TAUX DE CROISSANCE DANS LES MÉLANGES DE SUCRES
Les données expriment très clairement que le taux de croissance n’est jamais, dans un mélange de sucres, supérieur à la valeur trouvée pour chaque constituant du mélange séparément. (Le chiffre de 1,28 trouvé pour la croissance B. subtilis sur glucose + saccharose, comparé à 1,21 pour le glucose seul, et 1,25 pour le saccharose seul, ne saurait en effet être considéré comme significatif puisque la diftérence est à peine de 2%). Il semble que le taux de croissance sur le mélange soit intermédiaire entre les valeurs correspondant aux constituants, avec une tendance assez nette à se rapprocher de la valeur la plus élevée. Quoi qu’il en soit les taux de croissance maximum ne sont jamais, même partiellement, additifs.
Par conséquent, si le taux de croissance dépend en premier lieu de l’activité des mécanismes enzymatiques, ceux-ci ne paraissent pas pouvoir collaborer indépendamment les uns des autres aux synthèses. On ne doit pas en conclure à la non spécificité des enzymes bactériens. Celle-e1 a été démontrée dans bien des cas (V. VIRTANEN,1934).
Mais ces résultats paraissent indiquer l’existence d’un mécanisme de saturation commun à tous les enzymes attaquant une même série de corps. Encore une fois, d’ailleurs, ils se superposent entièrement aux résultats obtenus par la mesure directe de l’activité des enzymes. QuasrEez et WooLDRIDGE (1928), étudiant la réduction du bleu de méthylène par des mélanges de sucres en présence de B. coli, ont montré que les temps de réduction sont sensiblement les mêmes avec les substrats isolés qu'avec les mélanges. Il n’y a pas lieu de rappeler les importantes conclusions tirées par QuasreLz de cette étude. Notons cependant que la mesure du taux de croissance permet d’en donner une confirmation, appuyée, la chose n’est peut-être pas négligeable, sur des expériences faites avec des cultures normales, en voie de prolifération active.
On peut conclure de tout ceci que, si le taux de croissance n’est pas exclusivement limité par l’activité des mécanismes enzymatiques, et ne peut par conséquent en constituer une mesure, ces mécanismes jouent cependant un rôle prépondérant dans sa déter-
mination.
pes
Résumé du chapitre IV.
19 L'étude du taux de croissance en fonction de la concentration de l’aliment limitant montre que cette relation, loin d’être linéaire eomme l’ont supposé les théoriciens, doit être représentée par une courbe d’allure hyperbolique : le taux de croissance tend très rapidement vers une limite, et ne diminue que pour des valeurs très faibles de la concentration en aliments.
20 Cette limite est différente suivant la nature de l’aliment et varie même de façon importante suivant la nature du sucre constituant la source carbonée.
30 En présence d’un mélange de sucres, le taux de croissance limite n’est jamais supérieur au taux correspondant à chaque constituant du mélange.
40 Ces résultats se superposent entièrement à ceux que fournit la mesure de l’activité enzymatique. On doit en conclure que le taux de croissance est dans une large mesure, mais non uniquement, limité par ces mécanismes.