‹ Recherches sur la craie supérieureChapitre 13 sur 62 · MOYEN · texte numérisé non relu

MOYEN

ASSISE inférieure.

ASSISE supérieure.

Schlônbachia Nanclasi, n. sp 2 Boreaui, n. sp Fournieri, n. sp — Bertrandi, n. sp Hoplites Gosselet, n. sp — Vari, Schlüter, sp

— Lafresnayei, d'Orb., sp. . ..

Placenticeras Fritschi, n. sp

= syrtale, Morton, Sp : ..

== bidorsatum, A. Rômer,

Sphenodiscus Ubaghsi, n. sp — Rutoti, n. sp

Sonneratia Janeti, n. sp Rejaudryi, n. sp rara, D. Sp Païllettei, d'Orb., sp...

Savini, n. sp È Daubréei, n. sp

Muniericeras Lapparenti, n. sp — inconstans, n. Sp — rennense, n. Sp

PHYLLOCERATIDES,. ie 163

FAMILLE DES PHYLLOCERATIDÉS.

Existe-t-11 encore de vrais Phylloceras dans la craie supérieure ? c'est un

point qui reste douteux , car les espèces de la craie supérieure, que l’on pourrait rattacher à ce genre en raison de leurs analogies extérieures, ont leurs cloisons assez différentes de celles des Phylloceras typiques; on n'y observe pas d’une manière bien nette les ramifications spatulées si caractéristiques que l’on retrouve encore dans Ammonites Velledæ, d'Orb. du Gault. H me parait donc difhcile de faire rentrer Am. velledæformis, Schlüt., par exemple, dans le genre Phylloceras tel qu'il est compris, Mais à côté des Phylloceras, on voit se développer à partir du néocomien (inclus) une série de formes, à ornementation faible et principalement marquée sur la région externe des flancs, chez lesquelles la coquille présente souvent des sillons transverses plus ou moins flexueux.

M. Bayle a institué en 1879 le genre Puzosia, en prenant comme type P. subplanulata, de l'étage cénomanien : suivant l'extension que l’on voudra lui donner, on pourra y faire rentrer tout ou parte des formes précédentes.

Plus tard, en 1884, M. le docteur Zittel a créé le genre Desmoceras pour les formes des groupes : 1° d’Am. Beudanti; 2° d’Am. dificilis; 3° d’Am. Emmerici; 4° d’Am. subplanulatus ; 5° d’Am. Gardeni.

Laissant de côté, pour le moment, cette dernière série qui a un aspect tout particulier à cause de ses-tours élevés et peu épais et qui possède en même | temps une quille sur son bord externe, on voit que les genres Puzosia et Desmoceras peuvent être appliqués au même ensemble et être considérés comme synonymes, tant que l'on n'aura pas précisé d’une manière expresse leur extension particulière.

M. Douvillé considère que cet ensemble de formes peut être rattaché à la famille des Phylloceratidés et l'on ne peut, en effet, s’empècher de leur trouver une certaine analogie sous le rapport de l'aspect extérieur. Si l’on examine leurs cloisons, on voit que dans les deux groupes le plan général est

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à peu près le même, et que la ligne suturale y forme de part et d'autre une série régulièrement décroissante, souvent disposée en ligne droite 0).

Maintenant, si l'on compare la ligne suturale des Puzosia avec celle d’un certain nombre d'espèces de Pachydiscus, on ÿ reconnaïtra aussi une ressemblance frappante.

Le genre Pachydiscus, après élimmation des formes qui doivent ètre rattachées aux Sonneratia, doit donc prendre place à côté des Puzosia.

I reste un certain nombre de formes rappelant complétement les Phylloceras par leur aspect extérieur, leur ombilic généralement peut, leurs flancs ornés de stries fines, serrées, et très peu flexueuses. Tel est, par exemple, Ammonites Vellede, Sharpe, de la craie blanche d'Angleterre, qui ne doit pas être confondu avec le type du Gault décrit antérieurement par d'Orbigny sous ce nom. Tels sont encoré Am. velledæformis, Schlüter, et quelques autres formes que je décrirai plus loin. Je n'ai pu obtenir le dessin de leur ligne suturale : es traces qui en restent sur les échantillons examinés sont trop obscures pour permettre un examen complet; toutefois, il m'a paru que leurs cloisons se rapprochent assez de celles des Puzosia et des Pachydiscus. Comme ces espèces constituent un groupe très affine au point de vue de la forme extérieure et de l’ornementation, je propose de les distinguer génériquement sous le nom de Schlüteria. A restera à vérifier si ce genre doit ètre placé plus près des Phylloceras que des Puzosia ou des Pachydiscus.

Enfin, je réunis sousle nom générique de Hauericeras les espèces du groupe d'Ammonites Garden, Bailly in Favre.

Un grand nombre d'individus des espèces appartenant à la famille des Phylloceratidés montrent sur le milieu du contour externe un léger sillon continu : certains auteurs ont exprimé l'idée qu'il était dû à la chute du siphon. Il n’en est rien, car le siphon lui-même affleure immédiatement sous cette dépression. J'ai pu me. rendre compte que la présence de cette dernière est due à deux causes qui agissent probablement d'une manière concomitante dans la plupart des cas. D'une part, dans ces espèces, le siphon est situé très près du test de la coquille; il n'existe donc dans le moule interne qu’une très minime . épaisseur de la substance qui le constitue, entre le siphon et la surface externe, et cette mince pellicule peut se détacher facilement en laissant visible le

0 I convient aussi de remarquer que dans ce groupe les cloisons sont toujours symétriquement disposées par rapport à la ligne médiane du bord ventral, tandis que les Acanthoceratides et les Hoplitidés présentent assez fréquemment une déviation latérale du lobe siphonal.

siphon; d'autre part, il arrive aussi que le test possède, précisément dans cette région et du côté interne, une surépaisseur destinée peut-être à consolider la coquille et à protéger le siphon. Lorsque le test est enlevé, cet épaississement laisse une dépression sur le moule, circonstance qui se produit fréquemment dans un grand nombre de coquilles d’ammonites jurassiques, principalement chez les Perisphinctes. arrive alors que les moules internes présentent un sillon ventral bien marqué, interrompant les côtes et donnant à la coquille l'apparence d’un individu du genre Reineckia : Vexistence accidentelle de ces sillons a fréquemment donné lieu à des confusions dans la détermination des mdividus qui les présentaient.

L'examen de quelques échantillons de Pachydiscus et de Puzosia, possédant encore leur test, m'a permis de constater l’épaississement local que je viens d'indiquer et, au-dessous, la présence d’un sillon dans le moule mterne. Ce

même caractère s'observe aussi sur un certain nombre de Phylloceras typiques.

DESMOCERAS. Zrrrez, emend.

Le genre Desmoceras à été constitué, comme je viens de le dire, pour un ensemble de formes très variées et comprenant plusieurs groupes : je l'ap-. plique plus particulièrement aux espèces voisines d'Ammonites latidorsatus, c'est-à-dire à des espèces à ombilic plus ou moins étroit, à tours plus ou moins élevés, mais ornés de côtes très faibles, ou même sans ornementation sur les moules mternes, et présentant d’ordmaire une série de sillons transverses avec inflexion médiane.

Desmoceras latidorsatum, d’après d'Orbigny (pl. LXXX, fig. 5).

Dans le genre’ainsi COMPrIs, la ligne suturale est assez développée et comprend un grand nombre de lobes et de selles régulièrement décroissants. Le

PHYLLOCERATIDES. 167

premier lobe latéral est assez large et à peu près aussi long que le lobe siphonal; la première selle latérale est divisée en deux parties presque égales par un lobule assez profond ; des deux subdivisions, l’externe est la plus grande ; chacune d'elles est subdivisée à son tour. Les autres selles sont à peu près semblables entre elles et à la première. Les lobes latéraux, tous de même forme, sont un peu moins larges que les selles; ils sont symétriques et infides.

DESMOCERAS PONSIANUM.: A. » GrossoUvRE , n. Sp.

(PI. XXV, fig. 1 et 5.)

Coquille discoïdale, renflée.

Spire formée de tours embrassants, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur, et recouvrant les tours précédents sur environ les trois quarts de leur hauteur.

Ombilic médiocre, sé raccordant graduellement avec les flancs par un pourtour arrondi.

Bord externe large et convexe.

Sections des tours ovalaire, plus haute que large.

Flancs médiocrement convexes.

L'ornementation de la coquille est assez obscure; elle consiste en côtes à peme marquées, visibles seulement sur la région externe des flancs et accompagnées, de distance en distance, de sillons également à peine perceptibles.

Cloisons. — Elles appartiennent bien au type que je viens de définir précédemment, comme on peut s’en rendre compte par l'examen des figures qui montrent plus ou moins distinctement le dessin des cloisons.

Échantillons examinés. — Ün échantillon de Pons (collection Arnaud), type de l'espèce, montre à l'extrémité du dermier tour le commencement de la dernière loge ; on y remarque une légère dépression presque droite, limitée en avant par un relèvement assez prononcé accompagné d’une petite côte. IL provient de l'assise L! des environs de Pons (Charente-Inférieure).

Un échantillon de la base de la craie de Villedieu (collection Le Mésle) que

je rapporte à cette espèce, constitue une variété à ombilic un peu plus large et, comme conséquence, à tours plus épais.

EXPLICATION DES FIGURES

Planche XXV.

Fig. 1°. — Kchantillon (collection Arnaud), type de l'espèce, vu de côté. Calcaires durs du coniacien (assise L! de M. Arnaud). Environs de Pons.

Fi. 12. — Le même, vu du côté ventral.

F6. 5°. — Échantillon (collection de l'abbé Bourgeois) vu de côté. Calcaires durs de la base de la craie de Villedieu, carrières de la Ribochère, commune de Couture (Loir-et-Cher).

Fig. 5}. — Le même, vu du côté ventral.

DESMOCERAS PYRENAÏCUM. A. De GRossouvre, n. sp:

(PL XX, fig. 2; pl. XXXVIL, fig. 9.)

Coquuille discoïdale, renflée, presque globuleuse.

Spire formée de tours très embrassants, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur.

Ombilic petit, assez profond, se raccordant graduellement avec les flancs ‘par un pourtour arrondi. *

Bord externe large et convexe. -

Section des tours ovalaire, un peu plus haut que large.

Les flancs ne montrent pas d’ornementation ; ils présentent seulement de légers sillons, au nombre de 8 à 10 par tour. Ceux-ci sont flexueux, fortement | obliques en avant et présentent un coude à partir duquel ils reviennent un peu en arrière, pour passer ensuite sur le contour externe en y dessinant un fort chevron convexe en avant.

Les échantillons adultes, recueillis par M. Foucas aux environs de Sougraiones (Aude), proviennent des marnes à Mortoniceras texanum du chemim des Croutets, situées immédiatement au-dessous des calcaires à Lima marticensis et Placenticeras syrtale.

Mon confrère, M. Joseph Jean, qui a exploré avec tant de persévérance et de fruit les gisements crétacés des Corbières et auquel je dois la connaissance de nombreux matériaux paléontologiques provenant de cette région, a découvert dans les environs de Sougraignes un gisement de marnes bleues, intercalées entre des bancs à Æippurites cornucopiæ, renfermant de nombreux

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petits fossiles; parmi eux se trouvent des échantillons de céphalopodes de petite taille, recouverts d'un test blanchâtre très fragile, au-dessous duquel le moule interne est enduit d'une mince couche ferrugineuse : celle-ci a conservé le dessin des cloisons dans ses moindres détails. Grâce à cette découverte intéressante, 1l est donc possible d'obtenir la ligne suturale de ces espèces dans les premiers stades de développement, renseignement précieux qui fait défaut pour les ammonites de la craie supérieure et surtout pour celles que l'on a l'habitude de grouper sous le nom générique de Pachydiseus.

Parmi les échantillons de ce gisement se trouve un individu qui se rapporte certainement à Desmoceras pyrenaicum, en raison de l’analogie complète de forme et de l'existence sur le moule des sillons transverses qui le caractérisent.

Je donne ci-dessous le dessin de ses cloisons d'après les photographies prises par mon confrère, M. Nicklès; je tiens à le remercier ici de son amabilité, qui me permet de donner avec précision et à une grande échelle les détails de cette ligne suturale assez compliquée.

Fig. 7 £ à ne | ) ARS

Desmoceras pyrenaïcum (gros: = 10), d’après l'échantillon représenté pl. XXXVIT, fig. 9, (Clichés de M. Nicklès.)

Rapports et différences. — Cette espèce présente de grandes analogies avec Ammonites Emerici, qui en diffère par un ombilic plus large et une allure différente des sillons, et aussi avec Am. ahenus, Stohiczka (Cephal., pl. LXXIIT, fig. 1 et 2), qui s’en distingue par les mêrnes caractères.

EXPLICATION DES FIGURES

Planche XXV.

Fic. 2°. — Échantillon (collection Toucas), type de l’espèce, vu de côté. Marnes bleues situées au-dessous du banc à Lima marticensis sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).

Fig. 2. — Le même, vu du côté ventral.

IMPRIMENIE NATIONALE,

Planche XXX VII.

Fig. 9%. — Individu (collection A. de Grossouvre) de petite taille, reproduit avec un grossissement de 2 diam., vu de côté.

Marnes bleues comprises entre deux bancs à Hippuriles cornucopiæ. Environs de Sougraignes (Aude).

Fic. 9?, — Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en avant; on voit le siphon immé-

diatement sous la surface extérieure du moule.

Fic. 9°, — Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en arrière.

DESMOCERAS STOBZÆT. Nrrssow, sp.

1827. Ammonites Stobæi. Nilsson. Peirific, Suecana, p. 5, pl. I. 1885. Ammonites Stobæi. J.-C. Moberg. Cephalopoderna à Sueriges Kritsystem, p. 18, pl IL, fig. 1 à 5.

On a souvent désigné sous le nom d’Am. Stobæi des Pachydiscus de grande taille à tours lisses ; M. Moberg, dans son mémoire sur les céphalopodes de la craie de Suède, a précisé cette espèce et nous a fait connaître la nature des tours internes, également lisses et présentant chacun sept sillons transverses, légèrement arqués et un peu obliques en avant.

Desmoceras Stobæi, d'après Moberg, Cephalopoderna. .. (PI, I, Gg: 5).

Cette espèce appartient donc au genre Desmoceras, ce que confirme d'ailleurs

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