HORS
limite. L'hypothèse linéaire ne peut être qu’une première approximation. Reste à savoir entre quelles limites elle est applicable et si même elle a un domaine de validité suffisant pour justifier son emploi. Seule l’étude expérimentale directe peut en décider et c’est pourquoi elle revêt une grande importance théorique. Ses résultats permettront éventuellement d’écarter certaines représentations analytiques, sinon d’en suggérer de nouvelles.
D'autre part la connaissance de la forme de la relation en question est la condition préalable de l’étude du taux de croissance en fonction de la nature des aliments. On possède à ce sujet d’assez nombreux documents, mais épars, recueillis en général dans des conditions assez mal définies, et qui ne permettent pas de comparaison utile. (Ils se rapportent presque toujours à des cultures en milieux naturels). Cette étude s’impose cependant si l’on songe que le taux de croissance n’exprime pas autre chose que l’activité des réactions de synthèses. Il constitue la mesure directe du métabolisme de croissance. Mesure plus fidèle et plus sûre, de ce point de vue, que celles des échanges gazeux. On trouvera à la fin de ce chapitre des données sur l’intensité de la croissance de B. coli et B. subtilis en présence d’un certain nombre d’hydrates de carbone. Celles-ci sont bien loin de combler l’importante lacune que l’on vient de signaler. Elles pourront cependant fournir des indications sur les rapports qui doivent exister entre l’activité des réactions de croissance et la structure des substrats.
Elles permettront surtout d’obtenir la solution d’un problème précis : si, comme il est permis de le prévoir, le taux de croissance tend vers une limite quand la concentration des aliments augmente, cette limite est-elle la même pour tous les aliments, ou au contraire existe-t-il une limite différente et caractéristique pour chaque aliment ou chaque catégorie d'aliments ? Il est clair que l’idée que l’on pourrait se faire de la nature des réactions qui limitent le taux de croissance dépend en premier lieu de la solution de cette question. Rien ne permet de prévoir, a priori, le résultat probable et il n’existe à ce sujet aucune donnée expérimentale.
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