‹ Recherches sur la croissance des cultures bactériennesChapitre 12 sur 105 · MÉTHODES DE MESURE · texte numérisé non relu

MÉTHODES DE MESURE

Avant de justifier la méthode employée au cours de ce travail, il ne sera pas inutile de rappeler les principes des méthodes les plus couramment employées, et d’en faire brièvement la eritique.

Les techniques sont innombrables, on le sait (1), mais elles se ramènent à deux principes :

19 Numération des bacilles « vivants » c’est-à-dire capables de se reproduire dans des conditions déterminées.

(1) I ne saurait être question de les passer ici en revue. On peut consulter à ce sujet l’excellent résumé de Facuer (1941).

SARL AR

20 Numération directe des corps microbiens,

Quoiqu'’eile soit de beaucoup la plus répandue, il y a longtemps que la première de ces deux méthodes aurait dû être abandonnée dans les recherches concernant strictement la croissance des cultures bactériennes. Si, en effet, cette méthode permet de se faire une idée de la « vitalité » des cultures, elle ne peut en aucune façon constituer une mesure de leur accroissement réel. Entre le nombre d’individus capables de donner naïssance à une colonie sur plaque de gélose et le nombre d'individus présents dans la culture, il n’existe que des rapports indéterminés, qui se modifient au cours de la croissance, et dépendent d’une foule de conditions expérimentales. Aussi est-il absolument impossible de comparer entre eux les résultats donnés par cette méthode avec des souches ou des milieux différents. Enfin l’évaluation qu’elle peut donner de la « vitalité » des cultures est elle-même toute relative. Certains exemples prouvent (V. Davip, 1932, p. 121) qu’une culture encore en voie de croissance peut ne plus contenir, d’après cette méthode, de bacilles « vivants ». Son emploi comme mesure de l’accroissement réel des cultures ne peut conduire qu’à des résultats erronés et à des confusions dont il serait facile de citer de nombreux exemples.

La seconde méthode, numération directe des corps microbiens, est correcte, et c’est du reste la seule possible, dans les recherches concernant la division, pour lesquelles il est nécessaire de connaître l'accroissement du nombre d'individus. Pourtant, dans les recherches concernant la croissance proprement dite, la variable intéressante n’est pas le nombre d’individus, mais la quantité de substance vivante. Or, on le sait, la taille des individus subit des variations très sensibles au cours de la croissance d’une même culture (V. chapitre I, p. 20). À moins qu’il ne soit tenu compte de ces variations, la numération directe ne constitue donc pas une mesure de la croissance. La seule évaluation correcte de la quantité de substance vivante est évidemment le poids de substance sèche. C’est la seule qui ait une valeur absolue suffisamment bien définie, permettant la comparaison des résultats. On ne peut songer malheureusement à employer directement une méthode pondérale. Mais quelle que soit la méthode employée, ses résultats devraient pouvoir s'exprimer sous cette forme. Il est regrettable que ce mode d’expression, si classique qu'il soit, n’ait été que rarement employé dans les recherches concernant la croissance des bactéries.

Date

Au cours de ce travail, les mesures de densité des cultures ont été effectuées à l’aide du néphélémètre de MEUNIER. Il est inutile d’exposer ici la théorie de ce type d'appareil, qui est du reste mal établie. On pourra consulter à ce sujet la revue autorisée de FAGUET (1941). Les justifications théoriques importent peu d’ailleurs. Il suffit d'établir que les indications de l’appareil employé sont effectivement proportionnelles à Paccroissement réel des cultures.

On doit donc vérifier :

19 Que la graduation lue est proportionnelle à la concentration de la suspension bactérienne.

20 Que le rapport entre les unités arbitraires de l’appareil de mesure, et les unités absolues de référence, c’est-à-dire le poids de substance sèche, ne varie pas sensiblement au cours de la croissance.

En ce qui concerne le premier point, la figure 4 montrera que la proportionnalité est en effet respectée dans toute la gamme d’opa-

S ‘& È à à s0k à D u LS S “= S è A0 Lou #10 0 à 0 F1G. 4. — Indications de l’appareil de Meunier en

fonction de la dilution d’une suspension de B. coli. Mesures effectuées en lumière bleue.

cité mesurable. Ce graphique exprime en ordonnées la graduation de l’appareil, en abscisses les dilutions (de 1/10 à 10/10) d’une suspension de B. coli dans un milieu synthétique. On voit que les points expérimentaux s’alignent avec précision sur une droite, passant par l’origine des coordonnées.

La mesure est donc correcte lorsqu'on ne considère que les différentes dilutions d’une même suspension. Il reste à savoir si elle l’est également lorsque l’on compare des cultures d’âges différents. On

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