LOUE
tout à fait analogue à celle qui lie la concentration d’aliment au taux de croissance.
Si l’on consent à se représenter schématiquement la croissance comme une chaîne de réactions de synthèses, il est évidemment tentant de chercher à déterminer quelles sont les ou la réaction qui imposent leur vitesse à l’ensemble des échanges le long de la chaîne. On sait que, d’après une conception très largement répandue, cette recherche est légitime : il existerait dans toute chaîne de réactions une réaction maîtresse (« master reaction » des auteurs américains) plus lente que les autres, imposant grâce à cela sa propre vitesse à l’ensemble du processus. Les résultats que l’on vient d’exposer mettent en évidence une corrélation étroite entre le taux de croissance et l’activité des enzymes qui catalysent l’attaque des substrats. Sommes-nous autorisés à en conclure que le taux de croissance est en effet limité par une « master reaction » et que celle-ci n’est autre que la première de la chaîne ? Il convient d’être extrèmement prudent à cet égard. Il est difficile d'admettre au point de vue théorique que, dans un processus comme celui de la croissance, une réaction puisse jouer un rôle absolument prépondérant. On peut montrer (Burton 1936) que la vitesse d’un processus complexe dépend à la fois de la vitesse de toutes les réactions de la chaîne, et de leurs constantes d’équilibre lorsque ce sont des réactions ré versibles. Nous aurons à revenir là-dessus à propos des coefficients de température. Il faut noter d’autre part que le taux de croissance est toujours plus élevé dans le cas des milieux albumineux. Pourtant l’activité des enzymes catalysant l’attaque des substrats n’est pas plus grande dans ce cas. L’explication de ce taux de croissance élevé est alors toute différente : 1l doit tenir à ce qu’un certain nombre au moins de corps (acides aminés en particulier) présents dans le milieu sont directement assimilables et n’ont pas à être synthétisés. La chaîne des synthèses est alors plus courte.
On ne saurait donc conclure que l’attaque des substrats constitue une « master reaction » déterminant entièrement le taux de croissance. Mais 1l est certain qu’elle y contribue pour une part extrêmement importante.