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LE RENDEMENT EN FONCTION DE LA TEMPÉRATURE

Les résultats qui viennent d’être présentés sont donc en accord avec ceux que l’on pouvait tirer des données de GRAHAM SmiTH oc. cit.). Quoique la marge de variation du rendement avec la tem-

pérature ne soit pas très étendue elle est cependant sensible, puisque dans le cas du maltose, par exemple, le rendement est de 0,30 environ à 23 degrés et de 0,23 à 41 degrés, soit une variation de 25°/,.

Reste à savoir comment on peut interpréter ces variations. GrAY (1928) qui a observé un effet analogue dans la croissance des embryons de Salmo fario en fonction de la température, donne pour très probable l'explication suivante : à haute température, l’importance relative du métabolisme de maintien est plus élevée, la ration d'entretien est plus importante. La ration de croissance en est corrélativement abaissée, d’où diminution apparente du rendement de la croissance. GRAY rappelle d'autre part les résultats de GRAHAM SuiTx et pense qu'ils forment «a striking parallel » à ses observations. Il croit pouvoir en conclure que, d’une manière générale : «the processes of metazoon growth «in vivo » are similar to those of bacteria ». Cette dernière aflirmation est assez vague pour ne pas trop prêter à critique. Il n’en est pas même pour l'interprétation donnée par GRAY des variations de rendement. GRAY ne paraît pas avoir tenu compte d’un autre facteur qui, dans son hypothèse, agirait en sens inverse de celui qu’il invoque : à basse température le taux de croissance diminue et, comme on l’a vu au chapitre V, une telle variation doit s'accompagner d’une augmentation de la ration d’entretien.

On aurait donc d’assez bonnes raisons de soutenir que, compte tenu de la ration d’entretien, le rendement global doit diminuer quand la température s’abaisse.

Quoi qu’il en soit, il est fort possible que l’interprétation de GRAY soit valable dans le cas des métazoaires, mais il est douteux qu’elle puisse l’être dans le cas des bactéries. Il est probable, et l’expérience paraît le confirmer, que la part des dépenses d’entretien dans la croissance des bactéries est extrêmement faible, et en tous cas trop peu importante pour que l'explication de GRAY soit plausible (V. chap. V). C’est donc bien le rendement réel des processus de croissance, des réactions de synthèses, qui est augmenté lorsque la température décroît. Il paraît impossible pour l’instant d'avancer une interprétation plus précise. Mais il serait certainement très utile d'étudier systématiquement cette question et d’essayer d'établir entre ces variations de rendement et la nature des substrats une corrélation qui ne peut manquer d'exister. Les résultats qui viennent d’être exposés permettent au moins de poser ce problème.

J. MONOD 8 Là

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