Lima marticensis, et dans les marnes intercalées entre les deux’ principaux bancs de rudistes.

Dans le bassin du Beausset, elle habite les calcaires marneux à Lima marlicensis, supérieurs aux bancs à hippurites. M. Toucas l’a signalée en 1879

dans les calcaires marneux à O. acutirostris ( Bul. Soc. geol. de France, 3° série, VII, p. 71).

Elle n’est pas connue en Westphalie, mais dans la région subhercynienne elle est très caractéristique de Passise du Salzherg-Mergel, aux environs de Quedlinburg.

Dans les couches dites de Gosau des Alpes orientales, elle a été seulement signalée dans un gisement situé entre Bärenbach et Kamach, en Styrie, où -elle se trouve sous la forme de la variété plate Milleri.

Échantillons examinés. — Une série d'échantillons de la craie de Touraine (collection de l'École des mines, collection de l'abbé Bourgeois à l'École de Pontlevoy, collections Le Mesle, À. et G. de Grossouvre).

Nombreux échantillons de la Charente et de la Dordogne (collections Arnaud, Boreau-Lajanadie, Rejaudry et À. de Grossouvre).

Nombreux échantillons des Corbières (collections JE Jean, Toucas et À. de Grossouvre).

Un échantillon de Rouve, près le Beausset (collection Péron).

EXPLICATION DES FIGURES

Planche V.

Fic. 5°. — Individu de petite taille (collection À. de Grossouvre) recueilli par M. Mouret; vu de côté pour montrer l'ornementation des flancs dans le jeune âge, qui consiste tout d'abord en côtes falculiformes. À l'extrémité du dernier tour, on voit apparaître des tubercules sur le bord externe.

Tunnel de Beaulieu (assise M? de M. Arnaud).

Ligne de Ribérac à Périgueux (Dordogne).

Fic. 3. — Le même, vu du côté ventral pour montrer les deux lignes de tubercules qui limitent le méplat ventral.

Planche VI.

Fig. 1°. — Magnifique échantillon (collection Arnaud) vu de côté et montrant l’ornementation de l'adulte. Il n'existe plus sur les flancs que deux rangées de tubercules.

Assise M? de M. Arnaud. f Entrée du tunnel de Beaulieu, ligne de Périgueux à Ribérac (Dordogne).

Fic. 1}, — Le même, vu du côté ventral.

HOPLITIDÉS. 137

Fi. 2. — Échantillon (collection de l'École des mines) vu de côté : il montre le passage de l’ornementation du jeune à celle de l’adulte. La seconde rangée de tubercules se rapproche de plus en plus du bord externe.

Assise à Spondylus truncatus de la craie de Villedieu : Villandry (Indreet-Loire).

Fig. 2. — Le même, vu du côté ventral. On aperçoit encore sur la partie médiane du bord ventral les deux rangées de tubercules qui limitaient primitivement le pourtour externe et qui plus tard disparaîtront complètement, comme le montre l'échantillon représenté par la figure 1.

Planche VII.

Fic. 1°. — Individu (collection Toucas) de taille moyenne, vu de côté, Marnes ferrugineuses intercalées entre les hancs de rudistes, sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).

Fi. 1°. — Le même, vu du côté ventral.

Planche VIII.

Fic. L°. — Échantillon (collection Réjaudry), vu de côté pour montrer l'ornementation des flancs. On constate bien nettement sur le dernier tour que la seconde rangée de tubercules, d'abord située à une certaine distance du bord externe, s’en rapproche progressivement, puis finalement se place exactement sur ce contour. ;

Étage santonien : assise M? de M. Arnaud, la Valette (Charente).

Fic. 1°. — Le même, vu du côté ventral,

PLACENTICERAS BIDORSATUM. A. Rômer, sp,

1841. Ammonites bidorsatus. A. Rômer, Verst. norddeutsch. Kreidegeb., p. 88; pl. XIII, fig. 8.

1867. Ammonites polyopsis. Schlüter, Ammoneen der deutschen Kreide, p. 25, pl. IV, fig. 1 et 2.

1872. Ammonites bidorsatus. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 51, pl. XV, fig. 6 à 8.

M. le docteur Schlüter a séparé de PI. syrtale des échantillons de Dülmen (Westphalie) qu'il avait d’abord, dans.son premier ouvrage, rapportés à cette espèce, sous le nom d’Am. polyopsis : il les a rattachés à An. bidorsatus, Rômer. |

* Ces échantillons présentent une très grande analogie avec les variétés très plates de PI. syrtale, par leur forme très comprimée et l'apparition tardive de l'ornementation.

IMPRIMENIE NATIONALF.

M. le docteur Schlüter base la distinction! des deux espèces : 1° sur une différence du dessin des cloisons, qui, dans PI. bidorsatum, ont leurs lobes et leurs selles plus allongées et plus finement ramifiées, et par le caractère spécial du lobe siphonal, qui a ses branches fortement divergentes; 2° sur la forme du bord siphonal, toujours creusé en gouttière et entouré de deux carènes saillantes, lisses, au lieu d’être denticulées comme chez PI. syrtale.

M. le docteur Schlüter remarque, d’ailleurs, qu'a Dülmen on ne rencontre jamais de formes épaisses avec un bordexterne:un peu large.

On retrouve les mêmes circonstances et les mêmes caractères pour les Placenticeras de la craie du sud-ouest qui habitent la partie mférieure de l'étage campanien. Tous les individus de ce genre sont, à ce niveau, de forme plate et sans ornementation, et avec eux on ne trouve plus de variétés renflées comme dans l’assise inférieure.

Cloisons. — De plus, il est certain que da ligne suturale de ces individus montre des différences assez sensibles avec celles de PI. syrtale : je n'ai pu en relever exactement le dessin, et pour les trois premières selles seulement, que sur un échantillon de Livernant (collection Arnaud), provenant de l’assise P1.

Placenticeras bidorsatum (gros. = 4), d’après un échantillon de Livernant,

On voit que les lobes et les selles sont beaucoup plus ramifiés ‘et profon-

dément découpés que dans PI. syrtale, que leurs corps sont beaucoup plus

grèles et qu'enfin la première selle latérale est notablement plus grande que les suivantes.

Gisement. — Cette espèce se trouve dans les couches immédiatement

HOPLITIDÉS.: 139

supérieures à celles caractérisées par PI. syrtale et est cantonnée dans les assises inférieures de Fée campanien que M. Arnaud a groupées sous la lettre P1.

Échantillons examinés. — Une série d'échantillons (collection Arnaud, Boreau-Lajanadie, Rejaudry) de Mensignac-Vaure (Dordogne), Livérnant et Saint-Hilaire ( Charente). Le plus grand, provenant de Mensignac-Vaure, a un diamètre total de 10 millimètres, une épaisseur maximum de 18 millimètres; il est lisse jusqu’à l'extrémité et sa dernière loge occupe un peu plus de la moitié du dernier tour.

Genre SPHENODISCUS. Meex.

Ce genre a été établi en 1872 par Meek, in Hayden, Ann. rep. U. S. geol. Survey of the territories, p. 297.

On peut prendre comme type de ce genre Ammonites lenticularis, Owen (1852, Rep. low., etc.).

Sphenodiscus lenticularis, d’après Meek (Report. .., IX, p, 466).

Fig. 57.

Sphenodiscus pedernalis, d'après F. Rômer, Kreidebild. v. Texas, pl. T, fig. 3°. Les formes qui se rattachent à ce groupe sont, en général, très comprimées, à bord tranchant, à flancs peu convexes, presque lisses ou ornés seulement de côtes rayonnantes peu apparentes. Les tours sont tres embrassants, ° section ogivale; l’ombilic est très étroit. ah Pour toutes ces espèces, la forme extérieure et l’ornementation varient 18,

assez peu, même pour des niveaux très différents, et leur distinction serait le plus souvent à peu près impossible, si l'on ne pouvait avoir recours, pour les séparer, à la disposition de leurs cloisons.

Elles sont formées d’un grand nombre de lobes et de selles généralement peu découpés et ces dernières sont d'ordinaire à contours simples.

Comme dans Placenticeras, la selle externe, très large, est subdivisée en trois selles qui, le plus souvent, sont nettement individualisées, de telle sorte que le premier lobe latéral, qui, d'ordinaire est le plus abaissé, est constitué réellement par l'ensemble des trois premiers lobes.

Les diverses cloisons sont parfois très rapprochées les unes des autres et deviennent alors sécantes.

On rencontre, dans le terrain cénomanien supérieur des environs de Sainte- Croix, près le Mans, un Sphenodiscus dont M. Douvillé m'a depuis longtemps signalé l’analogie avec l’Am. pedernalis, v. Buch, de l'Amérique du Nord.

SPHENODISCUS cf. PEDERNALIS. L. v. Bucn, Sp.

Je donne ci-dessous le dessin des cloisons d’un individu de Sainte-Croix, dessin que M. Douvillé a bien voulu me communiquer.

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