PI. XX
1872. Ammonites dülmensis. Schlûüter, Cephalopoden der oberen deuischen Kreide, p. 52,
pl XVI, fig. 1 et 2.
Coquille très renflée, globuleuse.
Spire formée de tours très embrassants, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur.
Ombulic petit, profond, séparé des flancs par un pourtour un peu anguleux.
Bord externe large, arrondi.
Section des tours semi-ovalaire, peut-être un peu plus large que haute ; la plus grande épaisseur de la coquille se trouve un peu au-dessous de la moitié de la hauteur.
L'’ornementation consiste en côtes fines, assez serrées, obliques en avant, légèrement arquées et présentant leur concavité en avant. Elles partent à peu près toutes du bord de l’ombilic et passent normalement sur le bord externe.
M. le docteur Schlüter dit que dans l’espèce de Dülmen les côtes ne sont visibles que sur les échantillons munis de leur test; cependant elles sont très nettes sur l'échantillon ici figuré, qui est pourtant un moule interne montrant des traces peu distinctes des cloisons.
On remarquera en outre que quelques côtes ont tendance à se réunir en faisceaux au voisinage de l'ombilic, caractère qui n’est pas indiqué par M. le docteur Schlüter dans sa description et qui n’est pas visible sur sa figure.
Néanmoins les analogies entre les deux échantillons sont si grandes sous le rapport de la forme, de l’ornementation et du nombre des côtes (une soixantaine par tour), qu'il ne me paraît guère possible de les séparer.
La tendance des côtes à se réunir par places en faisceaux rapproche cette espèce d'Ammonites deccanensis, Stoliczka (Cephalopoda of the cretaceous Rocks of Southern India, pl. LXIIE, fig. 1), mais dans ce dernier, elles sont bien moms nombreuses et il existe de gros tubercules tout autour de l’ombilic.
Gisement. — Pachydiscus dülmensis se trouve en Aquitaine, dans les couches les plus inférieures de l'étage campanien, à la base de l’assise P! de M. Arnaud.
Dans la première partie de son ouvrage (1872), M. le docteur Schlüter dit que cette espèce appartient à l’Unter-Senon, à la zone à Belemnitella quadrata (Haupt-Schichten mit Belemnitella quadrata). Plus tard (1876, loc. cit., p. 200), il dit quil n’a rencontré à Dülmen que de mauvais échantillons de B. quadrata, et il ajoute (p. 243) que l’état de conservation des exemplaires recueillis ne permet pas de détermination précise, de sorte qu'il ne cite plus la belemnitelle de Dülmen que sous le nom Act. cf. quadratus.
Echantillons examinés. — Deux (collection Arnaud), provenant du Maime- Bardon et de Chardurie, commune de Charmant (Charente).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XX.
Fic. 1°. — Individu de grande taille (collection Arnaud), vu de côté. Étage campanien. Partie inférieure de l’assise P! de M. Arnaud. Le Maine- Bardon (Charente).
F1G. 1?. — Le même, vu du côté ventral.
PACHYDISGUS SUBROBUSTUS, Seunrs.
(PI. XXXVI, fig. 2.)
1891. Pachydiscus subrobustus, Seunes, Meém. Soc. geol. de France. Paléontologie. Mém. n° 2,
p. 19, pl. IV, fig. 1.
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours assez embrassants, se recouvrant sur les deux tiers environ de leur hauteur, croissant peu rapidement en hauteur et en largeur.
Omhilic médiocre se raccordant graduellement avec les flancs par un pourtour légèrement arrondi.
Section des tours ovalaire, plus haute que large.
Bord externe large, arrondi.
Flancs médiocrement convexes.
La coquille est ornée de côtes ombilicales, assez fines, radiales, un peu
PHYLLOCERATIDÉS. 201
surélevées au voisinage de l'ombilic, se bifurquant vers le tiers de la hauteur et passant normalement sur le contour externe; le plus souvent il s'ajoute une côte intercalaire qui ne descend guère au-dessous de la moitié de la hauteur des flancs.
Quand la coquille a atteint une certaine taille, la bifurcation devient moins nette et disparait; puis les côtes intercalaires s’effacent peu à peu et il ne resle plus que les côtes ombilicales, surélevées jusqu'à une certaine distance oion externe.
Cette espècé a été souvent désignée dans les listes de fossiles de la craie
de l’ombilic, et notablement atténuées sur la ré
pyrénéenne sous le nom d’Ammonites robustus, Schlüter (nom que ce savant avait déjà changé, en 1876, en celui d’Ammonites Wittekindi, le nom d'An. robustus ayant été employé précédemment).
Les analogies de l'espèce de Tercis avec celle de Haldem et Lemfôrde sont | d’ailleurs si lointaines, qu'il ne me paraît pas utile d’nsister sur les différences qui des séparent.
Les individus jeunes de P. subrobustus présentent aussi quelques analogies avec ceux de P. neubergicus, mais chez ce dernier le nombre des côtes ombilicales est bien moindre, et l’analogie disparait complètement à un stade plus avancé.
P. subrobustus diffère de P. gollevillensis parce que chez ce dernier l’ornementation est toujours atténuée dans la région médiane des flancs, et les côtes sont assez obliques en avant.
Gisement. — Cétte espèce se trouve avec P. neubergicus, P. colligatus et Tarrilites polyplocus dans la grande carrière de Tercis et dans la carrière d’Angoumé. M. Seunes la cite aussi d'Heugas (Landes).
Echantillons examinés. — Cinq (collections Arnaud et À. de Grossouvre) de la carrière d'Angoumé (Landes). |
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXXVL
Fic. 2°. — Individu (collection A. de Grossouvre) vu de côté pour montrer lornementation de cette espèce et la persistance des côtes ombilicales dans l’adulte. Grande carrière de Tercis (Landes).
Fc. 2. — Le même, vu du côté ventral.
IMPRIMENIE NATIONALE,
PACHYDISCUS COLLIGATUS. Vox Bnxnonsr, sp. emend. À. DE GROssouvRe.
(PL XXIV, fig. à et 3, et pl. KXXIII.)
1861. Ammonites colligatus. Von Binkhorst, Monographie des qastéropodes et des cephalopodes de la craie supérieure de Limbourg, p. 25, p. parte, pl. VIIF, fig. 1, 2 et 3 (non pl. VI, fie. 3; pl. VIE, fig: 1 et 2; pl. VID).
1875. Ammonites epiplectus. Redtenbacher, Cephalopodenfauna der Gosauschichten (Abhandl. d. k.k. geol. Reichsanstalt}, p. 121, pl. XXVIIT, fig. 1.
1890. Pachydiscus fresvillensis. Seunes, Mém. Soc, géol. de France. Paléontologie. 1, Mém. 2, PO» pl l, Ho.
1890. Pachydiscus colligatus. Seunes, Mem. Soc. géol. de France. Palcontologie. W, Mém. n° 2, p- 6, pl. I, fig. 1.
1890. Pachydiscus fresvillensis. Seunes, Recherches sur les terrains secondaires de la région
sous-pyréncenne, p. 230, pl. VIT, fig. 2, et pl. VIT, fig. 1, 2 et 3.
Coquille discoïdale, un peu renflée.
Spire formée de tours embrassants, croissant assez rapidement en hauteur et en largeur; chaque tour recouvre le précédent sur un peu plus du tiers de sa hauteur.
Ombilic petit, profond, se raccordant graduellement par une courbure continue avec la convexité générale de la coquille.
Bord externe arrondi, sans quille ni carène.
Section des tours ovalaire, plus haute que large, ayant sa plus grande largeur vers le tiers inférieur de sa hauteur.
Flancs convexes, ornés de côtes saillantes, légèrement pincées à leur partie supérieure sur les échantillons bien conservés, équidistantes, séparées par des intervalles bien supérieurs à leur largeur, imfléchies en avant, principalement sur la région externe des flancs et passant sur le contour externe en y dessmant un sinus assez prononcé, surtout dans les échantillons de grande taille.
Dans le jeune, les côtes prennent en partie naissance, par paires, de tubercules allongés dans le sens radial et situés sur le bord de l'ombilic; entre elles, il s’en trouve parfois une ou deux, un peu moins longues que les précédentes, qui ne descendent pas jusqu’au bord de l'ombülic.
Les tubercules ombilicaux ne sont un peu accentués que dans les échantillons de petite taille ; à un certam âge, ils s’effacent peuà peu, puis les flancs deviennent lisses autour de l’ombilic jusqu'aux deux tiers de leur hauteur ; les côtes de la région externe persistent seules pendant un certain temps, puis, à
PHYLLOCERATIDÉS. , 203
une plus grande taille encore, elles disparaissent à leur tour et la coquille devient complètement lisse : J'ai un échantillon de la carrière d’Angoumé (Landes) de 25 centimètres de diamètre sur lequel une partie du dermier tour est aimsi dépourvue de toute ornementation.
Cloisons. — Je n’ai pas eu entre les mains d'échantillons permettant de donner les cloisons de cette espèce ; je me borne donc à renvoyer à la figure de Redtenbacher, pl. XXVIIT, fig. 1°; il en ressort nettement qu’elles appartiennent au même type que celles de P. neubergicus.
Observations. — En 1858, M.F.von Hauer a décrit sous le nom d’Ammonites neubergicus deux échantillons des couches de Gosau, provenant des environs de Neubero; ils constituent certainement deux espèces différentes, et le plus grand me paraît devoir être rattaché au type que je viens de décrire. Le dessin des cloisons de ce dernier donné par Redtenbacher (loc. cit., pl. XXVIF, fig. 5) se rapportera donc à cette espèce. ,
Von Binkhorst a appliqué le nom d’Ammonites colligatus à une série d’échantillons de la craie du Limbourg.
L'un d'eux provient de la craie dure supérieure de Folx-les-Caves (Brabant) et est représenté planche VIE.
La plupart des autres consistent en fragments plus ou-moins considérables recueillis dans la craie jaune supérieure de Benzeraad, près Kunraed (pl. VE, fie. 3; pl. VIE, fig. 2; pl. VILF, fig. 1, 2 et 3). Enfin un fragment de tour vient de la craie siliceuse glauconifère des environs de Slenaken (pl. VIF, fig. 1).
À première vue, 1l parait bien évident que ces divers fragments ne peuvent se rapporter au même type spécifique. |
L’échantillon de Folx-les-Caves, pl. VII, représente une première espèce.
Celui de la planche VE, fig. 3, est insuffisant pour en caractériser une, car il ne porte aucune trace d’ornementation, et 1l doit donc être écarté.
L’exemplaire de la craie siiceuse de Slenaken (pl. VIE, fig. 1), niveau d’Actinocamax quadratus, est très impärfaitement représenté, car la figure 1° montre un fragment de tour à ombilic très grand, tandis que la figure 1? ne peut se rapporter qu'à une coquille à ombilic très étroit; 1l faut encore écarter cet échantillon comme insuffisant pour définir une espèce.
Le second échantillon de cette même planche, fig. 2, se rapporte à une ammonite à tours embrassants, lisses dans le jeune, ornés plus tard de côtes
transverses un peu infléchies en avant et beaucoup plus marquées sur la région externe qu'au voisinage de lombilic; celui-ci est à peu près lisse, au moins jusqu’au stade de développement auquel appartient l'individu figuré.
Les figures de la planche VITE donnent un ensemble de fragments appartenant bien à un même type spécifique, mais ne pouvant ètre rattachés aux espèces de la planche VIF, fig. 2, et de la planche VII.
L'ornementation de l'espèce définie par ces dernières figures (pl. VIIF) consiste en côtes, dont les unes partent de l’ombilic, au voismage duquel elles sont surélevées ou subtuberculées, et passent sur le bord externe en s'infléchissant en avant, tandis que les autres prennent naissance un peu plus loin que les premières et s’intercalent entre elles. L’ornementation ne diffère donc pas de celle des premiers stades des échantillons qui ont servi à M. Seunes pour défmir P. fresvillensis; en conséquence, je crois devoir restituer à cette espèce le nom de colligalus, en précisant le type de von Binkhorst, comme je viens de le faire.
Un autre nom a encore la priorité sur celui de /reswillensis, c’est celui d’epiplectus donné en 1873 par Redtenbacher à un échantillon des environs de Muithmannsdorf (Neue-Welt, Autriche). L'ndividu figuré, de plus grande taille que celui qui a servi à M. Seunes de type pour son P. fresuillensis, montre seulement le dernier stade d’ornementation et est à peu près identique à l'échantillon de la craie de Royan que j'ai fait représenter planche XXXIIT. Redtenbacher dit, il est vrai, que toutes les côtes, mème sur les tours internes, prennent naissance sur le bord ombilical. Ce caractère, qui ne ressort guère sur la figure de Redtenbacher, correspond bien à ce qui se passe dans P. col ligatus où les côtes viennent converger vers un tubercule ombilical. L'échanüllon figuré d'Ammonites epiplectus est d'ailleurs si conforme sous tous les rapports avec ceux de P. colligatus du Cotentin et de la craie des Landes, que l'identité des deux types n’est pas contestable.
L’échantillon de Royan et celui de Muthmannsdorf, absolument identiques, montrent, des le commencement du dernier tour, l'ornementation qui existe seulement sur l'extrémité du dernier tour deV’individu du Cotentm figuré par M. Seunes:(loc. cit., pl. IE, fig. 1); la région interne des flancs est lisse; les côtes, visibles seulement sur la région externe, sont infléchies en avant et dessinent un chevron sur le contour externe.
M. Seunes a fait figurer un autre échantillon du Cotentin (pl. I, fig. 4) qui me paraît encore correspondre au type du Limbourg tel que je le précise
PHYLLOCERATIDES. 205
ICI : J'ai pu examimer l'origmal dans la collection de l'École des mines et me rendre compte de l’existence de surélévations à l'extrémité ombilicale des côles, caractère qui démontre bien l'identité annoncée. Par contre, le fragment d’'ammonite de la planche IV, &g. 3, doit, en raison de la terminaison effilée de ses cotes du côté de l’ombilic, être rattaché à un autre type.
En ce qui concerne l'individu figuré par M. Seunes, pl. IV, fig. 1, l'idenufication me parait plus douteuse : les côtes sont un peu plus flexueuses, plus normales dans la région interne des flancs et plus brusquement infléchies en avant dans la région externe que chez les imdividus bien typiques de P. colligatus du Cotentin, de Royan et des Landes, chez lesquels la courbar des côtes est plus régulière. On a affaire là à une forme particulière qu'il me paraît difficile, pour le moment, de rattacher à P: colligatus.
Rapports et différences. — Cette espèce se distingue facilement des formes affines, avec lesquelles elle pourrait être confondue, par ses côtes tuberculeuses sur le bord de l'ombilic, régulièrement arquées et infléchies en avant, et par la disparition de l'ornementation, d’abord sur la région mterne des flancs, puis, à une taille plus avancée, sur toute la coquille.
Gisement. — Pachydiscus colligalus caractérise les couches les plus élevées de la craie.
Dans le Limbourg, 1l habite l’assise des calcaires durs, dits calcaires de Kunraed, caractérisée par Belemnilella mucronata, Scaphites constrictus et Henupreustes striato-radiatus.
Dans le calcaire à baculites du Cotentin, il accompagne P. neubergicus, P. collevillensis et Scaphites constrictus. |
Dans la craie de l’Aquitaine, M. Boreau-Lajanadie l’a rencontré à Royan (Charente-Inférieure), dans les calcaires jaunâtres de l’assise Q de M. Arnaud, et, dans la même assise, M. Arnaud en a trouvé à Courgeac, près Montmoreau (Charente) un bel exemplaire de 25 centimètres de diamètre, montrant des cloisons jusqu’à l'extrémité du dernier tour.
Dans la craie des Landes, il se trouve dans les calcaires de la carrière d’Ansoumé,
Dans les Basses-Pyrénées, M. Seunes à signalé son existence dans les calcaires durs à stegasters des environs de Gan (Basses-Pyrénées), où J'en ai récolté moi-même plusieurs échantillons.
M. Pégot en a recueilli un exemplaire bien typique dans les couches de Roquefort à Offaster Leymeriei, Orbitolites socialis, Hemipneustes pyrenaïcus, etc.
M. Nicklès a trouvé en Espagne des échantillons bien caractérisés de cette espèce dans le Maëstrichtien de la Sierra de la Almudaina à Echinocorys tenuiluberculatus (Nicklès, Études géologiques sur le sud-est de l'Espagne, cité p.103, sous le nom d’Am. cf. dülmensis).
Enfin, cette espèce se rencontre encore dans les couches de Gosau des Alpes orientales, dans la région du Neue-Welt et à Neuberg, où elle est
accompagnée de P. Brandt, P. neubergicus, etc.
Échantillons examinés. — Plusieurs (collection de l'École des mines, collecuüon de l'institut catholique de Paris) de la craie à baculites de Fresville (Manche).
Un (collection Boreau-Lajanadie) des environs de Royan, assise Q de M. Arnaud.
Un autre (collection À. de Grossouvre) de la Dordogne, gisement mconnu.
Un autre (collection Arnaud) de Courgeac, près Montmoreau (Charente), de l’assise Q.
Deux (collection A. de Grossouvre) de la carnère d’Angoumé (Landes).
Trois (collections Seunes et À. de Grossouvre) de la carrière de Gan (Basses-Pyrénées).
Deux (collection À. de Grossouvre) des environs de Roquefort (Haute- Garonne).
Deux (collection Nicklès) venant de la Sierra de la Almudaina, province
d'Alicante (Esp agne ).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXIV.
Fic. 1°. — Individu (collection À. de Grossouvre) vu de côté pour montrer l’ornementation des flancs et la disposition des côtes dans la région ombilicale, à l'extrémité du dernier tour.
Calcaires durs à stegasters des carrières situées sur la route de Gan à Rebenacq (Basses-Pyrénées).
Fi. 1}. — Le même, vu du côté ventral. -
Fic. 3. — Tours intérieurs de l'échantillon de la figure 1, visibles sur la face interne du fragment détaché par la cassure.
PHYLLOCERATIDÉS. 207
Planche XXXIII.
Fic. 1°. — Individu de taille moyenne (collection Boreau-Lajanadie), vu de côté. Calcaire jaune (assise Q de M. Arnaud) de la falaise de Terrenègre, près Royan (Charente-Inférieure).
Fic. 1b. — Le même, vu du côté ventral.
PACHYDISCUS VAN DEN BROECKI. À. pe Grossouvre, n. sp.
1861. Ammonites colligatus. Von Binkhorst, Gastéropodes et cephalopodes de la craie supérieure
du Limbourg, p. 25, p. parte, pl. VIIL
Le grand échantillon de Folx-les-Caves, représenté sur la planche VITE, appartient évidemment à une tout autre espèce que Pachydiscus colligatus : la coquille est ornée de côtes simples, flexueuses, en forme d'S allongé, augmentant graduellement d'importance de l'ombilic vers le bord externe; entre ces côtes s'intercalent deux ou trois costules qui disparaissent sur Îa région interne des flancs. Cette espèce ne peut donc pas être confondue avec Pachydiscus colligatus et doit recevoir un nouveau nom spécifique.
PACHYDISCUS NEUBERGICUS. F. von Hauer, sp. emend., À. DE GROSSOUVRE.
PI. XXVI, fig, 3: pl XXX, fig. 4; pl. XXX VIII, fig, 3: 5 P 5 P ; $
1858. Ammonites neubergious. F. von Hauer, Cephalopoden der Gosunschichten, p. 12, p. parte, pl. Il, fig. 1, 2 et 3 (non pl. Il!, fig. 1 et 2).
1669. Ammonites neubergicus. E. Favre, Description des mollusques fossiles de la craie des environs de Lemberg, p. 14, pl. IV, fig. 2 et 3. :
1872. Ammonites neubergicus. Schlüter, Cephalopoden der oberen deutschen Kreide, p- 59, pl. XVIIT, fig. 1 à 3.
1890. Pachydiscus Jacquoti. Seunes, Mem. Soc. geol. de France. Palcontologie. 1, Mém. n° 2, p-?, pl. Il, fig. 1 à 3.
1890. Pachydiscus Jacquoti. Seunes, Recherches sur les terrains secondaires de la région souspyrénéenne, p. 237, pl. IX, fig. 1 à 4.
1891. Pachydiscus Jacquoti. Seunes, Mem. Soc. gcol. de France. Palcontologie. I, Mém. n° », p- 9, pl. JT, fig. 4. : :
Coquille discoïdale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants, se recouvrant sur un peu plus de la moitié de leur hauteur et croissant assez rapidement.
Ombilie moyen se raccordant graduellement avec les flancs.
Flancs un peu convexes.
Bord externe large, arrondi.
Section des tours ovalaire, plus haute que large, ayant sa plus grande largeur vers le tiers inférieur de sa hauteur.
Dans le jeune âge, la coquille est d’abord complètement lisse; puis apparaissent, sur le pourtour de l'ombilic, des côtes radiales assez courtes, un peu épaisses et surélevées. Plus tard se montrent, sur la région externe, des côtes arrondies, assez fines, éloignées les unes des autres; elles prolongent les premières, s’en détachent par bifurcation ou s'intercalent entre elles, de telle sorte que le nombre des côtes externes est d'environ quatre fois celui des ombilicales.
Toutes passent sur le contour externe avec une très légère inflexion en avant et, en général, s’affaiblissent un peu dans la région médiane de ce conicur.
De plus, elles sont aussi atténuées dans la région médiane des flancs : au fur et à mesure que la coquille s'accroît, elles s’effacent peu à peu dans cette partie et dans la région ventrale, et finissent par disparaitre complètement, de sorte qué les échantillons adultes ne montrent plus que des côtes radiales assez élevées qui viennent mourir à mi-hauteur.
Cependant il existe des individus de grande taille, paraissant bien se rapporter à cette espèce, chez lesquels les côtes principales, très fortes sur la région interne des flancs, se montrent encore, mais très affaiblies, sur la ré-
gion externe, où subsistent aussi une ou deux côtes intercalaires également
peu visibles (voir pl. XXXVIIT, fig. 3).
Cloisons. — Je reproduis ci-après (fig. 80) le dessm des cloisons de cette espèce d’après la figure qui en a été donnée par M. Seunes (Mém. Soc. qéol.
de France. Paléontologie, 1, Mém. n° 2, pl. IL, fig. 2°).
Observations. — En 1858, M. F. von Hauer a créé le nom d’Ammonites neubergicus pour deux échantillons des couches dites de Gosau provenant de Neuberg, échantillons qui certainement ne se rapportent pas au même type spécifique, bien que Redtenbacher assure qu'il a pu, grâce à de nombreux matériaux, acquérir la certitude que le petit appartient à la même espèce que le gros.
Fig. 80.
Pachydiscus neubergicus, d’après Seunes, pl. IL, fig, 2°.
Pour moi, le doute ne parait pas possible; le petit échantillon (loc. cut., pl. Il, fig. 1 et 2) ne peut être le jeune du grand, reproduit planche II aux deux tiers de sa taille; ce dernier montre en effet, sur la partie visible de ses tours internes, des côtes ombilicales beaucoup plus rapprochées qu'elles ne le sont dans l’autre.
Je considère donc ces deux individus comme appartenant à deux espèces distinctes; pour moi le grand se rapporte vraisemblablement à Pachydiseus colligatus ,von Bmkhorst, sp. ,et, suivant l'interprétation qui résulte implicitement des diagnoses données ultérieurement par MM. E. Favre et Schlüter, jadopte comme type d'Ammonites neubergicus le petit échantillon de la planche IT.
* Les exemplaires de Galicie décrits et figurés par M. Ernest Favre se rapportent bien à ce type ainsi qu'aux échantillons français que j'y rattache; comme dans ces derniers, les côtes sont très atténuées dans la région médiane des flancs, caractère qui ressort assez peu, il est vrai, sur la figure de l'individu de Neuberg, mais ce défaut ne peut être attribué qu'au dessinateur, puisque M. E. Favre fait connaitre qu'il a pu vérifier l'identité des échantillons de -Galicie et de ceux des couches de Gosau de mêmes dimensions (); de plus, les côtes ombilicales, surélevées autour de lombilic, ne s'élèvent pas au-dessus de la mi-hauteur des flancs et ne tendent pas à disparaitre quand la coquille
© NH n’est pas inutile de noter en passant que l'on n’a pas recueilli en Galicie d'exemplaires aussi grands que ceux des Alpes, circonstance à l'appui de notre thèse que le grand échantillon de Neuberg et le petit n'appartiennent pas à la même espèce.
IMPAIMERIE NATIONALE.
s'accroit, mais restent bien marquées, comme le monire la figure 3 (loc. cit., pl. IV). Leur nombre est de 12 à 14 par tour, et d’après le texte, celui des côtes de la région externe est de 45 à 50, c'est-à-dire quatre fois plus grand : la figure mdique, il est vrai, une proportion plus considérable encore de ces dernières, une soixantaine environ, mais il ÿ.a iout lieu de penser que cet écart provient d’une erreur du dessinateur plutôt que de la faute de l’auteur.
Dans sa diagnose, M. E. Favre dit, à la vérité, que sur les individus d’une taille supérieure à 98 millimètres les côtes tendent à s’effacer dans le voisinage de l'ombilic et que celles de la partie externe persistent seules. Ce caractère n'apparait sur aucun des échantillons qu'il a fait figurer, et il est probable que c'est d’après le grand exemplaire des Alpes et la description de M. F. von Hauer que M. E. Favre mdique cette circonstance.
En 1872, M. le docteur Schlüter a rapporté à Ammonites neubergicus des échantilions de Lunebourg (assise à Belemnitella mucronata) ; 1 constate qu'ils sont identiques à ceux de la Galicie et au petit échantillon figuré par M. F. von Hauer, mais en même temps 1 exprime des réserves expresses sur l'identé spécifique de ce dernier et du grand exemplaire, à cause de la différence d’ornementation.
J'adopte d'autant mieux ceite manière de voir que les figures de M. le docteur Schlüter montrent bien l'identité des différentes périodes de développement; d’après la figure 3 de la planche XVIIF, le jeune est d’abord lisse, puis les côtes ombilicales apparaissent, alors que le bord ventral reste dépourvu de toute ornementation.
Leymerie a donné le nom d’Ammonites sublævis 0) à deux jeunes mdividus de la craie supérieure des environs de Monléon (Hautes-Pyrénées) ; M. Seunes a pu constater qu'ils se rapportent à l’espèce du Cotentin et des Pyrénées.
En 1890, M. Seunes a décrit et figuré sous le nom de Pachydiscus Jacquoti®) une espèce de la craie du Cotentin et des Pyrénées qui me parait être le Pachydiscus neubergicus, von Hauer, tel que l'ont compris MM. E. Favre et Schlüter. L’échantillon du Cotentin qu'il a fait représenter (Mém. Soc. géol. Paléontologie, Mém. n° 2, pl. IF, fig. 1) possède un ombilic un peu plus large et des tours un peu plus renflés que le type; il a par tour 1 2 côtes ombilicales à chacune desquelles correspondent au plus 3 côtes externes.
% I ya déjà un Ammonites sublenis, Sow., de l'étage callovien. ® M. Douvillé a précédemment appliqué le nom d’Ammonites Jacquoti aux variétés plates d'Am.
macrocephalus.
PHYLLOCERATIDES. 211
L'échantillon des environs de Pau figuré par M. Seunes (Rech. géol. sur les terrains secondaires de la région sous-pyrénéenne) diffère un peu du type précédent et il montre 3, 4 et même 5 côtes externes pour une côte ombilicale.
Je ne vois aucune différence entre cet individu et celui de la figure 1, planche XVIIF, de M. le docteur Schlüter.
M. Seunes a représenté en 1891 un échantillon de Pachydiscus Jacquoti qui appartient à une variété différente du type par certams détails de lornementation : les côtes de la région externe disparaissent moins vite et persistent en partie entre les grandes côtes ; celles-ci se continuent jusqu’à la région externe des flancs et sur le contour ventral. La collection de l’École des mines possède une empreinte en creux d’un exemplaire du calcaire à baculites de Fresville qui reproduit ces mêmes caractères. Je fais figurer, pl. XXXVIIL, fig. 3, un individu de la carrière d’Angoumé (Landes) absolument identique au précédent. Je crois pouvoir, comme M. Seunes, rapporter cette forme au même type spécifique que l'espèce dont je m'occupe; elle constitue néanmoins une variété remarquable par la persistance de l'ornementation sur la région externe des flancs, malgré une taille déjà grande, circonstance qui résulte peut-être de conditions particulières de fossilisation.
Rapports et différences. — Pachydiscus neubergicus se distingue facilement des autres formes analogues par la région médiane de ses flancs presque lisse, ses côtes ombilicales éloignées et surélevées, et ses côtes externes fines, assez distantes et très peu infléchies en avant, ainsi que par la persistance des premières alors que les autres ont disparu.
P. gollevillensis se distingue en particulier de P. neubergicus par son ombiic nueux délimité, son bord externe plus pincé, ses côtes principales arquées, plus courtes, moms nombreuses, ses côtes externes moins longues, plus serrées et plus obliques en avant. Enfin, quand la bifurcation est visible, elle est beaucoup plus rapprochée de l’ombilic dans la première espèce que dans la seconde.
P. neubergicus ne parait pas attemdre une taille aussi considérable que P. colligatus, car le plus grand échantillon que je connaisse de cette espèce est celui figuré pl. XXXVIIE, fig. 3; il a seulement 15 centimètres de diamètre et possède déjà une partie de sa dernière loge, tandis que M. Arnaud a recueilli à Courgeac un P. colligatus de 25 centimètres ayant encore des cloisons à l'extrémité de son dernier tour.
Gisement.— Pachydiscus neubergicus appartient aux couches les plus élevées de la craie. d
H se trouve dans le calcaire à baculites du Cotentin.
I n’a pas encore été rencontré dans la craie de l’Aquitaine.
Il existe à Tercis et à Angoumé, où il est accompagné de P. colligatus, P. Brandt, Echinocorys Hébert et Echinoconus sulcatus.
M. Seunes a fait connaître sa présence dans les calcaires à stegasters des environs de Pau (Gan, Estialescq. . .) (Basses-P yrénées).
Leymerie l’a signalé sous le nom d’Am. sublævis du Maëstrichtien de Monléon (Hautes-Pyrénées).
Dans l'Allemagne du Nord, il se trouve dans la craie supérieure à Belemnitella quadrata de Lunebourg.
Dans les Alpes orientales, il est connu de la région du Neue-Welt et de Neuberg.
La craie supérieure des environs de Lemberg (Galicie) renferme Pachydiscus neubergicus en mème temps que B. mucronata et Scapluites constrictus.
Échantillons examinés. — Deux de la craie à baculites du Cotentin (collection de l'École des mines).
Quatre (collections Arnaud et A. de Grossouvre) des carrières de Tercis, d'Angoumé et du Bédat (Landes).
Deux (collection Seunes) de Gan et d'Estialescq (Basses-P yrénées).
Planche XX VI.
Fic. 3°. — Individu (collection de l'École des mines) vu de côté, montrant sur le dernier tour le passage de l'ornementation du jeune à celle de l’âge moyen. Calcaire à baculites du Cotentin.
Environs de Fresville (Manche).
F1c. 3°. — Le même, vu du côté ventral.
Planche XXX.
Fi, 4°. — Individu (collection Seunes) vu de côté, montrant sur le dernier tour le passage de l'ornementation de l'âge moyen à celle de l'adulte. Calcaires à stegasters des carrières de la route de Gan à Rébenacq (Hautes-Pyrénées).
Fic. 4?. — Le même, vu du côté ventral.
PHYLLOCERATIDÉS. 213
Planche XXX VIII.
Fic. 3. — Individu (collection À. de Grossouvre) de la plus grande taïlle connue, possédant une partie de sa dernière loge, remarquable par la persistance des côtes sur la région externe des flancs.
Carrière d’Angoumé (Landes).
PACHYDISCUS PERFIDUS. À. pe GROSSOUVRE, n. sp. (PI. XXXIV, fig. 1).
Coquille discoïdale, médiocrement renflée.
Spire formée de tours assez embrassants se recouvrant sur un peu plus de la moitié de leur hauteur et croissant assez rapidement.
Ombilic moyen se raccordant graduellement avec les flancs.
Bord externe arrondi.
Section des tours ovalaire, plus haute que large, ayant sa plus grande largeur vers le tiers inférieur de la hauteur.
L’ornementation consiste en côtes transverses, surélevées autour de l’ombilic, radiales et passant sur le bord externe sans inflexion en avant.
Entre ces côtes principales, il s'en intercale, sur la région externe des flancs, d’autres un peu plus faibles que les premières, au nombre de deux ou trois, ne descendant guère qu'à mi-hauteur des flancs où elles s’atténuent et disparaissent.
Le nombre des côtes intercalaires est de trois au commencement du dernier tour de l'échantillon figuré; plus loin on n'en compte plus que deux et ensuite une seule. À ce stade, les côtes principales et les intercalaires deviennent proportionnellement plus robustes, c'est-à-dire plus larges et plus saillantes que précédemment, surtout sur le pourtour externe, mais elles sont un peu atténuées dans la région médiane.
Cloisons. — Inconnues,
Rapports et différences. — Très analogue dans le jeune âge à P. neubergicus, cette espèce en diffère par l’ornementation de l'adulte.
Gisement. — Trois échantillons éxaminés (collection Arnaud) de la grande carrière de Tercis (Landes).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXXIV.
FiG. 1. — Individu (collection Arnaud) vu de côté. Grande carrière de Tercis (Landes).
PACHYDISCUS GOLLEVILLENSIS. D'Onsreny, sp.
(PI. XXIX, fig. 4; pl. XXXI, fig. 0.)
1842. Ammonites lewesiensis. D'Orbigny, Palcontologie française, terrains crétacés, 1, p. 336. pl. CI (non pl. CII, fig. : et 2).
1850. Ammonites gollevillensis. D'Orbigny, Prodrome de Paléontologie, I, p. 212. Terrains crétacés, 22° étage, Sénonien, n° 17.
1854. Ammonites golleviilensis. Sharpe. Nossil Mollusca of the Chalk, p- 48, pl. XVII, fig. 2.
1891. Pachydiscus gollevillensis. Seunes, Mém. Soc. géologique de France. Pulcontologie. 11, Mém. n° 2, p. 10, pl. V, fig. 1 à 8.
Coquille discoïdale, comprimée, ë
Spire formée de tours embrassanis, se recouvrant sur plus de la moïtié de leur hauteur, croissant assez rapidement, surtout en hauteur.
Ombilic médiocre, à paroi verticale se raccordant avec les flancs par un pourtour arrondi un peu pincé.
Bord externe étroit, arrondi, sans quille ni carène.
Section des tours semi-ovalaire, beaucoup plus haute que large, ayant sa plus grande épaisseur à peu près vers le premier tiers mférieur.
Flancs peu convexes.
L'espèce est d’abord lisse dans le jeune âge, puis apparaissent autour de lombilice une série de côtes très courtes, surélevées à leur naissance. À un stade plus avancé, les côtes ombilicales, au nombre de 8 à 13 par tour, sont marquées tout au plus sur le premier tiers de la hauteur des flancs, et 1l s'en détache deux ou trois petites côtes visibles seulement sur le tiers externe; la bifurcation est le plus souvent obscure, au moins sur les moules internes. Au même niveau apparaissent une ou deux côtes intercalaires, de sorte qu'à une côte ombilicale correspondent en général 4, quelquefois à externes et même plus; ces dermières, infléchies en avant, passent normalement sur le contour ventral et sont au nombre d'environ 60 par tour.
Plus tard, la partie médiane des flancs parait complètement lisse et l'on
PHYLLOCERATIDES. 215
n’aperçoit plus alors aucune relation entre les côtes ombilicales et les externes. La coquille semble ensuite persister à ce stade d’ornementation; d'Orbigny indique bien, il est vrai, qu'elle ne possède plus aucune ornementation dans la vieillesse, mais je n’ai pas eu l’occasion d'observer d'échantillons présentant ce caractere.
L’ornementation peut varier dans certaines limites; ami, chez l'individu figuré par M. Seunes (loc. cit., pl. V, fig. 1), elle est plus vigoureuse; les côtes ombilicales, moins nombreuses, sont plus accentuées et visibles sur une plus grande longueur; leur nombre ne s'élève qu'à 9.
Sur l'échantillon déjà figuré par M, Seunes (loc. cit, pl. V, fig. 2), que j'ai fait reproduire planche XXIX, fig. 4, les côtes ombiticales sont moins accentuées que dans le précédent.
Enfin sur l'individu de la planche XXXI, fig. 9, RAA NAN est encore plus faible ; les côtes ombilicales, plus NOTE sont visibles seulement sur une petite longueur et elles semblent avoir tendance à s’effacer à l'extrémité du dernier tour qui correspond au commencement de la loge d'habitation.
Les côtes de la région externe sont elles-mêmes très courtes et vont en diminuant de valeur du commencement du dernier tour à son extrémité; il serait donc fort possible que, conformément à l’opinion de d'Orbigny, la . coquille devienne complètement lisse à un stade ultérieur.
L'individu du Hard Chalk de Damlaght (Irlande) figuré par Sharpe (loc.
, pl. XVIE, fig. 2) ne montre pas de côtes ombilicales.
On a donc là toute une succession d'individus, depuis les variétés à ornementation très faible jusqu'aux formes à ornementation accentuée, chez lesquelles les côtes ombilicales sont à la fois très fortes et très longues.
Cloisons. — Elles se rapportent au même type que celles de P. neuberqicus et P. colligatus. On peut s’en rendre compte par l'examen de la figure 9 de la planche XXXI.
Rapports et différences. -— Gette espèce présente beaucoup d’analogies avec les échantillons d’Ammonites neubergicus, higurés par MM. E. Favre et Schlüter ; néanmoins, comme je l'ai indiqué précédemment, l'assimilation des deux
formes ne me paraît pas possible.
Gisement. — Pachydiscus gollevillensis appartient aux couches crétacées les
plus élevées et se trouve dans la craie dure d'Islande à Bel. mucronata et dans le calcaire à baculites du Cotentin.
Je crois qu'il convient de rapporter à cette espèce deux fragments d'ammonites de la craie des environs de Tercis (Landes). Enfin M. J. B‘hm signale des marnes de Siegsdorf (Bavière), des formes
voisines d'Ammonites neubergicus qui, dit-il, peuvent être rattachées à Ammonites gollevillensis.
Échantillons examinés. — Trois échantillons (collection de l'Ecole des mines) du calcaire à baculites des environs de Fresville (Manche).
Deux autres (collection Arnaud) des carrières de la Pointe, près Tercis (Landes).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXIX.
Fic. 4°. — Individu (collection de la Sorbonne) vu de côté. Calcaïires à baculites du Cotentin. — Fresville, près Valognes (Manche).
Planche XXXI.
Fi. 9°. — Individu (collection de l'École des mines) vu de côté. Calcaires à baculites du Cotentin. — Fresville, près Valognes (Manche).
Fic. 9. — Le même, vu du côté ventral.
Genre SCHLÜTERIA. A. De GRoSSOUvRE, nov. gen.
Je groupe sous ce nom les espèces de la craie supérieure, analogues aux Phylloceras par leur forme et leur ornementation, mais dont la ligne suturale se rapproche vraisemblablement de celle des Puzosia et des Pachydiscus et diffère, en tout cas, de celle des Phylloceras par l'absence des larges feuilles qui terminent les ramifications des cloisons.
Les derniers Phylloceras typiques se montrent dans le Gault : Phylloceras Velledæ, d'Orb., et Ph. alpinum, d'Orb.
Dans la craie à marsupites de Norwich, on trouve une ammonite ornée de fines stries radiales que Sharpe a nommée Ammonites Velledæ, mais qui est
PHYLLOCERATIDES. 217
bien différente de l'espèce de d’Orbigny. Elle se rapproche beaucoup d’une forme des Corbières, qui habite à peu près le même niveau et qui n’a certainement pas des cloisons de Phylloceras typique. Je pense donc qui convient de la rapporter au nouveau genre et je propose de l'appeler :
SCHLÜTERIA PERGENSI. A. ne GROSSOUVRE, n. sp.
1854. Ammonites Velledæ. Sharpe, Fossil Mollusca of the Chalk, p. 39, pl. XVIT, fig. 7 (non pl. XIX, fig. 6).
Les cloisons représentées par la figure 6 de la planche XIX de Sharpe se rapportent à un échantillon d’Am. Velledæ du Gault de Ventnor (ile de Wight) et n'appartiennent pas à cette espèce.
Elle est bien différente de celle de d’Orbigny par la forme de ses tours, qui sont semi-ovalaires et ont leur plus grande largeur sur le bord de l’ombilic, et par ses côtes presque droites.
SCHLÜTERIA ROUSSELI. A. n5 GRoSsOUvRE, n. sp.
(PI. XXIV, fig. 2.)
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours très embrassants, croissant rapidement en hauteur.
Ombilic petit, assez profond, à paroi verticale nettement séparée des flancs par un pourtour arrondi un peu pincé.
Flancs à peme convexes.
Bord externe large, arrondi, sans quille.
Section des tours semi-ovalaire, ayant sa plus grande largeur au voisinage de l'ombuic.
La coquille est ornée de côtes fines, serrées, radiales, prenant naissance à peu près à mi-hauteur des flancs et passant normalement sur le bord externe.
Cloisons. — Compliquées et très découpées; elles ne sont pas suffisamment nettes sur mes échantillons pour pouvoir être dessmées.
Rapports et différences. — Cette espèce diffère de Schlüteria Pergensi par ses tours moms épais, ses flancs lisses sur la région ombilicale et son ombilic moins large.
IMPRINERIE NATIONALE,
Elle diffère de Schlüteria velledæformis, Sehlüter, par un ombilic plus large et des côtes droites, tandis qu’elles sont flexueuses dans cette dernière espèce.
Gisement. — Deux échantillons examinés (collection A: de Grossouvre) provenant des affleurements de la couche à Lima marticensis et Placenticeras syrlale sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXIV.
Fig. 2. — Individu (collection A. de Grossouvre), vu de côté, montrant l’ornementation caractéristique des espèces de ce genre. | Calcaires marneux jaunes à Lima marticensis, situés immédiatement audessus des marnes bleues qui se trouvent au bas du chemin de Sougraignes aux Croutets. |
Fire. 2. — Le même, vu de côté.
SCHLÜTERIA LARTETI. Seunes, sp.
(PI. XXXIV, fig. » et 3.)
1801. Desmoceras Larteti. Seunes, Mém. Soc. géol. de France. Palcontologie, Mém. n° 2 ; p.19; pl. IV, fig. 2 et 3; pl. UT, fig. 2.
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours embrassants, croissant très rapidement en hauteur.
Ombulic très étroit.
Section des tours ovale, beaucoup plus haute que large, ayant sa plus grande largeur vers le milieu des flancs.
Flancs légèrement convexes.
Bord externe arrondi, étroit.
La coquille paraît lisse dans tous les échantillons examinés, ce qui est probablement dû à l'absence du test. Elle présente par tour quatre ou cinq étranglements bien marqués sur le contour externe et sur toute la hauteur de la coquille, sauf au voismage de l’ombilic où ïls s’effacent un peu. Ges sillons falculiformes sont fortement infléchis en avant sur la région externe des flancs et passent sur le contour ventral en y formant un chevron très prononcé vers la partie antérieure. Dans les individus jeunes, ils manquent complètement, au MOINS sur CeUx que J'ai pu examiner.
PHYLLOGERATIDÉS. 219
Cloisons. — Inconnues.
Gisement. — Cette espèce appartient aux couches les plus élevées de la craie des Pyrénées. Elle a été trouvée dans la grande carrière de Tercis (Landes) et dans les calcaires lithographiques à stegasters des environs de Pau (Basses-Pyrénées).
Echantillons examinés. — Deux (collections Arnaud et À. de Grossouvre) de la grande carrière de Tercis.
EXPLICATION DES FIGURES
1 Planche XXXIV.
Fic. 2°, — Individu {collection Lartet) vu de côté; reproduction de la figure du mémoire de M. Seunes, pl. IV, fig. 2°.
Calcaires durs à stegasters. — Route de Gan à Rebenacq (Basses-Pyrcnées).
Fig. 22. — Le même, vu du côté ventral. Fig. 3°. — [ndividu (collection Seunes) vu de côté; reproduction de la figure du mémoire
de M. Seunes, pl. IL, fig. 2.
Calcaires durs lithographiques à stegasters. — Route de Gan à Rebenacq
(Basses-Pyrénées). |
Fri. 32. — Le même, vu du côté ventral: reproduction de la figure du mémoire de P M. Seunes, pl. IV, fig. 3
Genre HAUERICERAS. A. De GRossouvRE, nov. gen.
Je donne ce nom à la série de formes se rattachant à Ammonites Gardeni, que M. le docteur Zittel a considérée comme une section de son genre Desmoceras. Ce groupe comprendra ainsi des coquilles à large ombilic, à tours peu épais, élevés, ayant leur bord externe tranchant et muni d'une quille ereuse. Les flancs sont peu convexes ou même plats, sans ornementation, mais présentent des étranglements transverses plus ou moins nets. La ligne suturale est complètement analogue: à celle, des Desmoceras, des Puzosia et des: Pachydiscus ; le premier lobe latéral est aussi long que de lobe ventral. à
Je prends comme type Ammonites pseudo-Gardeni, Schlüter Ftephebn: d. ob. deutschen Kreide, p.54,.pl.XVE, fe: 3 à.6).
Hauericeras pseudo-Gardeni d'après Schlüter, Gephal. .. pl. XVI, fig. 5 et 6.
À ce genre se rattacheront donc Ammonites Gardeni, Bailly, du sud de l'Afrique, l'espèce de la craie de Galicie décrite sous le même nom par M. E. Favre (Moll. foss. de la craie des environs de Lemberg, p.16, pl. UE, fig. 5 et 6) et diverses autres de la craie de l'Inde. D'abord celle de l’Arialoor group, décrite par Stoliczka sous le nom d’Ammonites Gardeni (Cretaceous rocks S. India, p. 61, pl. XXXIIT, fig. 4, puis Ammonites Durga de V'Ootatoor group (loc. cit., p. 143, pl. LXXI, 5 à 7).
Ce genre a donc une extension géographique assez considérable.
HAUERICERAS FAYOLT. À. DE GROSSOUVRE, n. sp.
(PL XXVII, fig. 3.)
Coquille discoïdale, comprimée.
Spire formée de tours médiocrement embrassants, croissant peu rapidement, à flancs peu convexes.
Section des tours plus haute que large, de forme ogivale.
Ombälic assez grand; la retombée des tours à l’intérieur de l'ombilic se fait assez brusquement par une paroi verticale peu élevée et normale au plan de symétrie de la coquille.
Bord externe pincé, terminé par une carène sans quille, au moins sur le
PHYLLOCERATIDES. 291
moule interne, car dans les espèces de ce genre la quille est creuse et par suite rarement conservée sur les moules. Les flancs sont lisses et présentent seulement par tour quatre sillons bien nets, quoique peu profonds. Ces sillons partent du bord de l'ombilic, se dirigent d’abord obliquement en avant, rebroussent en arrière dans la région médiane des flancs, puis s’mfléchissent de nouveau très fortement en avant sur le bord externe, où 1ls atteignent la carëne ventrale en s’effaçant un peu.
Rapports et différences. — Cette espèce est très voisme d’Am. pseudo-Gardent, Schlüter, et s’en distingue par ses sillons moins nombreux et surtout par leur parcours falculiforme, tandis que dans l’autre espèce ils sont à peu près rectilignes sur la plus grande partie de la hauteur des flancs et s’infléchissent seulement en avant sur la région externe. Ces mêmes caractères servent à distinguer Hauericeras Fayoli de Hauericeras Gardent, Favre.
Gisement. — Campanien supérieur. Assise Q de M. Arnaud.
Echantillons examinés. — Un seul (collection Boreau-Lajanadie) des environs de Montmoreau (Charente).
Des fragments de tours, appartenant certamement à la mème espèce, ont été trouvés par M. Arnaud dans les silex à F aujasia Faujasi et Cassidulus lapis
cancri (assise Q) des environs de Mussidan (Dordogne).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XX VIL.
Fi. 3°. — Individu (collection Arnaud), type de l'espèce, vu de côte. Marnes à Orbitoides media des environs de Montmoreau: assise Q de
M. Arnaud.
Fic. 3°. — Le même, vu du côté ventral: le bord ventral est nettement caréné sur les parties bien conservées, et il est fort probable qu'il portait une quille comme les autres formes de cette série.
HAUERICERAS WELSCHI. À. pe GRossOUVRE, n. sp.
(PL XXXV, fig. 0.)
Cette forme, très voisine de la précédente, s'en distingue par ses tours plus élevés, plus embrassants, par ses sillons moins flexueux; elle se distingue de Hauericeras pseudo-Gardeni par ses sillons moins nombreux, légèrement flexueux et mois infléchis en avant sur la région externe.
L'échantillon figuré ne possède pas de quille, mais un autre échantillon, provenant du même gisement, a conservé la sienne, de sorte que la section des
tours est la suivante :
Fig. 82.
Cloisons. —-Inconnues.
Gisement. — Deux échantillons examinés (collection JE Jean et À. de Grossouvre) provenant des marnes bleues à Mortoniceras texanum du chemm de
Sougraignes aux Croutets (Aude).
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXXV.
Fic. 9. — Individu (collection J' Jean) vu de côté.
Marnes bleues à Mortoniceras texanum du bas du chemin de Sougraignes \ aux Croutets, au-dessous des calcaires marneux à Lima marticensis.
LYTOCERATIDÉES. 993
FAMILLE DES LYTOCERATIDÉS.
Les Lytoceras typiques apparaissent dès la base du lias ; ils sont caractérisés par un ombilic très grand, des tours à section presque circulaire à peme embrassants, quelquefois simplement contigus. L’ornementation consiste en costules d’accroissement, souvent gaufrées. Les moules montrent fréquemment des sillons transverses, droits ou flexueux. La ligne suturale donne le caractère le plus net de cette famille : les lobes et les selles sont peu nombreux et bifides.
Les Lytoceras, très abondants dans les couches du système infracrétacé, paraissent faire complètement défaut dans la craie.
Cependant parmi les ammonites de Sougraignes se trouve une espèce qui me semble devoir être rattachée à ce genre en raison de la forme de ses cloisons toutes bilobées; elle s’en éloigne par son ornementation, consistant en côtes droites, fortes et élevées. À
Je range aussi dans cette même famille une aütre série d'espèces analogues à Ammonites Duvali du néocomien, sous le rapport de la forme, de l'ornementation et de la ligne suturale. Les cloisons, bilobées comme celles des Lytoceras, sont composées d’un plus grand nombre d'éléments. Le premier lobe latéral, assez large, est subdivisé en deux parties à peu près égales par une échancrure médiane, el chacune des subdivisions est elle-même découpée en deux segments. L'ornementation consiste en stries smeuses partant obliquement du bord de l'ombilic. Je donne à ce groupe le nom de Gaudryceras.
Genre LYTOCERAS. Suess.
LYTOCERAS SICARDI. À.DE GROSSOUVRE, n. sp.
(PI. XXXVIL, fig. 6 et 11.) . Coquille discoïdale.
Spire formée de tours peu embrassants » presque juxtaposés, croissant très lentement.
Ombilic large, peu profond, mal délimité.
Section des tours arrondie, un peu plus large que haute.
Flancs peu convexes.
Bord externe large, convexe.
Cette espèce est ornée de côtes droites, élevées, éloignées les unes des autres et passant normalement sur le bord ventral : leur nombre est de vinglsept par tour.
Je ne connais de cette espèce, en dehors d’un petit fragment et de l'individu représenté amplifié (pl. XXXVII, fig. 9), qu'un exemplaire de plus grande taille (pl. XXXVIF, fig. 5), consistant en un fragment de tour et une empreinte d'une partie des autres.
Cloisons. — Les cloisons sont tout à fait caractéristiques; comme dans les Lytoceras typiques, les selles et les lobes sont tous bifides et la ligne suturale, réduite à ses deux lobes latéraux, est remarquable par la forte divergence des deux branches de chaque lobe et de chaque selle, ce qui lui donne l’aspect des cloisons de certains céphalopodes déroulés, tels que les Hamites.
Fig. 83.
Vos PT 52 Zi à ù + .
Lytoceras Sicardi (gros.— 12), d'après l'échantillon représenté pl. XXXVII, fig. 10, ? et un autre fragment (clichés de M. Nicklès).
Gisement. — La présence d'un Lyloceras bien typique!) dans les couches
(@) L'examen d'un nouvel échantillon mieux conservé m'a montré un caractère qui m'avait échappé tout d'abord; on l'observe néanmoins sur exemplaire figuré lorsqu'on le regarde avec attention à la loupe. Les premiers tours de cette coquille ne sont pas enroulés dans le plan des derniers, mais forment une petite spirale autour d’un axe oblique à ce plan. Cette espèce ne doit donc pas être rattachée aux ammonites proprement dites et se rapproche au contraire des Heteroceras. Il convient de la dénommer, au moins provisoirement, Heteroceras (?) Sicardi.
LYTOCERATIDÉS. 295
supérieures de la craie est certainement très intéressante, car je ne crois pas que l'on en connaisse à partir du Gault. Cette espèce présente, en outre, ce caractère particulier d’être ornée de côtes, tandis que l’ornementation de tous les Lyloceras consiste en fines stries linéaires.
Les échantillons examinés (collection A. de Grossouvre) proviennent des environs de Sougraignes, des couches à PI. syrtale, comprises entre les bancs à hippurites du chemin des Croutets.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XXX VII.
Fic. 6. — Fragment d'un individu (collection A. de Grossouvre) de taille moyenne, avec l'empreinte d’une partie des tours.
Marnes ferrugineuses à Placenticeras syrtale comprises entre les deux bancs
inférieurs de rudistes sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Fig. 11°. — Individu (collection À. de Grossouvre) de petite taille, reproduit avec un grossissement de deux diamètres, type de l'espèce, vu de côté. Marnes bleues comprises entre deux bancs d’Hippurites cornucopiæ. Environs de Sougraignes (Aude).
Fic. 11°. —— Le même, vu du côté ventral.
Genre GAUDRYCERAS. A. pe GRossOuvRE, nov. gen.
Ce genre est caractérisé par l'allure des stries de la coquille partant de l'ombilic, imfléchies en avant, et par une ligne suturale formée de lobes et de selles assez nombreux, les lobes étant tous à terminaison paire.
Les coquilles de ce genre rappellent donc, à première vue, celles des Lyloceras vrais, aussi bien par leur forme que par leur ornementation; celle-ci consiste en fines stries d’accroissement , mais elle diffère néanmoins essentiellement de celle des Lytoceras par ce caractère que les stries, au lieu d'arriver sur le bord de l’ombilic normalement ou obliquement vers l'avant, se rejettent, au contraire, en arrière. Cette disposition, que l’on observe dans Ammoniles Duvali du néocomien, se retrouve dans les espèces de la craie supérieure que je vais décrire. De plus, la ligne suturale, tout en présentant des analogies étroites avec celle des Lytoceras par ses lobes bifides, n’est pas aussi réduite que dans ces derniers, où elle se compose uniquement de deux lobes latéraux.
Je donne, à titre d'exemples, les cloisons d’Ammonites Duvali, empruntées
LMPRIMZRIE NATIONALE,
à l'ouvrage de d’Orbigny, et celles d’un échantillon de la craie des Corbières, obtenues par la photographie, grâce à l'obligeant concours de M. Nicklès.
À ce groupe se rattachent évidemment Ammonites glaneckensis, Redtenbacher (Cephal. d. Gosauschichten, p. 119, pl. XXVIL, fig. 3), qui provient de Glaneck, près Salzbourg, Ammonites luneburgensis, Schlüter (pl. XVHE, fig. 8 et 9), de la craie supérieure à Belemnitella mucronata des environs de Lunebourg, et Ammoniles Jukesiü, Sharpe (pl. XXIIT, fig. 11), de la craie du comté de Londonderry; le fragment de cloisons de cette dernière espèce (fig. 11°) confirme cette attribution.
Fig. 84.
Gaudryceras Rouvillei (gros. — 10), d'après l’exemplaire représenté pl. XXXVIL, fig. 16 (clichés de M. Nicklès).
Ce genre est largement représenté dans la craie de l'Inde. Stoliczka a décrit de lOotatoor group Am. involutus (p.150, pl. LXXW, fig. 1), Am. madraspatanus (p. 151, pl. LXXV, fig. 2), Am. revelatus (p.152, pl. LXXV, fig. 3), Am. Cola (p. 153, pl. LXXV, fig. 4), Am. Sacya (p. 154, pl. LXXV, fig. 5 à 7, pl. LXXVI, fig. 1 à 3), qui lui appartiennent certainement, tant à cause de l'allure des stries fines qui ornent la coquille qu'en raison de leurs cloisons, bâties sur le même plan que celles dont j'ai donné la figure plus haut.
LYTOCERATIDÉS. 297
Dans la plupart des formes de ce groupe, les tours croissent très lentement dans le jeune et sont d'ordinaire peu embrassants, de sorte que la coquille présente alors l'apparence d’un vrai Lytoceras, puis les dimensions des tours gmentent rapidement en largeur et surtout en hauteur, le recouvrement s'accentue et l'aspect de la coquille change notablement. Les échantillons figurés
au
de Gaudryceras mite montrent bien ce caractère ; il ressort aussi d’une manière fort nette de l'examen des figures d'Ammonites Sacya données par Stoliézka.
GAUDRYCERAS MITE. F. vox HAuER, sp.
PI, XX VI, fig, 4; pl. XXXIX.
Se 1D
1866. Ammonites mitis. F. von Hauer, Neue Cephalopoden der Gosaugebilden, p. 6 ; pl. Il, fig. 3 et 4.
1873. Ammonites mitis. Redtenbacher, Cephalopodenfauna der Gosuuschichten. Abhandl. d. k. k. geol. Reichsanstalt, V, P: 119, pl. XXVIT, fig. 4.
Coquille discoidale.
Spire formée de tours peu embrassants, croissant assez lentement dans le jeune, et plus rapidement dans l'adulte.
Ombuilic large, peu profond, mal délimité.
Section des tours ovalaire, un peu plus haute que large.
Flancs convexes. Ë
Bord externe large, arrondi.
La coquille est ornée de fines stries, flexueusés, qui partent de l'ombilic en s’inclimant en avant, reviennent en arrière vers le premier tiers de la hauteur des flancs, et passent sur le bord externe en y dessmant un chevron dirigé vers la partie antérieure.
Entre ces stries, il s’en intercale d'ordinaire une, très rarement deux qui ne descendent pas Jusqu'à l'ombilic. Toutes sont distribuées assez régulièrement comme espacement et sont à peu près de même valeur. Cependant, sur certains échantillons, on voit parfois, de distance en distance, des stries plus fortes ; Jai observé notamment cette disposition sur un échantillon de Souoraignes de la collection de M. l'abbé Prax. Elle a été signalée par M. F.
von Hauer chez l'individu des environs d’Ischl.
Cloisons. — Redtenbacher a donné les cloisons du type de M. F. von Hauer : les lobes sont bifides, la première selle est trifide et les autres bifides.
Gisement. — Cette espèce a été établie d’après un individu unique trouvé dans les couches de Gosau, sur le chemin d’Ischl à Strobl.
Des deux échantillons figurés (collections Péron et A. de Grossouvre), lun a été recueilli par M. J' Jean, l’autre par M. Péron, dans les marnes à Mort. tevanum, sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
J'ai vu aussi un échantillon de ce même gisement dans la collection de
M. l'abbé Prax.
EXPLICATION DES FIGURES
Planche XX VI.
Fic. 4. — Individu (collection A. de Grossouvre) vu de côté, montrant l’ornementation caractéristique des formes de ce genre.
Marnes bleues à Mortoniceras texanum sur le chemin de Sougraignes ‘aux Croutets (Aude).
Planche XXXIX.
Fig. 1°. — Individu adulte (collection Péron), remarquable par son état de conservation et ayant encore son test.
Marnes bleues à Mortoniceras texanum sur le chemin de Sougraignes aux Croutets (Aude).
Fig. l?. — Le même, vu du côté ventral, pour montrer l'inflexion en avant des côtes sur cette région, caractère qui distingue cette espèce de G. Rouvillei.
GAUDRYCERAS ROUVILLET. A. DE GROSSOUVRE, n. sp. (PI. XXXVII, fig. 7 et 10.)
Cette espèce est analogue à la précédente pour la forme et l’ornementation; elle en diffère par ce détail que les côtes, plus fines, passent normalement sur le contour externe au lieu de s’y infléchir vers l'avant; les côtes intercalaires, moins nombreuses, manquent même de temps en temps.
Fig. 86: