CHAPITRE IV
Le taux de croissance.
INTRODUCTION
Le précédent chapitre a été consacré à l’étude de la croissance totale, c’est-à-dire du rendement de la croissance. Nous ne nous sommes pas préoccupés de savoir comment le maximum est atteint. Le présent chapitre, dans lequel on étudiera le taux de croissance en fonction de la concentration des aliments, est donc le complément nécessaire du précédent. On considérera ici le taux indépendamment du rendement. Il est fort possible, cependant, qu’il existe une relation nécessaire entre les variations de ces deux constantes. Cette question fera l’objet du chapitre suivant.
La valeur du taux de croissance dépend évidemment d’une foule de facteurs. On ne peut espérer qu’il jouisse, vis-à-vis des conditions de milieu, de l’indépendance relative qui semble caractériser le rendement. L'étude systématique de toutes les conditions susceptibles d’influencer le taux de croissance représenterait à elle seule un travail considérable, assez fastidieux d’ailleurs. On se limitera ici à l'étude de croissance en fonction :
19 De la concentration des aliments en général ; 2° de la concentration de la source hydrocarbonée ; 3° de la nature de la source hydrocarbonée. De ces expériences on peut espérer des résultats concernant :
À) L'interprétation analytique des courbes de croissance. B) L'activité des synthèses, et la nature des réactions qui en déterminent la valeur.
TARONONL
Lorsque la croissance n’est limitée que par la concentration des aliments, la forme de la courbe représentative dépend entièrement de la nature de la relation qui unit taux de croissance et concentration de l’aliment limitant. Toute représentation analytique de la loi de eroissance comporte nécessairement une hypothèse sur la nature de cette relation. Et il est indispensable de vérifier directement la valeur de cette hypothèse, car on ne saurait considérer comme une démonstration de sa validité le fait qu’elle n’interdit pas l’ajustement, même précis, d’une courbe de croissance théorique aux données expérimentales. Aussi est-il regrettable qu’en face de l’imposante littérature consacrée à l'étude théorique de la croissance, il n'existe pour ainsi dire pas de données directes sur cette question. En ce qui concerne la croissance des microorganismes, il n’existe à notre connaissance qu’une brève note de PENFOLD et Norris (1912). Ce sont les seules données qu’il nous sera possible de confronter avec celles qui sont réunies dans ce chapitre. Quant aux travaux où la relation en question n’apparaît que sous la forme d’une hypothèse analytique plus ou moins explicite, nous n’avons pas à les considérer ici, leur discussion trouvant sa place au chapitre VIII. On doit noter cependant dès maintenant que, dans la grande majorité des cas, les auteurs ont admis, explicitement ou implicitement, que le taux de croissance est linéairement proportionnel à la concentration des substances nutritives. C’est ce qu'ont fait Mac KENDRICK et Par (1911) dans un travail sur la croissance des cultures de B. coli, et Descaamps (1901) qui cherchait à appliquer ses résultats théoriques à la croissance des levures. Et c’est aussi l'hypothèse qu’exprime la fonction logistique lorsqu’on l’applique à une population dont la croissance est limitée par la quantité d’aliments disponible. Aussi est-elle contenue implicitement dans un très grand nombre de travaux. On sait en effet que la logistique a été de beaucoup la plus employée des formules de croissance, et TEissier (1928, 1936) a montré comment des efforts, en apparence divergents, avaient tous abouti à cette même fonction. Pourtant l'hypothèse d’une relation linéaire entre le taux de croissance et la concentration de l’aliment n’est guère satisfaisante : il est évident que le taux de croissance ne saurait augmenter indéfiniment et doit, tôt ou tard, tendre vers une
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