VIFS
PHYLLOCERATIDÉS. 171
la forme de ses cloisons qui présentent bien les caractères précédemment indiqués pour le genre Desmoceras et diffèrent de celles des Pachydiscus par leurs lobes plus larges. *
.H résulte donc des imdications données par M. Moberg que la forme de Westphalie décrite par M. le docteur Schlüter sous le nom d'Ammonites Stobæi appartient à une espèce différente.
I me paraît très vraisemblable qu'Ammonites Grifithü, du Hard Chalk du comté de Derry, doit être rapporté à l'espèce de Nilsson (Sharpe, Fossil mollusca of the Chalk, p. 28; pl. XI, fig. 3° et 3°); néanmoins, si le dessin des lobes donné par la figure 3° est bien exact et s'il se rapporte bien à cette espèce (car ce dessin a été pris sur un échantillon différent de celui qui a été figuré), il faudrait en conclure qu'Am. Grifiithi est bien distinct d’Am. Stobæi et n'est même pas un Desmoceras.
Gisement. — Cette espèce habite en Suède la craie à Belemnitella mucronata sur toute sa hauteur, à Kôpinge, Balsberg, Ignabergea et Tosterup, et débute à sa base dans l’assise à Actinocamax mamillatus.
Genre PUZOSIA. Bivze.
Je conserve le nom de Puzosia pour les formes du groupe d’Ammonites subplanulatus caractérisées par un ombilic assez large, des tours élevés présentant des sillons transverses et des côtes falculiformes effacées au voisinage de l’ombilic et marquées seulement sur la région externe des flancs.
Fig. 75.
Pazosin subplanulata (gros. = 2,5), d'après un échantillon de Rouen.
La ligne suturale offre une analogie complète avec celle des Desmoceras, mais elle est plus réduite, et le premier lobe latéral est plus long que le lobe ventral, tandis que dans Desmoceras 11 est de même longueur. Les lobes sont trifides et proportionnellement un peu plus étroits que dans les Desmoceras. Les selles, à peu près semblables entre elles, sont divisées en deux parties par un lobule assez profond, et chaque parüe est subdivisée de la même façon que dans les Desmoceras.
Je donne comme type les cloisons d’un échantillon de Puzosia subplanulata de la craie de Rouen, appartenant à l'École des mines, dont le dessin a été pris à la chambre claire par M. Douvillé.:
PUZOSIA MÜLLERI. A. 8 Gnossouvre, n. sp.
1872. Ammonites hernensis. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 4o, pl. XI, fig. 12 et 14.
En 1872, M. le docteur Schlüter a rapporté un échantillon des Cuviert- Pläner de Westphalie à l'espèce des marnes des environs de Herne (étage de l’'Emscher), qu'il avait décrite en 1867 sous le nom d'Ammonites hernensis : cette assimilation me parait fort douteuse, car sur l'échantillon du Cuvieri- Pläner les côtes n'existent que sur la région tout à fait externe des flancs et, de plus, les sions transverses ne présentent pas, près de lombiic, le tubercule bien marqué que l’on trouve dans l’autre espèce.
Je crois donc devoir distinguer la forme turonienne sous un nouveau nom et Je la dédie à M. G. Müller, à qui l’on doit d'excellents travaux sur la craie
subhercynienne.
Gisement. — Cette espèce habite le niveau des Cuvieri-Pläner et se trouve, d’après M. le docteur Schlüter, à Paderbomn, à Rothenfeld et au Windmühlenberg près Salzgitter.
M. le docteur Schlüter rattache à cette espèce des exemplaires du Trichinopoly group de lInde et notamment celui figuré par Stoliczka (pl. LXVIIT,
fig. 1), mais il y a lieu de faire des réserves à ce sujet.
PHYLLOCERATIDÉES. 173
PUZOSIA LE MARCHANDI. À. pe GROSSOUVRE, n. sp.
(PL. XXII, fig. 5.)
Coquille discoidale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants, croissant régulièrement en hauteur et en épaisseur.
Ombilic petit, médiocrement profond, se raccordant avec les flancs par un pourtour arrondi.
Bord externe large, arrondi.
Section des tours ovalaire.
La coquille est ornée de côtes fines, aiguës, arquées, qui prennent nalssance à quelque distance de 'ombilic et passent sur le bord externe en s'infléchissant légèrement en avant. De distance en distance, la coquille présente un sillon transverse, parallèle aux côtes et passant sur le bord externe; en arrière de ce sillon se trouve une côte qui descend jusqu'à l’ombilic, où elle est légèrement surélevée et où elle se termine d’une manière brusque ; entre deux sillons consécutüfs, 1l existe trois ou quatre côtes.
Cloisons. — Inconnues. En raison de l’analogie de cette espèce avec les formes du groupe d'Ammonites hernensis, Schlüter, il est vraisemblable que ses cloisons doivent être semblables à celles qui ont été figurées par M. ie docteur Schlüter (Cephal. d. ober. deutsch. Kreide, pl. VI, fig. À) et que cette espèce doit être rapportée au genre Puzosia.
Rapports et différences. — Cette espèce a beaucoup d’analogies avec Am-
monites hernensis, Schlüter (1867, J'üngsten Ammoneen. . ..: p. 35, pl. VE, fig. 4); celui-ci en diffère par ses sillons moms nombreux par tour (6 au lieu de 9 ou 10) et par le plus grand nombre de côtes qui se trouvent entre deux sillons consécutifs; ces côtes sont, d’ailleurs, arrondies et peu saillantes, tandis que dans P. Le Marchandi elles sont fines et aiguës. Elle diffère par les mêmes caractères d'Ammonites Drascher, Redtenbacher (Cephalopoden der Gosauschichten, p. 123, pl. XXX, fig. 1), espèce qui ne me parait guère différente d'Ammonites hernensis pour le mode d’ornementation; toutefois, il existerait une grande différence entre elles dans le dessin des cloisons, si la figure 1? de Redtenbacher est exacte.
Gisement. — L’échantillon examiné (collection Péron) provient des environs de Rennes-les-Bains (Aude), des calcaires marneux inférieurs aux
marnes à Micraster brevis.
Planche XXII.
Fig. 5. — Individu (collection Péron), vu de côté. Calcaires durs de la base de l'étage coniacien. Environs de Montferrand (Aude).
PUZOSIA CORBARICA. A. pe GRossOUVRE, n. sp.
(PI. XXVIL, fig. 1.) * Coquille plate, discoïdale.
Spire formée de tours peu nombreux, croissant assez rapidement en hauteur. Chaque tour recouvre le précédent sur environ la moitié de sa hauteur.
La section des tours est un demi-ovale dont la largeur est inférieure aux deux tiers de la hauteur; la plus grande largeur se trouve au voismage de lombilic.
Ombilic de grandeur médiocre, nettement séparé des flancs par un pourtour anguleux.
Bord externe arrondi, un peu pincé.
Les flancs sont ornés de côtes fines, nombreuses, au nombre de cent . trente-cinq environ sur le dernier tour, séparées par des intervalles supérieurs à leur largeur. Ces côtes ne sont bien visibles que sur la moitié externe des flancs, où elles sont fortement infléchies en avant. Elles passent sur le contour ventral en y dessinant une inflexion assez prononcée vers la partie antérieure.
De distance en distance, on voit des côtes plus fortes, légèrement flexueuses, qui prennent naissance sur le bord mème de l’ombilic, oùrelles présentent, dès leur point de départ, leur maximum d'épaisseur et de saillie. À partir de là, elles diminuent graduellement d'importance, et à leur passage sur le contour externe, elle ont à peu près la même valeur que les autres.
Les grandes côtes sont au nombre de sept à dix par tour; sur les échanüllons de plus petite taille, elles sont précédées et suîvies de légers sillons qui ne paraissent pas exister sur l'individu de grande taille figuré planche XXVII.
Rapports et différences. — Cette espèce ne présente aucune analogie avec les formes figurées par MM. Schlüter d'une part, Fritsch et Schlünbach de l'autre, sous le nom d’Ammonites Austent.
Par contre, elle offre quelques traits de ressemblance avec Ammonites Austent, Sharpe, et particulièrement avec la figure 1 de la planche XII (Fossil molluska of the Chalk); mais il ne faut pas oublier que celle-ci représente un individu réduit à un tiers de grandeur naturelle : l'allure des côtes est à peu près la mème des deux côtés, mais elles sont plus nombreuses sur le dernier tour de l’exemplaire du Grey Chalk de Guidford que sur celui des Corbières; sur les tours internes, elles sont moins nombreuses et moins marquées. Elles sont aussi un peu plus flexueuses dans l'échantillon anglais.
L'autre type figuré par Sharpe, même planche, fig. 2, à moitié grandeur, montre plus d’analogies apparentes avec l'espèce que j'étudie ici; mais si on le restitue en grandeur naturelle, on voit que les côtes sont beaucoup plus fortes, plus espacées et moins nombreuses. L’allure de leur inflexion n’est pas non plus la même dans les deux espèces. D'ailleurs cet échantillon ne me parait pas pouvoir être rapporté au même type que celui de la figure 1. Il conviendra donc de réserver le nom de Puzosia Austeni à la figure 1, pl. XII, en écartant la figure 2.
Ammonites planulatus de la craie de l'Inde, du Trichinopoly group, figuré par Stoliczka (pl. LXIV, fig. 3, non fig. 1 et 2) se rapporte probablement à la mème espèce que l'échantillon des Corbières, et les différences qui existent paraissent corrélatives des variations dans la grandeur de l’ombilic et l'épaisseur des tours.
Brauns a figuré du gisement du Salzberg, près Quedlinburg, sous le nom de Haploceras clypeale, une forme bien voisine de P. corbarica, sans qu'il soit possible d'affirmer l'identité spécifique : elle parait peu probable, car non seulement le bord externe est plus pincé que dans l’espèce des Corbières, mais l'allure des côtes principales est absolument différente ; à peine indiquées sur la région interne des flancs, elles sont beaucoup plus fortes sur la région externe, tandis que P. corbarica présente une disposition inverse. On peut ajouter que cet échantillon ne paraît guère pouvoir être rattaché à Ammoniles clypealis, tel que l'a figuré M. le docteur Schlüter (Cephal. d. ob. d. Kreide, p. 51, pl. XV, fig. 9 à 12).
P. corbarica se distingue de P. Mayori et P. subplanulata par l'absence de sillons larges et leur remplacement chez les échanullons jeunes par un double
sillon accompagnant les côtes principales, et par ses côtes beaucoup plus nom-
breuses.
Gisement. — Le type figuré (collection Toucas) a été trouvé dans les marnes à Mortoniceras texanum, sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Deux autres échantillons examinés (collection J! Jean) proviennent des environs de Bugarach (Aude).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXVII.
Fi. 1°. — Individu (collection Toucas), type de l'espèce, vu de côté pour montrer l'ornementation caractéristique des ammonites de la série d’Am. subplanulatus. Calcaires marneux, inférieurs au banc à Lima marticensis de la montée
de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Fic. 1. — Le même, vu du côté ventral.
Genre PACHYDISCUS. Zrrrez, emend. À. DE GROSSOUVRE.
Ce genre a été institué par M. le docteur Zittel pour des formes renflées, atteignant parfois une très grande taille, à bord externe épais, convexe,
Pachydiscus neubergicus, d'après Seunes, pl..Il, fig. o°.
ornées de côtes fortes, simples ou bifurquées, et présentant parfois des sillons peu nets sur les premiers tours. EYE RAAG"T ‘
PHYLLOCERATIDÉES. 177
J'ai montré que dans cet ensemble 1l convenait d'éliminer une série de formes se rattachant aux Sonneratia. F
Je propose de prendre comme type de ce genre Ammoniles neubergicus, von Hauer.
IH comprendra des formes à ornementation variable, mais toujours assez accentuée, et à ombilic plus ou moins large; elles sont caractérisées par des cloisons très analogues à celles des Desmoceras et des Puzosia, mais ayant leurs lobes encore plus minces et plus effilés, le premier lobe latéral n'étant pas plus long,
I est certam que l'on pourrait, dans cette nombreuse série d'espèces, dis-
en général, que le lobe siphonal.
üunguer plusieurs groupes différents. On aurait, par exemple, celui de P. Linderi, celui de P. Brandti, celui de P. neubergicus. . . basés sur la similitude de l’ornementation de la coquille et de la disposition des côtes; mais la plupart de ces formes ne sont connues que par un trop petit nombre d’échantillons pour que l’on puisse apprécier convenablement la marche de l’ornementation aux divers stades par lesquels la coquille passe. I serait donc prématuré, je crois, de faire, dès maintenant, cette distinction,
Les moules internes de la plupart des individus appartenant à ce genre montrent un léger sillon sur le milieu du bord externe; j'ai mdiqué précédemment que celui-ci est dû soit à la trace extérieure du siphon de la coquille, soit à un épaississement local du test.
PACHYDISCUS GALICIANUS. E. Favre, sp.
1869. Ammonites galicianus. E. Favre, Description des mollusques fossiles de la craie des environs
de Lemberg, p. 16, pl. IT, Gg. 5 et 6.
On a souvent confondu avec Am. galicianus des formes qui doivent en être réellement distinguées, bien que présentant avec lui certaines analogies, Ce qui me paraît caractériser celui-ci, ce sont ses côtes principales droites, radiales, légèrement tuberculées au voisinage de lombilic, entre lesquelles 11 s'en intercale de distance en distance une intermédiaire, de sorte que le nombre des premières est bien supérieur à celui des autres, puisque, d’après M. E. Favre, le dernier tour présente 27 côtes sur le bord de l'ombilic et 42 sur le pourtour externe : il arrive donc fréquemment que deux côtes principales se suivent immédiatement.
À ce point de vue, je ne pense pas qu'il y ait lieu de réunir Am. galicianus
IMPRIMENIE NATIONALE.
à Am. Oldhami, Sharpe, comme l'indique M. Moberg (Cephalopoderna 1 Sveriges Krilsystem, 1885, p. 23) car dans cette dermière espèce, toutes les côtes principales sont séparées au moins par une côte intermédiaire et parfois, mais rarement, par deux.
1 ne me parait pas possible non plus de rapporter à l'espèce de M. E. Favre la forme décrite et figurée par M. le docteur Schlüter sous ce même nom (Cephalopoden d. ober. deutschen Kreide, p. 63, pl. XIX, fig. 3 à 5, et pl. XX, fig. 9). Cette dernière a en effet 20 à 24 côtes ombilicales pour 50 ventrales, proportion absolument différente de celle qui est mdiquée par M. E. Favre pour les échantillons de Galicie. De plus, dans l'espèce de Haldem et Lemford, les côtes sont un peu épaisses, légèrement flexueuses et infléchies en avant. La distinction des deux types ne me parait donc pas discutable et je propose de désigner l'espèce de Westphalie sous le nom de :
PACHYDISCUS KOENENI. À: pe GRossOUVRE, n. sp.
1876. Ammonites galicianus. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p.63, pl. XIX, fig. 3 à 6, pl. XX, fig, 9.
Le type de cette espèce sera l'échantillon décrit et figuré par M. le docteur Schlüter.
P. Kæœneni ne peut non plus être confondu avec P. Brandt : les adultes des deux espèces sont complètement différents, comme l'indique suffisamment la comparaison de l'échantillon de l'Allemagne du Nord figuré à moitié grandeur, pl. XIX, fig. 5, avec celui des couches de Gosau représenté par Redtenbacher.
P. Kœnent habite dans l'Allemagne du Nord, à Haldem et Lemford, les
couches caractérisées par Hopltes Varti.
PACHYDISCUS LEVYI. À. pe GROssOUVRE, n. sp.
(PL. XXI; pl. XXX, fig. à et 2.)
Coquille discoïdale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants se recouvrant mutuellement à peu près sur les trois quarts de leur hauteur, croissant assez rapidement en hauteur.
Ombilic moyen, peu profond, se raccordant graduellement avec les’ flancs.
PHYLLOCERATIDES. 179
Flancs peu convexes.
Bord externe arrondi. |
Section des tours ovalaire, beaucoup plus large que haute et paraissant avoir sa plus grande épaisseur au voisinage de l'ombilic, au moins autant que l’on peut en juger d’après les échantillons examinés, qui ont tous subi une compression plus ou mois forte.
La coquille est ornée de côtes droites, radiales, c’est-à-dire normales à l'enroulement et passant normalement sur le contour externe ; elles sont légèrement surélevées ou subtuberculées au voisinage de l'ombilic, et entre deux principales s’en intercalent une, deux ou très rarement trois qui viennent mourir sur les flancs à des distances mégales de l’ombilic; parfois elles se réunissent à une côte principale au voisinage de ce dernier.
Ces côtes sont élevées, arrondies, assez espacées les unes des autres; les côtes principales sont plus fortes que les intercalaires.
Au fur et à mesure que la coquille s'accroît, les premières augmentent de plus en plus de valeur et forment finalement de gros bourrelets saillants, tandis que les intercalaires tendent à disparaitre : ces dernières diminuent de longueur et se réduisent à quelques ondulations plus ou moins nettes qui n'occupent plus que la résion tout à fait externe des flancs de la coquille.
Cloisons. — Inconnues.
Rapports et différences. — P. Levyi présente quelques analogies avec Ammonites galicianus, Favre, mais se distingue de celui-ci par le nombre de ses côtes intercalaires qui est souvent de deux ou trois, tandis que dans l’espèce de Galicie 11 n'y en a jamais qu’une entre deux principales, et souvent deux de ces dernières se suivent immédiatement.
L'espèce de Haldem décrite et figurée par M. le docteur Schlüter sous le nom d'Ammonites galicianus (loc. cit., pl. XIX, fig. 3 et 5) se distingue de Pachydiscus Levyi par ses côtes plus serrées et un plus petit nombre des côtes intercalaires : il n'y en a Jamais plus de deux et souvent une seule entre deux principales. Les adultes sont complètement différents, puisque dans l’espèce de Haldem les individus d’une taille comparable à l'échantillon de la planche XXI ont perdu leurs côtes et ne présentent plus que de vagues ondulations. Il ne peut donc y avoir de doute sur la distinction spécifique des deux types.
Pachydiscus Brandti, var. Pégoti (pl. XXX, fig. 3) présente quelques analogies avec P. Levyi aussi bien dans le jeune que dans l'adulte, car, d’une part, on ne peut méconnaitre certaine ressemblance entre les individus des figures 1 et 3 de la planche XXX , et, de l’autre, l'adulte de P. Brandu (pl. XXI, fig. 1) a certainement une ornementation assez voisine du P. Levy adulte de la planche XXI, de sorte que l’on pourrait ètre disposé à regarder ces deux formes comme des variétés plus ou moins déroulées d'un mème type spécifique. Néanmoins cette assimilation est inadmissible, car on ne trouve pas dans P. Levyi les sillons transverses qui caractérisent P. Brandüi, var. Pégot; en outre, on peut remarquer que celui-ci a ses côtes plus serrées, plus obliques en avant et ornées sur le bord de l’ombilic d’un tubercule plus net et plus accentué que la surélévation qui existe dans l’autre espèce.
Gisement. — P. Levyi caractérise les assises inférieures du campanien à Contesdes-Pins (Alpes-Maritimes), où il est accompagné de Micraster pseudoglyphus et de Mortoniceras campaniense. Il a été aussi recueilli dans la Charente par M, Arnaud dans la partie inférieure de l'étage campanien.
Échantillons examinés. — Cinq échantillons (collection de la Sorbonne, collection de l'Ecole des mines) des carrières de Contes-les-Pins (Alpes- Maritimes).
Un échantillon (collection Arnaud) des environs de Montmoreau : assise P! de M. Arnaud. | j EXPLICATION DES FIGURES.
Planche XXI.
Individu (collection de la Sorbonne) type de l'espèce, de grande taille, montrant sur le dernier tour le passage de l’ornementation du jeune à celle de l'adulte. | L'échantillon est un peu aplati et déformé : la section des tours est subovalaire et a
sa plus grande largeur au voisinage de l'ombilic.
Carrières de Contes-les-Pins (Alpes-Maritimes).
Planche XXX.
Fig. 1. — Individu (collection de la Sorbonne) vu de côté pour montrer l'ornementation du jeune âge.
L'échantillon a été déformé par une compression qui a donné aux côtes une inflexion en avant.
Carrières de Contesles-Pins (Alpes-Maritimes).
De LIEE Fragment d’un individu (collection de la Sorbonne), moins déformé que le précédent; il montre que les côtes radiales sont droites et normales à l’enroulement, sauf sur le pourtour externe où elles s’infléchissent un peu en avant par l'effet de la déformation subie dans cette partie.
Carrières de Contes-les-Pins (Alpes-Maritimes).
PACHYDISCUS SAYNI. À. pe GROSSOUVRE, n. sp.
(PI. XXIX, fig. 2.)
Coquille discoïdale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants, se recouvrant sur les deux tiers de leur hauteur, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur.
Ombilic moyen, peu profond, se raccordant très graduellement avec les flancs, qui sont presque plats ou à peine convexes.
Bord externe assez large, arrondi.
Section des tours ovalaire, plus haute que large, ayant sa plus grande largeur au voisinage de l'ombilic.
La coquille est ornée de côtes à peu près droites, radiales, fortes, saïllantes et arrondies, séparées par des intervalles au moins deux fois plus grands que leur largeur et passant sur le bord ventral normalement et sans inflexion sensible. Elles sont de longueur très imégale : les unes naissent sur le bord de lombuic où elles sont un peu surélevées ; les autres, plus courtes, intercalées entre les premières au nombre de une, deux ou même quelquefois trois, sont très irrégulières. Parmi ces dernières, les unes ne descendent qu'à mi-hauteur des flancs, d’autres un peu plus bas, et quelques-unes mêmes s’approchent très près de l’ombilic. [ arrive parfois que deux côtes principales se succèdent immédiatement sans intercalation d’une petite côte intermédiaire.
Cloisons. — Inconnues,.
Rapports et. différences. — Cette espèce, qui présente beaucoup d’analogies avec P. Levyt, s'en distingue par l'irrégularité de l'allure de ses côtes et un nombre moindre de côtes intercalaires. |
À ce dernier point de vue, elle se rapproche d'Ammonites galicianus Favre, mais elle me parait s’en séparer par l'allure plus irrégulière de ses côtes intercalaires, dont les unes sont très courtes et dont les autres, descendant jusqu'à l'ombilic, jouent presque le rôle de côtes principales. Toutefois
il y a lieu de remarquer que l'échantillon sur lequel est basée cette espèce est de plus grande taille que le type de galicianus, et il semble même qu'au commencement du dernier tour l'alternance des côtes principales et des intercalaires soit plus régulière que vers l'extrémité et plus analogue à ce que lon trouve dans l’espèce de Lembersg.
Gisement. — Le seul échantillon examiné provient de la craie des environs d'Allons. Niveau précis indéterminé.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXIX.
FiG. 2. — Individu (collection Sayn) vu de côté. Environs d'Allons (Basses-Alpes).
PACHYDISCUS OLDHAMI. Sarre, sp.
(PL. XXII, fig. 1 et 6.)
1853. Ammonites Oldhami. Sharpe, Fossil mollusca of the Chalk, p. 32, pl. XIV, fig. 2. 1885. Ammonites Oldhami. Moberg, Cephalopoderna 1 Sveriges Kritsystem, p. 23, pl. Il,
fig. 1.
Coquille discoidale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants, se recouvrant sur près des deux tiers de leur hauteur, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur.
Ombuic peut, peu profond, se raccordant avec les flancs par un pourtour arrondi.
Bord externe assez large, arrondi.
Section des tours ovalaire, beaucoup plus haute que large, ayant sa plus grande largeur à peu près vers le tiers inférieur de la hauteur.
Flancs un peu convexes.
La coquille est ornée de côtes droites, radiales, s'infléchissant un peu en - avant sur la région externe des flancs, et passant normalement sur le contour ventral où elles sont un peu effacées dans sa région médiane. Elles sont, assez régulièrement, alternativement courtes et longues, les unes descendant jusqu’à lombilic, les autres disparaissant avant de l’attemdre : exceptionnellement deux côtes courtes ou deux longues se succèdent immédiatement.
PHYLLOCERATIDÉS. 183
À ce point de vue, cette espèce se rapproche donc beaucoup de Pachydiscus P P ) galcianus et, comme dans celui-ci, les côtes principales paraissent être légèrement tuberculées sur le bord de l’ombilic. Elle en diffère par ses côtes un peu plus épaisses, un peu infléchies en'avant sur la région externe des flancs, et à peu près complètement effacées sur la région médiane du contour externe, caractère que présente bien le type d'Ammonites Oldhami figuré par Sharpe et qui ne se retrouve pas chez Pachydiscus qalicianus. P q P ) (]
Les individus Jeunes de cette espèce montrent seulement des côtes prineipales assez fortes, partant de l’ombilic et venant mourir sur la région externe des flancs : au stade suivant on voit apparaitre les côtes intercalaires, et on a alors l’ornementation normale de l'adulte. Plus tard, ces dernières semblent disparaitre et les autres, devenant plus fortes, persistent seules.
Cloisons. — Le grand échantillon examiné ne montre que des traces de cloisons. Le dessin des cloisons de P. Oldhami donné par Sharpe s’écarte notablement de celui.des autres Pachydiscus et, s'il était exact, il faudrait en conclure que cette espèce n'appartient pas au même genre que P. neubergicus, P. gollevillensis, etc. En effet, la première selle latérale, au lieu d’être divisée en deux parties par un lobule profond, est subdivisée en trois par deux lobules.
Gisement. — Cette espèce appartient aux couches les plus élevées de la craie. à
L'échantillon qui a servir de type à Sharpe provient du Hard Chalk de Dungivan, comté de Derry (Irlande).
L’échantillon examiné (collection du Musée de Bordeaux) a été recueilli par Ch. des Moulins à Saint-Georges, près Royan, dans l’assise Q de M. Arnaud.
L'individu jeune (collection Boreau-Lajanadie) a été trouvé dans l’assise Q des environs d’Aubeterre (Charente).
Le musée de Périgueux possède un exemplaire de cette espèce sans indication précise de provenance.
Elle a encore été trouvée par M. Arnaud dans les assises Q et R à Courgeac (Charente), Pontaillac et Saint-Sordolin, près Royan, Niort, près Mirambeau (Charente-Inférieure), Issac et Saint-Privat (Dordogne), L'échantillon de Courgeac, avec un diamètre de 25 centimètres, a des cloisons jusqu’à l'extrémité.
En Suède, LP. Oldhami habite, d'après M. Moberg, les couches supérieures
de la craie à Belemnitella mucronata, à Kôpinge.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXII.
Fig. 1°. — Échantillon de grande taille (collection du Musée de Bordeaux), vu de côté. Assise Q de M. Arnaud, falaises de la Gironde, à Saint-Georges près Royan (Charente-Tnférieure).
F1G. 12. — Le même, vu du côté ventral.
Eic. 6. — Individu jeune (collection Boreau-Lajanadie), vu de côté. ‘Assise Q de M. Arnaud. Aubeterre (Charente).
PACHYDISCUS LAUNAYTI. A. pe GROSSOUVRE, n. sp. (PI. XIX.)
Coquille discoïdale renflée.
Spire formée de tours médiocrement embrassants, se recouvrant à peine sur la moitié de leur hauteur. |
Ombilic assez grand, mal délimité, la paroi ombilicale se raccordant graduellement avec les flancs, qui sont peu convexes.
Bord externe large, arrondi, sans quille ni carène.
Section des tours ovalaire, plus haute que large, ayant sa plus grande largeur au voisinage de Fombilic.
La coquille est ornée de côtes étroites, arrondies, assez espacées, droites, s'infléchissant un peu en avant dans la région externe des flancs et passant normalement sur le pourtour externe sans s'interrompre. GER
En général, entre chaque côte principale s'en intercale une secondaire qui ne descend pas sur la moitié interne des flancs; à l'extrémité du dernier tour, les côtes secondaires disparaissent et il ne reste plus que les principales.
Cloisons. — Inconnues.
Rapports et différences. — Pachydiscus Launayi se distimgue facilement, par sa forme générale et la disposition de ses côtes, des espèces. analogues que l'on trouve aux divers niveaux de l'étage campanien.
Gisement. — Le seul échantillon examiné (collection Arnaud) provient de la base de l’assise P! de M. Arnaud (campanien inférieur) des environs de Voulgézac (Charente).
Planche XIX.
FiG. 1°. — Individu (collection Arnaud) vu de côté. Etage campanien, partie inférieure de l’assise P! de M. Arnaud. Voulgézac (Charente).
Frc. 1°, — Le même, vu du côté ventral.
PACHYDISCUS ISCULENSIS. REDTENBAGHER, sp.
(PI. XXII, fig. 23 pl. XXVI, fig. à; pl. XXXVIL, fig. 1.)
1873. Ammonites isculensis. Redtenbacher, Cephalopodenfauna der Gosuuschichten. Abhandl. d. k. k. geol. Reichsanstalt, t. N, p. 122, pl. XXIX, fig. 1.
Coquille discoïdale, renflée.
Spire. formée de tours embrassants, se recouvrant sur plus des deux tiers de leur hauteur, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur.
Sections des tours ovalaire, ayant sa plus grande largeur à peu près à mihauteur.
Ombilic de grandeur médiocre, à pourtour arrondi.
Bord externe, large, arrondi.
Dans le jeune âge, la coquille est ornée de côtes transverses qui prennent naissance sur la paroi ombilicale, se surélèvent à une petite distance de l’ombilic en un tubercule allongé, assez saïllant, puis se continuent sur les flancs et passent sur la région ventrale avec une légère inflexion en avant. Entre elles on voit s’en intercaler une ou deux, ayant à peu près la même valeur, mais légèrement plus faibles toutefois et ne dépassant pas les tubercules ombilicaux; d’autres, beaucoup plus fables encore, se montrententre les précédentes, mais seulement sur la région externe des flancs.
À un stade ultérieur, la coquille est ornée de côtes fines, espacées, obliques en avant et légèrement arquées, passant à peu près normalement sur le contour externe; d'ordinaire, entre deux côtes il s’en intercale une qui ne descend pas jusqu'à l'ombilic. ;
Sur la moitié du dernier tour du grand échantillon paie planche XXVI, fig. 1, la valeur des côtes augmente rapidement; elles deviennent progressivement plus fortes et plus épaisses, une longue alternant toujours avec une et parfois deux courtes; toutes sont de même valeur, mais les longues sont
IMPRIMENIE NATIONALE,
surélevées sur le bord de l'ombulic et les échantillons munis de leur test les montrent subtuberculées en ce point.
Un échantillon de taille plus forte que celui figuré, appartenant à M. l'abbé Prax, ancien curé de Sougraignes, est à peu près identique au type de Redtenbacher.
Cloisons. — Elles sont invisibles sur les échantillons examimés, mais le dessin qui en a été donné par Redtenbacher pour celui des environs d'Ischl montre bien qu’elles se rapportent au mème type que celles de P. neubergicus, P. colligatus, etc.
Fig. 77.
Pachydiseus isculensis, d'après Redtenbacher, Gephalopodenfauna, pl. XXIX, fig, i.
Rapports et différences. — Cette espèce se distmgue facilement des formes similaires, telles que Pachydiscus Linderi, par la surélévation de ses côtes sur
le bord de l’ombuic.
Gisement. — Le type de l'espèce a été pris sur un échantillon des couches de Gosau, recueilli sur la route d'Ebensee à Ischl (Kohlbüchl).
Les formes des Corbières qui sé rattachent à ce type proviennent des environs de Sougraignes et ont été recueillies sur le chemin des Croutets, dans les marnes ferrugineuses à Placenticeras syrtale, intercalées entre les deux niveaux inférieurs de rudistes.
PHYLLOCERATIDES. 187
Je rapporte, avec quelques réserves, à la même espèce un échantillon recueilli par M. Arnaud dans la tranchée d'Éraville, tout à fait à la base de l'assise P! (campanien inférieur).
Échantillons examinés. — Six échantillons (collection de l'École des mines, collections Joseph Jean, abbé Prax, A. de Grossouvre) des environs de Sougraignes (Aude).
Un échantillon (collection Arnaud) d'Éraville. (Charente), des couches les plus inférieures de l’assise P1,
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXII.
Fig. 2. -—- Individu (collection Arnaud) vu de côté. Campanien inférieur; partie inférieure de l’assise P! de M. Arnaud. Éraville (Charente).
Planche XXVI.
Fig. 1°. — Individu (collection de l'École des mines) vu de côté, montrant des côtes alternativement longues et courtes.
Couches marneuses intercalées entre les bancs inférieurs à rudistes du chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Fig. 1. — Le même, vu du côté ventral.
Planche XXXVIL
FiG. 1°. — Individu de petite taille (collection A. de Grossouvre), vu de côté. Marnes ferrugineuses à Placenticeras syrtale comprises entre les deux bancs inférieurs de rudistes du chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Fic. 1°. — Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en avant.
Fic. 1°. —— Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en arrière.
PACHYDISCUS JEANT. À: DE GROSSOUVRE, n. sp.
(PI. XXVI, fig. 5.)
Je rapporte à une espèce différente de la précédente un, échantillon du même gisement, ayant la même forme générale, mais bien distinct par son ornementation ; celle-ci consiste, sur les tours intérieurs, en côtes fines, arrondies, serrées, presque droites et normales à la spire d’enroulement, partant de l'ombilic et traversant sans interruption et normalement le contour
externe. Sur la dernière moitié du dermier tour, l’ornementation se modifie brusquement et les côtes fines font place à des côtes fortes, épaisses, assez espacées et alternant avec des côtes moins longues qui ne descendent pas jus-
qu'à l'ombulic.
Cloisons. — Inconnues.
Gisement. — Un seul échantillon examiné (collection Joseph Jean), provenant des marnes ferrugineuses à Placenticeras syrtale des environs de Sougraignes, intercalées entre les deux bancs inférieurs de rudistes.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXVL.
FiG. 5. — Individu (collection J' Jean) vu de côté. Environs de Sougraignes.
PACHYDISCUS EINDERI. A. DE GROSSOUVRE, n. sp. (PI. XVIII; pl. XXIV, fig. 4.)
Coquille plate, discoïdale.
Spire formée de tours embrassants, croissant assez rapidement en hauteur.
Section des tours semi-ovalaire, ayant sa hauteur bien supérieure à sa largeur, le maximum de cette dernière se trouvant près de l’ombulic.
Ombilic de grandeur médiocre, à paroi verticale séparée des flancs par un pourtour arrondi un peu pincé.
Bord externe rond, un peu étroit.
Les flancs, presque plats, sont ornés dans le Jeune de côtes nombreuses, fines, faiblement obliques en avant et légèrement arquées, de mamière à présenter leur concavité vers la partie antérieure, Elles descendent toutes jusque sur le bord de lombilic : 11 semble qu'il y en a de distance en distance quelques-unes plus fortes que les autres, mais la différence, si elle existe, est très peu accusée.
Ces côtes, d’abord très fines et très serrées, s’espacent peu à peu d’une manière régulière, en même temps qu'elles deviennent proportionnellement plus fortes; une côte longue alterne alors avec une courte. Gette dernière s’efface à une distance plus ou moins grande de l'ombilie, le plus souvent à mi-hauteur
PHYLLOCERATIDÉS. 189
des flancs, parfois au-dessous et parfois au-dessus; rarement on voit deux
côtes intercalaires successives.
Rapports et différences. — Pachydiscus Linderi présente quelques analogies avec P. Austeni, in Schlüter, mais l’ornementation ne se modifie pas de la même manière dans les deux espèces; dans celle de Westphalie, les côtes principales s’espacent et le nombre des intercalaires se multiplie, ce qui n’a pas lieu dans le type des Corbières.
Les adultes de cette espèce ont beaucoup d’analogies avec Pachydiscus isculensis, Redtenbacher, mais ils en différent par leurs côtes beaucoup plus
serrées pour une largeur d'ombilic à peu près égale.
Gisement. — Les échantillons examinés proviennent des Corbières.
L'un (collection J' Jean) a été recueilli dans les marnes à micrasters des environs de Bugarach (Aude).
L'autre (collection A. de Grossouvre) a été trouvé par M. Roussel dans les environs de Padern, dans des couches appartenant à l'étage coniacien et
probablement à sa partie inférieure.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XX VIII.
Individu de grande taille (collection A. de Grossouvre), type de l'espèce, vu de côté et montrant sur le dernier tour des côtes alternativement longues et courtes. Environs de Padern (Aude), partie inférieure de l'étage sénonien.
Planche XXIV.
Fi. 4. — Individu (collection J' Jean) vu de côté pour montrer l’ornementation des flancs.
La section des tours est ovalaire, beaucoup plus haute que large. Marnes à micrasters. Bugarach (Aude).
PACHYDISCUS MOBERGI. À. pe GROSsOUVRE, n. sp.
1372. Ammonites Austeni. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 38, pl. XI, fig. 1.
M. le docteur Schlüter a figuré sous le nom d’Ammonites Austen: un mdividu
bien différent du type de Sharpe (1854). L’allure des côtes n’est pas la mème, car elles sont flexueuses dans l'espèce anglaise et simplement arquées dans celle de Westphalie. En outre, dans cette dernière les côtes descendent sur la région interne des flancs, tandis que dans la première elles sont bien marquées seulement sur la région externe.
Gisement. — Pachydiscus Mobergi a été trouvé dans les sables verts turoniens de Soest qui correspondent aux Scaphiten-Pläner.
PACHYDISCUS CAREZI. A. pe GROSSOUVRE, n. Sp.
(PL XXV, fig. 3: pl. XXXVII, fig. 5.)
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours embrassants, croissant assez lentement en hauteur et en largeur.
Flancs un peu convexes.
Bord externe arrondi,
Ombilic moyen.
L'ornementation consiste d'abord en côtes très peu obliques, partant par paires d’un tubercule ombilical; entre les paires, il s'intercale, d'ordinaire, une ou deux côtes auxiliaires: De distance en distance, on voit un sillon transverse, large et peu profond. Puis ces sillons s’effacent, les bifurcations deviennent obscures, disparaissent, et finalement l'ornementation consiste en côtes principales, subtuberculées au voisinage immédiat de l'ombilic, entre lesquelles s’intercalent deux ou trois côtes plus courtes et généralement de longueurs inégales.
Cloisons. — Inconnues.
Rapports et différences. — J'indique ailleurs comment cette espèce se distingue de Puzosia Le Marchand, avec lequel elle présente quelques affinités.
Gisement. — Pachydiscus CGarezi appartient à l'étage coniacien des Corbières.
Échantillons examinés. — Deux échantillons,
PHYLLOCERATIDES. 191
L'un (collection Carez) provient des marnes à micrasters des environs de Rennes-les-Bains (Aude); l’autre (collection J° Jean) a été recueilli dans les calcaires marneux à micrasters de Bordeneuve, près Rennes-les-Bains.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXV.
Fic. 3. — Échantillon (collection Carez), type de l'espèce, vu de côté. Couches à micrasters des environs de Rennes-les-Bains.
Planche XXX VIT.
Fic. 5. —— Individu (collection J' Jean), vu de côté.
Calcaires marneux à Micraster brevis de Bordeneuve, près Rennes-les- Bains (Aude).
PACHYDISCUS CAYEUXI. A. pe GRoSsOuvRE, n. sp. (PI. XXXVI, fig. 3.)
Coquille discoïdale, renflée.
Spire formée de tours émbrassants, sé recouvrant sur les deux tiers de leur hauteur.
Ombilic médiocre, à pourtour arrondi, se raccordant graduellement avec les flancs.
Bord externe large, arrondi.
Flancs très convexes,
Section des tours ovalaire, ayant sa plus grande largeur à peu près vers le milieu de la hauteur.
La coquille est ornée de côtes transverses, obliques en avant, traversant le contour externe avec uné légère inflexion en avant. Les principales prennent naissance sur le bord de l'ombilic et se surélèvent en un tubercule allongé ; entre elles, il naît une, deux ou trois côtes secondaires plus faibles, qui descendent seulement jusqu’à une certaine distance de l’ombilic : celles-ci sont de valeur très inégale, quelques-unes sé réduisant à de simples plis à peme visibles, et sont très irréguliérement espacées.
Sur l'extrémité du dernier tour, les côtes intermédiaires se multiplient, de manière qu'entre deux côtes principales 1l en existe quatre ou cinq intercalaires; en même temps celles-ci deviennent plus régulières comme force et comme espacement.
Cloisons. — Inconnues.
2 ! Al r 9 2 Rapports et différences. — Cette espèce présente beaucoup d analogies avec la forme que j'ai considérée comme le jeune de Pachydiscus isculensis ; elle en diffère par une irrégularité très marquée dans la disposition et la forme des costules qui s'intercalent entre les côtes principales.
Gisement. — L'échantillon examiné (collection A. de Grossouvre) a été recueilli, par M. J' Jean, sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude), dans les marnes à Placenticeras syrtale intercalées entre les deux bancs infé-
* rieurs d'hippurites. |
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXXVI.
F1G. 3°. — Individu (collection À. de Grossouvre) vu de côté. On voit, au commencement du dernier tour, des côtes très irrégulières dont les plus longues présentent, près de lombilic, un tubercule saïllant, Marnes ferrugineuses intercalées entre les bancs inférieurs de rudistes sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude). Niveau à Placenticeras syrtale.
F1G. 32. — Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en arrière.
Fr. 3°. — Le même, vu du côté ventral, l'ouverture en avant.
PACHYDISCUS BRANDITI. ReDTENBAGHER, sp.
(PL XXII, fig. à à 3; pl. XXX, fig. 3.)
1873. Ammonites Brandti. Redtenbacher, Die Cephalopodenfauna der Gosauschichten (Abhandl. d. k. k. geol. Reichsanstalt, t. V), p. 106, pl. XXIV, fig. 1. ;
1891. Pachydiscus galicianus. Favre, sp. mut. tercensis, Seunes, Mem. Soc. geol. de France. Paléontologie. Mémoire n° 2, p. 16, pl. VI, fig. 4.
1891. Pachydiscus aturicus. Seunes, Mém. Soc. géol. de France. Paleontologie. Mémoire n° »,
p. 17, pl. VI, fig. 2 et 3.
Coquille plate, discoïdale.
Spire formée de tours peu embrassants, se recouvrant à peine sur la moitié de leur hauteur et croissant assez lentement en hauteur et-en largeur.
Ombulic assez grand, assez profond, délimité par une paroi verticale se
PHYLLOCERATIDÉES. 193
raccordant par un pourtour un peu pincé avec la convexité générale de a coquille.
Bord externe arrondi, très convexe, montrant parfois un léger sillon médian. |
Section des tours semi-ovalaire, un peu plus large que haute, ayant sa plus grande hauteur au voismage de lombilic.
Au diamètre de 12 millimètres, la coquille est à peu près complètement lisse et c’est seulement à partir de cette taille que commencent à se montrer des côtes ombilicales, courtes, surélevées, s’atténuant avant d'atteindre la moitié de la hauteur des flancs; au diamètre de 25 millimètres, elles sont de mieux en mieux marquées et on voit apparaître des sillons transverses. Au diamètre de 30 millimètres, de plus en plus allongées, elles passent sur le pourtour externe et sont accompagnées de côtes intermédiaires. Les premières commencent brusquement sur le bord de l’ombilic par une partie un peu plus forie et comme subtuberculée; elles sont droites, légèrement obliques en avant, généralement simples, très rarement bifurquées. Le plus souvent il s'intercale entre elles, sur la région externe, une et plus rarement deux côtes intermédiaires qui ne descendent guère au-dessous,de la moitié de la hauteur des flancs. Les côtes sont séparées par des intervalles bien supérieurs à leur largeur.
De distance en distance se montrent des sillons transverses au nombre de quatre par tour, qui s’atténuent à mesure que la coquille est plus développée ; la disparition des étranglements se produit vers le diamètre de 60 à 50 millimètres ; en même temps les côtes intermédiaires deviennent plus rares et on arrive ainsi à l’ornementation figurée par Redtenbacher, pl. XXIV, fig. 1, laquelle correspond presque identiquement à celle de l'échantillon de Tercis que j'ai représenté pl. XXIT, fig. 1. Elle se compose alors de côtes droites, radiales, très fortes, au nombre de vingt-quatre par tour (comme sur l’échantion du Neue-Welt), avec quelques côtes intercalaires sur le pourtour externe.
M. Pégot a recueilli, dans les couches gréseuses du Pas-de-Gazaïlle, près Sainte-Croix (Haute-Garonne), un exemplaire de cette espèce bien conforme au type de Redtenbacher et au grand échantillon de Tercis.
Je rapporte à cette espèce, comme variété, l'individu de la planche XXX, fig. 3, dont un dessin, d’après un moulage en plâtre, a déjà été donné par M. Seunes, qui a désigné cette forme sous le nom de Pachydiscus galicianus, mut. tercensis. Je considère, au contraire, que l’on a seulement là une variété
TAPRIMENIE NATIONALT.
de P. Brandti à ombilic plus étroit, à tours plus élevés et à ornementation plus fine et plus serrée. Elle montre, en effet, des silons transverses sur les tours intérieurs et, à la fin du dermer, les côtes s’espacent, deviennent plus fortes et plus robustes et commencent à montrer une ornementation analogue à celle de P. Brandti de grande taille. Je possède, d’ailleurs, un exemplaire de la carrière d'Angoumé, qui constitue une forme intermédiaire entre l'échantillon de la planche XXX et ceux de la planche XXIIT; il montre, d’une manière plus nette encore que l'individu figuré, l'identité de l’ornementation de cette forme avec celle de P. Brandii type.
Je distinguerai cette variété extrême à côtes fines etserrées (pl. XXX, fig. 3) sous le nom de Pachydiscus Brandt, var. Péqot.
Cloisons. — Les exemplaires de Tercis ne possèdent que des traces de la ligne suturale, msuffisantes pour en caractériser le plan et les détails. Je reproduis ici le dessin des cloisons donné par Redtenbacher pour
l'échantillon de Grünbach, pl. XXIV, fig. 1°.
Pachydiscus Brandt, d’après Redtenbacher, Cephalopodenfauna AA pl. XXIV, fig. 1°.
On voit que tout en présentant, au point de vue du plan général, de grandes analogies avec celles des autres Pachydiscus, elles s'en écartent assez sensible ment, néanmoins, par certains détails. Les lobes, très étroits, se terminent en pointe et sont nettement symétriques; les selles sont moins découpées que dans P. neubergicus et P. colligatus.
Rapports et différences. — L'espèce de Tercis et de Sainte-Croix, identique à celle des couches du Neue-Welt, est bien caractérisée par sa forme et son ornementation, et n'est comparable à aucune autre de la craie supérieure; en particulier, elle se distingue facilement de Pachydiscus galicianus par l'existence
des sillons que l'on trouve sur les premiers tours.
PIYLLOCERATIDES. 195
Gisement. — Elle appartient aux couches les plus élevées de la craie et a été rencontrée à Tercis (Landes), aux ‘environs de Sainte-Croix (Haute- Garonne) et dans la région du Neue-Welt (Autriche), à Grünbach et à Muthmannsdorf, où elle est accompagnée de P. neubergicus.
Échantillons examinés. — Neuf de la carrière d’Angoumé et de la grande carrière de Tercis, assise à Echinocorys Hébert (collections Arnaud, Fallot et À. de Grossouvre). Un autre du Pas-de-Gazaïlle, près Sainte-Croix (collection Pégot).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXII.
Fic. 1°. — Individu adulte (collection Fallot), vu de côté, montrant l’ornementation
caractéristique de l'échantillon figuré par Redtenbacher. Grande carrière de Tercis (Landes).
Fic. 1°. — Le même, vu du côté ventral.
Fr6. 2. — [ndividu de taille moyenne (collection Arnaud), vu de côté, montrant le passage de l’ornementation de l’âge moyen à celle de l'adulte. Grande carrière de Tercis (Landes).
Fic. 3°. — Le même, vu de côté, après avoir enlevé une partie du dernier tour.
Fi. 3°. — Le même, section des tours à l'extrémité.
Planche XXX.
F6. 3. — TIndividu (collection Arnaud}, vu de côté, se distinguant du type par ses côtes plus fines et plus serrées et constituant la variété Pégoti.
PACHYDISCUS CANALI. A. pe GROSSOUVRE, n. Sp.
(PL XXXVIIT, fig: 2.)
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours peu-embrassants, croissant ‘assez lentement-en‘hauteur et en:largeur, convexes sur les flancs et ayant leur plus grande épaisseur au voisinage de l’ombilic.
Bord externe large, arrondi.
Ombilic assez grand, mal délimité.
Section des tours semi-ovalaire.
L'ornementation consiste en côtes radiales au nombre de douze environ par
tour, trés fortes, très élevées, pincées et presque aiguës, s'infléchissant un peu en avant pour passer sur le contour externe ; ces côtes sont surtout fortement saillantes sur la moitié interne des flancs.
Entre ces côtes principales s’en intercalent deux autres plus courtes, mais imégales, dont l’une descend jusqu'à une petite distance de lombilic, tandis que l’autre s'arrête à peu près à mi-hauteur des flancs.
Cloisons. — Inconnues.
Rapports et différences. — Je ne connais aucune forme qui puisse se rapprocher de cette espèce : Ammonites Wittekindi, Schlüter, que ce savant avait d'abord appelé Ammonites robustus, montre quelques analogies avec elle, dans ses premiers stades, mais ses côtes principales, sont tuberculées autour de lombilic et d'ordinaire séparées par une seule côte intermédiaire.
L’adulte de Pachydiscus Brandt présente aussi quelques analogies avec cette espèce, mais dans ce dernier les côtes principales dominent et il n’y a qu'exceptionnellement, de distance en distance, une côte intermédiaire.
Gisement. — Dans les Corbières et aux environs de Foix, dans les couches marneuses à Micraster brevis de l’étage coniacien.
Echantillons examinés. — Deux échantillons (collection À. de Grossouvre), lun que j'ai recueilli sur le chemin de Nalzen à Freychenet (Ariège), dans un gisement à M. brevis où m'avait guidé M. Canal, instituteur à Gabachou, et l’autre provenant des couches à micrasters des environs des Escudiers, près
Saint-Louis (Aude).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXX VIII.
Fi. 2°. — Individu (collection À. de Grossouvre), type de l'espèce, vu de côté. Marnes à Micraster brevis sur le chemin de Nalzen à Freychenet (Ariège).
F6. 2}. — Le même, vu du côté ventral.
PHYLLOCERATIDES. 197
PACHYDISCUS STURI. ReDTENPACHER, sp.
1873? Scaphites Sturi. Redtenbacher, Die Cephalopodenfauna der Gosauschichten (Abhandl. d. k. k. geol. Reichsanstalt), p. 129, pl. XXX, fig. 10. ‘ 1890. Pachydiscus aurito-costatus. Seunes, Terrains secondaires de la région sous-pyréneenne,
p- 239, pl. VIT, fig. 4.
La collection de l'École des mines possède un échantillon de cette espèce presque identique au type de Redtenbacher; 11 provient des calcaires à stegasters des environs de Gan, près Pau (Basses-Pyrénées), et a été figuré par M. Seunes en 1890.
M. Nicklès m'a communiqué plusieurs échantillons de cette même espèce provenant des calcaires blancs crayeux à Pachydiscus neubergicus, Gaudryceras planorbiforme et Echinocorys tenuituberculatus du Mas de Blas Giner, près Alcoy (province d’Alicante); il l’a citée sous le nom de Pachydiscus auritocostatus (loc. cit., p. 101).
J'ai relevé le dessin des cloisons de l'échantillon de Gan; on voit qu’elles sont bien conformes au type de celles de Pachydiscus.
ST
5€ a { A N ON
Pachydiscus Sturi [gros.—5), d’après un échantillon de Gan.
Le type de Reditenbacher a été recueilli dans les couches dites de Gosau, à Muthmannsdorf (Neue-Welt); cette espèce appartient donc, dans les Alpes orientales aussi bien que dans les Pyrénées et en Espagne, aux couches les plus élevées de la craie.
PACHYDISCUS AMBIGUUS. A. DE GROssOUYRE, n. sp. (PI. XXIX, fig. 3.)
1872. Ammonites cf. aurito-costatus. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 70,
pl. XXIL fig. 6 et 7.
M. le docteur Schlüter a rapporté avec doute à Ammonites aürilo-costatus un fragment d’un échantillon de Darup (Westphalie) qui diffère certainement de cette espèce par ses tours plus plats, ses côtes plus nombreuses et l'absence de tubercules à leur extrémité ombilicale. Je propose done de distinguer cette espèce par un nouveau nom.
M. Arnaud a trouvé, dans les couches de l’assise P5 à Tauillard, un échantillon identique à ce fragment de Darup, mais en assez médiocre état de
conservation.
Cloisons. — Inconnues.
Gisement. — Campanien moyen.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXIX.
Fic. 3°. — Individu (collection Arnaud) vu de côté, montrant la même ornementation que celui figuré. par M. Schlüter (pl. XXII, fig. 6 et 7). Couches inférieures de l’assise P5 de M. Arnaud. Tauillard (Charente).
Frc. 32. — Le même, vu du côté ventral.
PACHYDISCUS LUNDGRENT. À. De GROSSOUVRE, n. sp.
1872. Ammonites Stobæi. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p. 56, pl. XVIN, fig. 4, 5 et 7, non fig. 6.
M. le docteur Schlüter a décrit, sous le nom d’Ammonites Stobæi, une espèce de la craie de Coesfeld, différente du type de Nilsson, tel que nous l'a fait connaître M. Moberg. L'espèce de Suède’est toujours lisse et présente sur ses tours internes des sillons transverses, tandis que celle-de Coesfeld montre des côtes visibles seulement sur le contour externe qu’elles traversent normalement; il y a donc lieu de distinguer cette dernière sous: un nouveau nom.
PHYLLOCEÉRATIDES. 199
Gisement. — P. Lundgreni habite les couches moyennes de l’étage campamen. Il se trouve à Coesfeld et Darup, à la partie inférieure de la craie à Belemnitella mucronata.
PACHYDISCUS DÜLMENSIS. ScuLürer, sp.